‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 209 sur 275 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

peaple à «on ègard.^ La véritable activité d*un homme d'Etal part du point central du pays en s'étendent à tous ceux de la circonférence * . Sa force n'est pas dans les faveurs et dans les personnes, mais dans la Justice générale , dans la sécurité et Tordre pour lesquels il vit et qu'il est appelé à garantir. La guerre européenne , à laquelle la Suéde avait pris une part si honorable , avait i>rofondément ébranlé l'équilibre intérieur de l'État. Le rétablir sur de nouveaux fondemens neût peut-être pas été au-dessus du génie créateur de Gustave^Adolphe s'il n'eût pas succombé au milieu de sa brillante carrière. Ce qui fut exécuté après sa mort , malgré l'héroïsme qui le caractérise , n'était pourtant qu'une ébauche. Vouloir fonder la paix sur les circonstances que la guerre avait enfantées était sans doute une faute , et nous ne pouvons en Justifier Oxenstjema \ c'est pour cela que sa vie [politique se termine avec la guerre : c'est un nouvel ordre de choses en dehors duquel il est [rejeté. Il faut chercher dans cette circonstance, plutôt que dans l'altération de sa santés le secret de raflaiblissement de son influence. L'avenir de la Suéde fut fixé sans lui et inalgré lui-, Christine en fut le principal instrument. Malgré tous les justes reproches qu'on a fiiits à la reine et qu'elle méritait , on ne peut lui refuser du génie et du courage , et on ne lui a pas assez rendu justice pour la constance avec laquelle elle vint à bout, malgré la résistance des grands, de faire adopter sa résolution de déposer un sceptre qui devenait trop lourd pour elle.

Dés son avènement au trône, en 1648, se manifestèrent les symptômes de ce qui devait arriver : «Les paysans sont opiniâtres , dit un historien, dans leur idée que les domaines doivent être restitués avant que sa majesté prenne les rênes du gouvernement , ainsi que beaucoup d'autres choses qui regardent les intérêts de la noblesse. Il parait que les paysans ont pour conseillers de bons patriotes. Ils ont aussi demandé à lire la constitution pour en Gonnattre l'esprit, et le gouvernement a été obligé de le permettre. On sjoute que le clergé est d'accord avec eux, mais qu'il est

* Voici de belles paroles da.cbancelier, dans le sénat, le 20 Juillet 1G26 : « Un gouvernement qui, au lieu de travailler dans Tintérét du peuple entier, favorise cçlui d'une classe, finira par si|ccoii|ber. ^

travaillé lui-même par des divisions, parce que les curés commencent à résister aux évêques. » Dans les observations contre la constitution présentées à cette diète dont nous avons fait mention, il est dit que les états menacent de se mettre en hostilité les uns contrôles autres. Ce qu'il y a de curieux , c'est que ces observalions , dirigées contre les grandes familles, sont l'œuvre d'une partie de la noblesse et du clergé. C'est le premier symptôme d'une scission entre la haute et la basse noblesse, scission qui plus tard , dans la solution des questions alors soulevées , devait avoir de si graves résultats. Tout était dans son premier développement, et ce fut le clergé qui, à la têtes des états roturiers , prit la conduite de la nouvelle opposition : elle s'attaquait surtout aux privilèges fies nobles, lesquels n'en furent pas moins confirmés et même étendus par la reine. En revanche, la noblesse renonça à l'exemption de douanes '. Nombre de ces privilèges étalent depuis longtemps hostiles au clergé , comme le droit de la noblesse de nommer les curés. Chaque noble , dans la paroisse qu'il habitait , avait le droit de choisir un curé *. S'il y en avait plusieurs et s'ils n'étaient pas d'accord avec la paroisse dans le choix du pasteur, l'évêque intervenait pour concilier les opinions -, il avait aussi le droit d'annuler le choix si celui qui en élait l'objet n'avait pas les qualités requises. Cependant une disposition du même privilège défend la nominatiom d'aucun clerc sans le consentement des nobles. Les terres seigneuriales de la noblesse étaient exemptes d'impôts ^ mais elle étendit celle exemption au delà de la lettre de son privilège. Dans de telles circonstances, il ne fiiut pas s'étonner de la résistance que rencontra le projet d'un c<msist(nre du royaume (cansistorium regni) qui devait être composé de clercs et de laïques. Le clergé ne vit dans cette proposilion qu'un nouveau champ ouvert à l'influence des grands sur. l'Église , quoique Charles IX , qui en est l'auteur, paraisse n'avoir eu en vue que l'extension des droits des laïques dans les affaires de l'Église >.

' Les nobles, en raison de leur renonciation A l'eiemption des douanes, furent dispensés, pour leurs paysans, de toutes corvées envers la couronne.

* $ 33 des privilèges accordés à la noblesse par Gustave-Adolphe et confirmés par Christine.

» Voyeï Bihan^ Un Sufnska kyrkanf och Rikfda-

HISTOIRB DB lUlDE.

