‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 216 sur 275 · CHAPITRE i · texte numérisé non relu

CHAPITRE i

dater eo Pologne, résolut d'étouffer rinsurrec-» tion dans son principe. On était au milieu de rhiyer, qui était rude^ les chemins étaient mauvais et les vivres rares; mais rien ne put rarréter. Il rassembla ses troupes à Thorn, pour pénétrer dans l'intérieur du pays et surtout pour écraser Czarnecki, qui lui avait déjà fait essuyer plusieurs pertes. Ce Polonais était un dangereux partisan : il tombait à Timproviste sur les corps détachés des Suédois, et lorsqu'il se sentait le plus faible, il savait toujours éviter Tennemi, de sorteque Jusque-lÀon n'avait pu l'atteindre. Le 7 Tévrier, le roi passa la Yistule sur la glace. Czarnecki était à Colombo avec douze mille hommes ; il fut attaqué , et après un combat très-court, pendant lequel la terre fut jonchée de cadavres , il chercha son salut dans la fuite. Mais cette victoire affaiblit Gustave, loin de lui donner plus de force; car elle l'entraîna trop avant dans la Pologne, et les Polonais qu'il comptait encore dans les rangs de son armée saisissaient toutes les occasions de les quitter. Ainsi après cette grande victoire remportée sur Czarnecki, le roi se vit abandonné de Koniecpolski, de Wiesnowicki et de So^ bieski. Il poussa jusqu'à Lublin. Son général Douglas tâcha de surprendre Zamoisk ; mais la constance du comte Zamoiski , qui y commandait, l'obligea de renoncer à un siège que la saison rendait impossible. Le dessein de Charles-Gustave était de prendre ses quartiers d'hiver dans les environs de Jaroslav, où l'abondance régnait encore; mais partout où les Suédois paraissaient^ le peuple s'ameutait, et chaque détachement envoyé pour chercher des fourrages avait à combattre des rassemblemens. Les soldats que la fatigue ou la maladie retardaient étaient impitoyablement massacrés ; le camp du roi lui-même n'était pas à l'abri des attaques de l'infatigable Czarnecki. L'armée suédoise s'affaiblissait par des pertes journalières, tandis qu'elle voyait celle de ses ennemis s'accroître de moment en moment. Dans ces fâcheuses conjonctures , le roi résolut d'effectuer sa retraite (12 mars) ; mais il rencontra des difflcullés inouïes, surtout par le mauvais état des chemins. Il se vit dans la nécessité de brûler une partie de ses bagages , enveloppés par Tennemi, qui évitait tout engagement sérieux. L'armée était sur le point de perdre courage; elle n'était soutenue que par la présence du roi et la part qu'il prenait à tous les dangers et

à toutes les fatign'es. Les quartianes, qui avaient d'abord combattu à côté des Suédois, avaient peu à peu déserté leurs rangs , et lorsque le mouvement de retraite commença, ils avaient presque tous abandonné les drapeaux du roi. Cette légèreté ou plutôt cette trahison ranima l'acharnement des Suédois, et la guerre prit une allure qui fit prévoir qu'elle ne se terminerait que par Tanéantissement de l'un des partis.

Charles-Gustave, à son entrée en Pologne » se voyant reçu à bras ouverts par la noblesse mécontente, avait mis une trop grande confiance dans ses promesses et ses sermens. Mais sa conduite dans le malheur répara la faute qu'il avait commise. Parmi les grands Polonais qu'il avait particulièrement honorés de son amitié était le prince Sapieha , qui sut jusqu*au dernier moment se maintenir dans les bonnes grâces du roi : pour prix de tant de confiance, ce Polonais souple et rusé ne songeait qu'à perdre Charles- Gustave par de perfides conseils. Le 19 mars, il quitia subitement le camp avec les siens. Ce fut alors que Charles-Gustave vit qu'il ne devait se fier qu'à lui-même. Il jugea la position d'autant plus périlleuse, que Sapieha connaissait tous ses projets et toutes ses ressources. Mais plus le danger devenait imminent, plus le génie de ce conquérant s'élevait à la hauteur des circonstances. Il ne cacha pas à scsoificiers les dangers qui les entouraient : tous furent convaincus qu'ils n'avaient de salut à attendre que de leur épée ; ils se préparèrent en conséquence à recevoir Tennemi. Un des traits saOlans du caractère de la nation polonaise, c'est de se laisser entraîner aux illusions et aux espérances exagérées; aussi avant d'avoir vaincu l'armée suédoise, les Polonais avaient-ils publié sa perte et la mort du roi. Il est vrai que la position de celui-ci était telle que les plus courageux commençaient à désespérer. L'armée était enfermée entre la Yistule et un de ses bras appelé le San; mais au moment où les Polonais la croyaient perdne, le roi força le passage précisément au point de jonction de ces fleuves, s'empara du camp des Lithuaniens (-25 mars), où il fit un grand butin, et après des combats sans nombre, des fatigues inouïes, qui ne peuvent être appréciées que par ceux qui ont fait une campagne d'hiver en Pologne , il arriva le 5 avril à Varsovie. Cette retraite miraculeuse anéantit tous lès projets dt

