CHAPITRE VI
LES STURE.
Sien Slure Talné. — Le roi Ilans (Jean)* — STante Sluro. — SteD Slure le jeune et Cbritiiaii-Ie-Tyran.
Engelbrekt avait rendu le peuple puissant et avait fait regarder l'Union comme une domination étrangère. Charles Knutsson, qui voulait recueillir là où il n'avait pas semé, l'avait employée pour s'emparer de la couronne ; mais son exemple prouva qu'on pouvait être toul en Suède, exceplé roi. Les Sture profitèrent de celte leçon pour ne pas viser au trône. Ils cherchèrent à s'attacher le peuple de plus près^
* « fis voulaient diviser le royaume en quatre parUes qui devaient élre gouvernées chacune par un régent. » ( Olaus Pelri. }
• Chronique rimée.
mais ils devaient apprendre aussi quels oibstacles entravent la marche d'un chef de parti, quelle que soit sa puissance, à moins qu'il soit roi. L'Union, qui était dans l'intérêt des grands, fut conservée , du moins de nom , jusqu'à ce que la hache du bourreau de Christian II Feût noyée dans des flots de sang et que cette fausse position eût disparu à la tentative de conquête de la Suède t)ar les Danois.
Sien Sture, surnommé l'alné, était fils du sénateur et chevalier Gustave Anundsson Sture et de Brile fijelke, belle-sœur du roi Charles Knutsson. Ilfit ses premières armes en 1464 dans la ré- Yoltede l'évêque Kettil Wase contre Christian; il servit plus tard sous les ordres de Nils Sture' (il n'était pas issu de cette famille, quoique portant lemêmenom),qui availsoutenu le trônechancelant de Charles Knutsson. Il ne se distingua pas moins par sa prudence que par sa bravoure. — • C'était un seigneur intelligent, prudent, hardi et heureux dans ses entreprises *; — ses grandes qualités en avaient fait l'homme du peuple; il fortifia son crédit par le moyen de ses relations avec les AxelssOner ( fils d'Axel ) * , qui étaient aussi puissans en Suède qu'en Danemark et vivaient alors en état d'hostilité avec le roi Christian.
La ville de Stockholm et lesDalécarliens, qu'unissait une alliance étroite, selon l'opinion de ces temps , et qui étaient les points d'appui de la puissance des Sture, reconnurent immédiatement Sten pour régent. Le peuple en général était pour lui, et ce n'est pas sans raison que la Chronique rimée lui met ces mots dans la bouche : « J'avais un fort appui chez les paysans de Suède , quoique les seigneurs fussent contre moi. )>
Le sénat était partagé. Par habitude, on parla du maintien de l'Union. Erik Carisson
* Le père de Nils Slure , le sénateur Bo Slensson Natt och Dag, avail épousé Karin , fille de Sven Sture de Schleswig de la famille danoise de Sture.
*Laurenlius Pelri.
* C'étaient neuf frères, fils de Peder Aielsson Thotl en Danemark. Érlk Aielsson était investi du gouvernement de la Finlande et avait épousé Élin Sture, tanle de Sten Sture ; Iwar Axelsson , qui commandait en Goltland , avait pris pour femme Madeleine, fille du roi Charles; Sten Sture était lui-même marié à Ingeborg, fille d'Ake Axelsson. Ils étaient en opposition avec Christian, qui^avait réduit les fiefs de leur frère Olof Axelsson. Ils déclarèrent même la guerre au roi en M67.