CHAPITRE XYIII
La Scanie el le Bleking sont les deux provinces les plus riches du royaume de Danemark; elles sont renommées pour leur fertilité. L.es céréales de toute espèce, le bétail, le poisson y sont en abondance; on y voit des forèls magniQques, de beaux pâturages, do pclits lacs pittoresques et de larges rivières. Les habitans, surtout ceux des frontières, ont beaucoup de rapport avec ceux du Smâland par leur langage et leur esprit guerrier, et comme ils portent (oui le poids de la guerre, lorsqu'elle s'engage avec la Suède , ils ne souhaitent que d'ùlre soumis à celle-ci. Ils sont estimés en Danemark à cause de leur bravoure, parce qu'ils sont nés soldats*, ils manient mieux les armes et supportent plus facilement les fatigues de la guerre que le peuple de Séland, de la Fionie et du Jutland. Le peuple de Séland, quant à Tesprit, difTèrc beaucoup de celui de la Norvège , de la Scanie et du Bleking : il aime à vivre commodément et dans Taisance , n'est pas porté à la guerre et , comme tous les habilans des possessions danoises, est mécontent de son gouvernement et surtout de la noblesse, qui a trop empiété -sur les droits des autres classes. Les habitans des tles ressemblent à ceux de Séland. Le Jutland est, après la Norvège, la province la plus importante du Danemark : il abonde en céréales, en bétail, en poissons , en bois et en pâturages ; la population est industrieuse el habituée au travail. Les autres provinces sont remplies d'employés venus de Copenhague, tant dans les villes que dans les campagnes. Le peuple, ici comme partout , est mécontent de la noblesse , parce qu'il est exposé aux invasions de l'cnnnmi et qu'il n'y a pas de forteresses pour arrêter sa marche. Dans le Holstein , qui est un fief de l'empire, ainsi que dans le Schleswig, le Ditmarchep el le S(ormarn,le pouvoir est exercé allernalivcinenl par le roi do Danemark et le duc de (joltorp , chacun pendant une année. Le roi a fait construire la citadelle de Gluckslad pour imposer aux Hambourgeois, cl rendu leur ville indépendante du Ho!stein. Le ptuple est brave, mais il n'aime pas beaucoup les Danois. Une grande mésintelligence règne entre la noblesse du Holstein el celle du Danemark , parce que la première, quofqu'ayanl plus de privilèges que celle-ci, ne peut cependant arriver aux emplois émincns du royaume.
• La fidélité de la noblesse danoise cal alia-
chée au maintien de ses privilèges*, elle ne possède pas de grandes richesses , à Texceplion de quelques familles, telles que celles de Christian Skcel, de François Lycke, de Tagc Toit cl de Barnewitz, dont chacun peut tirer de ses terres un revenu annuel de 18,000 à 20,000 thalersTcela résulte de ce qu'elle enlrelieni dans ses terres beaucoup de domestiques inu- ' liles; elle déleste la guerre el regarde comme une honte de se livrer au commerce ou à l'induslric. Les fiefs de la couronne dont dispose le roi sont donnés aux principaux chefs de la noblesse. Il y a peu d'officiers qui soient soldés. Le clergé s'accorde mieux que les autres états avec la noblesse, parce qu'il est bien doté et qu'il vit dans l'aisance ^ seulement les prêtres se plaignent de ne pouvoir prêter leur argent qu'à la noblesse, parce que les bourgeois sont pauvres : c'est pour ces derniers un motif de méconlenlemenl extrême, car partout ils trouvent des nobles sur leur chemin el ils ne peuvenl donner aucun développement au commerce elàrinduslrie. L'étal florissant de la capitale ne résulte pas des o[)éralion8 commerciales, mais des revenus que produit la douane d'Ôresund. Le bien-être de Copenhague suit les mouvemenâ de hausse ou de baisse qu'éprouve celte douane. Les paysans ne sont pas considérés en Danemark-, ne connaissant pas de meilleur sori, ils vivent tranquilles. Ils sont dans les fers de la noblesse , à qui la loi accorde de grands droits sur eux ^ en compensation, elle peut les sauver de beaucoup d'impôts. Un moyen employé par la noblesse pour conserver sa puissance et l'estime du peuple, c'est de nommer à beaucoup de petits emplois , tant dans .les villes que dans les campagne^: ce sont généralement leurs serviteurs qui en sont pourvus et qui conservent un extrême ailachement pour leurs anciens maîtres. Les trois étals aiment le roi , et ils espèrent que lui seul pourra les défendre contre les envahisôcmchs toujours croissans de
la noblesse.
