‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 204 sur 275 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

surcliargèc de Triandiscs. Elle parle rarement aux femmes de la cour^ lorsqu'elles assislenl à une réception publique, elle les quille après les premiers complimcns el se rend auprès des liommes. Elle est bonne pour ses domestiques et libérale au delà de ses ressources. Elleiest portée à la raillerie ; il vaudrait mieux qu'elle s'en abslfnt *. Elle est avare de son temps et ne dort que cinq heures*^ dans Télé elle se livre au sommeil pendant une heure après le dfner*. Elle donne fort peu de soin à sa toilette \ dans un quart d'heure elle est habillée , et, si Ton en excepte les grandes Têtes, un peigne et un cordon font tout Torncment de sa léle. Ses cheveux, flottant négligemmenl, donnent un certain charme ik son' visage, qu'elle expose aux rayons du soleil , à la pluie et aux vents. Personne ne l'a vue avec un bonnet , el lorsqu'elle monte à cheval , elle a la (ète couverte d'un chapeau garni de plumes. Sans doute elle pousse trop loin ce laisser-aller ^3

I II a raison. Sa légèreté lui a fait beaucoup d'ennemis. {Ibid.)

* Trois heures. {Ibid,)

* C'est faut. (Ilnd,)

* « Elle ne se peigne qu'une fols par semaine, dit Paler Manerschild, le confesseur de Piroentelli, dans une lettre datée de Stockholm, 10 décembre lG53p — et je l'ai vue avec une chemise tachée d'encre. » (Voyez les manuscrits de PalmskOld.) Mademoiselle de Montpensier fait le portrait suivant de Christine lors de la première visite qu'elle fit à Paris* en 166G : « J'avais tant oui parler de la manière bizarre de son habillcnicnt,que Je mourais de peur de rire lorsque je la verrais. Comme on cria gare et que l'on me fit place, je l'aperçus ; elle me surprit, et ce ne fut pas d'une manière à me faire rire. Elle avait une jupe grise avec des dentelles d'or et d'argeni; un juste-au-corps de camelot, couleur de feu, avec des dentelles de même que la jupe; au col un mouchoir de point de Gènes percé avec un ruban de couleur de feu; une perruque blonde, et derrière un rond comme les femmes en portent, et un rhapcau avec des plumes noires qu'elle tenait. Klie est blanche, a les yeui bleus, la bouche assez agréable quoique grande, les dents belles, le nez grand et aquilin ; elle est fort petite, son juste-au-corps cache sa mauvaise taille. A tout prendre, elle me parut un joli petit garçon. — Après le ballet, nous allâmes à la comédie. l elle me surprit : pour louer les endroits qui lui plaisaient, elle jurait Dieu, se couehait dans sa chaise, jetait ses jambes d'un cOté et d^autre et faisait des postures peu déccnles.Ellc parla sur beaucoup de matières, et ce qu'elle dit, elle le disait agréablement. 11 lui Ijrenait des rêveries profondes, elle poussait de grands soupirs, puis tout d'un coup elle revenait comme une personne qui se réveille en sursaut. Elle est tout à fait e&lraordinafre. » (Arkenholtz, 1. 1, p. 631.)

I mais ù ses yeux rien n'a de.prix que l'amour de la vertu et de la gloire , et c'est par un mérite personnel et hors de ligne ainsi que par des conquêtes qu'elle veut immortaliser son nom. Elle veut devoir plus à elle-même qu'à la bravoure de ses sujets. » Yoilà la lumière du tableau; l'ombre ne tardera pas à paraître.

Les dernières victoires de Torstenson jetèrent de l'éclat sur le commencement du règne de Christine. Après avoir dispersé el détruit l'armée impériale, commandée par Gallas , qui avait été envoyé pour l'envelopper ', il envahit la Bohême, au commencement de 1645, laissant Kônigsmark en Wesiphalte et chargeant le major-général Axel Lilje*, alors gouverneur de Leipzig , de négocier avec l'électeur de Saxe un armistice qui fut signé dans le cours de l'année. Il avait résolu, disait-il, « d'attaquer l'empereur dans le cœur de ses États et de le contraindre à la paix. » Et la régence approuva son projet , « parce que les raisons en étaient bonnes et le but grand *. » L'empereur Ferdinand m s'était rendu à Prague; il y avait rassemblé une nouvelle armée à laquelle 11 réunit des renforts tirés du Rhin , de la Bavière et même de la Hongrie. Le 24 février , Torstenson livra la bataille de Jankou ou Jankowitz à cette armée commandée par le maréchal de l'empire Hatzfcld. Nous allons donner un extrait de son récit : « Après avoir levé le camp de Caaden, écrivait-il à Axel Lilje le 27 février *, je vous ai écrit de Pressnitz, deux milles de Pellnitz; mais J'apprends que l'ennemi s'est emparé des dépêches. J'ai contintié ma marche sans m'arrêter jusqu'à

