CHAPITRE IL
pinémeDly elles farent presque entièrement dé- j truites. Le mal était moins grahd au fond pour la perte des hommes que par le fâcheux effet produit sur Topinion. De La Gardie raUia les débris de ses troupes et marcha contre les rebelles, qui furent défaits ; ceux qui ne tombèrent pas sous le fer des Suédois se sauvèrent sur le territoire de la Russie, où Ton n'osa les poursuivre. La haine qu'on éprouvait en Livonie pour tout ce qui portait le nom de Suédois était poussée si loin que la tentative qu'ils firent pour affranchir les paysans n'eut aucun effet.De La Gardie fut contraint par les Russes d'abandonner la Lithuanie pour défendre la Livonie. On les laissait dévaster la campagne , parce qu'on se trouvait dans l'impossibilité de leur offrir la bataille. Ils dirigèrent leurs premières attaques contre la CaréUe,rEsthonie et l'Ingrie. LesRusscs , n'épargnant personne, répandaient la terreur partout où ils paraissaient. Enfin un corps suédois se forma, et les habitans, dans leur désespoir, se joignirent à lui. Lewenhaupt, en Finlande, et Gustave Horn , en Ingrie, firent des démonstrations si énergiques que les Russes détruisirent les fortifications qu'ils avaient élevées et se retirèrent dans leurs foyers. Mais la guerre ne fit que changer de théâtre : elle fut transportée dans les plaines fertiles de la Livonie. Le tzar avait rassemblé dans les environs de Smolensk iine armée qui comptait, au dnre des Russes, 100,000 combatlans. La place deDunabourg, dont les fortifications n'étaient pas encore achevées, fut emportée malgré la bravoure des assiégés \ mais des milliers de Russes avaient succombé. Cependant les ennemis étaient en si grand nombre que les soldats suédois furent saisis d'une terreur que tous les efforts des officiers ne purent dissiper. Les 20 et 21 août, l'armée russe parut devant Riga. Do La Gardie commandait cette place; il était secondé par le major général Helmfeld, officier expérimenté. La garnison, y compris les bourgeois , s'élevait à cinq mille hommes -, on ne ' manquait pas d'approvisionnemens, mais d'ar- . gent. Les faid)ourgs furent brûlés et la place fut attaquée vigoureusement. Le courage des assiégés fut ranimé par l'arrivée du régiment de Kônigsmark et par la nouvelle que Douglas approchait à la tèle de 5,000 cavaliers. Les sorties que firent les Suédois furent toujours heureuses. Le (zar, irrité de la longue résistance qu'on lai opposait et elfrayé p«r de sinistres
présages (l'iinas^ de saint Nicolas avait été brisée par un boulet de canon), leva le siège, le 6 octobre, après avoir perdu 14,000 hommes, et suivant les Polonais 40,000.
Les Russes se dédommagèren l de cet échec par la prise de Dorpat, qu'ils tenaient assiégé depuis longtemps. Ce fut de ce point central que sortirent les détachemens qui dévastèrent impitoyablement la Livonie. Les cruautés dont ils se souillèrent pendant celte campagne sont tellement révoltantes qu'on peut croire à peine qu'elles ont été commises par des chrétiens*. Un rapprochement s'opéra entre la Pologne et la Russie par la médiation de l'Autriche. On conclut d'abord un armistice en vertu duquel la Russie conservait tout ce qu'elle avait conquis. Charles-Gustave fit de vains efforts pour se débarrasser de cet ennemi par des négociations : elles ne conduisirent à aucun résultat. Cependant la peste qui décima l'armée suédoise n'épargna pas celle du tzar, en sorte que l'entreprise qu'il avait dessein de conduire luimême échoua, quoiqu'un autre corps venu de Wcskor se fût avancé jusque sous les mars de Narva. Le tzar, qui avait espéré pousser les affaires en Livonie comme en* Pologne, se voyant trompé dans son attente, désira la cessation des hostilités, surtout depuis la conclusion de la première paix entre la Suéde et le Danemark. Enfin le l*"^ décembre 1658 on signa, à Wallisaari, un armistice de trois ans.