Ces considérations expliquent suffisamment la cause de la malheureuse issue des deux guerres avec la Suède, celle qu'Oxensljerna venait de commencer et l'autre entreprise par Charles -Gustave peu de temps après-, on y découvre aussi les symptômes de la révoiiilion {eversip status) qui devait biesilôl faire du Danemark un gouvernement absolu, d oligarchique qu'il était.
Nous tracerûDi luednctemeDl les événemens de la guerre : « Nous avons appris , écrit le ebancelier du royaume à TorsteosoD, que vous aves battu à Golding la cavalerie danoise ; que vous avez occupé le fort de Middel* fart , où vous avez fait déposer les armes à plu* sieurs milliers de combattans; que vous vous êtes emparé de tout le Jutland jusqu'à Skagen; que le Holstein , le Ditmarchen , le Stormaro , le Schieswig , à Texception de Gluckslad et de Krempe, sont eu votre pouvoir, et que vous avez le projet de tenter la fortune dans la Fionie. Nous avons fait enlrer le maréchal Gustave Uorn et le général Laurent Kagge dans la Scanie avec une armée Urée de toutes les provinces, composée de toutes les armes et aussi forte qu'il nous a été possible de le faire. Le 17 février, il a pris possession de Helsingbourg; puis il s'est rendu à Landscrone et A Malmd *, attendant l'occasion de pouvoir s'emparer de quelque place forte sur les bords du Suhd , de façon à y être, pour ainsi dire, les niatlres, jusqu'à ce que notre flotte puisse prendre la mer el attaquer les tles. Nous voulons vous communiquer promptement nos projets relativement à la guerre. Notre but principal c'est de mettre toutes nos fcirces en mouvement pour tenir en respect ce voisin et l'attaquer par terre et par mer dans les premiers jours du printemps. Tâchez d'occuper la Fionie et assurez-vous la possession des ports deaBelt. Au mois de mai, toute notre flotte sera en mer et dirigera tous ses efforts contre Seeland. Si ce plan réussit , il est probable que notre guerre avec le Danemark sera de courte durée. Notre plus grand obstacle est dans la flotte danoise, car eHe. compte beaucoup de vaisseaux et de bons marins, surtout de la Norvège. La compagnie d'Islande a beaucoup de vaisseaux , mais ils appartiennent aux villes du royaume et on ne peut les armer, pour la défense des ports. Nous espérons cependant que notre flotte aura autant de voiles que celle de rennemi, d'autant plus que nous n'avons rien négligé pour appliquer toutes nos ressources 4 l'expédition sur mer ^ en outre, au temps de Noël , nous avons envoyé Louis Geer en Hollande pour nous procurer vingt ou trente vaisseaux bien armés. Capturez tous les vais-
* Landscrone fut prise ; mais Halmô, défendue par ChrisUan IV lui - même , résista aux aUaques de Horn.
