‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 247 sur 275 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

avali élé lui-même une û^ principales causes de la continuation de la guerre.

Ce qui fixa d'èbord l'attention des états, ce fhl la nécessité de conclure la paix avec les ennemis qui menaçaient la Suède. 60r(z, comme nous l'ayons tu , avait déjé suivi des négociations avec la Kussle. La mort de Charles XII conduisit le négociateur à Téchafaud et rompit les conditions stipulées. Le prince Frédéric, qui avait une grande influence sur les afftiires, était très-llé avec Télecteur de Hanovre, roi d'Angleterre. La mésintelligence s'était mise entre la Russie et ses alliés : les derniers voulaient maintenir Frédéric de Hesse sur le trône de Suède , tandis que le (zar embrassait avec ardeur les intérêts du duc de Holstein. Les négociations avec la Russie marchaient donc lentement, et elles n'empêchèrent pas les Russes de ravager impitoyablement les côtes de la Suède. Chacun de ces États envoya des ministres à Stockholm. Celui de l'Angleterre , Garieret, séduisit le sénat et la reine : son mattre gagna plus sous l'apparence de l'amitié que les autres par des menaces de guerre. La Suéde céda au Hanovre les principautés de Brème et de Yerden pour un million de thalers , et le Cabinet anglais s'engagea à envoyer une flotte dans la Baltique pour protéger la Suède contre les déprédations des Russes ; mais elle arriva trop tard. Depuis la Vestrobothnie jusqu'à NorkOping, Tincendie des villes maritimes marqua la route que la flotte canonnière, russe avait suivie. Les villes d'Osthammar, de Sôdertelje, de NykOping et de NorkOping Turent consumées par les flammes; les Torêls voisines du rivage (ùrent incendiées. Pierre fit répandre le bruit qu'il avait proposé à la Suède une paix avantageuse , mais qu'elle l'avait re- (tisée. La Suède , qui avait mis sa confiance dans l'Angleterre , ilit indignement trompée : à peine la flotte anglaise fût -elle arrivée qu'elle rebroussa chemin. L'influence de la même cour avait fait conclure la paix avec la Prusse. Celle-ci , moyennant deux millions de thalers , reçut Stettin avec tout le territoire de la Poméranie intérieure, que possédait la Suède , ainsi que les lies d'Usedom et de Vfoh lin. Les Danois envahirent le Bohusian. Dans ces conjonctures, la diète Ait convoquée au commencement de 1720.

La noUesse , à qui la consUUition conférait le droit d'élire le maréchal de la diète, choisii

le célèbre Arvid Horn. Mécontent de la reine, il avait quitté le sénat et vivait dans la retraite. Il s'était fait beaucoup d'amis. On espérait que Horn remédierait à la misère dont le pays souffrait et qu'il restreindrait le pouvoir royal. La première proposition présentée à la diète avait pour objet de donner le titre de roi au prince Frédéric. Une proposition semblable avait éprouvé une forte résistance à la diète de 1719; mais les malheurs qui avaient frappé le pays avaient changé l'opinion :on disait qu'une fbmme ne pouvait sauver la patrie. Les choses furent conduites avec tant d'adresse que Frédéric fut proclamé roi de Suède, le 24 mars 1720. Il était de la religion réformée ; il embrassa le lulhérianisme et accepta les changemens qu'on se proposait d'introduire dans la constitution : ils avaient surtout pour objet de lui ôler le pouvoir de destituer les sénateurs et les employés. La reine mourut en 1741 , à l'âge de cinquantetrois ans, sans laisser d'enfiins. Frédéric paya d'ingratitude l'amour qu'elle lui portait: il entretenait des liaisons coupables avec une dame de la cour, la comtesse Taube. Mais Uirique- Éléonore possédait la grandeur d'âme héréditaire dans sa famille; elle aurait dédaigné d'exciter par ses plaintes la commisération de ses sujets : elle gagna plus sûrement leurs cœurs en souffrant en silence.

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