CHAPITRE IV
défaire et de promulguer les lois '. On ne peut cependant pas supposer qu'ils avaient le droit d'en faire de nouvelles ^ mais rinlerprëlation la plus raisonnable de ce passage , c'est qu'ils étaientchargésde temps immémorial de recueillir les règles du droit commun , de leur donner la forme la plus c-onvenable pour les graver dans la mémoire et de les réciter sous celte forme devant le peuple. La parole et non la lettre est donc l'expression première de toute législalion; la loi est une règle dite (lagsaga) * , le premier législateur, un poète qui écrit la loi {lagayrkir). Tel a été, dans le temps de l'idolâtrie , si l'on en croit la préface de la Loid'Upland, fViger Spa '. Sa loi est nommée ff-'^igers/lockar ; elieest le fondement de celle d'Upland , comme celle du Lumb idolâtre avait été l'origine de celle de la Veslrogolhie. Plus tard, les lois passèrent de la mémoire sur le papier, car il est certain que ce qu'on entendait dans le Nord par écrire la loi, après rétablissement du christianisme, n'a pas de rapport avec les runes, quoiqu'on les employât pour graver de courtes inscriptions sur la pierre ou sur le bois , mais il s'agit ici d'un procédé graphique introduit par les clercs. Le christianisme fut Toccasion d'une nouvelle législation qui prit la première place : « Car, avec le christianisme, le Christ fut le premier dans nos lois, )) commeilestdildansla JLot(£e F'esirogothie.\o\\k l'origine du Kristnahalkenoxk Kyrkobalken^ section qui traite des ordonnances de V¥!,^\\%Q.\V EdsôretyOxx la paix générale du pays, ainsi que les ordonnances qui en dérivèrent, devinrent d'une application commune *. Des modifications avaient été introduites par Erikie-Saint, Canut Ériksson, Erik Ériksson,Birger- Jarl et Magnus Ladulâs. Cependant on trouve les loin dans des collections {flockar) éparses, sans autre ordre que celui où chacun les plaça successivement jusqu'à ce que \Si Loi d'Upland, en 1295, eût été révisée et améliorée par le sénéchal du Tiundaland, Birger Pederson, sei-
' Voyez la liste des sénéchaux de Vestrogolhle à la fin de la loi de ce pays.
^ lA loi de JViger est ainsi nommée dans la préface de la Loid'Upland,
3 Spa. C'est sans doute une abréviation de spàmadr (celui qui prédisail, vate*),
* Elles sont renfermées dans VEdôresbalk ou Konungabalk, — Falk , proprement dit poutre , signifie aussi $€ction i de là la division des lois en 6a/Aar (sections ) » qui contiennent plusieurs collections de vers ( flockar).
gneur de Finsta *, assisté de douze hommes {tolf mannan&mn) tirés des pays du peuple. La loi ainsi élaborée fut publiée au ting, acceptée par tous et sanclionnée par écrit par le roi Birger. Le titre de serviteur du roi, donné au sénéchal dans cette sanclion, prouve que d'hommes du peuple les sénéchaux étaient devenus hommes du roi : ils font dès lors partie de son conseil.
L'union du roi Birger avec la princesse danoise Mârta (Marguerite) , à qui il était fiancé depuis l'enfance et qui avait été élevée à la cour de Suède , fut célébrée en 1298, et ils furent couronnés en 1302. Dans le même temps, le duc Waldemar épousa la fille du marsk. L'état du pays était florissant et la concorde entre les trois frères répandait une joie générale. Mais l'année suivanle , lorsque le marsk cessa d'être tuteur et que les ducs furent sur le point d'entrer en possession des duchés que le roi Magnus Ladulâs leur avait assignés ' , ils se souvinrent d'abord que leur père , étant luimême duc, avait destitué son frère, et ils tinrent conseil à ce sujet avec plusieurs autres ». Le roi demanda que Torkel Knutsson continuât ses services. Les ducs mirent le drots AmbjOrn Sixtensson (Sparre) à la tête des affaires. Les grands embrassèrent celte querelle, qui devait finir d'une manière si atroce. Les clercs étaient surtout mécontens de voir le marsk conserver son influence. La guerre avec les Garéliens et les Russes, les fêtes somptueuses et les prodigalités qui signalaient les mariages dans la famille royale, l'entretien de plusieurs cours, dont celle du marsk , depuis son union avec une comtesse de l'empire romain^, ne le cédait pas aux autres par son luxe, nécessitèrent de nouveaux impôts et de nouvelles contributions dont les clercs , contre la coutume, ne furent pas exempts. Aussi une partie de la dlme fut-elle saisie, et le roi, sur l'avis de Torkel Knutsson , était sur le point de faire emprisonner les évêques récalcitrans. Celui de Testeras , ancien compagnon d'armes du
* La môme famille qui plus tard fut appelée Brahe.
* Du vivant de son père, Erik était appelé déjà le duc des Suédois , titre qui correspondait au titre de jarl. Il possédait aussi le duché de son père , la Sudermanie . et en même temps une partie de TDpland. Depuis 1302, Waldemar Tut appelé duc de Finlande.
^ Paroles d^Ërici Olai.
* Hedvig^ fille d'Olhon II, comte de Rarcnsbourg.