CHAPITRE XVIII
la guerre, quelle force fera mouvoir le corps ? II faut réfléchir à cela et en faire la base de no* ire conduite. »
Oxenstjerna se trouva dans la position la plus difficile. On Taccusa en Suéde de s'opposer à la paix *. En même temps, Richelieu lui reprochait de n'avoir pas le courage de continuer la guerre *, quoique la vérité Tobligeàt à dire que le chancelier avait fait tout ce qu'un homme de cœur et d'intelligence pouvait faire *.
L'influence de la France croissait à mesure que celle de Suéde baissait, et l'on avait à faire avec Richelieu, au plus grand calculateur des probabilités qui ait Jamais existé *. C'est cette sagacité extraordinaire, jointe à une constance à toute épreuve, qui a fait sa grandeur : (c Richelieu , dit Oxenstjerna de son rival politique plusieurs années après sa mort, était dans les conseils un homme remarquable , non-seulement par son esprit, mais par sa conduite et par son courage. C'est pour cela qu'il a dirigé les affaires de son pays si longtemps et avec une constance si persévérante, tandis qu'on voit généralemeni les Français prendre feu, tantôt pour la guerre, tantôt pour la paix, sans presquejamais tenir à leurs résolutions. — Ce fut un bonheur, dit l'homme d'Etat de Suéde , qu'il mourut avant le roi, qui justifiait tous ses actes *. » L'indépendance de la France menacée à l'intérieur par les intrigues des Espagnols et des Autrichiens avait provoqué l'opposition de Richelieu contre la prépondérance de la maison de Habsbourg. Des mesures défensives il passa aux offensives, et il avait déjà Jeté ses regards sur le Rhin , comme devant devenir plus tard la frontière de la France. Il disait à son roi que la guerre devait être entretenue en Allemagne et en Hollande, à quelque prix que ce fût et aussi longtemps que possible, mais seulement en employant l'argent et sans que la France s'en mêlât ouvertement. On devait cependant, pour prix de ces secours, chercher à avoir des places fortes sur le Rhin.
* Voyez U lettre de la régence au chancelier, 15 no* vcmbre 1636. {u4rchivês du royaume.)
* \oyti\ei i^émoires de Richelieu, t. 8, p. 369; t. 9»
> « Le chancelier faisait tout ce qu'un homme de courage et de conduite était capable de faire. > (L. c. t. 8, p. 174.
^ Les instructions admirables â tant d'égards dont ae composent ses mémoires.
« Uil9D|ijerna au sénat, t. f , p. 660.
Que s'il en résultait une guerre, les avantages étaient grands et les dangers presque nuls. Le roi devait reculer ses frontière» jusqu'au Rhin, seulement en recevant ce que les autres avaient pris la peine de conquérir, et en en prenant possession, à titre de garantie, se rendre mattrc de la paix et de la guerre. Il avait pied à Strasbourg, en Franche-Comté, dans le Luxembourg, pouvait imposer à la Lorraine et empêcher les ennemis de se mêler des alTaircs intérieures de la France. On ne devait pas faire crouler la Suéde, mais empêcher sa prépondérance en Allemagne. Peut-être le temps, par quelque événement, éloignerait-il tout danger à cet égard , comme il avait délivré la chrélienté de grands malheurs en enlevant le roi de Suéde *. Cet événement, qu'on avait supposé, venait d'avoir lieu par le premier désastre des Suédois en Allemagne. Une armée française, qui s'était déjà emparée des villes principales de la Lorraine, était aux bords du Rhin pour épier Toccasion. La ligue de Heilbronn, presque au désespoir et dont les principaux membres s'étaient laissés gagner par l'argent de la France , se jeta définitivement dans les bras de cette puissance. 11 n'y avait pas sur le haut Rhin de places fortes qu'elle ne fût disposée à céder, et la France avait en outre l'Alsace en garantie. Bernhard de Weimar, dans ce mouvement général de la ligue , entra avec les débris de son armée au service de la France •, et dans les articles secrets qui accompagnèrent la convention, le duc prit de la France l'assurance de recevoir l'Alsace pour lui-même ou une indemnité à la paix, dernière tentative d'une malheureuse ambition! Bernhard mourut après la prise de Breisach, et la France conserva l'Alsace. Oxenstjerna rechercha une entrevue avec Richelieu. Dans son voyage de la haute Allemagne, au printemps de 1635, il visita la France; il rencontra le cardinal ù Compiègne et régla avec lui les conditions du renouvellement de l'alliance '; ces conditions devaient être soumises
« Mémoires de Richelieu, t. 7, p. 271, 274.
