‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 236 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

traversant TOder. Ainsi se termina la campagne de 1704. L'armée suédoise prit ses quartiers d^hiver dans la grande Pologne. Il devenait de plus en plus évident qu'on voulait pénétrer en Saxe. Auguste lui-même paraissait abattu \ il avait fait la triste expérience de Tinconstance de la fortune et de la nation à la tète de laquelle il était placé , car à peine s'était^il éloigné que la puissante maison de Potockî se jeta dans la confédération de Varsovie et que les palatinals de Sendomir et de Cracovie reconnurent Stanislas. Une nouvelle diète avait été convoquée dans la capitale : on déclara hautement qu'elle devait achever l'œuvre commencée par la première. Charles avait laissé à Varsovie le général Nieroth. Les Saxons voulurent encore une fois tenter le sort des armes et surtout imposer aux nobles, qui étaient convoqués \ mais cette tentative échoua complètement, et leur général, PatkuU, fut même fait prisonnier.

Il manquait encore un acte solennel à l'élection de Stanislas, c'était celui de son couronnement: il eut lieu à Varsovie, le 24 septembre. Charles avait voulu y assister en personne. La paix fut alors signée avec la Suéde , le 28 novembre, sans que le vainqueur prît un pouce de terre de la république; loin de là, il offrit à la Pologne de continuer la guerre contre le tzar jusqu'à ce qu'elle eût recouvré les provinces qu'elle avait perdues dans les guerres précédentes.

Mais avant de poursuivre le récit des événemens qui préparèrent la paix d'Altranstadt, jetons un coup d'œil sur ce qui se passait dans les possessions suédoises sur la Baltique. Un seul coup avait abattu, à Narva, les forces réunies de Pierre P% et ce désastre avait fait nattre en lui le désir de terminer par des négociations la guerre qu'il venait d'entamer : tout en continuant) ses préparatifs de guerre, il sollicitait la médiation de la Hollande. Mais Charles n'était pas moins animé du désir de la vengeance contre le tzar que contre le roi de Pologne. La bataille de Narva avait enflé son orgueil*, il se contenta de laisser de faibles corps pour couvrir les frontières de la Livonie, del'Esthonie etde l'Ingrie, tandis qu'il s'enfonçait en Pologne avec son armée. Le défaut d'officiers supérieurs habiles dans ces contrées ne permettait pas aux Suédois de diriger avec avantage les opérations de la défense. Le dernier exploit de Dalberg avait été le passage de

la Duna. Charles-Adam*Lewenhaupt avait à lutter contre des jalousies rivales et n'était pas encore connu. Il faut ajouter à cela une mesure prise par le gouvernement suédois, et qui mécontenta les populations de ces contrées et facilitâtes opérations des Russes, c'était la prohibition des exportations de blé. Le numéraire devint plus rare, et les ennemis, lorsqu'ils parurent, trouvèrent des approvisionnemens considérables. Les Russes choisissaient de préférence l'hiver pour faire leurs incursions. Le pays, coupé par de nombreuses rivières, offrait pendant Tété plus d'avantage pour la défense; mais lorsque le froid avait jeté des ponts naturels sur les lacs, les rivières et les marais, on pouvait entrer facilement de tous les côtés. Les Suédois, faibles en nombre, furent battus partiellement; les forteresses et les villes tombaient l'une après l'autre au pouvoir du tzar. Dorpt et Nôteborg furent pour lui des conquêtes importantes. Celte dernière place surtout, située à l'embouchure delà Neva, dans le lac Ladoga, était la clé de l'Ingrie et de la Finlande. Les Russes poussèrent jusqu'aux portes de Narva , et Pierre avait une lelle confiance dans l'avenir qu'il fonda Pétersbourg au milieu des incertitudes de la guerre. Il agissait lentement, mais sûrement. Après la prise de Dorpt, après l'anéantissement de la flotte suédoise sur le lac de Peipus, après la prise de Narva, qu'il emporta d'assaut, le tzar fonda encore Cronstadt , dans l'île de Retusari. Le« wcnhaupt seul , à la tête d'un petit corps , l'inquiétait : non-seulement il occupait Riga, mais il était aussi maître de la Courlande et de la Duna. Ayant assuré ses derrières par la prise des places que nous venons de nommer, Pierre résolut d'attaquer ce général, qui était alors sur les frontières de la Lithuanie. Il s'annonça, dans une proclamation, comme venant au secours des Polonais contre les Suédois, et il invita les premiers à rompre avec ceux-ci. S'il réussissait à écraser ce corps, tout le pays depuis le golfe de la Finlande jusqu'à la Courlande était à lui, et Charles était privé de ses ressources. Mais la victoire que Lewenhaupt remporta à Gemauerthof , le 26 juillet 1705, sur 20,000 Russes , commandés par le prince Scheremetof, fit évanouir ce projet. Toutefois le général suédois, trop faible pour poursuivre ses avantages, se vit obligé de se retirer sous le } canon de Riga.

