‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 214 sur 275 · ÉDUCATION DE CHARLES X GUSTAVE , SON MARIAGE. — DIFFÉRENDS AVEC BREME · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DE CHARLES X GUSTAVE , SON MARIAGE. — DIFFÉRENDS AVEC BREME

— GUERRE DE POLOGNE; ALLIANCE AVEC LE GRAND ÉLECTEUR. — L'AUTRICHE SE DÉCLARE POUR LA POLOGNE.

Charles X Gustave, comme nous Favons vu , élait fils de Jean-Casimir, comte palatin do Kleeburg , et de Catherine, fille de Charles IX et sœur de Gustave-Adolphe. Son père vivait en Suède, éloigné de ses possessions, pour être à Tabh de la guerre de trente ans, qui commençait alors à étendre ses ravages sur les fertiles contrées de Tempire et à atteindre la liberté de conscience des protestans. Il jouissait de toute la confiance de son beau-frère, qui lui remit d'abord la direction des finances du royaume et ensuite celle de la guerre. La princesse Catherine élait douée de brillantes qualités et entourée de TafTection du peuple. Leur fils naquit le 24 novembre 1622 , au château de NykOping. Le grand Gustave avait le pressentiment des destinées futures du jeune prince. Un jour qu'il le tenait entre ses bras, il dit à sa sœur : a Cet enfant montera un jour sur mon trône. » Il passa ses premières années avec ses parens à Skenàs ou à Stegeborg et termina ses études sous les plus habiles maîtres à Upsala , dans la maison et sous la surveillance de Tarchevêque Lenœus. En 1638 il fit un voyage en France par le Danemark et la Hollande, et il rentra dans sa patrie en 1642. La guerre de trente ans était encore loin d'être terminée. Les armes de la Suède avaient reçu un coup funeste par la mort du célèbre Baner ^ mais Torstenson, qui le remplaça, le surpassa bientôt par ses victoires et par In rapidité avec laquelle il porta la guerre au cœur de TAllemagne, aux extrémités de la péninsule Cimbrique et de là sur les bords du Danube. Charles- Gustave raccompagnait : ce fut sous ce grand maître qu'il fit ses premières armes ; il assista 4. la bataille de Jankou, où il eut ses habits

percés de balles. A son retour en Suède , la reine l'envoya comme généralissime en Allemagne; mais la paix qui survint ne lui permit pas de donner l'essor à son ambition guerrière : il resta cependant deux ans dans l'empire pour régler les intérêts de l'armée, composée en partie d'étrangers et qui devait être licenciée.

Il aspirait à la couronne de Gustave-Adolphe en épousant sa fille : elle lui avait promis sa main dans les jours de leur enfance-, mais elle oublia cet engagement, ce qui ne l'empêcha pas toutefois de lui ouvrir le chemin du trône en lo faisant nommer prince héréditaire. Les grands de Suède et le sénat en particulier, y compris Oxenstjcrna, n'aimaient pas la maison de Deux-Ponts : soit dans des vues d'ambition, soit par amour pour les souvenirs de Gustave-Adolphe, ils eussent voulu que Christine perpétuât sa race en se mariant. Charles- Gustave, à son retour, vit cette malveillance s'accroKre à mesure qu'il paraissait approcher du but de ses espérances; d'un autre côté, il craignait d'être enveloppé dans le mécontentement qu'excitaient les extravagances du règne de Christine ou d'éveiller les soupçons de cette princesse : il se retira donc , loin de la cour, loin de toute intrigue, dans une fie de la Baltique, se livrant à Tagriculture, à l'étude et â l'intimité de quelques amis, parmi lesquels nous remarquons surtout le général Wirz , qui devait prendre une place si honorable dans les guerres qui suivirent. Ce fut au châleau de Borgholm , dont l'île d'ÔIand a conservé de si belles ruines , à quatre lieues du continent suédois , qu'il passa de son propre aveu les plus heureuses années de sa vie. Ce fut là que Christine l'envoya chercher pour lui donner non sa main, mais sa couronne. Il la reçut avec l'elTusion de reconnaissance qui était dans la nature de sa grande âme et dont il lui donna des preuves, même avant qu'elle quittât son royaume. Elle avait élevé son écuyer Steinberg à la dignité de comte. La haute noblesse re-

