HIS1H)IRE DE SUED
mank dam la croisade finnoise , s'enfuit en Norvège. Dans celte même année, Magnus, fils de Birger, quoique encore en bas &ge , fut reconnu en qualité d'héritier présomptif de la couronne par les ducs , les évêques et la noblesse. Le roi s'engagea par lettres patentes de ne se séparer jamais du marsk et de ne le remplacer par aucun autre. £n 1304 , la discorde éclata entre les frères : les ducs furent obligés de promettre de ne quitter le royaume que du consentement de leur frère ; de ne venir en sa présence que quand ils y seraient appelés et avec la suite qu'il aurait lui-même déterminée, et de ne jamais rien entreprendre contre lui, son épouse ou ses enfans. Ils furent bientôt invités à se rendre auprès du roi. Erik seul osa s'y présenter : on lui lut plusieurs points d'accusation, après quoi le roi irrité lui ordonna de sortir ; et bientôt les deux frères furent condamnés à l'exil. Cet acte de rigueur provoqua une guerre civile, pendant laquelle les ducs eurent pour appui la Norvège, et les provinces occidentales du royaume furent ravagées jusqu'en 1305 : à cette époque, une réconciliation s'opéra *, Torkel Knutsson en fut victime. Quand il fut emprisonné , il dit à Birger , en présence des ducs : « Ce sera une tache pour votre règne, seigneur roi ! » On le jeta sur un cheval sous le ventre duquel on lia ses jambes , et il fut conduit tout d'une traite à Stockholm, où sa tête tomba sous la hache du bourreau, le 6 février 1306. Le duc Waldemar répudia sa fille, sous prétexte de parenté spirituelle : il avait pour parrain son beau-père.
Huit mois s'étaient à peine écoulés depuis la mort de Torkel Knutsson que le roi Birger était prisonnier de ses frères. Dans une visite d'apparente amitié au domaine royal d'Hfttuna^ en Upland , où ils se firent suivre secrètement par leurs gens armés, ils prirent le roi au dépourvu et se saisirent de lui, de sa femme et de ses enfans. Le prince, royal Màgnus fut .seul sauvé ; un fidèle serviteur l'emporta dans ses bras et le conduisit en Danemark, aux genoux du roi Erik Menwed. Parent de Birger par une double alliance, le roi danois fit son atfaire de celle de son beau-frère : il attaqua les ducs. Birger, qui avait le château de Nykôping pour prison, fut mis en liberté en 1308, déclarant qu'il était content de la partie du royaume que les ducs voulurent lui restituer ; mais il se rendit iitimédiatemcnt en Danemark, revint
aveo ton beau -frère à la tète d'une armée danoise , porta ses armes jusqu'à NykOping et mil le siège devant celle ville. Sur ces entrefaites , le duc Erik avait commencé dea hostilités contre Hftkan , roi de Norvège, au sujet du Halland septentrional , et la guerre était aussi allumée de ce côté, lorsqu'une entrevue eut lieu à Helsingborg, en 1310, entre les trois rois , les ducs et plusieurs princes. On y signa un traité par lequel le royaume devait être partagé entre Birger et ses frères -, ceux-ci devenaient indépendans dans leurs duchés, quoique reconnaissant le roi comme leur suzerain. Peu de temps après on fit aussi la paix avec la Norvège, et le duc Erik prit pour épouse la fille, et le duc Waldemar la nièce du roi de Norvège , Hâkan *. Les noces se firent avec une pompe dont les récits contemporains rappellent l'éclat des beaux temps de la chevalerie : « Mais , dit Ericus Olai dans sa Chronique, ces ducs qui s'étaient approprié le royaume par la force ont été sous plusieurs rapports une plaie pour le pays, qui fut ravagé par les guerres civiles. Les provinces étaient parcourues par des bandes armées qui y prenaient, sans payer, le logement et la nourriture , et ruinaient ainsi la population. On eût dit des invasions ennemies plutôt que des marches de princes suédois. Les impôts les plus onéreux pesaient sur le paysan , qui était souvent obligé de payer des contributions jusqu'à trois fois dans un an, et elles ne montaient pas & moins d'un marc d'argent.chacune (équivalant au double du prix d'une vache *). Aussi si ces princes sont appelés généreux et magnifiques, c'est aux dépens du peuple et par sa misère. » Cependant il paraît qu'ils étaient plus considérés par le peuple que le roi lui-même. Les Helsingiens chassèrent le prévôt du roi \ les habitans du Gottland le firent lui-même prisonnier -, les Smâlandais se choisirent un autre roi dont Birger parvint cependant à se défaire. Ainsi se passèrent plusieurs années au milieu de la misère générale , d'une disette continuelle et de maladies pestilentielles , mais sans hostij lités ouvertes entre les frères. A la fin de 1317, le duc Waldemar fit le voyage d'Ôland à Stockholm et passa par Nykôping, où Birger tenait ordinairement sa cour. Il fut si cordialement
* Ces deux princesses porlérent le nom d*Ingeborg. " Le prix de la moitié d'une vache est fixé dans la Loid' Upland à un demi-marc pour l'année 1396.