446 HISTQiaP

M» «musmU ^ rirMn te f^itul^la gépie gu9iv T\^ du Foii génîeqpi^^m^Qiri^taU iffoini dans di^ colQuU préparé» #v»i|( lei ^v^iifi|||p|i« q|i9 dapi Ibeiireusç (ém^rilé gt^i |p fais^U (rio(p^-

phçr dfia iUuaUpQ« le» plu» dé^fisp^féet.

Cb^r|ei-Gu»l^ ve, W çqlr§prqp»iii fj^llp g»prr rf f 4vai( §p eo viie 19 pp«»(>s8lpq d^ |a Prum #^ d^ paru qui {garpUMi^Pl la Poltiqu^ dp pa

cOlè. Lç8 $ifccés inarVPill^Y flui avaient ppi|«ronné ses premières entreprises avaient ç^all^

son ambiUop jusqu'^ ii^i iof pirpi^v PP<nm9 ppp» rayon» dit 9 r|di^9 de #po^f Jp4P'-Ca»jfnir e} de s'emparer de sa coMrpnnp. Il voyait fnnin^ tenant que bien loin que ses r0vps ppssent »P réaliser, la guerre #11 contraire inpna|Hli( dp Iratne? en Ipngneur et pouvait p^ni^r iin Pin* bra»empnt général. Sop of niée , dimîpp^ P9r lapanwaipp dp TMvpr, pYmtNiPiP de rpn»

forts i réiat de» chose» pn Prii»»p pt »iir(out le» nouvejte» pégociaiions avep réleptpur dp Brandenboufg réc|amaipn( au»»î »a pré»pppp dpn» ces contrées. I) laissa le i^onioipndpmeot dP» tfoupp» à »0n frère |p dm Adolplie-Jean et partit popr la Prn»se, I^p conaei) d§ Frédérip- Quillannip était partagé en dppx q>fn|ons contraire»: Tiine voulait qnon roaipft avec la Suéde , Teptre qu'on tirât avantage de sa position ppnr (brnier une allipnop avpc elle. CbPr« les-Gustaye cberchp par tous les moyen» é engager ce prince ^ fairp pne }nv4sion dans la Podipehie ; il lui offrait pour prix de son intervention Ip pouronnp dP la grande Pologne K lA ponduilp de Frédéric-Guillaume lui avait attiré la bainf de l'empereur et des Polonais et ta méfiance fondée des {lusses et des HoU landaîa» Le grand éippipur vit bien que si les Polonais ppuvaipot sArtir vainqueurs de la lutte y leur vengppnpp retomberait sur lui ] le p^rti |e plus prudent pour lui était donc de s'pttacber franchement é la Suéde, d'autant pin» que cette puissance lui offrait des avantages qu'il n-aurait pu espérer dan» aucune autre circonstance. Cbarles-Gustave n*hésita pas h satisfaireé tontes ses prétentions; ii déclara nettement qnp {'fiance de la Suéde et du Brandpnbourg était une condition de leur existence , et que ia destinée de TMecienr suivrait nécessairement la sienne*, il proposait un partage qui s'est effectué un siècle plus tard pour le malheur de l'Europe : il voulait en donner nne partie é la Russie, une

^ fjettn d« Châfl^MjQstafe à ÉHIc Oiensljerna en

4»i^ da ii r^viitr l«M.

