CHAPITRE XVlir
état, s^éUil gfi89é parmi eux , disant qu'ils divaguaient inutilement et qu'ils pouvaient bien payer ce que le gouvernement demandait. Le lustre et réclat que les victoires de Torstenson avaient Jetés sur les armes suédoises retournèrent Tatlention générale des plaies intérieures de rÉtat.
Ce frère d'armes de Baner, son égal en génie , remportait sur lui en énergie : faisant dominer sa grande âme sur un corps miné par la goutte et les restes d'une dure captivité , le plus grand capitaine après le roi s'était vu contraint par ses infirmités à solliciter sa retraite, et il Tavait obtenue au printemps de 1641 *. Alors le gouvernement lui offrit le commandement en chef en Allemagne, et il refusa. A ses objections , le chancelier répondit : qu'il n'élevait aucun doute sur la capacité du guerrier si sa santé ne s'opposait pas à ce qu'il se chargeât du fardeau du commandement. Il n'avait pas oublié que le feu roi avait dit, peu de jours avant que le général fût fait prisonnier à Nuremberg, qu'il ne craindrait pas de lui confier la conduite d'une armée. Depuis ce temps le général avait fait plusieurs campagnes, il avait les habitudes de celte guerre et Jouissait de la confiance de l'armée *. Quelque temps auparavant, le gouvernement ayait écrit au général de l'artillerie Jean Lil- Jehôk, gouverneur de Hinler-Pommern : u Dès que nous aurons nommé un général en chef, il faudra que vous restiez chez lui pour être auprès de sa personne ce que Torstenson était auprès de Baner â cause de votre intelligence, de votre bravoure et de vos autres qualités '. » On voit, par la correspondance de Gustave Wrangel , qu'il se considérait comme frustré par cette nomination : il n'avait cependant alors que vingt-huit ans *. LilJehOk périt â la Heur de son âge, à Leipzig, comme NilsBrahe *
* « Vous demandez un eongè pour cauie de maladie ; mais Baner est malade aussi, et H n*y a personne après loi pour soutenir la gloire de nos armes. » (Voyea U lettre du gourernement â Torstenson , le 7 Jalliel 1640.) « Biais, écrit le chancelier, en date du 8 mal 1641, nous avons été obligés de donner à Torstenson la permission de rentrer dans ses foyers à cause de ses infirmités. »
* Voyez Adiersparre, Samiingar, t. 3, p. 218.
* A Jean LiljehOk, le 24 mai 1641.
^ Voyez la correspondance entre Herman Wrangel et
son fils. Les lettres sont datées du 10 et 17 août 1641.
' « Den aucb KOnig Gustave be y Nurnberg vor capa*
mourut en combattant aux champs de Lutzen ; il y avait aussi en lui les germes d'un grand capitaine. Quelle école de héros Gustave - Adolphe n'avait-il pas formée !
La mort de Baner Jeta une grande inquié* tude dans l'armée; personne plus que lui ne l'avait dominée depuis Gustave-Adolphe. Le maréchal Torstenson était encore absent, et il n'y avait personne dont l'autorité pût être comparée â la sienne. Les trois majors-généraux Adam Pfuel, Charles-Gustave Wrangel et Arwid Wittenberg reçurent le commandement, et, réunis à Guébriant, ils batti-> rent encore l'ennemi à WoIfTenbuttel ; mais les conditions que les colonels posèrent pour prix de leur obéissance prouvèrent qu'elle ne devait pas être de longue durée. Ils envoyèrent en Suède deux plénipotentiaires chargés de présenter leurs plaintes au gouvernement. Vingt-trois colonels s'engagèrent par leur signature à ne reconnaître aucun général en chef avant qu'on eût fait droit à ces plaintes. Jadis ils avaient demandé â prendre part aux délibérations où s'agitaient des questions rela* tives aux militaires; ils revendiquaient aujourd'hui ce droit, même pour les questions politiques. Ils appuyaient la demande de l'abandon de quelques places fortes, demandes faites par la maison de Brunswig -Lune bourg, qui après la mort du duc George suivit la même politique vacillante, et semblait alors opposée à l'empereur, pendant qu'elle négociait une alliance avec la Suède. Des agens lunebourgeois et danois fomentaient le mécontentement, qui s'augmentait par une misère profonde. Des fantassins et des cavaliers vendirent leur équipement pour avoir des vivres, et s'écrièrent, à l'occasion de l'arrivée de Grubbe, qu'on leur envoyait des conseillers de guerre, dont ils n'avaient pas besoin, mais qu'on ne leur envoyait ni argent ni général en chef. On entendit des officiers dire hautement qu'ils ne voulaient pas obéir à un général suédois ■ ; ils parlèrent de paix et entrèrent en intelligence secrète avec l'ennemi : « Nous sommet certains , est-il dit dans l'instruction du gouvernement à Torstenson , que ceux que nous regardons comme nos amis propagent dans
ble geschatzt batte die armée zu regiereo. > (Pufl^ndorf, t. 13, p. 29.)