* Le 23 novembre 1644, il rassembla toute la cavalerie à luterbock. Le général Enkefort et plusieurs colonels furent faits prisonniers. Gallas s'enferma dans Magdebourg, et pendant que Torstenson poussait ses armes contre la Bohême, Kônigsmark se montra devant cette ville. Le 23 décembre 1644, Gallas es* saya de se sauver par Wittenbcrg avec les débris de son armée ; mais Kônigsmark l'attaqua et lui fit 1,000 prisonniers. Gallas ne put ramener en Dobême que 2,000 hommes. (Puffendorf, 16, $ 16.)

■ Homme hautain et emporté. Il était vice-gouverneur d'une partie de la Poméranie lorsque Torstenson le nomma gouverneur de Leipzig; mais il quitta ce dernier poste et revint en Poméranie. La régence de Stockholm lui envoya l'ordre de retourner de suite A Leipzig. Il possédait du reste les qualités d'un bon officier.

> Lettre & Torstenson datée du 6 mars 1645. (Voyex les Archivée du royaume,)

4 Voyez les manuscrits de PalroskOld.

Clattau et de là à Orescheivitz , où était Tennemi. J*y suis arrivé heureusement le 16. L'armée ennemie venait de passer la rivière nommée Ottawa ; Je ne pouvais donc rien entreprendre contre elle. J'avançai sur une rive , tandis que Tennemi suivait la même direction sur Tautre jusqu'à Strackonitz. Nous étions si près que nous nous sommes envoyés quelques boulets. Nous avons perdu peu de monde. Comme l'ennemi me disputait le passage , je poussai vers le fleuve de Mulda , et je trouvai, à un demi-mille au-dessous de Zurikau » un gué que Je passai le 20 en me rapprochant de Wodilz et de Jankou. Ici l'ennemi, laissant ses bagages derrière lui , se Je(a à ma poursuite , me Joignit le 23 , à trois mille* de Tabor , occupa avant mon arrivée toutes les montagnes qu'il trouva à son avantage et se mit dans une telle position que Jankou se trouvait entre les deux armées et sans utilité pour aucune. Il est très-difUcile , à cause des montagnes, de livrer une bataille rangée-, mais comme l'ennemi nous suivait pendant notre marche et que les bivacs pouvaient causer notre ruine dans celte saison froide et rigoureuse , je me décidai, après une mûre délibération avec les généraux , à attaquer l'ennemi. A cet effet le 24 Je fis faire à l'armée un mouvement à gauche, dans la direction d'une montagne où l'ennemi avait posé des sentinelles et derrière laquelle il s'était posté dans un bois. Nous l'en débusquâmes après un combat opiniâtre -, il laissa sur le champ de bataille trois pièces de canon, et le maréchal Gôtz fut tué. Il battit en retraite d'une montagne à l'autre jusqu'à l'endroit où il avait campé la veille ; là il se forma en nouvel ordre de bataille. Je le poursuivis en aussi bon ordre que le permettaient l'inégalité du sol , les montagnes et les bois. Là commença un combat acharné et sanglant dont l'issue fut longtemps douteuse. L'ennemi avait deux ou trois mille cavaliers de plus que nous \ notre infanterie était égale à la sienne. Cependant les nôtres combattirent sans relâche depuis huit heures du matin jusqu'à quatre heures de l'après-midi. Alors la victoire, grâce à Dieu, se déclara pour nous. Nous ne perdîmes pas un général. Le major-général Goldstein , qui commença l'attaque , fut blessé à la main droite^ les colonels Reusch et Sehestcd ainsi que d'autres officiers furent également blessés. On ne peut évaluer cxaclcment le nombre des

