CHAPITRE VIII
isia
kOping (1769); le maréchal était Fersen , chef des chapeaux. Le roi voulait que tout le sénat raccompagnât ; mais cinq membres de ce corps seulement furent désignés pour assister aux délibérations. A cette date, dix sénateurs furent destitués, parce qu'ils s'étaient opposés à la convocation de la diète après la demande qu'en avait faite le roi ; qu'ils avaient pris le gouvernement au nom du roi, depuis qu'il avait déposé son pouvoir *, qu'ils avaient décidé que tout le sénat ne suivrait pas le roi à la diète ; qu'ils avaient manqué de respect envers le roi , et qu'enfln ils s'étaient mêlés des élections des députés. La concorde entre les états et le roi ne fut pas troublée tant que la diète se tint à Norkôping ] mais les choses changèrent lorsqu'elle fut transférée à Stockholm. On suivit, relativement aux finances , un système opposé à celui qui avait été adopté à la diète précédente. On devait augmenter l'émission du papier-monnaie et acheter de l'argent pour le déposer d la banque ; il fut permis à celle-ci de faire des prêts sur des gages sûrs. La diète dura neuf mois. Jusqu'au 30 janvier 1770. Elle laissa aux uns la conviction que la constitution était mauvaise, et aux autres qu'il fallait laisser les choses s'user d'elles-mêmes : c'était découragement d'une part, espérance de l'autre. Peu de temps après, les princes Gustave et Frédéric entreprirent un voyage à l'étranger. Le 12 février 1771 , Adolphe-Frédéric fut frappé d'apoplexie et mourut dans sa soixante et unième année. La bonté est aussi une puissance sur la terre : le deuil sincère du peuple , décrit par les contemporains , montre quelle place il occupait dans le cœur de ses sujets, à une époque où les mots roi et peuple étaient sans signification en Suéde auprès des intérêts des corporations, des particuliers et des partis. — Il laissa trois fils, dont deux, Gustave etCharles^ montèrent sur le trône *. Ce fut sous le règne d'Adolphe-Frédéric que la littérature suédoise /commença à fleurir. La reine, passionnée pour les sciences et les arts, encouragea ceux qui les cultivaient. Dalin débarrassa la langue de ses langes; Polhem fit des prodiges en mécanique; Klingenstjema se distingua dans la géométrie, André Celsius dans l'astronomie ; Rosenstein fut le père de la médecine. Dans le domaine de la physique, nous rencontrons Wilke et Wargentin ; Ihre dans la philologie ; Lager-
* U troisième était le piineo Frédéric,
baing,6otin,Sch5nbergdansrhistoire,etc.Tous ces noms appartiennent à une époque qui avait produit aussi des Mécènes tels que Gustave Bonde etTessin,des orateurs tels que Hdpken, des employés d'un grand mérite dans toutes les branches et des négocians tels qu'Alstrômer , Plomgren , Clas Grill et Salgren. Si l'on demandait comment une période si féconde en talens a pu dégénérer en faiblesse et en troubles, voici la solution de cette question : c'était le règne des partis , où le roi et le peuple n'^taiefU pour rien.