■ Charles-GustaTe Wrangel a son père, an der Leine» 13 septembre 1641.
Tarmée des seotimens bien dangereux. Si le maréchal ne pouvait gagner la confiance des troupes , il devait tâcher de se rendre matlre des ports de la Baltique , tirer de Farinée tout ce qu'il y avait de brave et de loyal , Suédois ou Livoniens, se réunir à Tarmée de St&ibandske et se mettre en état de défense dans une place sur TElbe ou sur TOder. Il devait avoir rœtl ouvert sur le Danemark , qui s'occupait aussi d'entraîner l'armée \
On n'en vint pas à ces extrémités, parce que Salvius pourvut aux premiers besoins en avançant de l'argent sur celui qu'on devait recevoir de la France, et que les colonels appor* tèrent en revenant de Stockholm de nouvelles promesses. Cependant après un été passé dans les discordes et les privations de tout genre , l'armée était bien affaiblie à l'arrivée de Torstenson , laquelle avait été retardée jusqu'à Tautomne*. Il amenait de Suède des secours d'hommes et d'argent > j mais ils n'étaient pas suffisans pour subvenir à tous les besoins de l'armée. Les rapports se compliquaient avec les ducs de Lunebourg à cause des intelligences secrètes qu'ils avaient avec les troupes. Les jalousies et le mécontentement divisaient les officiers^ le plus âgé, le major-général Adam Pfuel , donna sa démission parce que Liljehôk l'avait devancé. Wrangel boudait aussi et s'absenta pendant quelque temps ^ La frac-
< Inslruciion du maréchal Torslcnson , 31 août 164t.
* Il arriva \é 15 novembre 1641 à Tarrnée, campée autour de Winsen, près d'Aller en Wcstphalie.
* Outre les cavaliers finnois , il amenait vingt-sii compagnies d'infanterie.
* « Ich merke aus Aliem, dass man mir hier wenig gewogen, sehc auch, dass wie elfrig nnd trou ich meine pienste thue , dennoch getban wird ails wusste man çsnicht, und giebt die tagliche Erfahrung, dass die Affection zu einem und andern mcrlLlich antecellirl. Von meinem Advencement zu General der Infanterie ist von kcinem Menschen etwas gedacht worden, fondcrn Mortaigne (wie vFohI ich bey Lebzeilen des sel. Hrn Felds-marschalls Baners und auch nachmahlszu commandieren gewurdigl wurde); mir noch als ein General bey der infanterie zugeordnet ist. > (Voyez la correspondance de Charles-Gusiave Wrangel et de son père dans la bibliothèque de Skokloster.) -^ Wrangel fut envoyé en Suède, au printemps, pour y chercher de nouveaux renforts.Malgrél'amiliéque Baner lui portait, nous trouvons deux lettres dans lesquelles Baner lui jeprochait amèrement quelques fautes commises dans le feu de la jeunesse. Ce fut alors que Wrangel chercha lUntefcession de Torstenson, et celui-ci lui promit de Texcuser auprès du maréctial.
ture d'un membre avait mis Wlltenberg hors d'état de servir pour le moment; Guébriant , avec les troupes françaises, se sépara dea Suédois pour se rendre sur les bords du Rhin -, Torstenson lui-même, après son arriyée à Tarmée , devint si malade que le bruit de sa mort se répandit et que lorsque Tarmée, aa commencement de Tannée 1M2, se mit en marche pour occuper les passages de VESbe , il était perclus de tous ses membres et tût transporté sur un brancard '.