Le clergé ne trouTa d'autres moyeni de te garantir de la puissanee de la noblesse que de faire valoir ses propres privilèges. L'évéque de Veslerfts , Jean Rudbeck , homme aclif et influent I commença cette lutte dés te règne de Gustare-Adolphe* La puMicalion de son livre sur les anciens privilèges des savans et du i^ergé fit croire qu'il voulait le rétablis* sèment de Tancienne hiérarchie de TEglise. L'auteur, qui avait attaqué la régence et la noblesse I fui même accusé devant le gouvernement de la régence « et son ouvrage fui prohibé ■• La mttre destinée à Rudbeck fut donnée à un autre*, mais il ne manqua pas d'imitateurs. Johannes Matthie , qui fut plus tard exposé à la persécution de la part de son propre état ^ présenta à la diète de 1644 un projet de pri-' viléges du clergé que la reine sanctionna en» 1647 et qu'elle confirma plus etplicitemeni encore à son couronnement *» Les privilèges et les revenus du clergé fùreal ainsi garanti* contre toute atteinte* Quant au droit des nobles de nommer les ourés ^ il paraît que ce prt vilégt était plutôt dans les mots que dans le fait. Les assurances gracieuses de la cour aux huit membres du clergé * devaient les séparer bien^ tôt du bas clergé, que nous ne tarderons pas à voir sur la même scène.

Les deux diètes de 1649 et de 1660 , qui suivirent la paix , nous rapprochent de la pè^ ripétie. La reine fut obligée , pour cei deut années | de demander la levée des citoyens nécessaires pour remplir les vides que les congés des soldats étrangers avalent laissés dans l'armée et par conséqueai le ONliniien des contributions dont le peuple s'était chargé pendani la guerre. Les états consentirent à sa demande % « parce que i est-il dit dans le dé^ cret de la diète de 1649^ une paix nouvellemeiit faite m»rés une guerre de longue durée ^ selon

1SS6, p. isa.

■ Ce livre, dsvenu Irfft-rars, a pour titre t Priviicgim qwBdam doctorum, tna$iêlrorum, ele. (Yoyes Sto$n$ka acàd. hahdl., t. 16.)

' « A la diéle de 1647, le clergé demanda qae \h féf" mula concordiœ fût aussi regardée en Suède comme un livre irmbotlque. » (Oienstjema.)

* Le $ 12 des privilèges leur ouvre «o chemte A la ■•* blesse.

* La levée n'eut pas Heu par feui, mais d'après r importance du hemman» U étaii loisible de |M|sr sa argent.

les expressions de se msjeslé ) rtMaeoibM à M grand f^u nouvellemeni éteint : il retie bmi» coup de brandons qui Jettent encore On li fumée et peuvent foiirnir bientôt un houvel M^ meni aux flammes, s La reitie D*avail rtao perdu dans ropiniod publique : on raimili à cause de son pért| de sa Jeunesse, de see grandes qualités 9 on ne lui àttrtbttall pH tes souDIwces du pays. Mais les espHta élAleni dans une grande feritielKatlott ; oe qitl l« prouve 9 c'est rapparittod 5 dàfti un leiii|Mi oA ron écrivait si peu , de cette toute d'écrtis anonymes dont les expies pareouraieni ta pif* d'un bout à Tautri el doiit ta contenu peut fburnir de grands éclairolssemeiis pour ruistoiro de cette époque. G'éiatent des espèeea de manifostes écrits au noes du peuple dana la Suède moyenne et terbilBés par une lAtitaUoa à toQS les dioyens^ suriotii aut prMfW) de les soumettre à la rèOeiion de tous «i 0« y montre revenir dto paysans destinés à deteMr serfli, au lieu de fortiier im élat libre dam le royaume : « OnabusedelaclétneHeed#larelfle« qui n'a que le titre attaché à la couronne sëiis avoir le pouvoir qu'elle confère. Ofl a fMl un grand abus des dotaHoM ) ce n'est pas toqjoura le mérite qui en est investi \ allés son dlstrt^ buées par faveur et pour de Targeet. IM Impôts se sont accrus au point que le peeple n'en peut plus supporter le nrdeaa ) il y eai a ^ comme les cvffttribtitioBs des feux («tMlil»pmigét)^ qui sdnt Iniques , patee ^ue le patttre et le riche sont également imposés. Les ^altitca du peuple ne se font point entendre aut dIèteS) on lui donne des se«hétaires de tmau? aise toi , qui n'écrivent pas ee ifu'eii leur dit, el II ne refoH pour réponse que de vaines parole» mt*» queues on ne donne Jamais Suite. Les dèerèls des éneieBBes diètes permettent aut paysahs d'éHrè ceux qui dolvee* porter leurs ^iliM au pied du trône* s Ibans la seconde de ces brochures est un dialogue entre quatre ln«Mtees des diflérensétatode la diète*. La «Atèsseetter^ cfae h prouver au» autrei états que l'tnfiueÉOB qu'elle a eeqmw sert à rutilité et à l'taômew du royaume ^ que ses adversaires cachent leurs projet soes préteile que la HoUesee VMt changer la constitution du pays en un gouver-

* Gsile brodiars coemisnee atnsi \ 4 >/« mmi du pet^iê d^Uplandi dt S^ermoHiB, êè P^êtmaHk' iand, etc. *

iL'auleur est MisriQr^atartaM.

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