Charles-Gustave, en entreprenant la guerre avec la Pologne , avait l'espoir que le Danemark resterait tranquille spectateur des événemens^ ses relations avec celte puissance étaient des plus amicales. Le roi Frédéric III, outre qu'il n'avait pas le caractère belliqueux, dépendait du sénat et de la noblesse,* qui dans leur intérêt devaient s'opposer de toutleurpouvoir à une guerre qui ne pouvait qu'accroître l'autorité du roi. Le Danemark manquait de soldats aguerris et de capitaines; le peuple, engourdi par une longue paix, était sans ambition et abhorrait la guerre. Mais si les Danois n'avaient pas la force de nuire à leurs voisins, ils n'en avaient pas moins la volonté, car ils étaient, comme toujours, jaloux des Suédois, et tout moyen leur paraissait bon s'il avait pour, résultat de multiplier les embarras dans
t Voyez 7%9atrum iuropmnn, t. 7; p: M3>
HISTOIRE m SUÉDE.
taquob M IrouTaieni cm dernien» Les pr^ mien arméniens de la Suide avaient inspiré de grandes oraintes aux Danois, et ils virent avec plaisir ses armées s'enfoncer dans le centre de la Pologne. Charles-Gustave leur avait demandé do fermer la Baltique , et ils parurent d'abord se prêter à ce dessein, lorsque le bruit , courut qu'une flotte hollandaise devait entrer dans le Sund et qu'on armait dans ses ports. Gustave flt des remontrances à La Haye ; mais il y a tout lieu de croire que le ministre danois poussait à l'envoi de cette flotte : elle se pré* •enta en eCTel au mois de juillet 1655. Le roi de Suéde n'avait jamais cessé de suspecter la bonne foi des Danois \ il avait dans son résident Durell un homme parfaitement instruit et qui lui mandait ei^actement tout ce qui se faisait ea Danemark.
Après la grande viclonre de Varsovie, Charles-Gustave avait déjà renvoyé en Suéde une partie de sa cavalerie , afin que son royaume ne fût pas dépourvu de défense en cas d'attaque '• Les Hollandais, craignant la prépondérance de la Suéde dans la Baltique , firent agir tous les ressorts pour exciter le Danemark à la guerre : leur ministre, Conrad de Beuningen , un des ennemis les plus implacables de la Suède & cette époque , se trouvait toujours 1& où il était question d'exciter à la guerre contre elle \ il outre-passait même ses instructions. On avait d'autant moins de confiance dans les assurances de paix des Danois qu'on savait parfaitement, qu'ils se déclareraient aussitôt que les affaires de la Pologne prendraient une mauvaise tournure. De faux bruits furent pour eux un motif de rompre plus tôt qu'ils n'avaient résolu. Une flotte hollandaise qui parut dans les premiers jours de juin 1656 fut reçue avec de vives acclamations. Charles-Guslave hésita d'abord sur le parti qu'il avait A prendre. Devait-il porter les premiers coups à son ennemi ? devait-il l'attendre ? Il se détermina à se tenhr prêt à tout événement , et il laissa aux Dan<^s tout l'odieux de la rupture. Au mois de février 1657, Frédéric convoqua une diète à Odense en Fionie pour décider la question depaix ou de guerre. La majorité était pour lapaii : on n^avait aucun motif de rompre avec la Suède \ mais un parti, à la tète duquel était le grand maître de la cour, Gersdorf , vou-
* Yoyes ruHeinlorf^ |^. 143.
