CHAPITRE h
Suédois pour se faire des amis et des partisans. L'avenir prouva cependant que ce traître agissait moins dans Fintérêt de Charles-Gustave que dans le sien propre : ce roi le fit arrêter Tannée suivante pour avoir intrigué contre lui. Conduit en Suède , Radzejowski expia au château de Testeras, dans une captivité qui dura jusqu'à la fin de la guerre , la Taute qu'il avait commise. Opalinski et Grundsinski, tout en jurant fidélité au roi, recommandaient les palatinats de Posen et de Kalisch à la protection du vainqueur. Toutes les places fortes furent occupées par les troupes suédoises , et tous les domaines et revenus de la couronne furent mis à la disposition du roi. On promit aux habitans la liberté du culte , la jouissance de leurs anciennes lois et l'exemption absolue pour la noblesse de toutes contributions. Toute l'armée polonaise, rassemblée dans la grande Pologne, et qui comptait vingt mille combatians, se dispersa ou déposa les armes ' \ quelques soldats entrèrent même au service de la Suède. Les principales villes ouvrirent presque sans résistance leurs portes aux Suédois. La terreur était si grande  Varsovie que la reine se sauva à Cracovie avec les trésors de l'État , de sorte que si Wittcnberg avait marché sur la capitale, il s'en serait emparé sans coup férir. Peut-être craignait-ii de s'avancer trop dans le pays, ou ne voulut-il pas dérober à son maître la gloire de cette conquête.
Charles-Gustave avait hâté autant qu'il l'avait pu son départ de Stockholm, qu'il ne devait plus revoir. Il remit l'administration intérieure au sénat, et tout ce qui avait rapport à celle de la guerre au vieux Gustave Horn , qui avait été rappelé de la Livonie , dont la défense avait été confiée à sa grande expérience. Aucun ministre étranger ne le suivit ; il redoutait leur présence ou leurs intrigues, et il les retint à Stockholm, sous prétexte que son absence ne durerait que trois mois. Ce fut le 9 Juillet qu'il s'embarqua, suivi de neuf régimens d'élite. La flotte jeta l'ancre le 15 juillet à Wolgast , d'où il ne tarda pas à se rendre à son armée, où sa présence eut pour effet de faire reconnaître son autorité par un grand nombre de nobles. Il donna ses premiers soins au rétablissement de la discipline, qui s'était beaucoup relâchée j mais il n'y put réussir mal-
■ Puffendorf l'évalue é 15,000 hommes.
gré les punitions les plus sévères. Toute Tarmée suédoise se réunit à Kolo pour passer la Warta. Jean-Casimir se trouvait dans le plus grand embarras, pressé de tous côtés, ne trouvant ni force ni conseil en luimême et ne se fiant pas à d'autres. Il expédia un nouvel envoyé auprès de Charles-Gustave : c'était Christophe Przyemski , vieux et brave guerrier qui avait servi Gustave-Adolphe. Avec l'éloquente franchise d'un soldat, il tenta de déterminer le roi à la paix 'y mais toutes ses propositions furent repoussées, et Jean-Casimir ne vit d'autre moyen de salut que de se réfugier à Cracovie. Son ennemi entra sans résistance à Varsovie, le 30 août. Plus de cent canons et un butin immense furent le prix des marches rapides et fatigantes des Suédois. Les bourgeois furent désarmés et chargés de fortes contributions. La capitale ne retint pas longtemps Charles-Gustave ^ il ne voulait pas laisser à ses ennemis le temps de revenir de la terreur qui les avait frappés. Il réunit ses forces à celles de Wittenberg, qui poursuivit les débris de l'armée polonaise sur le chemin de Cracovie, où il arriva presque en même temps que celleci. Cette ancienne capitale de la Pologne , mal fortifiée , encombrée de fuyards et de soldats , ne pouvait résister longtemps après que les Polonais eurent été battus presque sur tous les points en rase campagne. Le camp et les bagages de l'armée ennemie tombèrent aux mains des Suédois ^ et Jean-Casimir, ne voyant aucune sûreté pour lui non plus que pour son épouse , abandonna son royaume et se retira dans la principauté d'Oppeln en Silésie : elle avait été engagée par l'empereur Ferdinand au roi Yladislaus, en 1645, pour une somme d'argent que celui-ci avait prêtée. Les généraux qui commandaient à Cracovie, n'osant s'y défendre , ouvrirent des négociations qui amenèrent la reddition de la place. L'histoire de cette ville était en quelque sorte la plus noble page de celle de Pologne : imposante par son antiquité et parce que les rois y étaient couronnés et y avaient leurs tombeaux , elle semblait devoir entraîner le reste du pays dans sa propre destinée. Les succès de Charles-Gustave épouvantaient d'autant plus les vaincus qu'ils étaient plus rapides^ mais aussi cette fortune arma les puissances dont elle réveilla les craintes. Les Polonais ne trouvèrent pas d'autre ressource que de se soumettre. Les soldats qui gardaient les frontières et qui, eo
UISTOmË DE StJÈDE.