* La convention entre le duc Bernhard et Rlcheneti fut conclue à Sainl-Germain-cn-Laye, le 17 octobre 1635, et fut tenue d'abord très-secréte.
» Le chancelier arriva le 20 avril 16.35 à Compiègne, où était sa majesté» qui le fit recevoir et défrayer a>ec mngnificencc. li passa un nouveau (raité avec elle, puis en partit qua'.rc jours après pour aller à Paris, où ayant séjourné jusqu'au 3 mai , il alla à bicppc,
HISTÛIRB DE 8UKDE.
& la ftanclioo du gouvernement suédois. Ricbe* lieu reprocha à Oxenstjerna que son gouvernement avait retardé la ratification du traité % car le gouvernement laissa loul le soin de cette affaire au chancelier *^ et renvoya avec celle réponse le chargé d'affaires de France, qui cherchait à se faire des partisans & Stockholm et tenait un langage trés-inconvenant. Le chancelier ne voulait que gagner du temps : la paix de Prague avait beaucoup changé la face des affaires. La Suède objecta avec raison que Talliance était dissoute de fait quand les alliés pour le secours desquels elle avait été formée s'étaient désunis. Aussi le chancelier conseillai-il à Hesse-Cassel de tenter une réconciliation avec Tempereur '. En Suède, on était décidé à faire la paix, sans autre avantage que le paiement de Tarriéré de solde de Tarmée et Févacuation d'une ville sur les bords de la Baltique jusqu'à ce que cette liquidation eût été effectuée^ et en proposant ces conditions, on avait plutôt consulté l'honneur que l'intérêt, puisque les armées étaient composées en grande partie d'Allemands *. Le gouvernement écrivait au chancelier, au sujet de la paix , le 28 janvier 1636 : « Nous nous en tenons à notre dernier ultimatum : qu'on donne satisfaction à nos troupes avec une ville maritime comme garantie. Il vaut mieux éviter les frais immenses qu'entrafnerait la guerre que de pêcher k l'hameçon d'or et perdre dix millions pour en gagner un ^. » Les états de Suéde, assemblés dans l'automne de 1635, avaient exprimé l'opinion que la Suéde ne pouvait se soumettre à la paix de Prague. Le traité devait se faire entre l'empereur et la Suède ^ celle-ci ne pouvait se contenter de l'assurance de la Saxe. L'électeur luimême n'était qu'un sujet de l'empire, et il
d*où il passa en Hollande, et de lâ en !a basse Saie. {Mémoires de Richelieu, t. 8, p. 344.)
' Louis XIII écrivit lui-même au msnk, comte Jacques de La Gardie.
^ Ix résident français était Avencour.
' Il avait donné ce conseil au Landgrave. {Mémoires de Richelieu 1 1. 7, p. 352.
* « Dcr gotlselige Kônig batte zu Ausfuhrung dièses Erieges, picht allein die Scbwediscbe, seine eigae und andere fremde,sondern vomebmlich und vor anderen, die Teutscbe naUon gebrauchet, allso dass bey itsiger Zeit der Toroebmste und grosseste Theil so officier ais Soldaten , in Teutscher NaUon bestunden. » (Cbemnitz, t. 2, p. 743.)