morts, car ils couvrent les champs sur une étendue de deux milles. — Suivant les rapports de Torstenson , six généraux impériaux , parmi lesquels le général en chef Hatzreld , grand nombre d'officiers et 4,000 soldats furent faits prisonniers. Solxante-dix-sepl drapeaux ou étendards et vingt-six canons furent le prix de cette glorieuse journée. Parmi les officiers supérieurs, les impériaux ont perdu le maréchal GOtz et le Jeune Piccolomini. Le lieutenant général comte Brouay mourut de ses blessures quelques jours après. Le prince suédois Charles-Gustave courut de grands dangers; son chapeau, son habit et jusqu^A sa chemise flircnt percés de coups. L'épouse de Torstenson * fut pendant quelques inslaos au pouvoir des impériaux, qui, avec trois escadrons, attaquèrent les bagages des Suédois. Suivant le récit de l'ennemi *, ce ne fut qu'entre trois et quatre heures que le combat s'engagea sérieusement : « Jamais, disent les impériaux, nous n'avions été aussi acharnés. Tout était passé au ffl de l'épée. D'abord nous avions l'avantage; mais nos deux ailes ayant été rompues , le maréchal Hatzfeld fut cerné et obligé de se rendre. Toutes nos munitions et nos bagages tombèrent entre les mains de l'ennemi, n On attribua la victoire à l'habileté et à la supériorité de l'artillerie de Torstenson, qui manœuvrait « selon l'ancienne coutume suédoise. » L'empereur quitta Prague * en fugitif; il accourut, par Ratisbonne, à la défense de la capitale de l'empire.

C'était la troisième fois que Torstenson pénétrait dans le centre des Etats héréditaires, et la victoire de Jankowitz lui ouvrait le chemin de Tienne^. Il s'emparait de Znaim, de Krems et de Korneubourg, que ses avant-postes touchaient déjà ; le pont du Danube et le fort qui le défendait tombèrent, le 30 mars, en son pouvoir. Cependant cette tentative eut le même résultat que toutes les autres par défaut de coopération : on y avait compté dans cette circons-

' Béate de La Gardte, mariée, après la mortdeTor»tenson, au comte Pierre Brahè.

* Voyez la correspondance de Charles -Gustave Wrangcl.

> Son bagage fut pris par le major-général Douglai.

* Olmutz, assiégée par les iropériaui, fut délivrée. Glognu et Olmulz étaient les seules forteresses occupées encore par les Suédois aa retour de TorsIensoOi

du HoUlciQ,

CtlAPlTtlÈ Xlt.

tftnee.Le prince de Transylvante, Rakoczl, atalt promk à la Suède et à la France de tenir par la Hongrie joindre Torstenton avec une ar- 'tnèe, elles Français, qui faisaient généralement la guerre dans leur intérêt sur les bords du Rhin , entrèrent en Bavière au mois d'ayril 1045. Mais Turennc fut baltu à Mergenheim parMercy, qui périt le 24 Juillet, dans la bataille livrée à Gondé et à Turenne, à Allersheim, où les deux partis s'attribuèrent la victoire.Les soldats de Uakocti^ réunis aux troupes suédoises , sous les ordres de Douglas et de Chartes-Gustave , s'emparèrent de Tyrnau en Hongrie : ils étaient indisciplinés , et loin de renforcer Tarmée suédoise, ils lui étaient plutôt à charge ; d'ailleurs le prince ne tarda pas h se réconcilier avec Tempereur. De nouvelles forces furent organisées pour défendre les États héréditaires ^ on leva en Autriche un homme sur cinq , et en Bohême et en Moravie un sur dix. Torstenson, qui, pour avoir un pied en Moravie, avait commencé le siège de BrUnn, fut contraint, quand les troupes de Rakoczi eurent répandu la peste et que Tusagc immodéré des fruita et des raisins eut produit d'autres maladies parmi ses soldats, de lever lesiége au bout de quatre mois et de battre en retraite. Sa cavalerie, forte de huit mille hommes, manquait de chevaux; son infanterie était réduite à deux mille cinq cents liommes ; lui-même était malade el se faisait porter sur un brancard. Ce fut ainsi quMl traversa la Bohême. Il se sépara de Charles-Gustave , qui retourna en Suède et À qui il prédit une couronne ■; puis i! se réunit A KOnigsmark , qui était venu h sa rencontre en Silésie , et termina ses exploits par la prise de Leutmeritz en Bohême. Là , la goutte dont 11 était atteint se porta à la têie et A la poitrine, et force lui fut de déi)oscr le commandement, quoique Wrange1,qu1l avait depuis longtemps demandé pour successeur * et qui était alors en chemin avec des renforts de Suède , ne fût pas arrivé. Ils se rencontrèrent en Saxe après que

« Pufliendorr, n. § 24.