fusa de recotiiilUti-6 oetui disUdclibD c|uë âleihberg n'avait méritée par aucun service signalé et qu'il ne devait qu'à la faveur. Charles-Gustave fit dire à la noblesse, qui élâit sur le poihl de prêter entre ses mains le serment de fidélité, qu'il ne le recevrait qu'après qu'elle aurait rempli le dernier vœu de celle qui venait de descendre du trône. Cet acte révélait dans le Jeune roi là fermeté qU'il devait déployet- à Un ê\ haut degré dans le cdUtii dfageui de don régné. Là noblesse iiè tàfdà t)as à oédér<

Le royàbtiie ddbt dhàrïes-Oùltàte t)rétiàit lé gouvernement avait imprimé lé respect aux puissanceé étrangères par le§ tictoifës qu'il avait remportées pendant la guerre de trente ans et la crainte que ses guerf iëH inspiraient «bcdfé ^ mais il était aussi l'bSiét de leur haihë et de leur Jalousie. A l'intéHéur^ le trésor était épuisé et lel ëhftteaUi royaut lelletiient déitieublés qiie Charles-GUslàYe fut obligé d'émpfuutef ce qui était néeesèàire à son eoui^ontiement et A ses noces. Il est ti*ai que lès aeeessions de territoires dues à ta ptàx de Westphftlie avaient accru les revenus; mais la prodigalité et le faste de Christine avaient tout absorbé , et léë domainel aliénés en dotation avaient privé là couronne des moyens légaui de poul'vbir aui besoins de l'Étal, sans imposeï^ au peuple de nouvelles cohtribûtions. Ce qu'il y avait de plus fâcheux était l'esprit de discorde qui commençait à fermenter dans les états et A s'agiter d'un bout du royaume à l'autre. Ce furent ces dissensions , que Christine avait pour aiusi dire soulevées elle-même, qui la portèrent peut'^lre à précipiter son abdiealiODi Nous avons vu comment l'opposition s'était formée eontt'è l'administraiion d'Aiel Oxenstjèrna \ dans son prihOipë elle s'élevait moins du teiu des élhié roturiers que du corps de la noblesse, qui s'était f alliée autour de la maison palatine. La plupart des nobles, Jaloux de Impuissance des anciens sétiaieui's et des metnbres de la régenëe, excitaient les états -^turlers contre ces derniers pour leur impo» 1er; iiiail léê hUmmes de l'opposition folUriére ne vduliii'ënl entrer dani» la lutte que par les brééhel ^he la noblesse oUvHt dans ses propres ràhgèt Dans tous les temps^ rambilion de mM éàste a Ml battre dans son sein des divisions qiii ont eâusé Ift ruine de sa puissance! Il est \M que ndus n'en voyons pàd les suites pendant fê régne te Christine lii même pèn^-

I» 8UBDB.

ààhi eélui déChartes^ttstaVe \ mais trente ans suffirent pour les faire éclore. — Ainsi Charles- Gustave fut eeint d'un diadème dont la faiblesse se cachait sous l'éclat qui l'entourait.

Charles^ustave employa les premiers temps de son régne à faire sa tournée dans les provinces du royaume, A chercher une épouse qui assurât l'hérédité du pouvoir dans sa famille et resserrât les liens qui l'unissaient à la nation) il donna cette dernière eommission A Laurent von. der Linde. Son choix se fixa sur Hedwig-Éléonore 9 fille du duc de Holstein-Gottorp. Les noces furent célébrées AStocItholm, le 24 octobre 1654, avec une telle simplicité que Christine ne put s'empêëhét- dé se moquël" de la paUVrélé d'Ubé cour dd elle Avait brillé AVëc tâht d'éclat. Hédwig était belle , mâië elle ne sèdisdUguait point par lë§ qualités dé l'esjprlt; encdf 6 éeltês qu'elle a vail f-é^ues de là ilaturé n'âvAlëfit^lles pas thème été développées pai- une édUëAtioh Sdl|ilée.

