I-ricdr. r.iirluTl
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non sans raison , a qu^elle était disproportionnée aux force» du pays. » Une répartition supportable des impôts est dans ce cas un fait impossible ^ mais supportable ou non , la justice veut qu'elle soit basée sur Fégalité , et dans les circonstances les plus graves, on n'a de salut à attendre que de la Justice la plus sévère. On peut tourner cette nécessité par de faux*fuyans, mais on en est puni. Le remède qu'employa la régence, de modérer les impôts en vendant les domaines de la couronne, lorsque les subsides étrangers ne suffisaient pas , était à la fois un soulagement et une injustice, moins par luimême (car l'opinion du chancelier du royaume que les terres sont mieux cultivées par les particuliers que par la couronne est très-sensée) que par les conditions attachées à la rente et par Textension qu'on donnait à la dénomination des domaines. Quant A la première circonstance, nous remarquerons que les terres ne pouvaient être vendues qu'aux nobles ' -, pour la seconde, il est tu observer que la vente ne se bornait pas aux domaines , mais s'étendait aussi li la rente des paysans sur les hemmans taxés, qui tombaient ainsi entre les mains des nobles et devenaient médiats, d'immédiats qu'ils étaient. Il est vrai qu'il était spécifié qu'on ne vendait pas la rente des hemmans taxés; mais la nouvelle position que le noble acquérait lui donnait trop d'occasions de borner et d'anéantir l'ancien droit du franc tenancier en tant que propriétaire de terre. Les nobles n'épargnèrent ni menaces ni séductions pour faire accepter leur domination aux paysans des hemmans taxés, comme le prouvent les plaintes réitérées de ces derniers aux diètes au sujet de ces hemmans. Certaines personnes disaient aussi que l'obligation de payer l'impôt était basée sur le principe que toute terre appartenait à la couronne, que par conséquent l'abandon de la rente à la noblesse emportait celui de la terre. Cette assertion fut renouvelée si ouvertement qu'elle provoqua une réfutation expresse*.
< On alla sf loin que, quoiqu'un grand nombre de terres fussent données en remboursement d'anciennes créances, ]e gouvernement , comme 11 résulte de ses lettres au coH(^ge de la chambre en date du 14 juillet 1G42, défendit qu'aucun roturier fût remboursé de cette manière, à moins que la créance n'eût été passée à un noble.
* Dans 1c sénat, en 1G50. (Voyez les manuscrits de Palmskôld.)
» Ibid.^
L'état des paysans^ en Suède, y était considéré comme un état libre.
Nous ne saurions dire si le chancelier était opposé à cette liberté des paysans. Plusieurs de ses paroles prononcées dans le sénat , où il n'était pas l'aristocrate le plus ultra, démontrent le contraire : « Les paysans suédois for* ment un état libre et ont leur vote dans la diète , n dit-il ; mais lorsqu'il Ajoute : « qu'il n'y a qu'un contrat entre eux et leurs mattres {kuBbandé) , n cette opinion implique que le noble peut être ce maître, malgré la liberté individuelle des paysans , et cette induction ressort de l'examen des résultais du système suivi par le chancelier dans l'administralion intérieure. L'opinion de ce grand homme d'État paraît en effet différer peu de celle du drots, comte Pierre Brahe, qui s'exprimait ainsi à cette occasion : « Nous sommes tous sujets du royaume {siêbdUi regni) , les paysans comme médiats et nous comme immédiats^ » distinction qui convenait si peu à Charles X Gustave, lorsquHl la trouva dans un ouvrage de Gyllenstolpe *, qu'il Jeta le livre contre la muraille quoiqu'il lui eût été dédié *. Les nobles marchaient à grands pas vers la possession de toute la terre, tandis que le chancelier se figurait l'état des paysans avec le maintien du droit de représentation comme un état de fermiers indépendans^ de là sa prédilection pour les canirilnUionê indirectes et son opinion inébranlable que la noblesse ne devait pas en être exempte , mais qu'elle devait au contraire venir au secours de l'État par des subventions particulières. Et nous nous rappelons ses paroles à ce sujet : « Tous les malheurs de la Suède viennent de ce que les rois ont demandé ce dont l'État avait besoin et que les nobles n'y ont voulu contribuer en rien '. » C'était le seul moyen de combiner la charge des contributions avec l'exemption des terres des nobles.