lait la guerre pour agrandir la poofoir n»f ni % On allégua toutes sortes de prétextes, on traça les tableaux les plus brilians d'un auecès qu'on annonçait comme certain. Le méconlenleaieDt fermentait dans le duché de Brème el dans la Ualland , et eo ne fiit que sur de vagnee ioiqihçons qu'on résolu! d'entreprendre une guerre qui devail entraîner le Danemark au bord da l'abîme. On déploya dans les arsenaux et dans le port de Copenhague une activité inaocoulomèeL Charles-Gustave, pour conserver la pais»aTait ordonné à son résident de céder sur tous las points , sans compromettre toutefois la dignilè nationale i mais plus il (isisait pour apaiser les haines ou dissiper les préventions» plus les Danois se montraient intraitables : lis avaientt oublié leurs derniers désastres et se croyaient asfsurès d'un triomphe qui en effacerait la taAoi Les Danois commencèrent les boetHilès dam le Sund en s'emparant de trois vaisseaux suédois chargés de sel. Sur ces entreftiles, le m^ nistre de Suéde quitta Copenhague *, dors parut le manifeste du roi de Danemark. Si la Suède ne pouvait donner de motifs plausiUes da celle qu'elle faisait à la P<dogne, le Danmnark n'est avait pas davantage & alléguer contre la Suède; un de ses principaux griefs roulait sur la protection qu'on avait accordée au malheureux Corfitx Ulfeld. Les premières (q[>èratioDS des Danois prouvèrent qu'ils n'étaient que des apprentis dans l'art de la guerre : au lieu de porter leurs forces au cœur de la Suède ou d'arrêter Ipi marche de Gustave en prenant position dam la Poméranie , ils firent une invasion dam la pays de Brème pour s'o|q>oser aux enrèlemem qu'y faisaient les Suédois et s'emparer de cas contrées, qu'ils trouvaient à leur convenance. Pour gagner la conOance des habitans, ils observèrent une discipline sévère , ils alxdirent tous les impôts, promirent l'exemption de toute espèce de contributions et offrirent de grands avantages à la ville de Brème. D'un autre côté ils marchèrent oontre Wismar, et •Frédéric s'embarqua sur sa flotte pour attaquer son adversaire par mer, parce qu'il croyait que ce dernier cherchait à repasser la Baltique; mais arrivé à la rado de Dantzig, U aj^Nrit que Charles-Gustave s'approchait de HoUdn à marches forcées *•
> nta FreâtHH fTilkêlmt, p. m.
GHAPITRB IL
A peine eut-on re«u en Bologne le nouvelle de TouYeriure des boiUlUès par le Danemark» que le roi de Suède résolut de ri^eter sur eo pays tout le poids de la guerre. Jamais peut* être un roi ne s'est trouvé dans une situation plus désespérée. Entouré d'ennemis, aban^ donné de ses alliés , il ne eonservait aucune espérance de secours. En vain négooia-t-il avec Grorav^ei pour des subsides; Cromwel tenait trop à Targcnt pour le saorifier par simple obligeance : il no demandait pas moins que la |K>ssession de Brème pour quelques centaines de mille livres sterling. La France seule avança 200,000 Ihalers ; mais cette somme n'était pas suffisante pour faire face à tous les besoins : les fatigues avaient épuisé l'armée, qui manquait de tout. Cependant, au milieu de ces circonstances, le roi ne perdit pas courage. Avant de quitter la Prusse , où il laissa son frère , il exhorta les siens é la constance et leur promit de revenir bientôt. Il avait juré la perte du Danemark , et destiné le trône de ce pays à son beau^père le due de Holstein-Gottorp, car il craignait que les autres puissances ne lui permissent pas de soumettre ce royaume é la Suède*, mais il avait résolu de renfermer dans ses frontières la Norvège, laScanic, le Bleking et le Halland. Il offrit aux Hambourgeois contre des secours en argent la citadelle de Gluck* stad , qui gênait leur commerce. Ses soldats , quoique mal vêtus, annonçaient par leur attitude tout ce qu'on pouvait attendre d'eux; ils quittèrent avec Joie la Pologne pour se rendre dans de plus riches contrées. Les Danois n'avalent pris aucune des fortes