Lés alMIf es de la ville dé Brème réclaitlérent d'abord l'Attention sérieuse du roi , car elles pouvaient amenek^ une rupture avec l'empire. DepUié Qu'elle aVëit été ëédée A la Suède par lapaiM de Westphàlië, elle n'avait pas cessé d'être Uu éujët de conteëtàtions , qui vers la fin du régné de Ghrïstine prii'ent uh oaractère gfavei Les Suédois demandèrent que la ville prétAt serment de fldélitè< Son sénats Jadis libre ^ aujourd'hui impérial » le reftisa avec modératiou et dignité ; U s'appuyait sur ses libertés : à Quoique ëédée A la Suède ^ la ville Appartenait ëficoré A l'empire ^ et elle devait ëonservef tous ses pHviléges, même sous la dominatiou suédoisbi M Cette question intéressait toute l'Allemague. D'abord les princes et les États de l'empire se mutltraient Jalout qu'un État éti'anger poilédAt tant de terres ^ tant de elles (lorlssfintes dans leut* pays) puis 11 leur Importait ^ue la liberté des villes situées aux embouchures des pKnëipaut fleuves de rAllëifiAgue ne fût pas trop ëomprimée par une ihfluence élrangêre» L'empereur et plusieurs États intërvihrent par leur médiation et cher^ dhérent A lui donner plus de poids en l'appUyant de eeile de la Hollande et du protecteur d'Angleterre^ dont ils réclamèrent l'a»sislancë -, mais les Suédois ^ habitués A tout dé cider par le sort des armes^ n'avaient coufiancb 4u'en éllesi Kônigimark, le plus fAmettX paf tiiafl dA la guerre de trente aiii « loulnia»'

CHAWTllË I.

ûM lé§ traopês luédoiéèi âfltift ces eoniréé^; Il

occupa le plat pays , 6'cmt)irà de YégéSâcll , port déBfêMe» é( de ËUfg^ citddèlle asiêt fbrie, et établit dêé Ibrts p&rtout ^ de èdfto qa*ll dominait le Weséf , Feutrée de la nî^r et le coth'^ mercc^ quil |èflttit de louled ttiiinières pouf amener A eompoêîlidti Ici bourgeois dé là tille, qui Tivaiént de leur ihduêlrle et de hmr trttfie. Mais rftmour dé Ift liberté, sdutehU par toutes les menées des êhticmis de Ifl Stiédc , triompha dans la ville itiétiadéé. Ori toulut opposer la fbrce à la ibreê, ati risque de succoinber âtëc gloire, plutôt qiië d^accepler lô joug ; on reprit les plâôcs përdiicS pendaiil que l'empcréUr portait les plaintes les t)lUs énergiques A la cour de Suéde. 11 parait que KOnigsmark aVdit désordres seorelë de thrisiine, cttr on éprouva Une grande sensation en Suéde lorsque les événemens y furent contins et que lés déclarations de reinpereur fureht eomhiufliquées àusériaL Axel Oiétistjérna déclara hflUlertient que tout lui et Ait ihcoilnu K tel était Téidl dèS choses en AliémAghe A rinstant od ChArles^Ûultave monta sur lé troue. Oceupé d^autreS projets , il souhaitait que cette atttiire ne s^euvënimât pas davantage et ne rallumÂt pas des contestations qut Tobligeraient à diviser Ses forces; d'UU AUtré côté, Il ne Voulait pas avoir Pair de eéder A une petite ville qui avait i>iit éprouver un échee A ses Armes : Kônigsmark reprit fiurg; sur tous les points sV vançAtent de la Suéde dés (brccs Imposantes commandées par des eApIlâines tels que Charles^ustave WrAngél et KôhigsmArk. MaIs , tout en paraissant ne compter que sur ses armés , il envoya Seheflng-Roscrihane eu Allemagne. Le diplohiAte était chargé de traiter avec la ville ; maiè pour pallier le but réel de son voyage , le roi lui confia d*autres Uitssidnê. Brème, AbandoUUét! à la fin par ceux eh qui elle avait mis SA eonflahce , craignant surtout que lé secours que lut avaient promis les hollandais ne se itt trop attendre , perdit eoUrâge A mesure que le danger de la guerre devenait plus imminent : elle saisit ruccaslon de négocier , et A la fin elle signa à Stade un traité par lequel 1A question prtrietpalë fut ajournée ; mais 1a fille s^èngagea A rendre hoUitUDge A Ghartes-^Justavé fcoMme elle AValt I5iit envers

