‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 2 sur 275 · LA SAGA DV NORD · texte numérisé non relu

LA SAGA DV NORD

Temps anciens. — Sagas des migralions des peuples du Nord {nordlsha wandrlngs Myoi*). — Saga de Dieu.— Sagas des rois. — Les Suéones cl les Golhs. — Les Waraigues et les Hormands.

Si l'on veut se contenter des probabilités dans une matière qui n'offre point de certitude, la Scandinavie n'est pas une des contrées qui se sont peuplées les dernières. Sa situation près d'un grand golfe qui reçoit du continent des fleuves puissanS) son climat, plus tempéré qu'aucun autre sous la môme latitude , confirment l'expérience généralement reconnue, que les côtes sont plutôt cultivées que Tintérieur

des terres, et que les grands fleuves sont, pour ainsi dire, le lait d'une mère pour la première culture. La Méditerranée et la Baltique ont, toutes les deux , chacune à leur manière, élevé les plus anciennes et les plus importantes nations de l'Europe.

La civilisation du monde classique, sortie de l'Asie , fleurit sur les bords de la Méditerranée. Les Alpes lui opposèrent longtemps leurs cimes et bornèrent son horizon. Des tribus sauvages, pour la plupart de race celtique et qui se sont perdues ou détruites plus tard , descendirent de ces hauteurs dans les plaines de l'Italie; elles portaient la dévastation jusque sous les murs de Rome , dans la Grèce et dans l'Asie- Mineure, ou bien elles erraient dans des déserfs et d'immenses forêts <. Nous voyons au contraire la grande peuplade germanique européenne établir ses premiers foyers sur les bords de la Baltique, dans ses îles et sur ses côlo) méridionales '. Ces peuplades gardaient des souvenirs de l'Orient, mais elles furent presque inconnues au Midi de l'Europe, jusqu'au moment où les Romains approchèrent de la basse Allemagne et de la mer du Nord ; au lieu de hordes errantes jetant à peine quelques mouvemens de vie sur les solitudes de l'intérieur du pays, ils y trouvèrent des nations nombreuses, braves et invincibles par leur forte constitution guerrière; ce fut alors que le nom de Germains se fit entendre pour la première fois. Rome, incapable de les soumettre, s'exposa au danger de les prendre & sa solde. Bientôt par différentes causes et par l'instinct qui dirige les peuples, les Germains se laissèrent entraîner de plus en plus vers le midi ; ils franchirentia gigantesque muraille des montagnes , et cette grande migration des peuples, couvrant de ses flots la corruption de l'ancien monde^ prépara la civilisation nouvelle, qui trouva dans la forte nature de ces hommes du Nord et dans la religion du Christ un fonds riche et un aliment substantiel.

Il est probable que la Thulé dont parle Py- Ihéas, était une partie de la presqu'île Scandinave, peuplée et cultivée plusieurs siècles

*De$erta Helvetiorum, Bqforum, Getarum, plus tard oocopés en partie par les peuples germaniques veous du nord.

' Les Teutons et les Goths ( Guttones ) habitaient les bords de la Baltique dés le temps de Pylhéas. (C.» Fr., Mannert, Géographie âe$ Gréa et des Romaine.)

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