^ Voyez les Archivée du royaume,)
s'était si mal oomporlé dam ta guerre, qu'an ne pouvait se fier à lui. Les iostruotions du chancelier lui prescrivaient de négocier avec l'empereur et de ne le Taire avec l'électeur de Saxe que dans le cas seulement où celui-ci serait muni de pleins pouvoirs de l'empereur, de TE»pagne et de la ligue \ la France , si elle le désirait, devait être comprise dans la paix de Hesse. Tout démontre qu'OxenstJerpa luimême voulait sincèrement la paix. Il auivit aussi fidèlement ses instructions que «i elles eussent été l'expression de sa propre volonté*, mais ses projets vis-à-vis de l'empereur furent laissés sans réponse. Partout sur son chemin, il rencontrait la Saxe , qui demandait que la Suéde se soumit sans condition à la paix de Prague. Si les Suédois licenciaient leurs troupes, évacuaient toutes les places et les pays conquis , et qu'ils quittassent l'Allemagne, Té* lecteur emploierait alors sa médiation pour procurer à la Suède, dans l'espace de quatre à cinq ans , une indemnité d'un million de florins. Ce point ne regardait en aucune façon l'électeur, parce que Gustave-Adolphe avait déclaré qu'il ne demandait rien pour son assistance. Les Suédois devaient en croire la parole de l'électeur, que rien d'hostile ne serait entrepris contre eux ni de la part de lempire ni de celle de l'empereur *. A cette époque, ses troupes s'approchèrent des quartiers de l'armée suédoise et cherchèrent à soulever les officiers suédois : « Ce fut alors qu'il parut plus glorieux et plus honorable , dit Cbemnitz , de se défendre par les armes que de se faire congédier en se mettant aux genoux de l'empereur pour avoir la paix. Si l'on était vaincu par les armes, on se trouverait dans le cas des plus grands empires et des plus grands rois. Mais la dernière condition était humiliante et ne pouvait se justifier ni auprès des contemporains ni auprès de la postérité, d'autant plus qu'on ne pouvait se procurer une paix sûre ni en goûter les fruits. » Le chancelier inclinait déjà à se désister de toute prétention à une satisfaction s'il eût pu se séparer avec honneur et gloire de cette grande guerre : il était délivré du fardeau de payer les soldats étrangers } mais il ne pouvait pas même admettre celte condition à cause des Saxons *.
I DéclaraUon de la Saie. (Gbcmnitx, t. 2, p. 768.) . 'Tmitescea chovss offeBsèren^ Ullsmepl |es Suédois.
CHAPITIIE XVill.
Ainsi on voit Tœuvre de Gu&lave-Adoiphe menacer ruine de toutes parts. Deux grands ministres , agissant de concert pour contrebalancer la prépondérance de la maison d'Autriche, quoique d'opinions différentes sur d'autres points, avaient cherché en vain à la continuer : le succès ne pouvait être prévu par les calculs politiques, fût-il même favorisé par l'habileté d'Oxensljerna et les trésors de Richelieu^ Tépée n'y devait pas moins concourir que la plume. Nous allons voir rétablir les premières bases , immédiatement après que les divisions et les défections des généraux suédois paralysèrent de nouveau les opérations militaires. Ce fut Jean Baner qui arracha des mains des princes allemands le bÂton de commandement de Gustave-Adolphe.
La France à cette époque n'était pas fertile en grands capitaines. L'esprit de révolte de la noblesse, alimenté par les discordes de la famille royale et par les intrigues des étrangers, avait gagné l'armée. Le soldat français délestait la guerre d'Allemagne. On était obligé de se Aer aux étrangers pour le service à cheval. Richelieu lui-même s'en plaint *. Gustave- Adolphe avait formé une école de guerriers, la première d'Europe : « Ils sont lous bons généraux, disait-il à Gharnacé après son débarquement en Allemagne, en désignant de la main sept à huit officiers suédois qui l'entouraient. » Les Suédois, disait-il dans une autre circonstance, ne manqueraient pas de chefs après sa mort^ il se repentirait d'avoir été leur roi s'il savait qu'ils ne continuassent pas l'ouvrage qu'il avait commencé. Après la bataille de Leipzig, l'état-major du vainqueur fut rempli de princes allemands. Il fondait sur eux de grands projets politiques; cependant des paroles remarquables sorties de sa bouche peu avant sa mort prouvent qu'il prévoyait leur défection. On rapporte que le roi , la veille de la bataille de Lutzen, dans une lettre au chancelier écrite de sa main, indique Baner comme le plus capable de lui succéder dans le com-
quMIs résolurent de se défendre et de se laisser plutôt arracher par force les armes é la main, que de rendre Uchemenl ce qu'ils avaient acquis avec tant de gloire et Uni de sang, qu'ils avaient généreusement répandu. {Mimoires de Richelieu, t. 9. p. 3,)
" Voyez Richelieu, t. 8, p. 256, 266.— « Les Impériaux TCgardërentlacapUvitéde Horn commcplus imporlanic que le gain de la bataille de Nôrdiingen. «(T. 8, p. 177.)