Christine sanctionna sans restriction toutes les ventes faites pendant sa minorité des biens de la couronne et des terres taxées *, en outre elle leur accorda dès ce moment les privilèges des terres nobles \ Les mêmes moyens que les tuteurs avaient employés avec beaucoup de mé-
' Politique de Gyllenstolpe.
* Skandinav. handlingar, t. 9, p. 115.
* Dans le sénat» en 1042. (Voyez les manuscrits Palmskôld.)
* Voyez les Archives du royaume.
OHAMTtlB XIX.
HageiMllt MrMI IM§ M M«ge satil méêûte pàt M r«tn« J6tln« M hbétélë. Let f Ogtllrè^ dtt royaume M êoûi r^tnpIMqUe dd ttir^ de f efitOj de dotations, de dlpIOtnëi de fKfblèëéë «t de 11^ béralltte de tobte softei filie Avait de ghitids mërilds A fétompeà^et, sotifeiii d'Aneiètifaet injustices à réparer % et FintArèlqU'ellti pbflM aux anoiétti ttillitHifëi blêMM ^ «M digne d*6loges.
MalHeUreilleifiefit \A fateof eul Matidmip Se paH dadè la dtstftBtiiiôti dei tètomp^nm. OU s'étonna de toif là réinè ae6ai)ier de m hïëth
nué le noble le plu< brillAnt éi le pltis beatiâe sa cour, Magnos^abriel de La Oai*die, ^til ttçni en dotations difersei et en peu d'&nnées, dit-on, des terres dont les retenu! étalent éyalués A §0,OoO thalers K HoU« tenons de nommer cehii dont rintlueneê éeltima bientôt celle du chaneellèr. Une dès pi^tMère* eaïusés des contestations qui s'élevèrent entré le tient ministre et la Jeune reine fut la volonté que manifesta celle^i d'appeler de t^ Gardle au sénat ^ dés Hostant ôûelle lut accorda les premières marques de i^Tèur. Il parait que ce fut pour tâincre cette réMstance qu'elle nomma en 1646 son ftitoH k PandMiêiade brillante et
^ Ainsi lei eftlsni d*Èflk âparrs, itfeiea èlitDcètièf do reyauiae et «écâpUé (MffaâDi isi dfissnsfaiis mm le tègns de Ghârlss IX* ftcoreiil la moUié ds li vsteur de la terre de Ber^uara, denoée à rancirai du royaume Gyllenbjclm. (Voyet les Archives du royaume, IC anlt 1645.)
* BStf dotSfIdas é M MâlIèA êèè lAvalldSi dS Véûateoa (iSTHf 4iii«tiMa«}, If oetobre t<4S. (Vèiei les i#r* ehivei du royaume,)
» Voyez ArkeolioUz, Mémoires de Christine. —
« Mégauil-^aHél de UÔarénécoftiaierttè si earrfèrè en 1S14, A régé de vtntll-deai snft« eDihHdS esloflèt dès gardes a«t Éppeltoteiiieas tè t,Ma lAaIefs. Ëa ie4A , il fut envoyé en ittt^asside en FNtàee, H^vA sa délation Magnushof, en ôsel , et tut preina âd gradé de colonel desgàfdes dn eoitM {Hfre^efhèHîèi); eft t^il , Il fat ftomifté memMe du ftéasi ei da eoltége dé la gnerH; le IT tfrrll 1S4S , Iledteaànl général en Allemagne» mreé tO)Oée tifàlers d^èppolncemensi le SO afflt> il lai fai eonsiitaé en dolatfon ta iemmans dans là protiasé d'Ùpland; le fg avHI 1640 » il toucha une somme de 32,500 thalers sur rindeianlté 4«é la Stt«depéyanirarMé{lsif aiaf . n re^at sa aoUilnatlon de gouvernear général dé la LfTonie et vn billet de 7,aoa malérs sur Ica douanes de Brème ; le 24 décéaièté, lé èallllage dé Wollia ea f*oAéranle; ea 1061, U ttei nommé Hksmàr§k, etc. »
* Voyez le récit d'ua ministre étranger, probaUement de Maateéaeali.
