CHAPITRE IL
el 8ont battus lors de iUnvasion des Quenes en Norvège •.
Les premiers colons suédois qui apparaissent au milieu de ces peuples nomades dans le Norrland se livrent comme eux à la chasse , à l'entretien des troupeaux et à la pêche ; ensuite ils leur imposent un tribut. Mais dès leur apparition, ils se distinguent par Tagricullure et le commerce et par Fusage constant d'avoir des habitations fixes. C'est pour cela que le Lapon lire le nom des Suédois des circonstances au milieu desquelles il avait eu d'abord des relations avec eux *. Les tribus nomades furent toujours soumises à des déplacemens ^ mais ces déplacemens ne s'opéraient pas tout d'un coup. Les colons suédois s'étendirent le long des côtes. L'intérieur du pays n'éprouva pas de changement. Un prince suédois quitta encore sa patrie au onzième siècle pour faire des conquêtes chez les Quenes '. A cette époque la Ilelsingie pouvait encore être regardée comme le principal pays des Finnois patineurs ^, qui portaient leurs ravages jusqu'aux forêts du Yermeland <* ^ ce sont probablement ces Lapons qui ont laissé des traces et des souvenirs dans la Dalècarlie *. On ne peut élever de doute sur le séjour des Finnois et des Lapons dans le Norrland et dans les districts de la Laponie ( Lappmarkeme ) , qu'ils habitent encore de nos jours. 11 est probable qu'il en fut de même dans la Suède moyenne , quoique les circonstances soient moins précises, que la culture y soit plus ancienne et que la vie nomade y ait
■ Fundin Noregur.
^ Un Suédois est appelé en langue lapone Leddelats, ce qui signifie Aa6iïan( delà campagne. Le Suédois est aussi nommé Taro, Taro/af^ (marchand), de tarrohet, taret (vendre).
^ y oyez Adam. Brème n. De situ Daniœ, p. 78 , ap. Undenbrog^i'crtpr. seplentr. p. 59.Le Quenland.parle fait de la même erreur que chez Adam. Bremen. est appelé Terra Fœminarum,
* «Quorum (scilicet Scritcflngorum)»caputHelsingaland. » (Adam. Bremen.) Adam et Sluricson sont pleinement d'accord pour attribuer aui Suédois la première culture des côtes. Car lorsque le premier dit des Suéoncs : Longis [terrarum spatiis régnant (il est question de Birca vers le nord) celle eipression serait fausse s'ils n'avaient précédemment passé le fleuve de Bala et commencé de coloniser le Norrland.
" « Vcrmilani cum Scrilefingis. » (Adam Brcm.)
" Près des vacheries de Finnbo et du lac Hinsen dans les paroisses de Svardsjô et de Sundborn , existent de petits Tossés couverts» remplis d'herbes, que le peuple nomme Lappgrafvame (fossés des Lapons).
cessé avant que l'histoire la fasse connaître. L'Aland et le Quarken ont de temps immémorial été des points de communicationsenlre la Suède et la Finlande. Des colonies suédoises ont suivi celte roule le long du golfe Finnois , tantôt en allant au Nyland et même jusqu'en Russie, tantôt en gagnant l'Oslrobothnie; mais les Lapons et les Finnois ont parcouru les mêmes chemins pour arriver en Suède, à uneépoque Irès-éloignée* . L'Àland , avec une population suédoise, contemporaine de l'époque où nos ancêtres brûlaient leurs morts (brànnâldern)^ ce qui est attesté par les tombeaux, est rempli de traces de l'ancien séjour des Lapons et des Finnois*. Ceux-ci se sont rendus depuis dans le Roslagen et dans l'UpIand supérieur, auxquels ils ont laissé plusieurs mots de leur langue '. La population des Finnois aura sans doute débordé au delà. Leurs anciennes relations avec le Roslagen sont d'auiant moins soutenues qu'ils ont appliqué à toute la Suède le nom de ce district ^ On peut conclure de la tradilion qui attribue la découverte des principales mines de la Suède moyenne aux Finnois * qu'il y avait déjà des Finnois dans l'intérieur du pays
* A Peilrémité des Iles Quarken, qui sur la côte finlandaise elle-même, ont gardé beaucoup de noms suédois, nous rencontrons les Lapporen. Dans l'archipel d'Àland, sur la côte finlandaise, on trouve Lappvesi et Lappif.
* L'Àland a un grand nombre de tertres lumulaires, \lans lesquels on a trouvé des vases de terre cuite et quantité de noms qui rappellent le souvenir des Lapons et des Finlandais , comme Lappbôle, Koskinpa, Jomala, Finnstrôm , Finnby , etc. ij^oyez Radloff, Description d^Âland,) Le mot Jomala (Dieu) ferait supposer l'eiistence d'un lieu de sacrifices des Finnois. Cependant on y trouve des tertres, et les Finnois n'enterraient pas ainsi leurs morts.
^ Dans le Roslagen et l'Upland supérieur on trouve Finnsta, Finn&ker, FinnsjOn, Finnskogcn, et dans la paroisse de HafverO, les mines des Lapons {Lappgrufvome),
* Ruotzi ou Ruotzimaa , la Suède ; Ruotzilainen , Suédois.
