‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 218 sur 275 · PAIX DE ROSKILD ; SECONDE GUERRE AVEC LE DANEMARK. — GUERRE EN · texte numérisé non relu

PAIX DE ROSKILD ; SECONDE GUERRE AVEC LE DANEMARK. — GUERRE EN

' POLOGNE 5 NÉGOCIATIONS. — MORT DU ROI. — ÉTAT DE LA SUÈDE A L'INTÉ- RIEUR. .

La Suède n'avait rien négligé pour conserver la paix qui existait entre elle et la Russie depuis 1617. Le nouveau roi, en notifiant au tzar Alexis son avènement au trône, lui avaitexprimé le désir de vivre en bonne intelligence avec lui -, cependant , comme les fronlières de la Livonie étaient souvent inquiétées par les troupes légères des deux États belligérans, le roi avait ordonné la formation d'un corps destiné à faire respecter le territoire de son royaume. Quand la guerre avec la Pologne éclata, le roi fit connaître au tzar les causes qui Tobligeaient à prendre les armes et à traverser la Baltique -, il envoya môme une ambassade à Moskou pour déjouer les intrigues de l'Au triche. Les succès qui avaient couronné les armes de la Russie contre les Polonais, les rendirent aussi impérieux qu'ils avaient été jadis souples et

* Le 31 août.

hund)Ies : ils se croyaient déjà en étal d^eolever aux Suédois les provinces baignées par laBaltique. Bientôt on apprit que les Russes, au mépris des traités existans, en usaient envers les marchands suédois avec plus de dureté et de barbarie qu'ils n'auraient pu le faire en temps de guerre , et qu'ils s'occupaient phis que jamais des préparatifs hostiles. L'accueil . fait à Tarnbassade suédoise à Moskou prouva que le tzar avait quelques projets contre son voisin \ les propositions relatives à un partage de la Pologne furent rejelées. Charles-Gustave ordonna au comte Magnus de La Gardie, qui commandait dans ces contrées , de ne pas irriter, les Russes , mais d'étendre aussi loin qu'il lui serait possible les frontières de la Suède. Les Russes, de leur côté, cherchèrent à empêcher, l'alliance de ce royaume avec le Brandenî)ourg. . Toutefois rien ne faisait présager dans les premiers mois de 1656 que la bonne intelUgenoe entre le tzar et Charles-Gustave pourrait être troublée. Celui-ci chercha toujours à la maintenir aux dépens de la Pologne; mais lorsque sa fortune commença de décliner, le tzar. ne fit plus mystère de ses projets. Chacun de son côté mettait en avant ses griefs. Ces ccfntestalions aboutirent à une déclaration de guerre de la part de la Russie. La situation des Russes n'était pas brillante. Alexis n'avait aucune expérience de la guerre -, il n'avait ni vieilles troupes ni argent; le mécontentement fermeotail parmi le peuple, et les otBciers étrangers, redoutant la colère de ces barbares, n'osaient employer la sévérité pour le maintien de la discipline. La position des Suédois sur les bords de la Duna n'offrait pas de grandes chances de succès. De La Gardie, qui y commandait, figurait mieux dans les salons que sur les champs de bataille ; aucune action d'éclat ne lui donnait le droit de prétendre à la confiance des soldats. L'élite des troupes livoniennes était en Prusse; la défense de la Livonie était confiée à des hommes de nouvelle levée. Là aussi on manquait d'argent; les forteresses n'étaient pas en état de soutenir un siège en règle, en sorte que les habitans attendaient dans une cruelle anxiété l'invasion des Russes. Dans ces conjonctures difliciles, une révolte qui éclata contre les troupes suédoises en Lilhuanie mit le comble aux dangers qui les entouraient. Elles étaient disséminées dans des cantonnemens épars au milieu de ces vastes contrées : attaquées ino*»

Page 1