A Saltswedel , il assembla un conseil de guerre pour juger le colonel Seckendorf , qui, convaincu d'avoir entretenu des intelligences avec l'ennemi, fut condamné à mort*. Après que Tennemi , ayant renoncé à son projet contre le Mecklenbourg, se fut retiré en Saxe, où les Bavarois se séparèrent des impériaux , Torstenson , assuré de ce côté par l'armistice avec le jeune électeur de Brandenbourg, résolut de marcher sur la Silésie, où se trouvait le duc François-Albert de Lauenbourg, alors chai de l'empereur avee des forces à celles de SiUliandske. Pendant que Torsten* son faisait diriger des approvisionnemens sur la route de Westphalie, il prit un chemin opposé et passa l'Elbe à Werben, les 26 et 27 mars; il traversa la Lausace et se réunit à Stfilhandske, à Sorau. Cette jonction porta ses forces à vingt mille hommes. Le 24 avril , fl emporta d'assaut Gross-Glogau et d'autres places fortes voisines, et menaça Schwtidr nitz *, il devança le duc de Lauenbourg, qui volait à la défense de cette place , le battit oom* plétement et le fit lui-même prisonnier K Le
* Souvent les lettres de Torstenson étaient signées par les secrétaires, parce que la doalear rempéchait de tenir la plume.
' Charles-Gustave Wrangel écrit de la!, à son pktés que c'était un des chefs des meneurs dans le camp de WolflTenbuttel.
* « Als er an seinen Wnnden starb, irurdeo Arn* hcims Anscblage zu nlchte. » (Pulfendorf» toiM 14 « $ 16.) — lie feld-maréchal Arnbefm, qni «tait servi la Suède, était un des caractères les plus rasés de lOA temps, homme de politique et de cabinet platdt qus d*épée. Il avait quitté le service de l'empereur pour celui de la Saie ; mais après la paix de Prague, U s*é-> tait retiré dans son château de Boitzenbourg , dans rukerraark , qui appartient encore A ses descendans, qui comptent au nombre des plus riches propriétaires de Prusse : il y fut fait prisonnier, le 7 mars 1637, par un détacbemcnt de Suédois, qui l'emmena en Suéde. Cet acte de Yioience avait été ordonné par Oienii|erDS,
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GHAPITBE XVIIL
résultat de cette tieloire fut la reddition de Schweidnitz, le 24 mai. Torstenson poursuivit les impériaux dans.la Moravie , épouvanta et dispersa les députés rassemblés à Olmuti, s^empara de celle ville le ô juillet et envoya le colonel Helmut Wrangel porter ses armes aux portes de Vienne. Il fallut alors penser à la retraite. Après avoir laissé une forte garnison à Olmulz, il reprit le chemin de la Silésie, où Lil- JehOk s'était emparé de Neisse, et se réunit au reste de Tarmée à Kosel , qui fut prise d'assaut ainsi qu'Oppeln. Il mil le siège devanl Brieg et Je poussa avec tant de vigueur qu'il espéra s'en rendre maître en peu de jours *. Mais un
qui votttalk qu'on le prit morl oa viTant. La haine qn'on lai portait était l'effet de ses trames et de tes intrigues coDtre la Suéde. C'est le seul fait immoral qu'on puliM reprocher à la mémoire d'Oienstjerna ; il était dans l'esprit de son rival hichèlieu, sur lequel il l'emportait tant par la moralité de ses principes. Arnhefm , après avoir été enfermé â ôrebro fat eonduil A Stoekheim. il s'échappa de sa prison et retourna en Alleraagoe, où il proposa de mettre une armée en campagne contre la Suéde. Nommé généralissime 'des troupes deSliésIei il y mourut le 18 avril iC4f. Le duc de Saie-Lauenbourg, qui était sous ses ordres, refat le commandement en chef.