seaQx de guerre ou mpehands qoe vom poar* rez. Mettez-vous en eommunicatioo avec I^oiiis de Geer \ ralliez vos vaisseaux aax smim , puis à la grande flotte. Prenez garde que c^le des Danois ne nous sépare de celle de Geer. Rappelez-vous que ce sont des bàtlmens nftarchaRds, qui ne peuvent soutenir Tattaque des vaisseaux de guerre, qui ont des canons de gros caUbre. Quoique nous prévoyions plusieurs obstacles, nous espérons néanmoins pouvoir les écarter : le plus à craindre, c'est Tempereur notre ennemi, n y a deux partis à prendre : attaquer l'empereur , en laissant un corps d'occupation dans le Holstein et dans le Jutland , ou diriger ses forces surtout conlre le Danemark et se tenir sur la déflensive visà-vis de l'empereur. Il y a des raisons poor et contre -, mais voyons plus loin. Une guerre conduite avec peu d'énergie donnerait au Danemark du temps, et à nos ennemis le moyen de le secourir ; c'est pour cela que je crois quMI vaut mieux suivre les mouvemens de Tempereur avec attention et attacher la plus grande importance à écraser le Danemark. En AUemagne il fout défendre les côte» et les places fortes de la Baltique : il ne parait pas pn^able que l'Empereur conduise ses troupes vers la mer et laisse derrière lui les forteresses que nous possédons en Moravie et en Silésie, d'autant plus que le pays qui avoisine la mer est presque désert, elqu'il est à peu près impossible qu'une armée le traverse avant qu'on ait fait les récoltes. S'il approche , il iàut le recevoir de votre mieux-, mais n'oubliez pas que le coup doit être porté en Danemark. La guerre, nous l'espérons, sera de courte durée, puisque les Danois ont déjà cherché à entamer des négociations. Puis vous pourrez marcher à la rencontre des in4)ériaux '. »
Tout ne réussit pas comme on l'avait espéré. Louis de Geer parvint à armer en son propre nom (car les Hollandais ne voulaient pas prendre un parti ostensiblement) trente vaisseaux *, qui
< Lettre A Torstenson. le t4 mars ie4|. (Voyez lei Archivée du royaume,)
* Louis de Geer écrîTit, le 20 (3^ mars 1644, à l'é- Tèque Johaiines ^MalUiis , précepteur de la JeuM reine : « J'espère que dans quinze joiirs mon équipags sera prêt. Je suis le marchand convecti en hommo é^ guerre. Le roacquis Spinola est mort; Il faut qu'un autre le relève , » ajouta-t-ll en plaisantant. Ix>ul$ de Geer prêta au sénat suédois 50,000 Ibalers, qui furent p«y^ au moyen de domaines dans le HaMto^, que la
CHAPITHK XVIII.
quiitèranl ie pori «u mois do mal *, mm Chriêlian qui de son côlè avait commencé les hoslililés par rattaqoe de Gothenbourg ,aUa à leur rencontre dans les parages du Julland. La floUille fui conarainte de retourner en Hollande, et la rétolte des marins menaça d'anéantir tous les beaux projets qu'on avait faits. Mais une preuve de VinlérM que les négocians holiandais portaient à cette entreprise, c'est que Geer et son ami* rai, Martin Thysctn S parvinrent à armer une nouvelle OoUe, qui mit à la voile pour Gothcn* bourg. Au mois de Juin y la flotte suédoise , forte de quarante vaisseaux , était enirée en mer : elle était commandée par le sénateur et amiral Glas Fleming , qui, le 29 Juin, s'empara de l'Ile do Femem. Christian, malgré ses soixante et dix ans, ne tarda pas de venir Ty rejoindre : il fut blessé prés du inàt de son vais* seau, lorsque , le 6 Juillet, les deux Sottes engagèrent le combat) douze personnes furent tuées autour de lui. C'était avec raison que Gustave-Adolphe plaçait ce roi dans son estime au-dessus de tous les autres rois contemporains -, mais la politique ne lui permettait pas d'être son ami *. On s'attribua la victoire de part et d'autre : elle eût été décidée en faveur des Suédois si l'amiral Âke Ulfsparrc eût fait son devoir. L'amiral Qas Fleming» étant retourné à Cbristianspris, fut frappé, le 26 JuiK let, par un boulet parti d'une batterie danoise * et laissa en mourant le commandement de la flotte au général d'infanterie , Cbarlcs^ustavc Wrangel, qui devait recueillir sur mer une nouvelle moisson de gloire. Contre ratt4mlo d'Oxenstjerna , la cour impériale avait résolu de iàire suivre Torstenson par Gallas, sans avoir égard aux forteresses occupées par les Suédois ni à l'invasion de Rakoczi en Transylvanie. L'attaque contre les lies danoises était devenue inexécutable : a Gallas approche avec toutes ses forces, écrit Torstenson malade à Wrangel, qu'il voulait charger de cette e\pé-
Sucde conquit dsof ccUe gaerre Le 21 Janvier 1646. Geer reçut une (raitc de 300,000 Ihalers sur la douane; il avait employé tetle fonne au lervice de l'Etal : elle devait être payée en (rola ans.