dispendieuse de Franee •. Les frdis de cette ntiKéinn réteterèdt a ioo^goo ihaim •. De La Oardle^ dont le grand-pere était Français >, nt
partager à la reine son intérêt pour la France et accéléra dinsi la dlsgrtce complète du chancelier. Oaracctisade traîner en longueur la con* cliiaion de la pàli et d'être hostile fl la France \ Le 10 atril 1647, la reine écrltlt A ses plénipotentiaires an congrès * « Messieurs, je n'ajouterai qu'Un fhot 1 ftiités tout totre possible pour noué proenrer promptetnent une paix honorable; ce rééditât me parait d'autant plus facile à obtenir qu'on est d'accord sur ce que doltatoir la couronne de Suéde ; II n'y a plus qu'à prendre le conécntentent deê soldats et faire taire les {Aalntes des états allemanus. Travaillez dans ce ièM Jusqu'à l'arritée d'Erskinê "^ , qui vous instruira de mes intentions. Vous seret responsables detant Dieu , les états et moi des retards que toUs mettrez a vous y confbrmer. Ne vous lalésez pas entraîner, crnye2-mol , par les sophismes de quelques ambitieux, si tous tenez à étiter ma disgrâce. Et si tous sultez une autre ligne que celle que Je tous trace, tous verrez que ni lèi Mens du sang ni aucune considération de fbmille ne m'empêcheront de tous faire sentir relfet de mon mécontentement. )>La lettre était adreésée à Benoit Oxenstjerna, flis du chancelier du royaume. La rëlne écritit en même temps
' Voyez la correspondance de Gliarlcs-Guslavo Wrangef.
* * An sujet des 100,000 thalers que le comte a pris à Paris, c*esl par mes ordrei qa*il les â touchés. Je tous prie d*empécher qaMI seil calomnié pour cela , car il est innocent. » (LeUre de ChrisUnc à Salvius, Osnabrucli, le 13 février 1647. •— ÂrkenhoKz, i. 1, p. 03.) GhrisUne, dans une lettré, permet qu'on prenne de l'argent sur son crédit aOn que l'armée de Wrangcl n'en maa^ae pas. k la mort de Salvius, en 1652, la relae lai devait 146,000 thalers; elle en emprunta encore à sa veave 50,000, qui ne furent Jamais remboarsés.
*« Son âieal èuil Français. Il éUlt bien fait, il avait la mine haute et ressemblait à un favori. Il pariait do sa reine en des termes si passionnés et si respectueux quMI était facile de le soupçonner de quelque tendresse plus grande que celle qu'il lui portait par la qualité de sujet. Quoi qu'il en soit, cet homme parut anet digne de la fortnae , mais plas propre à plaire qii*A gouverner. » (Mémoires de M^ MoUeville , Arkenhoict, t. l, p. 80.)
* Chanot dit t « II eût été à souhaiter pour le succès des alDiires de la France que ce chancelier fût parti pour l'autre monde. » (Aricenhoitz , 1. 1, p. 117.)
* Piaf tard aussi miniilrs an congru de la pais.
HISTOIRE D£ SUÉDE.
à son collègue Adler Salvius : a Je oe croirai jamais vous récompenser assez de votre fidélité. Je vais prendre vis-à-vis du parti opposé une contenance telle qu'on verra que ce n'est pas le chancelier seul qui gouverne les affaires. Sapienti sat. La lettre ci-jointe vous concerne tous deux \ mais vous la remettrez au comte Benoît, et quoique je vous attaque Tun et Tau- Ire, c'est cependant contre lui seul que tout est dirigé. Faites en sorte^que d'Avaux ' soit instruit de son contenu, afin que les Français ne prennent pas mauvaise opinion de moi et qu'ils sachent au contraire de quel côté sont les torts. — Soyez assuré que je vous en tiendrai compte, et quand Dieu permettra que vous reveniez en Suède avec le traité de paix, vos services seront récompensés par la dignité de sénateur. Je vous recommande les intérêts du comte Magnus de La Gardie comme les miens propres. Je vous \A\d de me faire connaître les grimaces et les contorsions que fera le comte Benoît Oxcnsljerna en lisant cette lettre '. »
L'orgueilleux comte Benoit Oxenstjerna répondit qu'il était prêt à rendre compte de sa conduite à la reine aussitôt qu'elle le désirerait. Il ajouta que des raisons particulières et ses affaires lui faisaient désirer depuis longtemps d'être délivré du poids des négociations *\ qu'il savait bien qu'un. homme comme lui n'était pas nécessaire au service de la reine , mais que celui qui lui avait inspiré une telle lettre lui en rendrait raison un jour s'il parvenait à le découvrir. Quelques semaines après, il put donner à la reine la preuve que ce n'élait pas sa faute si les négociations étaient retardées, mais bien celle des ministres français euxmêmes , qui en écartaient la conclusion ^ Il
* Le comte d*Avaux était plénipotentiaire de la France au congrès, ainsi que Servius ; ils ne s'accordaient pas mieux ensemble qu'Oxenstjerna avec Salvius. Ce Tut à cause de celle mésinlelligence entre les négociateurs français que le duc de Longuevilie fut nommé troisième plénipotentiaire.
