CHAPITRE XIX
Les armées avaient eu leurs plénipotentiaires particuliers au congrès; leur solde fut la dernière chose qui fût décidée : elle Tut évaluée à cinq millions de thalers * *, dix-huit tonneaux d''or * devaient être payés immédiatement , douze autres devaient Tèlre en billets **, les deux derniers millions devaient être garantis sur hypothèque. Chaque cavalier reçut du premier paiement quarante thalers, chaque soldat douze * ^ les indigènes touchèrent trois mois de solde et les officiers des sommes plus ou moins fortes K On promit de payer une somme égale, un ou deux ans après la dissolution de Tarmée, aussitôt que les deux millions seraient entrés dans le trésor. Il ne paraît pas que cette promesse ail été remplie, car sur ces deux millions, on retrancha les sommes dues sous le nom de dette allemande ( Tyska skuld-registret) *, puis on fit des remises ' et Ton donna pour instruction aux commissaires suédois « de ne pas pousser les choses trop loin , d^autant plus que Tétai des affaires en France pouvait faire prendre encore une fois les armes à l'empereur '; au
* Voyez la lettre de Jean Oxens^enia à Charles - Gustave Wrangel, 13 octobre 1648.
> 1,800,000 Ihalers.
* 1 .200,000 thalers.
^ La reine à Charles-Guslave , 22 novembre 1648 : « Plus votre altesse pourra réduire ces sommes que nous devons payer aux soldats, mieux cela vaudra. Cependant il faut s*y prendre de manière à ne pas perdre notre crédit auprès des troupes. (Voyez les^rehives du royattme.)
" La distribution de ces sommes pour les ofDciers supérieurs fut déterminée par le collège de la guerre le IG avril t049. (Voyez les Archives du royaume,)
^ C'étaient des dettes contractées pour Tarmée ; elles sYlcvaient, depuis le règne de Gustave-Adolphe, a 590,084 thalers. (Voyez les Archives du royaume, 1640.)
' On écrivit à Charles-GjisUve, le 3 janvier 1G49 , que l'épouse du landgraf de liesse devait être dispensée de payer son contingent en argent. (Voyez les Archives du royaume.)
* Aux plénipotentiaires de Suède é OsnabrQck, le 10 février 1649. La reine ordonna à Charles-Gustave de tâcher d*empécher Turenne, qui était du parti du parlement, d'amener son armée à Paris. Le lieutenant général Erlach écrivit à 'Wrangel , en date du 2 mai 1649 : « Comme le maréchal de Turenne n'avait ni justice ni fondement, je me suis opposé avec tant de succès que M. le maréchal n'a plus qu'une po'gnée de gens auprès de lui. » fx)rsque Condé fut arrêté par ordre de la cour, en 1650, Turenne pria Wrangel d'employer son intervention pour obtenir l'éiargissement du prince : « Je ne doute pas, écrit-il, qu'elle n'ait appris Vartèt 4ç M- '« proce. J'espère que vpire ei^ccHencc
contraire, nous prions voire allesse, par tout ce qu'il y a de plus sacré, écrivait la reineàCharles-Guslave , de ne vous pas laisser influencer parles raisons et les obstacles qu'on a fait valoir, mais de mettre un terme aux lenteurs de cette négociation '. » La conclusion de la paix fut décidée, et le traité d'exécution (exécutions recessen) signé à Nuremberg , en 1660. La paix de Westphalie fixa pour longtemps Tétai politique de l'Europe. Nous savons que la violence nait de la violence ; mais peut-on demander encore , en considérant les désastres de celle longue guerre, si elle était faite dans l'inlérèt de la religion ? Nous répondrons avec Oxenstjcrna : « Non*,» et nous rappellerons ce proverbe oriental : « Ce dont les princes s'emparent, ils le détruisent 5 ce dont Dieu s'empare, il le vivifie -. »
La paix, qu'on désire tant, est souvent, ainsi que la guerre, quand elle arrive, un instant d'embarras; c'est comme un changement subit dans la manière de vivre : les forces dirigées d'abord à l'extérieur refluent sur le corps. Ajoutons "Si cela que les hommes sont soumis à la nécessité, qui est souvent trés-sensibie dans la guerre 5 qu'ils savent rarement mellrc un frein à leurs passions , lorsqu'on leur laisse un libre cours, et que la paix , non moins que la guerre^ met à l'épreuve les ressorts d'un gouvernement. La grande guerre, dans laquelle la Suède prit la part la plus glorieuse , entraîna dans ce royaume tant de diflicultés intérieures que Christine en abandonna la solution h d'autres mains. La cause n'en était pas seulement dans la position générale du pays , mais aussi dans la sienne propre.
Ces difiicullés dont nous avons parlé résultaient en partie de la guerre, dont on disait,
sera touchée de son malheur et qu'elle me voudra adresser les oflTiciers qui voudraient scr\ir une cause si juste. > Wrangel , ayant donné un refus , reçut une lettre de Louis XIV, datée de Dijon, le 27 mars 1G60 : « Ayant sceu comme vous avez rebullé les scmanccs du maréchal Turenne, qui désirait cire assisté des troupes contre mon service, je vous écris celle lettre par l'avis de la reine régente, madame ma mère, pour vous témoigner avec quelle satisfaction j*ay ressenti l'eCTect de vos bonnes disposiUons.
« A Charles-Gustave, 10 et 20 janvier 1G50. * Voyez les manuscrils de Paimskuld. ' n'er fft lier wafire Koulg? Cotl nllciii. Wo Konige ein hand c'untahmeii, reru'usicu sit'Sy .so ucil sic karncn , Coil heili cin Hertz, so trcU cr es uimntein.