* « Nous approuvons, écrlvatC la régence À Torstcnsoa le 26 octobre 1644, votre fnlention de ramlliartscr peu à peu Cliarles-Gustave Wrangel avec le commandement, parce qu'il est Suédois et qu'il possède les qualités qui lui feront porter avec suceés, nous l'cspérom, le fardeeu de la guerre si Dieu lui accorde la santé el que le fer épargne sa vie, » (Vovei les Archivée ud

Torstenson eut quitté Tarmée. Tant quMl restd en Allemagne, Wrangel n'entreprit rien d*im« portant sans son conseil.

La victoire de Torstenson, sous un rapport, eut une grande influence sur la guerre d'Allemagne : elle introduisit plus de sincérité dans les négociations relatives a la paix *. Sept années s'étaient passées en délibérations avant qu'on tombftt d'accord, vers la fln de 1641 , sur lespréliminaires du congrès, d'après lesquel», pour éviter des disputes de préséance et de cérémonial, la Suède devait négocier 6 OsnabrQk et la France à Munster ^ il s'écoula encore près de quatre ans avant que le congrès se réunit, et ce ne fut qu'on 1645, après les succès de Torstenson, qu'on abandonna les formalités pour ne s'occuper que de la réalité. Et comme le gouvernement suédois, dès l'année suivante, formula Tullimatum de ses prétentions et qu'il le soutint fermement depuis, il ne paraît pas avoir mérité le reproche qu'on lui a fait d'avoir con* tribué le plus à prolonger la guerre. Les plénipotentiaires étaient Jean Oxensljerna, flis atné du chancelier, et Adier Salvius.

Le 10 novembre 1645, le chancelier, au nom du gouvernement, écrivit aux commissaires de Suède : « Il y a quatre questions importantes à résoudre. Demanderons-nous le rétablissement des états? Que recevrons-nous pour les frais de la guerre? Tous les États doivent-Ils ù'vd admis au congrès de la paix ? Peut-on permettre la neutralité de la Bavière ? On voit que l'empereur cherche à enlerer au congrès de la puix toutes les affaires qui regardent la constitution pour les faire discuter h la diète. L'oppression et l'esclavage des États en seraient la suite ; et si nous nous laissons entraîner à déposer les armes à de telles conditions, nous aurons la tète prise dans le filet. Tâchez de faire converger les vues de la France et celles des États, et déclarez que, quoique nous demandions avec beaucoup de raison une indemnité de la pnrt des États et de l'empereur, nous attachons cependant un grand prix à l'indépendance et à la liberté des Étals. Si toute restitution se bornait à ce qui a été stipulé dans la paix de Prague ou dans l'armistice de Ratisbonne de 164 1 ,

* « Je vois que la rietoire a porté ses fruits pour les négociations de la pals el que l'ennemi commence à parler avec moins de haulcur et d'arrogance. » (Lettre du chancelier à son flts en date du 25 avril 1 G45.— Voyes Correspondance^ Axel Qtff^^ljemà, 1. 1, p, 168.)

