‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 62 sur 275 · LE PEUPLE ET LE PAYS DEPUIS L'ÉTA- BLISSEMENT DU CATHOLICISME · texte numérisé non relu

LE PEUPLE ET LE PAYS DEPUIS L'ÉTA- BLISSEMENT DU CATHOLICISME

Institutions fédéralives de la Suède.—Le fhinc-tenanctcr (odal- \ bonde) et ses privilèges. — Loi et Jugement. — Pouvoir royal. — Ëglise. — Noblesse. — Bourgcoiiic. — Impôts. — Frontières du royaume. — Culture. — Mines. — Commerce. — Monnaie. ~ Mœurs.

Le tableau de la Suéde au moyen âge n'offre que désordre et confusion sans aucun point lumineux vers lequel l'œil se puisse diriger. Ce qu'il y avait de grandeur et de prestige dans le système de lahiérarchie et de la féodalité et dans l'état florissant des villes du reste de l'Europe & cette époque ne s'étendait guère jusqu'à la Suéde ^ et s'il faut ajouter foi à ce qu'on assure généralement, les qualités éminentes qui faisaient la gloire de nos ancêtres auraient disparu avec le paganisme pour faire place à d'autres vices et à des superstitions nouvelles. Quant à nous, il nous est difïïcile de bien comprendre ce que les anciennes mœurs avaient d'excellent ni ce que les nouvelles eurent de dépravé. L'ombre du paganisme laisse assez d'espace aux créations de l'imagination pour ceux qui récusent le témoignage des faits sur lesgcris plaintifs d'un monde désolé; l'Europe avait assez ressenti ce que nous appelons la valeur des habilans du Nord : c'est aux annales du moyen âge à nous dire combien celte valeur fut funeste à elle-même quand elle fut obligée de prendre ses propres foyers pour champs de bataille de ses guerres civiles. Mais personne ne peut nier que le peuple suédois n'a\t mieux soutenu cette épreuve que la Norvège, qui dans ces luttes sanglantes perdit son existence politique, et que le Danemark, qui vit périr la liberté de son peuple. L'une et l'autre au contraire furent affermies en Suéde, et ce résultat

I Devis« de Gustave l".

suffit pour jeter de l'intérêt sur une époque qui n'avait pas travaillé en vain quand cela pouvait avoir lieu. C'est ce travail du moyen âge que nous allons tâcher de peindre en peu de mots.

La classification d'après la parenté et la confraternité de guerre paraît avQir été l'origine des institutions sociales de nos ancêtres; la famille d'un côté et la hàrad (district) de l'autre en ont été les parties constituantes primitives. L'ordre par centurie dans le combat (hundrade^ cent*)^ d'où vient le nom kundari^ hUrad^, donna naissance â une association pour la défense commune, même pendant la paix ; c'était un ordre social fondé sur un contrat, comme la famille l'était sur la nature. Ce contrat, par les développemens qu'il reçut aux derniers jours du paganisme, prit toutes les apparences d'une confédération. Chaque district {hârad) était formé d'une association entre les pères de famille libres ; chaque pays ou province, renfermé dans ses frontières naturelles, était une association de certains districts unis par une loi commune; enfin le royaume était une association entre les différens pays ou nations (nom qu'ils portaient encore dans le quinzième siècle) sous le roi d'Upsala, qui présidait aux sacrifices communs en qualité de grand roi (ôfverkonung). H fut nommé le roi du peuple * {folk konung) pour le distinguer de tant de rois qui partagèrent d'abord sa puissance, car le nom de roi, qui à la lettre signifiait kaute naissance^ fut longtemps porté par les bergers du peuple, par les petits comme

* Ou pluldt cent vingt , car nos ancêtres comptaient dix fois douze pour cent, résultat qui s'appelle encore dans quelques contrées la grande centaine {Uorhnndrade ). Tacite parle de la division par cent. CenUni ex singulis pagis , — idque ipsum inter 9uos fjoecmtur. 11 observe aussi que Tarméc était divisée par ordre de famille. IVec forluita conglobalio turmam aut cuneum facit, sed familiœ et propinquitatit,

' Suivant VJEdda , l'armée , dans un sens moins large , s'appelait une troupe de cent, Hàrad était son appellation commune dans la Gothie et Hundari dans la Suède proprement dite , à en juger par les anciennes lois. La division en district s'étendit dans tout le royaume jusqu'au fleuve de Dal. Au delà et dans le Norriand, la division et la culture du pays sont plus récentes. Les districts sur les côtes étaient appelés 6'ifc«pp«lag\ dans plusieurs endroits ils ont conservé ce nom, qui rappelle i'origi ne militaire de l'Institution.

> Thiodkanmigr, — L'^dcto dit qu'il ne faut pas appeler rois du peuple les rois tributaires.

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