1562, avaient r«(tt de Sigiimofid le «tiian des revenus de la couronne, ce qui leur fit donner le DOfn de quarêiMei 5 conclurent avec le roi une convention en vertu do laquelle ils ée mettaient à son service et recevaient la confirmalidn de leurs privilèges. Lorsque le roi les passa en revue» lié formaient Un corps de ô,d8S homtnes. Les troupes de Potocki et de Landskorouski , fortes de 11^000 hommes, qui avaient Jusqu'alors combattu les cosaques , suivirent cet exemple» Les palatinats de Kiow et de la Russie rougô déposèrent aussi les armes et se Jetèrent dans les bras de Charles-Gustave en lui prêtant le fterment de fldèlilé. Les provinces rivalisèrent d'ardeur & déposer leurs horomages aux pieds dé léUr nouveau maître, qui chercha à attirer principalement les grands dans ses intérêts en répandant sur eux ses largesses aux dépens de leur patrie. En même temps que Wittenberg était entré dans la grande Pologne, un aull-e corps d'armée envahissait la Lithuanie du cOlé de la Livonte : c'étaient les troupe» que Gustave Horn avait rassemblées ; elles étaient commandées par Gustave-^Adolphe Lewenhaupt, guerrier qui s'élail formé à la fin de la guerre de trente ans, Jusqu'à Tarrivée de Magnus de La Gardie, beau^fVère du roi , qui, en qualité de son lieutenant, devait avoir la direction dé la guerre. Par son activité et la rapidité dé ëes mouvemens , il s^éiait emparé te 1" Juillet de Dunaburg, point d'une grande importance pour les opérations dans ces contrées. En entrant eh Lithuanie , une collision avec les Russes devenait inévitable , car leurs armes ravageaient cette partie de la république, où elles dominaient. Ces peuples, suivant leur coutume , s'étaient conduits en véritables barbares. Les habilans étaient au désespoir, et les Suédois, quoique venant en ennemis , furent regardés par eux comme des sauveur^. Les princeê Radziwil, d'une naimlllc puissante par ses possessions dans le grand-duché , furent les premiers à saluer les Suédois comme leurs libérateurs et à traiter avec eu^ *, ils reeannurent la souveraineté de la Suède, et les citadelles de Birseh , dé Bauskc et de Polangen furent occupées par tes troupes. De La Gardie, suivant ses instruction!, devait tenter tous les moyens pour porter la population à la soumission ; il devait, si la noblesse refusait d'em- )>rasser le parti du roi , essayer de soulever les l^ysans contre leurs maîtres. En même temps
on chargea leè Juifs eommérçàns, dont le pflj^s était inondé et qui étaient en rappcH'té JdUmdliers avec les nobles, de les amener à une négociation ; maië les Suédois avaient à pelhe Ait leur apparition qde les dispositions changèrent, et malgré tous ces efforts et la reconnaissance de la êuzerainété dé la Suède par les États ainsi que la probabilité d'une nouvelle attaque de la part des Russes, l'agitation était â son comble, parce que le patriotisme faisait taire dans lés Polonais la crainte des dangers dé tdUs genres dont Ils étaient environnes. Un grënd nombre de nobles refusèrent d'entrer en relation avec les nouveaux conquérans ; et les généraux suédois firent bi&ntOt la triste expérience qu'il était plus difflcile de consét*ver la Pologne que de la conquérir. La religion était aussi une pierre d'achoppement : le clergé voyait le catholicisme en danger si Un roi protestant montait sur ^ancien trône des Pîast; il excitait le peuple è périr les armes à la math plutôt que d'abandonner la religion dé ses pères à la merci du vainqueur. H faut ajouter que les forces que les Suédois avaient amenées étaient trop faibles pour occuper Un si Vaste pays. On ne tarda pas h en être convaincu , car sur les derrières de l'armée se formèrent des bandes qui coupèrent It^s communicdlions et mirent bientôt lés troupes suédoises en péril. On sentait la nécessité d'èhvoye^ des renforts sur tous les points pour faire rentrer les insurgés dans Tobéissance. La guerre prit une autre physionomie : les attaques partielles remplaçaient les combats décisirs et les batailles rangées ^ Il en résulta un plus grand acharnement. De part et d'autre on commit des actes de cruauté dont l'humanité doit rougir *. Si les Suédois se trouvaient isolés, ils étaient taillés en pièces : ainsi périt le landgrave de tiesse {Etch^egen) au service de la Suède ; Il devait se rendre de Posen au camp du roi.