nous ne nous regarderions pas comme trèsbien garantis. Poussez celle affaire avec modération \ cl à mesure que vous verrez que les Élals désapprouvent la résolution de Tempcreur, sachez les stimuler, et si vous voyez qu'ils lâchent un peu la main , effrayez-les par les suites que vous leur ferez envisager. Assurezvous le concours de la France. Dites aux Français que s'ils ne nous prêtent pas leur appui dans cette affaire, nous serons d'autant plus difllciles dans la question de notre propre satisfaction. Faites que les choses soient remises en rélal où elles étaient avant la guerre ; si cela ne se peut, demandez-nous de nouvelles iuslructions ■. Sachez surtout que nous n'abandonnerons pas ce projet, qui doit faire réussir celui de noire indemnité. Il faut cependant, dans celte dernière queslion, agir avec beaucoup de prudence. Tenez- vous-en d'abord aux generalia de nos droits, pour lesquels nous avons été obligés, après la paix de Prague, de continuer la guerre. Si l'on en vient aux parlicuiarités, au sujet de notre indemnité, laissez d'abord faire les offres^ mais s'ils réitèrent celles d'argent qu'ils ont déjà proposées, vous direz que nous ne pouvons les accepter, tant à cause de la valeur que des termes des échéances et de la garantie que nous réclamons. Nous voulons avoir une compensation réelle, assez forte pour se défendre elle-même et assez bien située pour être utile à la Suéde: nommez la Poméranie, le diocèse de Gamin , Wismar, Brème, plusieurs diocèses de la basse Saxe et de la Westphalie ainsi que de la Silésie -, c'était précisément ce que la Suède possédait à cette époque. Si vous arrivez à traiter, vous pourrez faire rentrer dans vos prétentions les diocèses de Magdebourg, d'Halberstadt, de Minden et d'Osnabruck ^ mais tenez ferme pour la Poméranie, Gamin, Wismar, Brème et Verden. Au sujet de l'admission ou de l'exclusion des États dans le traité entre nous et l'empereur, il faut s'arranger de manière qu'aucun État ne soit exclu, s'il est noire allié. Echangez vos mémoires directement avec les impériaux sans l'intermédiaire des Étals. Nous avons remarqué que le duc de Longueville a parlé d'un armistice avec la Bavière et que la France avait longtemps cherché à négocier avec cet État. On peut dire qu'un pareil traité serait avantageux,

* Voyei U| ^rehiv99 du royaume.

s'il faisait perdre un tel allié à rcmpcreur. If est à craindre cependant que la Bavière ne cherche qu'à gagner du temps, car elle est étroitement liée avec TAutrichc el elle alteod les événemens. Ecartez celte neutralité par toutes les raisons que vous pourrez imaginer sans blesser personne. Si la France objecte notre |iropre armistice avec les électorals de Saxe et de Brandenbourg, il faut répondre que ces deux électeurs ont été nos alliés dans celie guerre , mais qu'ils se sont séparés de nous el qu'on cherche à les faire rentrer dans nos intérêts. Si malgré tout, la neutralité de la Bavière est reconnue 9 il faudra permettre ce que nous ne pouvons empêcher, mais en déclarant que nous n'aurons jamais foi dans la sincérité d'une alliance avec la France. Quant à notre indemnité, notre dernier mot est que la Poméranie est de la plus haute importance pour la sûreté de la Suède *. »

Le chancelier ne voulut pas abandonner la Poméranie, et il exprima aux plénipotentiaires son mécontentement de ce qu'ils n^avaient pas rejeté le projet proposé par la France, et en vertu duquel la Suède, en même temps qu'elle recevrait le f^or-Potnmem (la Poméranie suédoise), accepterait de l'argent pour Stcttin *. 1^ 19 septembre 1G46, on manda aux plénipotentiaires de céder de leurs prétentions sur la Poméranie antérieure (Hinter-Pommern), mais de veiller au moins h ce que la Suède dominât l'embouchure de TOder. Le 19 décembre delà même année, ils reçurent les derniers ordres de la régence, qui leur enjoignait de demander le For-Pommern (la Poméranie suédoise) , les tles de Bûgen, Wollin, Stetlin, Damm, Golnau, Tiefenau avec leurs districts : « Il ne faut pas céder un pied de terre, ajoutait-elle, encore moins un village' , » tant l'influence, du chancelier du royaume se fit sentir sur les négociations de la paix. L'année suivante, la disgrâce dans laquelle il tomba auprès de la jeune reine fut complète.

Les désastres des dernières années de la guerre comblèrent la mesure des malheurs de l'Allemagne. Ce n'étaient pas les pays que la Suède devait avoir en indemnité qui étaient

* Aux commissaires d'Osnabruk, lO novembre 1645. (Voyez les archives du royaume.)

• A Jean Oxcnftjerno, le 2 Janvier 1646. (Vojez'e* Arehive» du royaume.)

» Voyez les Archivée du royaume.

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