* Anobli en Suède sons le nom d'AnkarbJflni.
* Voyez les manuscrits de Palmskôld.
* Glas Fleming était un homme d*un* courage à loulc épreuve. — Torstenson prit d'assaut la redoute danoise dont les canons avalent tué Fleming; quinze cents hommes qui la défendaient furent passés au fil del'épée.
dition. Ne faitea paa ce dont noua étions con« venus *. » — « Je voudrais que lo diable emportât Gallas, répondit Wrangel d'après son caractère emporté ^ il me fait manquer une belle affaire : je suis le plus malheureux des hommes! » Gallas, renforcé des troupes danoises , entra dans le Holstein et s'empara de Kiel; mais il tenait à passer cette campagne dans des camps fortifiés et é éviter la bataille *. Torstenson, qui laissa le commandement au colonel Helmutb Wrangel , dans le Jutland et le Hohteio, passa devant Gallas, avec une armée qui s'était rajeunie dans ces riches contrées, et lui offrit en vain la bataille; mais il reniratna A sa poursuite en Allemagne et dé* Iruisit A la fin toute son armée >. La régence confirma Charles-Gustave Wrangel dans le commandement de la Hotte. Il retourna d'abord A Stockholm ; ensuite il se remit en mer pour aller A la rencontre de Geer, qui avait déjA passé le Sund : il le trouva A Kalmar. Les deux flottes réunies, fortes de quarante-deux vaisseaux, rencontrèrent celle des Danois, qui n'en comptait que dix-sept, entre les tics Laland et Feniern. et remportèrent sur elle une victoire si complète que dix vaisseaux furent pris, deux brûlés et trois poussés A la côte : deux seulement se sauvèrent.
I.a campagne suivante, sur mer, n'offrit rien de remarquable, si ce n'est la prise de rtle de Bornholm *. Cependant Wrangel était soutenu par l'amiral Ryning, et une fioltillc armée par la Hollande stationnait aussi dans le Sund ; c'est pour cela que les commissaires hollandais, qui étaient présens A la conclusion de la paix A Brômsebro, déposèrent leur qua-
* Lettre de Torsienson à C. G. Wrangel.
* Voyei Slange, Kanung Christian den IV historié,
s • Vous vous êtes bien comporté. Nous prisons tellement vos exploits que nous vous accorderions volontiers la permission de rentrer en Suède» A cause de vos inflrmités et de votre maladie ; mais votre bonheur à la guerre» votre aulorité sur les soldais étrangers soui si grands et les circonstances si difliciles que nous sommes forcé de vous prier d'avoir un peu de patience. » (La régence à Torstenson» le 26 février 1044. — Voyei les Archive» du royaume,)
^ « La saison a été contraire aux opérations de la
flotte ; il faut ajourner jusqu'à meilleore occasion le
I projet conlre les iles. Je conseille de tenir les flottas
' réunies, parce que la paii n'est pas éloignée.» (Oien-
stjerna à C. G. Wrangel, ^6dcr&ker, 1 et 16 août
H(é de médiateurs pour se ranger du côté de la Suède ■. La paix se fit sous la médiation de la France * ; elle ne fut conclue qu'après dixhuit mois de négociafions, pendant lesquelles le chancelier du royaume, qui a écrit de sa propre main presque tous les actes, eut à combatrc non-seulement les négociations , mais aussi un parti pour la paix, lequel s'était formé au sein du sénat. C'est au sujet de ce parti que la jeune reine, alors âgée de dix-neuf ans, disait ù son ministre avec autant d'anîabilité que de franchise : « La principale cause qui m'a engagée à vous tracer une échelle de conditions auxquelles vous pourriez conclure la paix, c'est que j'ai remarqué que presque tout le sénat était d'un avis opposé au vôtre et au mien. Je ne veux accuser personne -, mais je crois que le temps justifiera mes paroles. Je vais puiser des renseignemens dans le comité des états. Vous pouvez penser combien il m'est désagréable de précipiter des choses que quelques-uns trouveraient plus prudent d'ajourner-, et ces derniers, en cas de malheur, ne manqueraient pas de dire qu'ils n'en sont point cause, quoiqu'il eût élé de leur devoir de défendre des résolulions prises avec leur assentiment. Alors mon innocence inexpérimentée serait en bulle à la calomnie; on dirait que je ne suis pas capable d'entendre de sages conseils. Car je prévois que tel sera mon sort, que si mes actes révèlent l'intelligence et l'énergie, d'autres s'en feront honneur, tandis qu'on fera retomber