' Torstenson s'exprime ainsi dans une lettre adressée à G.-G. Wrangel sur ses opérations : « Nach dem Plngst Yorgewescncn Kencontre bey Schweidnllz ist der Mnd mil seinen Qbrigen V6Uern aus seinem Léger bey areslauaufgebrochen nnd nach Brieg gegangen. Ich taabe melnen Marcb nach Neisse gerichtet, und d. 25 mai daselbst angelangt, in der Meinung so yioh\ veiter an dem Felnde, als an der stadt Neisse mein Heil za tersuchen, zu welehem Ende ich d. 27 mit der neislen GsTalerle i.&ao zu POssund enUichen leicbten Qeschtttz Yon der Neisse YTeggegangen, daselbst aber den Herrn General Liijchôk mil der Infanterie und dem groben Geschûtz, solchemOrt wurkiich zu attaquieren gelasseu, und allso mit den bey mlr gehabten Volkern -gegen Olmutz gezogen. Als nun Ton dem Peindc ein mefareres, nicht als ein Régiment zu FQasso d. 29 bey Sternberg von dem Obrist Helm Wrangel ruinirt worden, angetrolTen und sich t>erunden , dass der Feind, aof die lihke hand nach Welsskirch, Meserltz und dem Wallacheyschen-gebirge sIch gcwendt,undallda nlcht .fOglIch attaqutrt werden konnte , habe ich melnen marcb recta nach Olmutz, folgcnden Tages solche mit Ernst anzugreiflt^n rcsolvirt. Dercommendant Minlatl, aïs General commlsiairius des Markgrafthum 5Iahrens, so mil 800 neagewerbnen Teutsche und Polnisrhe Knechtedarin gclegeo, hal slch^ zunachst derBurgerschaft, tapler gewahret, gleichvol abêr nach vicrtagiger Belagerung zu accordiren gezwungen wordcn , /welcher dann d. 6 dièses mit der Garnison abgezogen. Selbiges Tages hal sich auch Pronitz und Liltau auf discrétion, eingicichen d. 8 die Mahrischc Neusiadt, so ein ziemlich vesler Ort, an dem General major Kdnigsmark mil accord gegcbcn. Nach dem iCh nun
formidable corps dUmpériaux arriva au seeours de cette forteresse. Torslenson fut obligé de lever le siège ; il renforça la garnison d'Op<peln et deSchweidnitz^ et envoya Kdnigsmark en Saxe pour y faire face aux événemens. 11 so retira à Glogau, derrière TOder; mais il passa ce fleuve plus haut, à Crossen, et posa son camp au confluent de TOder et de la Neisse en attendant les renforts que Charles Wrangel amenait de Suède et qui approchaient. La jonction avec Favant-gardc du corps de Wrangel , comptant quatre mille fantassins, eut Heu le 26 août *. Torslenson fit lever le siège de Glogau aux impériaux. Il essaya vainement de couper à Tarmée impériale le chemin de la Bohème ; mais il s'empara de Zittau , le 29 septembre, en présence de Tennemi, et assiégea Leipzig pour le contraindre à accepter la bataille qu'il lui offrait. Là sur les mêmes champs qu'avait illustrés Gustave-Adolphe, Torslenson remporta, le 23 octobre, une victoire complète sur Farchiduc Léopold et Piccolomini , et linil la glorieuse campagne de 1642 par la prise de Leipzig *.
Le chancelier * écrivit au chambellan Ga-
Kanschafl bekommen, dass Neisse d. 5 dièses, mil ac^ cord ubergegangen , bln Ich, um mich bey der damallgen Beschafltenheit des Feindes, mich der Obrigeh importante Orte in Schlesien zu bemelslren, d. 7 von Olmutz aufgebrochen, niich vider zuruchgezogen und mit der ubrigen gros der armée bey Cosel conjungirt» ▼elcheSladt folgenden Tags nach geschossener Brescho mit sturm, und das Schloss auf Gnad und Ungnade ubergangen. Bin darauf d. 12 aufgebrochen und bey Oppeln angelangt. Der Commendant, Obrist lieutenant des graf Gallischen régiments, hal, als die bresche geschossen , die Sladt verlassen und sich auf Schloss retirirt, welcher er auch, wei! es ein sehr fester Ort, bis in den vierten Tage gehallen, bat sich aber endlichd. 17 dièses auf Gnad und ungnad ergeben mussen.--Bin nun gestern davon aufgebrorhcn , und heule allhier beyderStadlDricg,worinl500m.zufussund2Obristcn sich befinden, und werdc mein Bestes Ihun. — Herzog Fraos Albert sind d. 81 mal wegen eropfangcner Bejde schUssezu Schveidnitz Todes Terfahren,und ao deren Slelle ist nun widerkommën Piccolomini, der nun mehr die gesammte kaiserliche Armée, so annoch bey Brunn in Mahren stcht als Fcid-marscball commaiidiH. • (Torslenson à Charles-Gustave Wraniicl.) La lëUfeest datée du camp près de Brieg, le iTjuin
* « Si nous ne recevons promptemeul du secours^ Glogau est pefdu. > (T.cttre de Torslenson A Wrangel , du camp de Neisse, le 21 août 1641.]
• Voyez Puffendorf, t. M, § 2C.
