CHAPITRE XIX
déserte et dévastés ' ; la correspondance du maréchal Wrangel avec les princes , les villes et les connmunaulés de rÂllemagne prouvent que cet empire était parvenu au dernier degré de raflàiblisseroent *. La neutralité de la Saxe et du Brandenbourg laissait le nord de rAllemagDe sans défense; la guerre Rendait ses calamités de plus en plus vers le sud, mais partout le pays était en butte aux vexations et au pillage des soldate amis ou ennemis, et le peuple dans son désespoir se réfugiait souvent en foule dans le camp de ses oppresseurs. Le 31 mai 1648, le général Gronsfeld écrivait à rélecteur Maximilien de Bavière, qui avait fait publier des ordres du jour sévères contre les pillages et le brigandage : a II y a dans les deux armées (celle de Tempereur et celle de la Ba-
* « Gomme le pays est désert et ne donne pas de re- Tcnus, faites vos eflbrts pour que nous touchions des droits de douane à l'embouchure des fleuves. » (Voyez les Archives du royaume.)
* On peut citer beaucoup de traits de cruauté commis malgré Tarmistice en Saie. Cependant les Suédois ne se montraient pas les plus inhumains ; il parait que les Allemands, au service delà Suéde, l'emportaient en barbarie sur leurs compatriotes. La torture qu'on appelle la boisson suédoise avait reçu ce nom de ce que ce furent les soldats de Bernhard qui l'appliquèrent les premiers : « Bembards soldaten gossen den Leuten 80 lange kalt Wasser In den Hais, bis es, wenn man Ihnen mlldem Fusse aufdemBaucb trat, oben wider herauskam, und nannten dies den schwedischen Trank. » (Voyez Raumer, Gesckichte Europas sait dem Ende des funfzehnten Jahrhunderts, t. 3, p. 602.) Bernhard de Saxe, qui fermait à dessein les yeux sur les eicés de ses soldats, lisait chaque Jour un chapitre de la Bible : tel était souvent le caractère des principes reiigleux. Voici un trait qu'on trouve dans la correspondance de Charles-Gustave Wrangei, si remplie des suppliques des malheureux habitans ; il caractérise le grand Gustave-Adolphe. Cette supplique est du magistrat de la ville d'Alstest, en Saxe, sous la date du 2 mars 1646; elle rl|»porte l'événement suivant : « En 1631, après la victoire de Leipzig, le roi avait traversé cette ville en marchant sur Erfurt. Il y déjeunait, lorsqu'on apprit que quelques soldats s'étalent rendus à Alstest et la pillaient. Le roi ordonna au général Horn de comman* der un officier avec un détachement pour arrêter les pillards et les fusiller. Horn confia cette mission au
' capîtalne-de cavalerie Yerhauber, qui, ayant mal compris ses ordres, fit arrêter et fusiller dix-huit bourgeois et le magistrat. Lorsque le roi en fut Informé, il se tordit les mains et prit Dieu é témoin qu'il était innocent de leur mort. L'officier ne put échapper à sa colère que par la fuite. Le roi donna h la ville une sauvegarde spéciale ; elle fut renouvelée par Oxensljerna et les généraux qui commandèrent après Gustave-Adolphe, mais Wrangel la lui refusa. ^
yière) au moins cent quatre-vingt mille hommes^ femmes et enfans, auxquels il faut procurer la subsistance ainsi qu'aux soldats. On distribue tous les jours des vivres pour quarante mille hommes ', le général ne comprend pas comment pourraient vivre les cent quarante mille autres, s'il ne leur était pas permis d'avoir recours au pillage pour pourvoir à leur subsistance : il n'y a pas un endroit où les soldats , même avec de l'argent, puissent se procurer quelque chose. Il ne fait pas cette observation pour favoriser les excès, mais seulement pour