Le séjour de Charles-Gustave ft Cracovie fUt de courte durée. Après avoir réglé les affaires les plus imporlanttïS, il se rendit a YarsbVie, et de là, au bout de quelques Jours, sur les bords de la Baltique , en PruSSe. il est à croire (^ue son ambition visait à là possession de cette province lorsqu'il entreprit la guerre contre Jean- Casimir ; mais la rapidité de ses succès lui fît négliger la prudence, êtlafocllité aVec laquelle
• Voysz Ils MéfnQireê de Terhm
GîtAPltRË t.
U if âli Mdtnpbê lui Inspira ridée dé lîlëllre lÀ eôùronde de Poioglié sur sa 16M. Gë^endflftt leearactère^lieconiiinebçëiti {)rendrë]a gUëi-re devait annoneef à Gharles^Gustata que ëetlè couronne sur son (Toiil serait bien ehatioeiânlè. Il trafàilia à l'aiTermir. Mais poiir éôhèëryer ses eotiimiinieàtions a?ee la âuMe, il i^llfllt être tnattre de la Prusse, et la ednquêle de ce pays dépendait de celle de Danltln; ^ fille puiséalite par son eëmmerce et sa position : elle dotilinâit remboiichure de la Yistule et elle avait résisté à tous les elTorts de Gustëve-'Adolphe ] elle faisait tout le eommerce de la j^ologne. Quand ils virent la flotte suédoise devant son port et uiie armée dans la oâtnpagne , Ses habilans coururent aux armes et appelèrent les Hollandais à leur secours. Ge né fut pas seulement ràltitude qiie prit eelte tille qui èlcigda la préèence du roi sur tes bords de ta Baltique « eé fut encore celle de Téleeiëur de Brandenbourg, de ce grand électeur qUi devint plus tard le véritable fondateur de la grandeur prussiennet Le voisinage du roi de Suède rinquiélalt) il toyail elairement que ee monarque cherehëit ft arrondir ées Êléts, et qu'il avait à cœur \^ poisèèsion de la Prusse pour dominer sur la BâlUque. Uc son mé^ Gliârles-GustaVe Avait bien jugé son rival de gloire ) il écrivait à uii de ses ministres : c( Cest un jeune aigle à qui il faut couper leê dflên pm^f moâiférêoHvot. » Gharies-Guslave, avant la guerre , avait déjà offert à i'élêciëur Frédéric-Guillaume un traité d'alliance que celui-ci ne réfusa pas d'abord , parce qu'il espérait se débarrasser de la suzeraineté dé la Pologne qu'elle exerçait comme possesseur de la Prussct Pour prix de cette alliance^ il demandait Tévéché d'Ermland et quelques districts dans la Lithuanie \ mais en même temps qu'il traitait à ce sujet avec Gharles-Guslave^ il conclut une autre alliance avec la Hollande (27 juillet) pour s'opposer à tous les projets qui auraient pour but de rompre l'équilibre du Nord. La Hollande envoya des secours en homrtiei et en matériel. Lorsque la nouvelle des succès inat* tendus de Gharles-<6ustëve arriva A La Haye^ la république se hAta de mettre le traité A exécution, au grand mécontentement du roi*, tl vil bientôt que rélecteur, encore trop Ibible pour l'attaquer immédiatement^ n^attendait que l'issttë de la campagne peur se déclarer, et qu'il
i \9fu Letirtê de Jean dt /rm, 0. SSd}
se dééiderait poiir celui qui lut offrirait lé^ pitts