Les Rusiei coDcenlrèrent des forces imiKH •aotes à Grodno, sous les ordres du maréchal OgilYi 'j ils ayaient pour but de soutenir Auguste eu Pologne. Celte circonstance réveilla Charles, et il accourut dans Thiver le plus rigoureux. Les deux arnaées s'observèrent pendant quelque temps *J puis Ogilvi se retira brusque-* ment sur laVolhynie pour gagner le Dnieper. Il ^vait perdu à Grodno , par les maladies et par la disette, près de la moitié de son armée. Charles le poursuivit ^ mais il fut arrêté dans sa marche par les marais de la Polésie. Il se reporta alors sur la Yolhynie, où il trouva de nombreux approvisionnemens ; mais Tennemi avait disparu. Après avoir fait reposer son armée dans ces riches contrées, il se rapprocha de la Yistule et ût sa Jonction avec RenskOld^à Striekourie. Ce général avait décidé le sort de la campagne par une victoire éclatante pendant que son roi observait les Russes. Au*guste était en marche pour se réunir à Tarmée saxonne, que commandait le célèbre Schulenburg. Renskold, pour empêcher cette Jonction, résolut de livrer bataille. L*engagement eut lieu en effet&Frauenstadt, le 14 février. Les Suédois n'avaient que huit ou neuf mille hommes. Les forces des ennemis étaient bien supérieures \ cependant la victoire que Renskôld gagna fut tellement complète, que tous ceux qui échappèrent au glaive furent faits prisonniers. Le camp et Tartillerie furent le prix du succès. Auguste , après cette défaite, n*eu( d*autre ressource que de se Jeter dans Gracovie, qu'il fortifia pour s'y défendre Jusqu'à la dernière extrémité»

Gomme les campagnes de Charles XII avaient manqué Jusqu'alors de suite et de plan, il n'avait rien iait qui pût être utile é ses États ^ loin de lé, les ressentimens qu'il s'attira de la part de ses ennemis entraînèrent la dévastation de ses provinces et la prise de ses places. Une oertaine gloire entoura son nom \ mais si l'on eotre plus avant dans l'examen de ses faits d'armes, U semble avoir plutôt eouru les aventures^ comme les chevaliers d'un autre temps, qu'ajU en eq[>itaiAe prévoyant et en roi chargé du sort d'une nation entière. U avait donné à Staniilai la couronne de Pologne ^ les Saxons avatet évioué le territoire de la république, à ruoeptioB de quelques places fortes \ mais Augusle était «MM roi Ugitittii aux yeu da

I Le 17 août 1706.

toute rSuropa. U fallait dono obtenir de lui qu'il renonfÂt au trône. Pour atteindre ee but» une invasion en Saxe devenait nécessaire. Ella ne pouvait se faire que sur le territoire de l'eoH pereur \ mais Charles Xn courait, en l'entre* prenant^ le danger de s'attirer la guerre aveo tout l'empire. Ce fut en vain que Piper, son ministre, lui fit envisager ces résultats, qu'U lui mit sous les yeux la Uvonie, l*Estbonîe el ringrie en flammes ; Charles le voulait. U laissa Mardefelt ' en Pologne avec une petite armée qui paraissait suffisante, aveo l'aide des partisans de Stanislas, pour se défendre contre oeux d'Auguste. Lui-même , & la tête de S0,000 fantassins et de 15,000 cavaliers, les premiers guerriers du monde, au dire même de ses ennemis, traversa en hâte la Silésîe et l'Oder, é Steinau, et passa l'Elbe le 16 septembre. Cette marche avait d'abord inspiré &la Hollande el é l'Angleterre la crainte que le roi ne vint se Joindre aux Français ; mais cette inquiétude se dissipa é mesure que son caracléra se développa. Les Saxons se retiraient sur tout les points. Le gouvernement de Dresde ordonna même à la population de se soumettre; Charles prit ses quartiers à Altranstadt et Al cantonner son armée dans les plaines de Leipzig. Le danger qui menaçait Auguste, au oceur de ses États héréditaires, le força de recourir é la voie des négociations. Elles ftirent conduite secrètement. La seule condition imposée à Auguste fut d'abdiquer le pouYolr. La paix fût signée le 25 septembre* Auguste renonça au trône et ne se réserva que le droit de porter le titre de rois a vie durant. On l'obligea de mettre en liberté les princes de Sobieski et de livrer les Russes qui étaient en Sêxo ainsi que ce malheureux PatkuU qui, en qualité de ministra du tzar, résidait à sa cour. Charles et son armée devaient rester en Saxe Jusqu'à l'entière exécution de ce traité.

Mais pendant son séiiour dans aet éleclorati Charles eut des preuves non équivoques que la conduite d'Auguste était trèe-euH^ecte. U ne

> ttardefett éult laslratt de la msrelM dss aégecfa- Itoas amsl Usa par ▲ogaitè qas pai^sa roL U avait pris potUion â Kalisch i mais s'il eêl lalvl las ccuisUs de la prudencsi il se saisit retiré i Posen. Aagusis 8*éiait réuni â toutes les forces russes sous Meozikof. Le premier voulait èrltsr leeoinbsti eetal-el la demsadatt avec taitinss. BstasMl M ssraé» attelé et fait piUsanisr aji» ans iéfsaia iHsuÉtéei

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