autre aq prince de TrpMilvMiePt nneiroiaiAflM à réieptenr. Ce iriilé pnirp li finéde et le Bran*denl^ourg fnt conclu é i^larienbeurg, le i^Jnin* la direction de la guerre fut iei»»ée au roi, Vé^ lepteiir devait fournir un pontingpnt de 4»QO0 homme» t moitié cavalerie et moitié infanterie^ il promit per mb article »^ré de amitenir te» Suédois avec toutes se» force» et de ne pe» rappeler ses trpupç» dp Fermée royale avant ia Qn de Tannée' On lui céda le» palatinats de Peseni de Kaliscb , de Unscbila et dp Sinrada»

Pendant que ee» importante» négoclatione se traitaient en Pru»»e, le» 3uédoi» étaient réduit» é leurs propre» forces en Pologne. Il est vrpi qup le due Âdoipbe-Jean battit le» Polo^ nais commandé» par Caarnecki , à Gneane (tf avril), et arrêta pour un temp» leur» excursion»; mai» il ne put rien faire d^etsentiel , ni mtein sauver Varsovie, qpi avait été assiégée après la retraite de l'armée. Wittenberg commandait en personne dan» cette ville-, et quoique la place fût mal fbrtiflée et manquât de moulins, la garnison se défiendit vaillamment. Toute» les forces polonaises se trouvèrent , eomme é un rendea^vous , sous les murs de la capitale > le roi de Pologne y était. Wittenberg (Mt forcé de capituler (3 juin) après avofr repoussé plusieurs assaut». On lai»»a aux Suédoi» la liberté de se retirer, mais on exigea des mercenaire» la promesse de ne pas servir pendant un mois contre la Pologne, Ces conditions ne lurent pas observées : à peine put-on sauver la vie du maréchal Wittenberg, dont la noblesse polo-r naise demandait la tè(e. Il foi emmené è Za.^ moisk, en violation dp la capitulation, sou» prétexte de protéger ses Jours, qui étaient me-» nacés. Charles-Gustave brûlait d'impatience de rencontrer toutes les forces de son ennemi pour les écraser d'un seul coup. Dés que la Yistule et le Bug ,* dont les eaux avaient dè-r bordé , furent rentrés dans leur lit , il Jeta de» ponts sur ces fleuves. Li'électeuf arriva avee son armée te 14 Juillet. On tint un conseil de guerre , à la suite duquel on résolut de passer le Bug à Nowadwor et la Yistule à Sacnecxin pour livrer une bataille sous les murs da Veri» sovie. Les Polonais , renforcés de l'armée ilr thuanieppe et des Tatares de Crimée , conip« (aient 40 à 50 mille hommes. Les 3qédoia e( lesBrandenbourgeois n'en avaient que lëyOOd'j

f ta,e0O, suivant Im aataais paieaalf.

CUAPITRB I.

fm% il9 élai^t , prfqoipQlem^at les Siié4Qi» 9 bjen aguerri» c( ))dbi(Mé> aux cQmHl^ £t aux 4iingers. Lçs deux p^pple* cpft^ballirpnt sou» Hff yeux dp leur^ princes, qpi (es Qnimaieqt pair leur exemple, L'Qije droiJ^ ^lail çommap-* dée par le roi , qui avait sous ses ordres son frère , lloberl Oougla» , Henri I^Qm , )e cpmte palatin , Pbilippe de Subbiict^ el le margrave de fiade^ faite gaucbe éUit fprmée 4e 6ran* denbourgeois el commaod^p par WrungeU ^us les ordres de réleclepr, }^ comte FrédérîQ de Waldei;]^ était à U téta de la cavalerie e( iMi soutenu par les colonels Tott, ]}()ttiger et Gamberg, Une partie de rinranlerie de Téleeteur élQît placée au centre , qui avait pogr chef le général d'artillerie Sparre. L'aile droite se mit d'abord en mouvement; elle avait à sa droite I9 Yistule, e( ù sa gaucbe w bois qui la séparait du camp ennemi ; le terrain qu'on av^it A parcourir était très-étroit. Les Polonais s'étaient rangés en bataille devant leur camp 9 m^is ils furent bicqlôt refoulés dans leurs re^ tranebemens par Tavant-garde de Wraqgel ; celui-ci, s'étant trop avancé, étaft sur le point d'être coupé par Fennemi posté derrière le bois, lorsque le roi , qui le craignait, envoya Douglas  son secours. Douglas arriva & temps pour empêcher Tenncmi de tomber sur le flanc de Wrongel. L'obscurité mit fin au combat, ie roi prit position en face du camp ennemi , de sorte que l'aile droite s'étendait jusqu'à la Yistulc et la gauche s'appuyait sur le bois. Le jour commençait à peine ^ poindre (Jlô Juillet) que les deux princes envoyèrent reconnaître la position de l'ennemi et la nature du terrain. lU jugèrent l'attaque de front presque impossible ; il leur parut nécessaire d'occuper une colline pré» du bois. L'électeur exécuta cette mi»n(]puvre, non sans diflicullé, de sorte que le bois le protégeait par derrière. Le roi conserva sa position. L'infanterie était entre le bois et le fleuve*, elle élait soutenue par la cavalerie. Pendant que l'armée alliée opérait ces luouvemeos, les Polonais et le^ Tatare-s uvan* cèrent pour prendre l'électeur en flanc et attaquer les Suédois par derrière, du côté du bois, mais ils furent repoussés vigoureusement par Charles-Gustave, qui avait conservé sa position et qui avait envoyé des renforts à Télectetir. Le roi avait le dessein de replier son aile droite derrière la gauche, sur la plaine 5 mais l'ennemi paraissait vouloir engager une allii|-