" Ainsi la mine de Faliin doit avoir élé découverte par un Finnois de Thors&ng. C'est aussi aux Finnois qu'on attribue la découverte de la mine d'argent de Sala. Ils l'ont d'abord tenue secrète. Sala est dérivé de salon , en finnois cacher, et de sala (secret). Une ancienne mine est encore appelée la mine des Finnois ; le hameau des mineurs fut habité par eux jusqu'au temps de Gustave-Adolphe. Les Finnois qu'on trouve dans la Daiccarlie viennent d'une émigration postérieure et contemporaine de Charles IX et de Gustave-Adolphe.
pendant le moyen ftge. Celte opinion parait probable si Ton considère qu'ils vivaient dans les bois où plus tard s'ouvrirent nos mines. La fabrication du fer de marais y était connue depuis longtemps *. Une ancienne rune flnlandaise cëlé|>re « la naissance du fer » *. Le mot forgeron ', dans la langue finnoise, est une expression qui embrasse tous les métiers, et il est souvent parlé dVpées finnoises dans les sagas Islandaises. Le forgeron le plus célèbre que le Nord ait connu et que chante VEdda est le fils d'un roi finnois des frontières du Suithiod *. Dans ces derniers temps, les Finnois avaient encore une grande réputation d'habileté dans la manipulation du fer. I^ Saga de la découverte de la Norvège détermine le point le plus méridional où les Finnois se sont établis dans la Scandinavie. Dans celte saga, un chef de Quenes rencontre ses parens dans la petite Ile de LessO, dans le Gatégat.
Cependant les Lapons et les Finnois paraissent avoir eu des rapports diiïérens avec le Suithiod. Les relations de ces deux peuples avec nos ancêtres sont démontrées par l'inOuencc que leur langue a eue sur celles des Lapons et des Finnois , qui en diffèrent cependant beaucoup; cette influence domine principalement dans la première ", mais elle ne laisse pas de se faire sentir dans la seconde, qui a tiré du suédois presque tous les mots servant à exprimer les idées relatives au gouvernement et à la culture * ; mais tous les Finnois qui ont habité la Scandinavie sont venus de l'est du golfe de Bothnie et de la Finlande. La même observation est applicable en partie aux Lapons, qui se considèrent comme les plus anciens habitans de la Suède ' et de la Norvège ' , où l'histoire
* IlGlmà , en finnois, mine de marais ; dans la même langue et celle des Lapons , le fer s'appelle rautOf route,
■ Rauntan synty. Voyez Scbrôler, les rnnes finnoises, s Scppa.
* Foyez VOiandar Quida, A9iïk%\* Ancienne £dda.
^ Sur onze mille quatre cenl quaranle-lrois mots que contient le Lexicon lapponicum de Lindbal et d*Obrling (Holm., 1780), il yen a un dixième emprunté AU suédois.
* Par exemple ; huningat , roi; tuomari, Juge, taltakunta, royaume ] markhina, foire ; fort, marché, place.
' Voyez les Annales de Suède, 1. 1, p. 419, n* 9.
* Les Lapons Norvégiens, surtout ceux qui se sont Qiiés, qui se nomment Finnois et méprisent les Norvé-
ne peut les suivre. lies Norvégiens et les Islandais^ qui nous ont transmis les plus anciennes traditions, sont entrés en relation avec eux plus tôt qu'avec les Finnois de la Finlande , tandis que ceux-ci formèrent de temps immémorial des liens d'amitié avec les Suédois ou leur firent la guerre. Le mot de Finnois, chez les premiers, désigne principalement les Lapons.
Ceux-ci sont donc les Finnois dont ils parlent et qui dans le neuvième siècle habitaient encore sur les frontières , entre la Norvège et la Suède ; ce sont aussi les Finnois patineurs qu'Adam de Brème place au nord-ouest de la Suède, au-dessus des habitans du Wermland, c'est-à-dire dans la Dalécarlie actuelle. Les Lapons étaient probablement aussi les mêmes Finnois qui séjournèrent dans les anciennes forêls de la Vestrogolhie * et qui donnèrent leur nom au Finnheden (bruyères des Finnois; dans leSmâland,au sixième siècle \ L'ancienne Suède a eu, comme la nouvelle, ses forêts finnoises {finnskogar). Des Lapons s'y sont fixés-, des Finnois les y ont suivis et ont continue de le faire, jusqu'à ce qu'ils aient été adoucis et vaincus par la culture et par la conquête, ou amalgamés avec les Suédois. Plusieurs colonies finnoises, qui se sont établies plus tard dans les forêts de la Suède, en sont une preuve. Jusqu'au onzième siècle, les pays montagneux, au dire de témoins oculaires', n'avaient pas les mêmes habitans que les terres cultivées; ils servaient d'asile à des peuples sauvages , qui en sortaient tous les ans ou tous les trois ans , ravageaient les plaines quand ils ne trouvaient pas de résistance et regagnaient précipitamment leur retraite. Ces débris des peuples finnois dans la Scandinavie sont certainement les Jotunes ou Jothnar des bardes païens * et de
gicns, ainsi que les Lapons nomades, disent qu'ils sont les premiers habitans de la Norvège. (Rasii, Om det garnie nord, Sprog., p. 114.)
* Adam. Brem. Finnvedi. Vid. suprà. Dans le dis* trict de Kind , en Vestrogothie , il existe encore une paroisse du nom caractéristique de Finne-Kumia.
■ Finnaithœ, dans Jordanès, ressemble à Fineyde: c'est le même mot. On a objecté qu'il n'y avait pas de noms lapons ni finnois dans les bruyères du Smiland nommées Finnheden. Je puis cependant citer des exemples : Saliwara , bourgade de la paroisse d'Angutstad.
'« Abhisqui hscsevidifisetestantur. »(Adam. Brem., HisL eecL, c. 232).
* Les bardes idolAtres appellent Tbor celui qui a renversé les autels du dieu de Fomjotber, le vain*