‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 200 sur 275 · HISTOITIE DE SI EDE · texte numérisé non relu

HISTOITIE DE SI EDE

son monarque. Ajoutez ù cela que le Danemark n'a pas rcsscnli le besoin d'avoir des (roupcs à lui, car le chemin deFAlIemagne, où il a toujours trouvé à en enrôler, lui a été ouvert constamment. La noblesse est inexpérimentée dans la guerre, et peu de personnes ont servi à Télranger. Survient-il une guerre , il y a toujours des divisions pour savoir à qui appartiendra le commandement.

La milicCjdans chaque province, doit s'exercer sur les places des églises. L'tle de Séland fournit 2,C00 hommes, celle de Fionie 1,000, la Scanie cl leBleking 2,000,1e Julland 4,000, les petites îles 1 ,C00, la Norvège 6,400 divisés en trois régimens, la noblesse 4,000; en tout 19,400 coinbatlans. La cavaltTÎe, levée par provinces, s'élève à 7,000 hommes , y compris l'équipement des cavaliers nobles ; les prévôts et le clergé en arment 2,C0O. La grande flotte compte vingtquatre vaisseaux de haut bord et seize galiotes. La Norvège et le Danemark possèdent cent six vaisseaux marchands. Il y a de bons marins.

Les sources des revenus du Danemark sont : 1° Le droit de péage du Sund^il varie de temps en temps : avant la dernière guerre avec la Suède, il s'élevait à cinq ou six cent mille Iha- , lers ; après la paix de Brômsebro , il baissa de soixante et dix à gualre-vingl mille thalcrs. 2« Le droit de douane intérieure , dont les produits seraient considérables si la noblesse et le clergé n'en étaient exempts et si la noblesse n'en exemptait pas les bourgeois avec lesquels elle a des affaires : rien de plus commun que de voir un noble, logé chez un bourgeois, payer son logement en billets de douane. 3° Les impôts et contributions des villes. 4« Les chOileaux,les villes et la douane en Norvège. 5" Les châteaux en Danemark. 6* L'impôt du roi {kungs-skatten) et autres impositions extraordinaires qu'on ne lève pas chaque année. Terme moyen , les revenus ne dépassent pas 500,000 thalcrs, tandis que les dépenses s'élèvent annuellement ù 919,665 thalers.

La Norvège a des vallées très-fertiles en céréales et en pâturages-, ses montagnes sont couvertes de chênes, de sapins, de bouleaux et môme de hêtres. Les Hollandais y chargent annuellement une centaine de vaisseaux de mi\îs, de bois de chauffage, do goudron, de planches. Ce pays possède en outre quelques mines et en exploiterait davantage si rintérét d 'S particuliers ne s'y opposait. La noblesse de

Danemark, qui voit avec envie Icé revenus que le roi peut en tirer, et les propriétaires dot mines en exploitation , qui craignent que de nouveUes forges ne portent un coup funeste aux anciennes, ont arrêté le développement d'une industrie à laquelle invitait la nature du sol. Les mœurs et le caractère des habitani sont les mêmes que ceux des Suédois. Us ne»; louent pas du gouvernement du Danemark : comme les gouvernemens des provinces et In emplois publics sont presque exclusivemeot remplis par les Danois et que le roi visite rarement ces contrées lointaines, le peuple y est souvent victime de l'injustice. La noblesse de Norvège est pour ainsi dire éteinte, et s'il en reste quelques familles , elles sont peu estimées en Danemark , excepté quelques-unes qui se sont fait naturaliser dans ce dernier pays. Mais le peuple norvégien est plein de vigueur et de courage. Les Norvégiens naissent marins et guerriers *, aussi les Hollandais cherchent-ils à les attirer à leur service : il n'y a pas de navire hollandais qui n'ait à bord des matelots norvégiens. La Norvège est administrée par un gouverneur général qui est un sénateur danois et qui réside à Christiania. Annibal Sehested se fit nommer vice-roi et reçut son fief sans payer une obole h la couronne -, il en tirait un revenu de 30,000 thalers. Pendant son administratioD, il fonda en Norvège des institutions à l'instar de celtes de Suède, des collèges , surtout pour la flotte et l'armée, la chancellerie, le trésor et l'adminisl ration des mines ^ mais comme ces innovations éloignaient le gouvernement de Norvège de celui de Danemark , tout fut aboli après la mort de Christian lY, et on fit le procès à Sehested. Ce grand seigneur vivait sur un pied plus brillant que le reste delà noblesse danoise *, ce fut la principale cause de sa chute. Il avait épousé une fille do Christian IV, ce qui lui attira la jalousie et les soupçons de la noblesse. Il était dans la politique de ce parti de ruiner totalement Sehested, comme les autres gendres du roi , qui s'étaient partagé l'administration du royaume entre eux pendant la vie de ce monarque : CorfitzUlfeld, comme majordome du royaume, celle de Danemark proprement dit, et Pentz et Annibal Sehcsîed, comme gouverneurs généraux ou vice-rois j le premier en Holstein, le second en Norvège'.

* Les épouses de ces seigneurs étaient filles de Christian IV et de Cliristlne Munk.

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