que générale, et il fut chUgé de suivre ce mouvement. Vers midi, les Polonais et une nuée de Tatares se jetèrent sur les Branden^ bourgeois , tandis que Tarmée polonaise atta-* quait l'aile commandée par le roi. Ils furent également malheureux dans ces deux teotati-» ves» Ce moment d'avantege fut employé par le roi pour développer son ordre de bataille [et repousser une nouvelle attaque. Les Tartares qui avaient voulu le prendre par derrière furent repoussés dans les marais, oA il en périt un grand nombre. Déjà les Suédois et tosBrenr denbourgeois s'avançaient pour enlever le camp, déjà l'attaque était livrée, lorsque le nuit vint mettre eu combat un terme auquel on ne paraissait disposé ni d'un c6té ni de l'autre. Les troupes restèrent sous les ermee jusqu'au jour, qu'elles attendirent avee împe^ tience pour savoir A qui restait le prix de tant d'efforts. L'électeur s'empare de l'artillerie de l'ennemi , dont l'aile gauche se sauve w p^s* sent le pont de bateaux qui établissait le Gom>^ munication entre les deux rives de la Yistule, abandonnant au vainqueur tout le matériel du camp. Le nwlheureux lean^Casimir fit dans cette journée tout ce que son devoir lui imposait pour ranimer le courage de ses soldats : il remena par ses prières et son exemple les Polonais dans la mêlée ^ mais la fermeté de leurs adversaires affaiblit cet impétueux effort, qui fit bientôt pièce à une déroute générale. Ce combat de trofe jours, sous un soleil brôlaot, avait harassé les alliés , ce qui ne |eup permit pas de poursuivre leurs avantages ^ Us ne purent même entrer que le jour suivent dans la capitale. Telle fut la bataille des trois jours de Varsovie, si célèbre dans les annales de Po logne.

Cette victoire et k prise de la capUele rébebilitèrent la gloire militaire des Suédois sans rien décider néanmoins de l'issue de la guerre, n est vrai que les Polonais avaient leis^ plu^ sieuri milliers des leurs sur le eiiepip de b%* taille et qu'ils avaient perdu les ciaquanta pièces qui composaient toute leur artillerie ; mais ils pouveient facilement rallier leuie troupes en déroute, et la débite qfi'ils venaient d'eisuyer ne leur avait rien fait perdre de leur ardeur* Jean-Casûnir s'éUiit retiré A Zamoîsk. Cberles-Gustave le voulait poursuivre, mais l'électeur ne fut pas de cet avis : il avait acquis asM^z de gloire et ne v^ulajf pai