grands atantages. Ainsi il n^était pas étonnant qUé lés soupçons de part et d'autre allâ&sent loUjôurs croissant. Frédêric-€uillaume hésita ; la Hôliande se plaignit dé son irrésolution • : tnais plus prés du danger^ il le mesurait mieux que lés marcbands hollandais, qui ne dotinàient que leur or. n était A Kôiiigsbcrg, A i'cxlrémité orientale dé la Prusse ; ses forces étaient imposantes , et A en croire les rérïls du temps, il avait autour de lui vingt-huit mille soldats et dés olliciers tels qu'un DOrIlinger, un Schwerin, etc*. Il négocia aveciles États de la Prusse polonaise pour une alliance qui ibt A lA dn conclue, le 1 1 novembre. Les deui parties contraéfantes s'engagèrent A ne faire aucune pait que simultanément; les États mirent quatre mille hommes A la disposition et sous les ordres dél^élecieur: ils cntretcnaicht celles de ses troupes qui étbient dans leur pays. Une des conditions était aussi de prier le roi de Suède de retirer ion armée, et en cas de reftis d'opposer les armes A la violence. Le roi dé Pologne Approuva cette conduite des États de la Prusse pëlohaisc ; il flatta Frëdéricî-tiuillaume de la promesse dé le délivrer du vnsselage où il était IfiS^A-Vis de la république. Mais ractivité du grand électeur ne s'arrêta pas là \ il intervint comme médiateur entre le iiar et Jean-Ca- Simln n Voulait amener lé premier à une al^ llànce avec lui et A la pbix avec le dernier. Le rôl de Suède suivait avec une grande attention toutes lés démarches de son adversaire : aucune né lui échappa. Pendant que sA flotte bloquait Dant2ig,aprèsavoirdébarquélesrcnrortsqu'ëlle Avait amenés de Suéde, il rassembla toutes ées forces pour marcher contre le grand électeur. Il flt Sa jonôtion avec La Gardie^ celui-ci avait sept mille quarUanes. Tout céda sur son paêsage. Strasbourg se rendit A la première sommation ; Thornreçutgarnisonsuédoise,le24novembre, et Elbing, qui penchait pour la Suéde depuis Gustave-Adolphe, ne tarda pas dé suivre cet exemple. Dantzig seule tenait ferme. La partie de la Prusse appartenant au Brandenbourg ne fut pas épargnée celte (bis. Ayant une foi complète dans sa fortune et dans ses forces, Charles-Gustave ne crut pas devoir ménager un prince qui travaillait M ouvertement contre
« Puffendorf, HUtoria Frederici fTilhelmi , p, 210* * Voyez neatruià ehrof^mn^ I. H, p. SMi
fes intérêts. La position du grand électeur commençait  empirer. Toute l'armée suédoise approchait : aguerrie et confiante en ses chefs et en son roi , elle était supérieure par le nombre et Texpérience. L'électeur, qui s'était reposé jusqu'ici sur ses propres forces, qui n'avait pu se figurer que Charles-Gustave se portât en si peu de temps du pied des Karpaths jusqu'au Passarge , ne vit bientôt de moyen de salut que dans les négociations : il envoya message sur message pour fléchir le caractère allier de Charles- Gustave ^ mais les envoyés furent reçus avec un orgueil insultant. Charles répondit que ce ne serait qu'A KOnîgsberg qu'il consentirait à traiter avecFrédéric-Guiilaume.Charles-Gustavevoulait que Frédéric-Guillaume reçût la Prusse comme un fief de la Suède, ainsi qu'il la tenait delà Pologne-, mais c'était précisément ce qui répugnait à la fierté de l'électeur. Le roi approchait, et l'électeur était sur le point d'être enfermé dans KOnigsberg et de manquer de vivres. Les avant-postes en étaient déjà aux mains, et Frédéric n'avait guère qu'à céder au plus fort. Le 7 janvier 1656, le traité fut signé. Le roi devait évacuer la Prusse brandenbourgeoisé en vingt-quatre jours*, l'électeur promettait de son côté d'évacuer immédiatement la Prusse polonaise avec toutes ses troupes. L'électeur recevrait à Ta venir de la Suède l'investiture qu'il recevait de la Pologne. Toutes les fois que le roi