mandement en chef, s'il lui arrivait quelquo malheur *. Baner, étant encore souffrant des blessures qu'il avait reçues é Nuremberg, fut si frappé de la mort de son roi qu'il voulait tout abandonner ; il ne fut retenu que par les remontrances d'Oxensljerna, et n'accepta le commandement que sur les bords de TËlbe , avec la tâche difficile d'agir en connivence avec les Saxons. Il était entré avec eux en Bohême et se trouvait devant Prague , lorsque la catastrophe de Nôrdiingcn le força de se retirer avec ses troupes, qui formaient la dernière armée des Suédois en Allemagne. Oxenstjerna, à son retour de France, trouva Baner sur les bords de la Saale; les soldats cantonnaient dans les environs de IMagdebourg.
Là le chancelier se trouva prisonnier do sa propre armée. Ce fui alors que Baner l'arracha des mains des colonels mécontens, qui négociaient avec la Saxe, et avec autant d'élo([uenco que de ruse et de courage arrêta Texplosion d'un soulèvement militaire. Le chancelier fut transféré, sous escorte et pendant la nuit, de Magdcbourg aux bords de la Baltique. Les régimens qui n'in&piraient pas de confiance furent logés dans des quartiers à part. Baner s'entoura de ceux qui étaient restés fidèles à leur drapeau; ils ne comptaient pas plus de six mille hommes, et les Saxons s'élevaient à trente mille. L'électeur à leur tète commença bicnlôl les hosliiilés*; mais ce fui en vain qu'il tenîa de couper les communications entre Baner et l'Elbe. Baner fil le trajet en vainqueur. Le lieutenant général Rulhven battit les Saxons à DOmitz -. Baner reçut un renfort de deux mille cavaliers et de six régimens d'infanterie amenés de Prusse par Torslcnson. La Saxe fut alors près d'être envahie. L'électeur, qui avait menacé la Poracranie, fut rappelé par le danger de son malheureux pays , redevenu le champ clos d'une guerre de vengeance entre les Suédois irrités et les protcstans, que l'électeur avait sacrifiés avec un acharnement cl une
• \oyez Mémoires de Richelieu, t. 8, p. 3i9 ; Chemnilz. t. 2, p. 775; Laboureur, Histoire du maréchal de Gtiébriant, p. 7J.
» Mémoires de Richelieu, l. 8, p. 349.— Suivant Laboureur, Histoire du maréchal de Guébriant, p. 7J; rnrmc^c de Baiicr ne complaît que 2 â 3 mille 8u(îdois et Livoniens.
* Le 22 octobre 1C36. CVlaît le général Baudissin. jadis au scrsicc de la Suède, qui commandait lea Saxons.
cruauté extrêmes. La Saxe était en flammes *. Ces derniers consumèrent aussi les ressources de Tarmée de Baner, et lorsque l'électeur se réunit aux impériaux, commandés par Hatzfeld, le général suédois fut obligé de se retirer à Werben, retraite qui entraîna la perte de Magdebourg *. Baner s'en dédommagea par la victoire la plus complète sur les armées impériales et saxonnes,àWiltstock,le24 septembre 1636*. La Saxe s'offrait de nouveau aux armes suédoises. La bataille de Wittslock effaça le désastre de NOrdlingcn.