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davantage de la Prusse ;' en conséquence il se retira. Celte séparation flt perdre tout le fruit qu'on pouvait retirer de la victoire. Le roi se vit forcé de suivre Pexemple de son allié: après avoir démoli toutes les fortifications de Varsovie , il concentra sur la Narew toutes ses iroupes répandues depuis Thorn jusqu'à Pullusk; il garda Loviez sur la gauche, et Cracovie fut défendue vaillamment par le brave général Wirz. Depuis ce moment Charles-Gustave renonça à ses projets de conquête dans Fintérieur de la Pologne et dirigea tous ses efforts vers la conservation de la Prusse polonaise, qui avait été le premier but de la guerre. La possession de Dantzig était nécessaire pour consolider cette conquête, et l'électeur avait promis son assistance au roi pour atteindre ce but ; mais à l'instant décisif il s'éleva des diflicultés qui contraignirent Charles-Gustave à mettre le blocus devant la ville au lieu d'un siège régulier. Il devint de plus en plus évident que l'électeur n'avait rien autre chose à cœur que ses propres intérêts, et que loin de vouloir servir ceux de son allié, il ne cherchait qu'à l'affaiblir et à gagner du temps. Il trouva une nouvelle occasion d'exagérer encore ses prétentions dans la position de Charles-Gustave, devenue plus critique par l'invasion des Russes en Livonie. Des négociations s'ouvrirententreles deux princes. Le traité deLabian', qui fonda ta grandeur de la maison de HohenzoUern , en fût la suite. L'ancienne alliance de Marienbourg fut renouvelée , mais la Suède renonça à son droit de suzeraineté sur la Prusse brandenbourgeoise. Les deux parties contractantes s'engagèrent à ne signer aucun traité de paix l'une sans l'autre. Les revenus des douanes des ports de la Prusse ducale, qui devaient être partagés entre la Suède et le Brandenbourg, furent cédés à celui-ci moyennant la somme de 12,000 thalers que l'éiecteur devait payer. Ces avantages ne stimulèrent cependant pas l'activité de Frédéric - Guillaume : il excita au contraire dans le cœur de Charles-Gustave de violens soupçons que l'électeur négociait secrètement avec ses ennemis. Le danger de Dantzig appelait les forces de Jean-Casimir sur les bords de la Baltique. Débarrassé de la présence des Suédois dans l'intérieur de ses Etats , rien ne l'empêchait de se

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porter au secours de celte ville ; elle avait plus d'importance que tout le reste de la Prusse pour la Pologne , qui exportait par là toutes les productions de son sol. La ville , de son c6té, ne pouvait qu'être extrêmement attachée aux Polonais, à qui elle était liée par les plus intimes relations et par un commerce auquel elle devait ses richesses et son état florissant. En attendant le secours de Jean-Casimir, elle s'était armée et avait levé des soldats ; elle avait réclamé l'assistance de la Hollande, avec laquelle elle faisait un grand commerce. Des menaces et des armemens, on en était venu aux faits. Une flotte suédoise avait bloqué le port de Dantzig en 1655; mais en 1656, des vaisseaux hollandais, commandés par les célèbres amiraux Opdam et Tromp , étaient venus dans ces parages pour protéger le commerce de la ville. Charles-Gustave, comme nous venons de le dire , trop faible pour en faire le siège , l'était trop aussi pour empêcher Jean-Casimir d'y faire son entrée solennelle et son armée de camper dans les environs*. Les deux armées n'étaient séparées que par la Yistule, et Charles espérait en venir aux mains avec les Polonais dès qu'il pourrait passer le fleuve, que la saison avait fait déborder. Le passage s'effectua à Mewe , dans la nuit du 27 décembre ; mais à peine les Suédois avaient-ils franchi la barrière qui les séparait de l'ennemi , que Czarnecki se retira en toute hàle dans la Poméranie antérieure (Hinter^Pommem\ et de là dans la grande Pologne. Il menaça le territoire de Brandenbourg pour se venger sur l'électeur; mais Charles-Gustave, qui suivait ses mouvemens, le prévint. Cependant la position du roi devenait plus alarmante : il était attaqué par la Russie et indirectement par l'empereur, le Danemark prenait un air menaçant, et il ne pouvait tirer aucun argent de la Suède. La

* Dantzig, par sa fidélité» avait atUré sur eUe toats la colère du roi de Suède : Il flt rompre les digues du Danlziger-Werder et produisit ainsi de grandes inondations, auxquelles les habitans ne pouvaientremédieri parce que les canons de Weichselhaupt, occupé par les Suédois, empêchaient leurs travaux. Les tentatives que fit Charles pour obstruer le fleuve on changer son cours furent encore plus nuisibles aux intérêts de la ville; on fit couler à fond dix vaisseaux remplis de sable et de pierres. Mais la nature brave l'art et les ef^ forts des hommes : les flots entraînèrent tous ces obstacles et continuèrent de rouler dans leur lit jusqu'à la mer.

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