de Suède aurait la guerre à cause des acquisitions qu'il ferait dans la Pologne, l'électeur s'obligeait de lui fournir mille fantassins et cinq cents cavaliers entretenus à ses frais. Les revenus des douanes étaient partagés entre la Suéde et le Brandenbourg. Après jà conclusion de ce traité, l'électeur visita le roi, qui était à Bartenstein^ ils y restèrent ensemble cinq jours sans que [ces deui princes, travaillant chacun à fonder la puissance de ses Etats, se rapprochassent. Ce traité avec le Brandenbourg enleva tout espoir aux Polonais de ce doté. Charles-Gustave songeait déjà à se faire couronner roi de Pologne ■, fortune à laquelle il ne s'attendait pas en entrant en campagne. Mais ces brillans succès, en excitant la jalousie des autres cours, ne firent qu'augmenter l'ardeur de tous les catholiques pour arracher la Pologne aux mains d'un prince protestant. De jour en jour, l'oppression qui résultait
. * Yoyei PalleiHlorr, p. lOS, ISS.
de la guerre, la levée des oontribotions et Torgueil des vainqueurs faisaient croître la haine des Polonais. La discipline ne suffisait pas pour contenir des guerriers dont la plupart étaient mercenaires et qui s'étaient rangés sous les étendards de la Suède dans l'espoir de faire fortune. Les chefs eux-mêmes ne laissèrent pas échapper l'occasion de s'enrichir, et en cela . Us suivaient l'exemple du roi, qui entretenait la guerre par la guerre et qui tirait des vaincus tous les moyens d'exécuter ses plans. Le séjour du roi dans la Prusse avec toutes ses forces avait donné aux Polonais le temps de se reconnaître, de se lier plus étroitement et de préparer une insurrection générale. Jean-Casimir appela même les Tatares de Crimée au secours de son trône ébranlé. Mais les menaces de l'Autriche furent plus puissantes que ces hordes. Les sénateurs polonais , qui étaient restés fidèles à l'infortuné Jean, tentèrent par tous les moyens d'obtenir du secours de Ferdinand III : on lui promit en retour la couronne de Pologne pour lui et ses descendans. Jamais la maison de Habsbourg ne fut indifférente à l'accroissement de la puissance de ses membres ; mais il n'était pas dans le caractère de Ferdinand d'entrer de suite et ouvertement dans la lice : malgré tous les efforts des Polonais, il retarda l'éclat d'une rupture.
Les insurgés, dans une conférence tenue à Tyskovscz , le 29 décembre, déclarèrent le roi de Suède ennemi de la république, parce qu'il avait violé ses promesses, et ils abandonnèrent son parti, résolus de le combattre partout et jurant de ne déposer les armes qu'après l'avoir vaincu. Stanislaus Potocki, Christophe Teskievicz , et Staoilaus Landskovinski étaient les chefs de la confédération. Leur manifeste appelait tous les Polonais aux armes , et le roi Jean-Casimir se présenta en personne pour ranimer leur courage. Varsovie étant au pouvoir des Suédois, on établit le siège du gouvernement à Lemberg. Pendant que ces événemens se passaient en Pologne et faisaient présager aux Suédois tine lutte longue et acharnée, le roi poursuivait le cours de ses succès dans la Prusse polonaise; les villes lui ouvraient leui& portes l'une après l'autre : Stum, Marienbourg, Slockau avaient reçu des garnisons suédoises , et toute la Prusse fut soumise, à l'exception de Dantzig. Charles, appréciant le prix du temps et jugeant que la tempête était sur le point d'é-