• Voyez Index liberœ imper, civilatii Bretnentis, ltf-4SBrêifte, 1654»

le dernier ftfchlduc, en 1637, Sans cependant céder do ses prétenlions-et de ses droits «. Elle promit de ne prêter la main A aucune entreprise contre la Suéde ^ Il était convenu au contraire qu^on s'aiderAit réclproquehient. La nomination du bailli ^ appartenait au roi , qui restituait les biens et les terres que la ville avait dans lé duché. Charles-tiustave se montra Irés-mécontent de ce traité, et surtout de Kdnlgsmark, à qui II reprocha d^avoir été trop complaisant, ce qui n'était cependant point dans son caractère. Il est A présumer que ce niécontentement était plus apparent que réel. Ainsi fut résolue cette grave question , qu^On regardait comme une étincelle qui pouvait allumer une guerre générale.

Les mesures peu politiques que Christine avait prises dans les derniers jours de son régne, probablement pour plaire A TËspagne, lui avaient attiré des embarras avec le ministre du Portugal. Charles-Gustave, par la médiation de ^ambassadeur it'ançais , empêcha l'envoyé de cette puissanee de quitter Stockholm , en pro^ mettant que les relations amicales entre les deut couronnes ne seraient pas rompues, du moins de son côté. Mais il rechercha principalement l'amitié de TAngleierre et celle de Thom^ me que la révolution avait porté A la tète des airaires de ce royaume. De son côté , celui-ci , quiconnaisnail par sonambassadeurWhitelocke le caractère entreprenant du nouveau roi de Suéde, ne tarda pas A nouer des relations avdc lui , quoique ce prince menaçât de soumettre tout le Nord». A la môme époque, le comte Schllppenbach fut envoyé en Allemagne pour dissiper tous les soupçons que les affaires de Brème avalent pu faire naître.

Ciiarlcs- Gustave prit donc, comme nous Tavons vu, les rênes du gouvernement sous de mauvais auspices ; mais au milieu des embarras Intérieurs et extérieurs, sa conduite flit Celle d'un grand homme. Gustave-Adolphe avait laissé plusieurs problèmes sans solution , tant au dedans qu^au dehors : Charles- Gustave se sentit appelé à les résoudre. Dans eclte intention rien ne lui parut i)lus A propos que de donner A la Suède ses fVonliéres natu-

* beat tiiitlérlcrs prélèreai le Serment d« fid^UtS aU t^U AU naitt du magistrat el de la Iwurgeotsie » It 6 décembre 1654.

■ Stadt voigt.

