SOS
Uoo de la guerre, dU«il, exige la réforme dé quelques abus y parce que le peuple est hors d'état de la soutenir plus longtemps *. » Toutes ses propositions frappèrent sur la noblesse. Il voulait limiter le droit de celle-ci d'acquérir trop de terres seigneuriales {sàtesgârdar) , parce qu'elle y en joignait d'autres pour lesquelles elle prétendait aux mêmes privilèges. 11 réclama Texercice de la dtme de la couronne, qui, depuis la réforme, avait été d'un grand seeours pour l'État , mais À laquelle un grand nombre de nobles s'étaient soustraits, ce qui faisait qu'elle ne produisait rien ou presque rien '; l'abolition pour quatre ans encore de l'exemption des droits de douane dont Jouissait la noblesse^ une nouvelle inspection de l'équipement des cavaliers dans tout le royaume et l'abolition de plusieurs abus dans l'armée. Il est vrai que toutes ces mesures ne pouvaient pas recevoir leur application. Dans les délibérations du sénat , le chancelier combattit ceux qui défendaient l'extension des terres seigneuriales : a C'est ce que vous appelez la liberté de ne rien donner à la couronne '. » Plusieurs sénateurs ne siégèrent pas à cette session, et, suivant toute probabilité, Tin* fluence du chancelier détermina l'adoption de la résolution suivante : a Lorsque le gouvernement convoque les sénateurs dans des occasions importantes, ils doivent se rendre é leur poste, à moins d'obstacles légaux. Les absens doivent se soumettre aux décisions des membres présens, et ils sont tous responsables, excepté lorsqu'ils peuvent prouver que ces décisions sont contraires à la Loi de Suède. Aucune autre excuse n'est admise , et celui qui, par crainte ou par d'autres raisons , s'abstient de paraître aux sessions n'est pas digne d'être sénateur *. » C'est dans le préambule de cette résolution qu'on parle des sénateurs du royaume « comme représentant les états. »
Le chancelier écrit à Baner : « On a été obligé de recourir À de nouvelles levées de troupes. Il eût été convenable d'adopter cette mesure de concert avec les états *, mais comme U y avait peu de temps qu'on avait convoqué une assemblée générale et que le comité des
* Voyex les proiMsiUons Caitss It 30 octobre 1636. (jinhives du royaume,]
' Voyez Stjernman.
f Voyez les collections de Palmskôld.
états s'était réuni pendant Télé , nous n'avons pas voulu les appeler de nouveau. C'est pour cela que nous avons Jugé bon de décider l'affaire dans le sénat et de communiquer la résolution aux nobles qui étaient présens et aux collèges pour la recommander ensuite aux soins des préfets et des évêques. Quant à l'argent , nous n'avons pas cru à propos de demander un surcroît d'impôts aux étals. Il faut chercher à introduire l'ordre et l'économie dans les revenus de la couronne. On doit sup^ primer les dépenses qui no sont pas nécessaires, redresser les abus qui se sont introduits dans les dtmes de la couronne et des terres seigneu-» riales, et augmenter les produits des mines, des douanes et du commerce. On a élu des députés pour examiner les comptes des revenus et des dépenses ; l'année prochaine , nous porterons notre investigation dans la recette des provinces : c'est aux trésoriers et aux conseillers de la chambre qu'on a remis ce travail. Le collège de la guerre doit, à la revue, casser les officiers incapables ; les mines doivent être aussi l'objet d'un sévère examen '. En un mot^ les réformes porteront sur toutes les branches de l'administration. »
La division de l'armée, fondée par Gustave- Adolphe, fut comparée au texte de la constilu-^ tion de 1634 et ne fut pas réglée exactement suivant son esprit : « Le gouvernement et le sénat, est-il dit dans une lettre datée du 2S mars 1637, ont examiné, l'automne dernier, le budget do l'État et celui de l'armée. Il y avait dans le dernier quelque confusion résultant des grandes guerres, de sorte que le contingent de l'armée est plus élevé que ne le veut la constitution et que no le permet le budget. Il y a une fois plus d'officiers qu'il ne faut , parce que les Allemands sont restés au service, et cependant on a fait de nouvelles promotions, pour la guerre de Pologne *. Ces doublet emplois sont ainsi autant de charges pour l'Ëlat. La cavalerie actuelle de Suède se compose de quatre régimens complets , ceux de la Vestrogothie , de l'Upland , du Smâland et de l'Ostrogothio; il y a en Finlande trois régimens de cavalerie aussi au complet. Les régimens d'infanterie
« A Jean Baner , 3 décembre 1636. (Voyez les Ar-ehives du royaume^
* Il est question de FespédUion faite en Prusse ei comoiandée par Jacques de La Gardie avant le renou* vellemenl de Tarmislice avec la Pologne* *