" Le 1" Janvier 1C43. (Voyez les archives du ràyairme.)
briel Oxensljerna , qui Tal envoyé auprès de Torslenson : « Il me semble que le maréchal a reçu assez d^eau pour Taire marcher le moulin. Il fallait profiter de la victoire pour s>mparer de la haute et de la basse Saxe et se rendre maître de TElbe ^ En Westphalie, nous tenons le Weser et les principales places ; cependant Tadminislration est en désordre: il faut un gouverneur, un bon secrétaire et un commissaire *. Du côté du Brandenbourg, il ne manque que la ratification du traité d'armis* lice-, en Silésie et aux bords de TOder, il faut lâcher de se garantir par Tarméc de St&lhandskc. II me semble que le maréchal doit poursuivre l'ennemi dans les montagnes de Bohème, la Moravie et TAutrichc, porter le théâtre de la guerre vers le Danube et s'assurer les communications avec TElbe et la Baltique, au moyen d'un corps de troupes légères. Nous allons écrire au rot de France et â Hesse-Cassel d'occuper les troupes de Hatzfeld sur les rives du Rhin. Une autre diversion dans les États héréditaires de l'empereur pourrait s'opérer plus efiicacement par le prince Rakoczi de Transylvanie '. )> Dans une autre lettre à ce même Oxensljerna, on lit : « Que tous les papiers appartenant â la chancellerie de l'archiduc Léopold, pris à Leipzig, et d'où Ton pourrait tirer des éclaircissemens sur les desseins de l'ennemi, devaient être envoyés. Il croyait devoir rappeler aussi au maréchal que si l'on s'emparait de quelques villes catholiques où se trouveraient de belles bibliothèques, comme il était arrivé à Ncisse et à Olmulz, les livres devaient en être envoyés en Suède pour compléter les bibliothèques des gymnases et des académies^. »
Après la prise de Leipzig, Torstenson avait eu une entrevue avec le maréchal Guébriant, qui, réuni aux Hessois, avait fait la cam* pagne du Rhin commencée en 1642, après la victoire de Kempen. On dit que ces deux
I FatU Ëlben.
* Dans les Archivas du royaume, on voit des plaintes fréquentes contre Tadministralion suédoise en \Ves(phalle et en Silésie.
' Torstenson avait dé|i envoyé en Transylvanie deui colonels chargés d'entrer en négociation avec Rakoczi.
* Le chancelier du royaume tenait à ce point. Lorsque Gustave Horn envahit la Scanie» en 1644, il donna Tordre A^envoyer à Stockholm les bibOotheca pubîi' ta et les manuscrits qui s*y trouveraient. (Voyez les ^rchivu du royaume.)
généraux arrêtèrent le plan de la eamiiagne suivante. Les Suédois et les Français s'accusèrent réciproquement du défaut d^eoaemble dans son exécution '. Ce qu'il y a de certain, c'est que Guèhriaut marcha sur le Rhin , et que Torstenson, au contraire, se dirigea & travers la Bohème sur le cœur de rAutriche , sans cependant pouvoir amener Gallas, qui avait été réintégré dans le commandement, à une bataille décisive *. Nous ne nous arrêterons pas aux événemens de la campagne de 1643 contre TAutriche. Torstenson poursuivit ses succès jusqu'à Olmutz et Brunn , et menaça par un de ses partisans la personne de rempereur jusque dans sa capitale. KOnigtmark, si habile dans la petite guerre, occupa Tennemi sur TElbe et sur le Weser, et enfin repoussa en Poméranie Tatlaque que firent les impériaux , qui avaient violé le territoire de la Pologne et qui opérèrent leur retraite par le même chemin. Cette campagne fut interrompue par un événement imprévu. Après queTorstenson, du fond de la Bohème, eut établi ses communications avec ses garnisons en Silésie , il reçut au château d'Eulenbourg, le 23 septembre, renvoyé de Suède, Jacques TOrnskdld, qui Tavait longtemps attendu à Oppeln. Celuici lui apportait des dépèches du gouvernement suédois , portant que la guerre était déclarée au Danemark et que Torstenson devait se porter sur le Holstein.
Il est superflu de rappeler les griefs allégués par la Suède pour justifier cette guerre, griefs que le Danemark repoussait avec amertume. Le Danemark était un voisin peu sûr, et il devenait naturellement un ennemi redoutable au premier désastre des Suédois en Allemagne. Guslave-AdolpheetOxensijwnaavaîent prévu que la guerre d'Allemagne en enfanterait tôt ou tard une autre avec le Danemark. Notre situation de ce côté était devenue embarrassante, surtout depuis que le roi de Danemark, dans Télé de 1640, avait favorisé la fuite delà reine douairière de Suède. On résolut d'employer la prépondérance des armées suédoises pour trancher la difficulté avec Tépèe.
■ Histoire du maréchal de Guébriant, ehap. 10; PuATcndorf, t. M, § 39.
* « Darûber freoten sich die Schweden, denn sle wusslen seine mode, dass er die Armée allemal, rainirle. » (Puffcndorf, 1. 15, $ 34.] -- L'archiduc, mécontent, quitta l'armée, et Piccolomini entra au service de l'Espagne.
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