avertir l'élecleur qu'ils ne sont pas l'effet d'une mauvaise discipline, mais de la disette*. » Au commencement de 1646, l'armée suédoise comptait quinze mille cavaliers et huit mille fantassins, presque tous vétérans, outre les garnisons des places fortes que la Suède possédait en Autriche, en Moravie, en Silésie, dans la Westphalie, dans la haute et la basse Saxe, et le corps séparé que commandait Kônisgmark. Lorsque Wrangel reçut le commandement, l'artillerie se composait de soixante et dix canons *. Son premier soin fut de s'assurer des défilés des montagnes de Bohême par lesquels on communique avec la Saxe ', où il se retira au mois de février pour éviter les forces réunies des Bavarois et des impériaux , qui lui étaient supérieures. Le plan de campagne de 1646 fut tracé par Torstenson. Son but était de conserver l'armée intacte et d'éviter une bataille jusqu'à ce qu'on pût se réunir aux Français^ puis on devait essayer de chasser l'ennemi au delà du Danube. La jonction avec les Français, qui avaient promis d'être au mois de mai à Maycnce, fut regardée comme nécessaire afin que leur concours fût efficace^ car ils avaient pour habitude de rester tranquilles pendant l'hiver , et do laisser ainsi aux impériaux et aux Bavarois le moyen d'attaquer simultanément les Suédois, de sorte que ceux-ci perdaient presque toujours ce qu'ils avaient gagné pendant l'été ^ Tandis que Wrangel et
• Voyez Wcslenricder, Gesckichte des dreyzigjàhri-gen Kriegs, t. 3, p. 217.
■ PuflTendorf, chap. IS, $ 1.
' L'armistice avec la Saxe fut renouvelé; mais des querelles perpétuelles au sujet des quartiers des Suédois occasionnèrent de grands désordres. Torstenson lui-même écrivit à ce sujet a Wrangel, 5 mars 1G4C.
^Torstenson (leltre à Amélie -Elisabeth de Hesso* Cassel, Leipzig, le 12 avril 1G46). Il attend ses conseils^
HISTOIRE W SUBDE.
Turenne se dirigeaiapt 3ur la bauto Altemiigiie et la Bavière, le général WUtenbfnrg % ayant reçu IroU mille fantassins ot neuf ^nis pava^ liers de troupes f^atch^s arrivées de la Suèdo, devait s'avancer sur la Silésie, prendra piad dans le haut du pays en s'emparant dp Troppau $ ft de là faire une diversion , w dans la Bohéine ou dans la Moravie, veri les froptjéfps 4a l'Aiitriehe*.
Le 28 avril 1646, WrangPl Tut proiQU au grade de feld-marécbal , aux appoini^am dfi 17,000 tbalers. Christine lui annonça sa nomnation par une lettre de sa main. Il en rPQUt aussi uqe de Louis XIY*, elle était acoompagnée d'une épée pour lui » et du portrait du roi et de celui de la reine ppur son époiiie '. Cependant Tennemi se r^oyissait, croyant que les canons de Torstenson étaient d^vanus mnetf , et il regardait le départ de ee général conuoe )e présage de la victoire. Le plan dpnt nous venons de faire mention ne fut ei^écuté qu'en partie. Wrangel se porta sur le Waser par la Tt|uringe , aûn de se joindre aux H§9sois e( d^ délivrer le pays silué entre la Weser et TElbe de la présence de Tenneroi jusqu'i Tarrivée des Français. Il occupa Hôxter et Pader^orn» et résolut d'aUjendre Turenne dans |a Uesse, Mais celui-ci , malgré sa promesse de faire la plus grande diligence, ne passa le JUiin qii'au jpm^ de juillet ^ ^ et il tardait toujours , probablement lié par les ordres secrets, quoique les minisires français, au congrès de MUoster, donnassent des assurances que démentait la
même dnns les affaires de la guerre. C*esl un plaisir de lire les IcUrcs de cette courageuse princesse. On en trouve un grand nombre dans la corrc&pondMicc de Cliarle«-Gu«lave Wrangel.