• « J'ai reçu avis que les envoyés hollandais, ayant diJpassé les frontîcres, s*élaicnl réunis aui plénipolentiaircs suédois et avaient déclaré aui commissaires danois quMlsdcmandaicntsalisractton des sujets de plainte que les Hollandais avaient à reprocher relativement à la douane du Sund et de Norvège, et que les Ifollandais faisaient cause commune avec la Suède. » (Le maréchal Ilorn à C.-G. Wrangcl, Fjclkingc, 20 mai 164S.) — a 11 y a du nouveau : les Hollandais sont résolus à veiller à leurs intérêts commerciaux contre le Danemark, et ils préparent une HoUe de cinquante vaisseaux, montés par huit mille marins et deux mille foldats. » (I.e résident Ilarald Appelhom à C.-G. W'rangel, Amsterdam, 29 mars 1646.) — lettre de l'amiral hollandais, Cornelîsson de Witte, à Wrangel , snns date. Il lui annonce qu'il est arrivé dans le Sund avec quarante-neuf vaisseaux de guerre et trois cents navires marchands ; qu'il a jeté l'ancre dans le Sund et dans le Bell, et qu'il est en présence de la flotte danoise.
• Par l'ambassadeur de La Thuilicrîc, Salv'us écrit: « Je remarque que les Français sont trcs-méconlcns de noire Invasion dans le Hobtciu. •
sur moi les fautes que d'autres auront cornmises •. »
La paix avec le Danemark fut signée à BrOmsebro, sur les frontières du Bleking et du Smâland, le 13 août 1645. Il fut accordé à la Suéde, sur le Sund et le Bell*, une franchise entière, qui fut étendue aux vaisseaux de In Finlande, de la IJvonîe, de la Poincranic et de Wisinar. Le Danemark céda à la Suède les provinces du Jutland et du Herjcdal, ainsi que les îles de Gollland et d'Ôsel et le Haliand pour trente ans. Cette dernière province ne devait pas être restituée sans équivalent. Brème, que Kônigsmark avait enlevée au fils de Christian lorsque Torslenson Favait' laissé dans la basse Allemagne, resta au pouvoir des Suédois.
Le chancelier, de retour du congrès de BrOmsebro, fut nommé par la reine comte de Sôdermôre *, récompense qui tirait un nouveau prix de la manière flatteuse avec laquelle elle fut oITerle : « Il a élé, dit la reine au sénat, un grand ministre attaché à un grand roi. Lorsque Dieu a appelé mon père à lui , j^étais encore enfant : le chancelier a veillé stir nia jeunesse ; il est devenu pour moi comme un second père. Lui et ses collègues ont fidcleinenî servi la patrie; aussi ai-je trouvé à ma majorilô toutes les affaires en bon ordre. Malgré Fimmense autorité dont jouit le chancelier, il n'a jamais oublié vis-à-vis de moi les devoirs d'un sujet. A tous les services qu'il avait rendus à la pairie, il a ajouté celui d'avoir terminé la guerre avec le Danemark, résultat que j'allribue surtout à sa puissante intelligence, à son habileté et à ses qualités éminenles *.
Ce fut sans doule l'époque la plus glorieuse d'Axel Oxenstjerna -, ce fut aussi la seule oii il eut à se louer de la reconnaissance de la fiUc de Gustave-Adolphe.
• Voyez Arkenholtz, Mémoires âe Ckn'sUne, t. 2,
• Les Suédois ne trouvaient pas; d'expressions pour énoncer ecUc franchise. (Voyez les y4rchive$ du royaume»)
» Le 19 novembre 1645. On évalua à 15,000 Ibalers les revenus annuels de celle se'gneurîc.
• Voyez Arkenholtz, I. c, p. 70.
CHAPJTRE XiX.