Baner s'empara d'Erfurt et de Torgau et assiégea Leipzig ^ mais il fut obligé de lever le siège, parce que toutes les armées impériales s'avançaient pour l'écraser. Toutefois depuis février jusqu'à juin 1637, quatre mois entiers, il se maintint dans son camp retranché de Torgau , malgré les continuelles attaques d'un ennemi qui lui était bien supérieur en forces. Il fit courir le bruit qu'il voulait aller au secours d'Erfurt^ mais le 19 juin, il passa l'Elbe et trois jours après l'Oder. Il avait dessein de traverser le Warta, à Landsberg, lorsque, au lieu d'y trouver les troupes du maréchal Herman, qu'il attendait, il se vit tout à coup enveloppé par l'armée ennemie. Gallas, qui l'avait tenu serré sur les bords de l'Elbe, apprit son départ douze heures après qu'il eut levé son camp , et il le devança en passant l'Oder à Kuslrin *, sous les murs de Landsberg, il se réunit au général Maracini, également envoyé dans ces contrées. Dans cette situation critique, Baner parvint encore à éviter l'ennemi, qui, trompé par un mouvement simulé, fit diligence pour lui fermer le passage par la Pologne, pendant que Baner se portait rapidement sur l'Oder et faisait sa jonction avec Wrangel à Schwedt^ : a Cette retraite, dit Richelieu , dans laquelle Baner n'avait que quatorze mille hommes à opposer à
* Baner s^eiprime ainsi dans le manireslc quMl pablia conlre ces cruaulés : « Dass keln AVunder >varei ncnn sich auch die Erdc erôRhelund durch GoUcs gcrecble Verhagnifs solchc chrYcrgcsscncn Frcvelslhatcr verschlingen Ibatc. » (Voyoz les manuscrits de Palms-
kôld.)
* Lellres de la régence à Baner, en date du 9 septembre 1G36. (Voyez les Archives du royaume.)
* Voyez les raanuscrils de PalniskOld et les Archives du royaume,
* Le vieux Herman Wrangel, qui n'élail pas d'accord avec Baner, fut rappelé. Son fils, le célèbre Charles-Gustave Wrangel, resta à Tarmcc.
soixante mille , et qu'il sauva avec son artillerie et ses bagages , à l'eiception de quelques malades ^et quelques tratneurs , peut être comparée aux plus célèbres qui aient été enregistrées dans l'histoire'. »
Les Suédois étaient de nouveau repoussés de la Baltique, et dans l'automne de 1637, on leur disputait la Poméranie, leur dernière possession en Allemagne. Baner conserva tout le Hinier- Pommern, tandis que tout le P^or-Pommem , à l'exception de Stralsund , de Gripswald et d'Anklam, tombait entre les mains de rcnnenii. Mais l'année suivante fournit de riches corn* pensations à ces perles. Gallas, en 1638, con« duisit une armée, que ses extravagances avaient afTaiblie, de la Poméranie, qui était complèlement ruinée, sur le Ha^rel et l'Elbe ^ puis il rc« tablit ses quartiers dans la Silésie et dans la Bohême, pendant que Baner, qui avait reçu des troupes fraîches de la Suède * et passé en revue à Stetlin, au mois de juin, son armée montant à trente mille hommes, marchait sur ses traces. Nous le voyons de nouveau en Saxe , en 1639, mettre en déroute une armée saxonne et impériale (à Chemnitz, le 4 avril), envahir la Bohème \ faire prisonniers MontecucuH et Hofkirchen à Brandeis, le 19 mai, et le jour suivant se trouver aux portes de Prague. Son armée comptait beaucoup de réfugiés bohémiens. Quel changement dans leur patrie! Depuis vingt ans, pas un prêtre, pas une église protestante ^ un peuple jadis altier, aujourd'hui abattu jusqu'à perdre Fespoir! Les Suédois cl les impériaux rivalisaient en excès de pillage. Les renforts arrivaient de tous côtés. Piccolomini vint de rextrémité des Pays-Bas. Derrière Baner, du côté de la Saxe et du Brandenbourg, on commença à concevoir des craintes. Dans
« Mémoires, t. 0, p. 386. — « Celle acUon fut assez plaisamment représentée, S'ilon le génie de ce lemps-lé, dans une gravure où Ton voyait les généraux allemands Tort occupés à lier le haut d'un sac, dans lequel l'armée suédoise était enrerméc, tandis que Banler avec son épée lui ouvrait un passage par un des coins. » Bougeant , Histoire des guerres et négociations qui pr<cédèrent le traité de If^estphalie, p. 289.
* « Gallas zog etUche elende Reliquien von der Armée hinler slch her. — Die Brandenburglschen und Sachsischcn waren sehr dùnne geworden. Hingegen die Schvcdlschon Soldalen ballcn wohl geringe Kleider, abcr stalllichc Courage, varen ailes jungc, auserlesene Lcule. » (Puffendorr, t. il. p. 48C.) Gallas qulllale commandement, qui échut à Maracini et au saxon Horkirchcn. «
mrmîF^'VvrmtKar^T'