* Noiumé chef de Tarliacrie (génécsl AX/MIyf si^tere) après Wrangel.
' Torstenson re^inl dans l'automne de fC46. Lo 4 février ie4e, il fut nommé h la fois baron et comte, et reçut le district de r.yhuodra, en Upland, avec doute paroisses et la forge d'Ortaia, à UUie ^ cQiRté l;iéréditaire. Le 31 mai ]Gi8, il fut nommé gouverneur g>^ué' m) de Vestrogothie, du Dalsland, du Vermland et du Halland.
'* L(i lettre est datée de FoQlainebleaa » le 31 aoiU 1046. On peut voir dans Pi^(fon4orf, chaR. 1$, i 15, combien Tennemi était sallsfail d'avoir perdu i\n adversaire tel que Torstenson.
* n Je vouf supplie d'Ure assuré fus^efero/i UmUs les choses nécessaires pour la Jonction, gff^rvH que je le puisse faire avec quelque sûreté, > (Turc^A^.e i Wrangel .) \A^ mots suivans «iont soulignés par Turenne : « Je passerai sans faute le l\liin, le lundi S juUlel. etc. «
l^tear de Toreniie^ de sorla ap« la JoaçlioB avec Wrangel, devenue trés-di00{la par riava^ion des impériaui^ et dei Bavaroia dam la HessM^aisel , ne put s'effectuer qa'ao raoM d'août, h Giassm, lies armées ftmim^ afirès avoir, prés de Nidda, oCforl la totailto A Twnami, qui sa ratra sur la Lalia» a^aaauiniffaiil de Haaaa, s^amparèreot d'AaliaflaalMMifv ^ ^ portèrent, Wraaeal la long du Jaila atTivanae sur te Meakar, peur se t^jotodra Wf le Panufaa. Le pramiar pais» u Sauva k nnaaawarili, le dernier à UuinfenMls se réuairaat prés dtt LfiGli et assiégèrent AagAàorg', Ua reiU^âBl diineuf jours devant aetia viila^ rila ftil aaiMunie par les impérjaui at les Bavaroia, qai invarsAraat laFraaoonie à marebas fora^ pour défaodre la Bavière'. Ma]^ aala, las alUAa atvahirent ce pays et Wrangel tenta d^approcher (jip MilOiph, Tyreon^ s'jr opposa foya préteiie que las Français avaient }mm 4a auartîari
d'hiver : il les prît en Souabe al laa Soédoû dans les environs du lae de Coneianee. Les vicissitudes de la guerre tes avaient aocore conduits vers re^itrétnit^ de rAlleipagn§, (pendant Witiaaberg, qid aa ra^t 4a iaafiirU de la iuëde qu'au mois d'aoM ^ s'était porté da ta Silésie en Bohême , où Monlecucuii , qui était déjà en marche pour défendra la 6^vièr^, reçut
Tordra de faire balia* Witt^barg raaippria de
graads avaatagas sur la eavalaria à Horadiiu, le 21 s^embre , et écrivit le 24 à Wrangel qu'il espérait que les renforts qpe fennemi aUendait de la Bobèma aa l'iaqui^eraii^t pas baaucoup. Il mit de aoyvallas («Mqias daaa les plus fortes places qu'occupaient les Suédois en Moravie , mais la saison le força % la 0n de retourner qi 3ii^sie.
J/bivar se passa ea a^igoGiiitjhoQS ralaMvas à la neutralité de la Bavi^e -, ^le fota^o sigaée
* « H ii^iss sfj^mnl'Aitti |e QiiH»l)a i^ mtdUsFal opl,r« ÀHaOïçurg ^ Ifta'w. i'«sa^ fs^ WssKM I'Ihmi- ^w 4« voir yatre ei^lsaci^. » (I^çUiis de Tarsaas à WrMigol t ^u 4»pp 4o Lsvûagsa f H sepleaiUre
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