sont au ooiubrc de \ingl-lrois , dont quinze sont à la charge de la Suède et huit à celle de la Finlande. En Allemagne les troupes doivent être soumises à cette division , et si quelques officiers meurent, il faut laisser leur place vacante jusqu'à la réalisation de ce système *. On avait déjà pris, peu d'années auparavant, quelques mesures préparatoires. Le 27 avril 1636, le gouvernement écrivait qu'il espérait être bientôt débarrassé de la classe onéreuse des officiers surnuméraires : « Nous avons dessein de les disséminer dans les régimens des provinces , et de faire le cadastre de tous les hemmans qui devaient être affectés à Tentretien des officiers et des soldats*. )> Il y avait encore de grands abus à réformer : a 11 nous semble , dit le gouvernement en 1640, qu'une partie de nos officiers de cavalerie , surtout les colonels , se sont fait une loi de lever sur leurs cavaliers une certaine contribution en argent, en bétail ou en denrées , comme si cela leur était dû. Les colonels des régimens d'infanterie emploient aussi leurs soldats à transporter du bois, à faire des corvées; ils leur imposent encore d'autres charges. On doit proscrire sévèrement ces abus '. » — « Les canons, les armes de toute espèce, la poudre, les boulets, tout le matériel de la guerre, en un mot, se font en Suède, on en fait même des envois à l'étranger , écrivait Oxenstjerna à Baner , et la grande flotte est dépourvue de tout ce qui est nécessaire pour entrer en campagne *. »
Le gouvernement introduisit plusieurs améliorations importantes dans l'administrai ion intérieure. Le bureau des mines (hergamt) reçut la forme collégiale : son instruction est de 1637^. On publia des ordonnances relatives au commerce. Le premier règlement des postes fut publié *, ainsi qu'un nouveau tarif do douanes '. L'ordonnance touchant l'établissement #
^ Instruction de Grubt»e. (Voyez let Archivée du foyaume.)
* Le gouYernement au chancelier > 37 avril 1636. (Voyez les Archivet du royaume.)
* Leltres à tous les colonels d'infanterie et de cavalerie, 21 avril 1640. (Voyez les Archive» du royaume.)
* 3 avril 1641.
» Voyez les Archives du royaume, 8 février 1637.
■ Du 20 février 1046.
' I^ tarif des douanes fut d'abord tenu secret, ce qui causa un grand dommage au commerce au delA de la BalUque, du côté de la LIvonie. (Voyez les manuscrits de Palmskôld.)
des auberges sur les grands chemins fui renouvelée. Tout ce que fît le comte Pierre Brahe depuis 1637 jusqu'à 1640, et ensuite de 1648 à 1654 en qualité de gouverneur général de la Finlande, où sa mémoire est encore chère aux i)opulalions, mériterait un chapitre spécial, si un pareil développement ne sortait des bornes que nous nous sommes prescrites. IMais ni les ressources du royaume ni Far* gent de la France ne sufiisaient pour entretenir des armées en Allemagne , et Oxenstjerna Tut obligé de démontrer à Raner la dure nécessité de tirer de la guerre elle-même des ressources pour la faire : a Cette guerre étant au-dessus de nos forces , nous no voyons pas comment nou4 pourrions introduire la réforme dans Tarmée aussi promptement qu'il le faudrait. Vous penserez sans doute comme nous , que plus les masses que nous pourrons lancer sur le territoire ennemi seront fortes et imposantes, plus elles y trouveront facilement des moyens de subsistance. Nous ne savons pas même comment nous nous arrangerons chez nous*, cependant nous ferons ce que nous per« met notre budget*. » Après une nouvelle levée faite à la diète générale de 1638, le gouvernement écrivit au maréchal : « Nous supposons que les soldats que nous avons envoyés pour compléter les régimens sont encore trop jeunes et que les officiers ne sont pas les meilleurs : la multiplicité des levées a fait qu'il ne reste plus d'hommes d'un âge mûr ". » Malgré ces levées si souvent renouvelées , malgré les impositions et d'autres malheurs >, il ne s'éleva aucun murmure de mécontentement contre les diètes, qui étaient cependant convoquées avant 1642, lorsque les paysans se plaignirent que le gouvernement vendait trop de domaines de la couronne. Le chancelier adressa à cette occasion des paroles sévères aux paysans dans le sénat ^ en revanche, pendant que le chancelier prononçait un discours dans la salle de la diète, les paysans mirent à la porte un faux frère qui , sans être membre de leur
< A Jean Baner, le 10 mars 1638. (Voyez les ^rcAtve* du royaume,)
* Au même, le 4 Juin 1639. » On recruta des soldats en Ecosse et en Angleterre ; ils arrivèrent an printemps et dans lï*té de 1637. (Voyez \eB Archit^e* du
> En 1639 et 1640, la pesle Gt invasion à Stocktiolm I et dans ses environs.