* Arkenhollz, 1. 1, p. MO.
' C'était la vérité. Il avait perdu son épouse, Anne-
Marguerite Sture, en 1647, et le partage de la succession réclamait son retour en Suède.
' La letlre du vieil Oxensljerna à son fils ne dément pas sa haute réputation : « Je vois, lui dit-il entre autres choses, que ce sont les Français qui rejetaient sur nous la lenteur des négociations, qui aujourd'hui les retardent. Mais ce qui me chagrine , c'est qu*on se cpmportc chez nous comme des enfans, et que nos affaires s*cp ressentant. Ce n*<^lalt pas ainsi de mon I
disait vrai. — Alors Salvius reçui rordre de régler sa conduite sur les vues des plénipoteDtiaires français : « Tous faites bien d'ai^oyer les Français dans leurs demandes , lui écrivit Christine , le 6 juillet 1647^ saisissez celle occasion de leur prouver combien je suis disposée en leur faveur •. »
Ce qui s'était passé fournit roccasion d'une réconciliation entre la reine et le chancelier par l'entremise de Torstenson. La rone déclara qu'aucune intention malveillante n'avait dicié la lettre qu'elle avait écrite à son Qls , et il s'ensuivit une réconciliation, du moins apparente ■ \ aussi la cour de France flattait-elle le vieux chancelier *. IVfais pendant quelque temps il cessa de paraître à la cour : a Je suis depuis cinq semaines avec ma femme sur mes terres pour vdller à mes intérêts, écrivait-il de Tidôn à son fils ^ car je me suis trop occupé, comme tu sais , des affaires publiques et j'ai oublié les miennes. » Il sq plaint de Tclat de sa santé ^. L'âge et les infirmités commençaient à épuiser ses forces : « Ta mère, ajoutait-il dans la même lettre à son fils , ta mère reste au lit^ la vieillesse joue aussi avec moi ^, » Cependant il reprit ses fonctions : un homme de son mérite ne pouvait guère rester sans influence. Après la disgrâce de La Gardie, vers la fin de 1653, on voit presque toutes les affaires du gouvernement passer entre les mains du vieux chancelier ou par celles de son fils Erik. S*il ne conserva pas toute l'importance qu'il avait eue , ce n'est pas aux caprices d'une jeune fille couronnée qu'il faut l'attribuer , mais au changement qui s'était opéré dans les sentimcns du
temps. {Sed hacdieê aliam vitatn, alioi mores postulat,) Cependant un Jour viendra où l'on verra qui a mieui agii qui a mfeui conseillé. Ne parlez pas en mécontent ; servez bien la reine et l'État. » ' ArkenhoItZi 1. 1 , p. 79.
* Dans une lettre du 29 mai 1647, Oxensljerna annonce à son fils qu'il avait eu une entrevue avec la reine au sujet de la lettre qu'elle avait écrite. Il dit qu'elle s'excuse sur ce que ce n'était qu'un avertissement; «mais, ajoote-tr-il, les termes en sont trop clairs. Je n'hésiterai pas /à prendre une résolution s'il est nécessaire.
^. Mazarin lui écrivit une lettre remplie de compltmens. Elle fut remise par Ghanut.
* Dans une lettre à son fils Erik, Jeune homme doué de qualités brillantes, il le prie de se marier afin de ne plus être soupçonné d'aspirer à la main de U reine. 1
" Axel Osenstjerna avait épousé ^nna l^ftt.