^ Hume, U 10, p. 364i

rdles. Pour cette grande entreprise , il comptait moins sur les ressources de son génie que sur la bravoure de son peuple , que la pensée d'une nouvelle guerre ne paraissait pas effrayer. On mit sur le compte de la paix tous les embarras intérieurs : on craignait de voir s'éteindre Fesprit belliqueux de la nation et la discipline sévère à laquelle les soldats étaient habitués. Accoutumés à vaincre et à vivre aux dépens des vaincus, soldats , officiers et généraux appelaient la guerre de tous leurs vœux. De nombreux enrôlemens se firent en Allemagne , tandis qu'on concentrait des troupes en Livonie et qu'on approvisionnait les forteresses. Là commandait Gustave Uorn , qui avait su faire «es préparatifs avec tant de prudence qu'il n'avait pas même éveillé l'attention des Russes. Arwid Willenberg , qui avait blanchi sous les armes, fut envoyé en Poméranie avec mission de prendre le commandement. Pour faire face à toutes ces dépenses, on eut recours aux emprunts ; mais une vigoureuse impulsion partie de l'intérieur fixa bientôt les conditions extérieures. Tous ces armemens inspirèrent des craintes à l'étranger ; on était étonné qu'ils pussent se faire sans le secours de la France. En Suède on n'était pas d'accord sur le point où il fallait d'abord se Jeter. Devaiton attaquer le Danemark ? Une guerre contre la Russie n'était pas dans l'opinion de l'armée, car il y avait de ce côté plus d'obstacles à vaincre que de gloire et de profit à recueillir ^ on jugea plus sage d'observer les mouvemens de la Russie que de Tatlaquer. Une guerre contre le Danemark n'était pas pour le moment dans la pensée du roi; il penchait plus encore pour une invasion en Pologne , dont le souverain avait eu l'imprudence de protester, par son ministre Canaziles^ contre l'avènement au trône de Charles-Gustave. D ailleurs les discordes qui déchiraient celte malheureuse contrée promettaient une conquête facile. Altaquécd^à par les cosaques et par les Russes , comment élait-il possible qu'elle pût résister à un nouvel ennemi, le plus redoutable de ce tciups par ses grands capitaines et par ses victoires ? Lorsque le roi communiqua sa résolution au sénat, elle rencontra moins d'opposition qu'on n'eût dû s'y attendre. Le sénat espérait par là détourner rattention publique du besoin des grandes réformes et surtout de la revendication des terres d la couronne , ce qui , dans la position

critique où se trouvait l'Etat, menaçait pro* chainement la noblesse.

Lorsque la nouvelle de ces armemens et de leur destination parvint en Pologne, on résolut de tout faire pour conjurer l'orage. On envoya en Suède une ambassade à la tête de laquelle était Morstein ; mais les pleins pouvoirs n'ayant pas été trouvés parfaitement en règle, on envoya une seconde députation formée du comte Leczinski et d'Alexandre Naruscbevitz. Mais elle ne fut pas plus heureuse que la première. Ces deux seigneurs trouvèrent le roi près de s'embarquer, et ils ne purent obtenir de lui qu'un délai de cinq jours, qu'ils lui firent demander par le ministre français. Les envoyés ne pouvaient plus avoir de doutes sur les desseins de Gustave. Le comte Leczinski dit que la situation de la Pologne n'était pas si désespérée qu'elle fût réduite [à accepter toutes les conditions de l'agresseur. Le seul point sur lequel on tomba d'accord fut la reprise des négociations à Stellin. Le corps que Wittenberg avait rassemblé sous les murs de cette ville s'élevait à dix-sept mille hommes, soutenus d'une artillerie composée de vingt canons de gros calibre et de soixante de calibre inférieur^ il avait ordre, si l'occasion se présentait, de passer même sans la permission de l'électeur sur les possessions de Poméranie pour entrer en Pologne; mais il ne devait rien entreprendre avant l'arrivée du roi. Le 16 juillet 1655, Wittenberg leva son camp \ après six jours do marche, il arriva sur les frontières de la république. Il avait été approvisionné, en payant, par les paysans du Brandenbourg, et avait maintenu une discipline qui lui valut des éloges, même de la part de ses ennemis. Le roi de Pologne ne s'était pas attendu à une attaque aussi brusque *, il expédia des courriers à toutes les cours et jusqu'à celles du sultan et du khan de la Crimée pour implorer leur secours. A peine les armes suédoises avaientelles brillé sur les frontières, que les méconlens se montrèrent. Le passage des défilés de Notez , qui étaient capables d'une forte résistance, fut en quelque sorte livré par Opalinski et Grundsinski, vayvodes de Kalisch et Posen, pour se venger de leur roi, dont ils croyaient avoir à se plaindre. Un Polonais, Radzejowski, que le sort avait banni de sa pa« trie et qui portait une haine implacable à Jean- Casimir, était l'instrument dont se servaient les

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