positions que leur offrait le nord de l'Allemagne, et dès le 23 juillet l'armée de Charles-Gustave entrait dans le Holsteio avant mémo que Frédéric fût de retour de son excursion. L'amiral Charles- Gustaye Wrangel reprit bientôt le pays de Brème et dispersa les troupes danoises, qui entrèrent presque toutes au service de la Suède. Chaque désastre de l'ennemi accroissait ainsi les forces de Charles-Gustave. Le feld-maréchai Bllde, qui avait le commandement, se retira vers le JutUnd ctsejcladans Frodericsodde, forteresse nouvellement bâUe, bien approvU sionnée et munie d'une forte garnison. Gustave résolut d'en faire le siège ^ mais pour cacher son dessein , il se tenôii d'abord de l'armée à Wismar et de là en Poméranie. La flotte sué* doise avait quitté les ports : elle cmipt^it vingt-
six vaisseaux de guerre et vingt vaisseaux, marchands armés ; elle était commandée par l'amiral BJelkenstjerna. Comme les Danois évitaient lo eombat , elle entra dans le port de Wismar, où elle débarqua les troupes qu'elle avait & bord. Les attroupemens des paysans* dans le Jutland furent dispersés par la cava-^ lerie de Wrangel. Pendant que tout se préparait ainsi pour une guerre acharnée, il emporta d'assaut Fredericsodde, le boulevard du Danemark t sept régimens et des provisions de toute espèce tombèrent aux mains du vainqueur. La feld-maréchal Bilde , blessé et fait prisonnier , mourut quelques jours après cette journée funeste au Danemark. Ainsi un des plus beaux faits d'armes couronna la fin de la campagne de 1657. Les Suédois , pour se reposer de tant, de fatigues, prirent leurs quartiers d'hiver dans^ le Jutland ^ mais l'incessante activité du roi no laissa pas jouir ses troupes d'un long repos. Son salut dépendait du prompt dénoûment de celte guerre, avant que la masse de ses onne-^ mis vtnt rassail]ir*,son projet était de se trans« porter sur les lies danoises, et là de contraindre son ennemi à la paix. Wrangel ralliait tous ses navires dans les ports qui garnissent les côtes orientales du Holstein et du Julland, Dans ce moment la nature vint en aide au roi de Suède : on entrait dans l'hiver de 1658, l'un des plus rudes que l'on connaisse. Le roi conçut l'idée de profiler du pont de glaco que la rigueur de la saison offrait à sou audace à travers la mer. Il se rendit de Wismar en Holstein pour se concerter avec ses généraux. On remarquait à sa suite ce célèbre Danois Corfilz Uifeld , que d'infâmes intrigues avaient cliassè de sa patrie et qui, dès le règne de Christine , avait offert ses services à la Suède : cet homme remarquable , jadis un des plus fermes appuis de Christian IV, dont il avait épousé la fille , guida Charles X Gustave pax ses conseils. Connaissant à fond la position de son pays , . personne nûeux que lui ne pouvait indiquer oà l'attaque était facile» A son arrivée dans Je Holsteio , le roi tint un conseil de guerre ; on y résolut d*envaliir la Fionie. L'armée réunie entre Colding et Hadersleben, le long de la côte, n'ailen^ dait que le signal. Le 30 janvier elle traverse le P^t-Belt, qui , quoique èUroit , gèle rare-» ment à cause du courant des eaux et où l'on
n'avait jamais vu passer m bomoie» inofais
encore une armée. Le point de réunion était la petite île de Brandsô. A la tète de Taile droite étaient le margrave de Bade et Glas Tott , mais Tamiral Wrangel la commandait en chef ^ Fabien Berends dirigeait la gauche sous les ordres du roi. La marche se fit avec une grande prudence : les cavaliers conduisaient leurs chevaux par la bride ; les canons suivaient à grande distance ^ enfin Ton passa le courant. Tous les bagages restèrent à Schleswig. De Tautre côté étaient les Danois, commandés, pendant la maladie de Gydenlow, par un colonel Jôns, autrefois au service de la Suède. Ils avaient pris une position avantageuse : une de leurs ailes s'appuyait sur la mer , l'autre sur un bois. Le roi , dévoré d'impatience , n'attendit par l'arrivée de son infanterie^ il résolut de combattre avec sa cavalerie seule et tourna l'ennemi. Le combat ne fut pas long: sur 5,000 Danois, un (rès-petit nombre parvint à se sauver dans les îles , où ils répandirent partout la terreur et la consternation. Le roi trouva à Odense, capitale de la Fionie, soixante canons, et y fit prisonniers cinq sénateurs danois. L'île de Langeland tomba au pouvoir de Berends; celle de Laaland fut prise par le duc de Weimar et par le colonel Ascheberg. Nyborg^ place forte sur la côlc de Fionie , à deux milles de Sprogô, petite île au milieu du Grand-Belt, en face de CorsOr, tomba aussi au pouvoir des Suédois ; Charles-Gustave y rassembla ses généraux et leur proposa de poursuivre leur marche. Il est vrai que le froid n'avait pas encore diminué et que son intensité pouvait faire supposer que la glace était solide-, le pain et le vin gelaient môme dans le traîneau du roi*. Il avait fait sonder la glace par un des meilleurs ofllciers de l'armée, Dalberg, qui était maréchal de camp lorsqu'il termina sa carrière au service de sa patrie. Celui-ci lui avait assuré qu'on pouvait traverser sans danger avec une armée de 300,000 hommes. Le roi était encore à Odense, en train de souper, lorsqu'il reçut cette importante nouvelle. Sa résolution était prise, et ces mots : « Mon frère Frédéric , nous allons maintenant nous entretenir en bon suédois,» prouvent qu'elle était inébranlable. A ' neuf heures du soir il était dans son traîneau pour se rendre à Nyborg, où il arriva t quatre
i • Voyez \e^ Mémoires de Terlon,
heures du matin. Les généraux, Immédiatement convoqués, furent frappés de terreur par le projet du roi. Wrangel , le plus téméraire dans les entreprises les plus hasardeuses, prit la parole. 11 représenta au roi que c'était la dernière armée qui restât au pays ; que le passage était tellement périlleux que les plus braves reculeraient moins à cause du danger qu'il pré-^ sentait qu'à cause de la responsabilité qui pèserait sur eux en cas de malheur. Cette entreprise paraissait insensée même à Ulfeld , dont la vengeance cependant avait des ailes: il prouva que dans l'espace de quatre siècles il n'y avait pas d'exemple qu'un seul homme eût effectué le passage que le roi voulait tenter avec toute une armée et une pesante artillerie. Le roi parut ébranlé pour un moment; mais après avoir pesé toutes les circonstances, même les plus légères, il s'affermit dans sa première résolution. Le chevalier Meadow était chargé des intérêts de l'Angleterre à la cour de Copenhague; il avait dépêché au roi une lettre, pour offrir sa médiation, par un paysan qui avait traversé la glace. Aussitôt qu'il eut répondu à la lettre , il se rendit le soir même , accompagné de toute sa cavalerie *, de Nyborg à Svendborg; il envoya quelques détachemens pour s'assurer de la force de la glace : ceux-ci allèrent en droite ligne à l'île de Seeland et revinrent avec quelques paysans qu'ils avaient pris pour attester la vérité du fait. Le roi donna Tordre de se mettre en marche. Dans beaucoup d'endroits il y avait un pied d'eau sur la glace : personne n'était sûr que le premier pas no le ferait pas tomber dans l'abîme; mais, chose inouïe , sans éprouver ni relard ni accident, le Grand-Belt fut franchi sur une longueur de douze milles, et dès le 12 février les drapeaux suédois flottèrent sur le château de Wordingbourg, dans l'île de Seeland. Une consternation générale frappa tous les esprits ; on se réfugia en foule à Copenhague , qui n'était pas préparée à une résistance sérieuse. La paix parut le seul moyen de salut. Charles- Gustave avançait, et déjà son quartier général était à Kiôge , sur le Sund, à quatre milles de Copenhague. Une neige extrêmement abondante était tombée à l'abaissement de la température, ce qui empêcha Gustave de commencer de suite les travaux du «iége. S'il ob*
i > Le 5 janvier.