‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 69 sur 275 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

elles s'ëteodireDl sur le Norriand supérieur, au delà d'Uiheft. C'est dans le moyen pays que se perpétua le plus longtemps Fétat sauyagê, là où plus tard s'élevèrent les districts des mines du royaume. Ainsi là la Loi de J^eêtro^ gathie , qui fait rénumération des églises du diocèse de Skara, n'en compte qu'une seule dans le Yermland oriental; ce pays était donc peu peuplé, tandis que dans les Sagas des Rais le récit deTinvasion du roi de Norvège en 1224 fait mention de hemmans et de bourgades qu'on voit encore aujourd'hui dans le Yermland occidental , qui était habité depuis longtemps. Le nom encore usité de district des mines de Skinskatteberg * prouve que les impôts furent longtemps acquittés en peaux de bêtes ^ comme ils l'étaient dans le Norriand supérieur, d'après la Loi de Helsingie^.

Les plus anciens privilèges des mines leur furent accordés par Magnus Ériksson. La Gothie avait des forges dès le treizième siècle '. Des privilèges de 1340 et 1345, concédés aux mines de Norberg et de Nèricie , font mention de pareilles usines dans la Suède moyenne; ceux de Kopparberg, près de Fahlun, datent de 1347 ; mais il en existe de plus anciens encore, et ce qui constate l'antiquité des travaux des mines ^ c'est qu'en 1268 une maison fut vendue au prix de onze sfteppunds de cuivre^. Des lettres de Magnus Ériksson, de 1344, prouvent que les bourgeois de Hambourg ont acquis de bonne heure une part dans les mines de Kopparberg \ elles leur en confirment l'entière propriété avec les revenus et les anciens privilèges qui y sont attachés *. En 1307, le roi Albrekt engagea aux comtes de Holstein les cent skeppunds qui revenaient annuellement à la couronne des mines de Kopparberg. Les comtes les touchèrent longtemps sur place par leurs hommes d'affaires. On voit en même temps que l'intendant des

' Teitoellement : < La montagne qui fournit ses contributions en peaux. »

* Dans le sud de la Helsingie, fde l'Angermanie et du Madelped, les contributions s'acquiUaient même en toiles, ce qui prouve que Tart de tisser est ancien dans ees contrées , où il est encore un moyen d'existence pour ses habitans.

' Diplotn. «liée., t. 1, p. 268.

* Poids de trois cents li?res.

* Voyez Urkundliche GetehieMe des Ursprungs des devUschen Hanse , von J. M. Lappenberg, t. 2, p.

mines et les mattres ouvriers étaient Allemands * . Le nom de Garpenberg indique que les mines de cuivre ne furent exploitées que par des mineurs de cette nation, car Garp est le nom d'un Allemand , quoiqu'il signifie aussi un étourdi et un bavard. Le roi Erik de Pomé^ ranie accorda en 1413, à ceux qui voulaient s'établir en Ostrogothie et y travailler aux mines, les mêmes privilèges dont jouissaient les mineurs de Kopparberg en Dalècarlie , et prit sous sa protection le Jernberg ( montagne de fer) en Yermland et confirma en 1420 les. privilèges que la reine Marguerite avait donnés à Bitsberg et à Skinskatteberg. Ce fut sous le règne de Sten Sture Talnè que furent découvertes les célèbres mines de Danemora^ celle d'argent de Sala ne le fut que vers lôtO, peu* dant la régence de Svante Sture *. Christianle-Tyran y envoya cent mineurs finnois. Cependant les traditions attribuent une plu& haute antiquité à celles de Tuna , de Wika et deLOf&sen, dans la Dalècarlie. Celles qu'on nomme mines de l'évèque ( biskoppsgrufvor), dans différentes localités , prouvent que les clercs se sont aussi occupés de ce genre d'exploitation. Les principaux districts des mines étaient des asiles pour les criminels, à l'exception des Irattres, des assassins et des voleurs : c'est ce qu'on appelait la paix des mines (bergsfred).

Nous voyons dans les lois quelles espèces de semences le cultivateur confiait à la terre. La Loi de Festrogothie ordonne la dfme du froment, du seigle, de l'orge {bjugg) et de l'avoine. Kom (blé) était le nom générique, et la signification de hjugg (orge) semble indiquer cette dernière espèce, qui mûrissait en moins de six semaines >, comme la plus ancienne -, aussi dans une lettre du pape à l'évèque de Strengnâs, de 1466, est-il question du froment et du seigle comme de grains nouvellement introduits., au delà de la forêt de Kolmârden, sur lesquels on ne devait pas négliger de prélever la dtme ^. Mais il paraît que l'évèque de Strengnfts était sans doute mieux instruit, puisque la Zot de Sudermanie de 1327, qui ordonne à l'évèque de se faire suivre de douze hommes et de quatorze

* Langebek, Des mines de Norvège, pages 10, 96.

* L. c, pages 140, 143.

* Suivant Olaus Magnus.

« « Ex segetibus triiico et siligine, supra Kolmordiam novis et insoUtis. » (GelsCi Bullarium, p. 201.)

eheraux pour assister k la bénédiction des nouvelles églises, prescrit, entre autres choses, de préparer pour Tarrivée de ce prélat un tonneau de pain de froment ou de seigle.

La Loi d'Upland de 1295 ordonne le prélèvement de la dîme sur le froment et le seigle. Cette dernière denrée était regardée comme la meilleure en Suéde du temps d'Olaus Magnus. Le seigle élait cultivé , dés les temps les plus reculés, sur remplacement des forêts brûlées ^ on le distinguait en seigle du printemps et seigle d'hiver-, on ensemençait au commencement de mai et quelquefois plus tard, et Ton moissonnait à la mi-août* : on s'aidait mutuellement dans ces travaux. C'était à la fête de la récolte que se décidaient les mariages qui devaient se faire dans le cours de Tannée. L'abondance de la neige était pour le paysan un présage de fertilité. Il parait que les hivers alors étaient plus longs, plus rigoureux; mais les chaleurs de Tété étaient aussi plus fortes; en général les saisons étaient plus régulières, plus prononcées.

La culture des arbres fruitiers fut introduite d'abord dans la Suède méridionale par les ecclésiastiques; mais il en est parlé dans les lois d'Upland et de Sudermanie, ainsi que des choux et de l'ail. Le lin , le chanvre, les pois, les navets, les haricots, le houblon étaient cultivés. On ajoutait du gale « au houblon dans la fabrication de la bière ; la double bière de mars (mars ôUt) était la plus estimée. Les soins donnés généralement à la propagation des abeilles avaient sans doute pour but de fournir de la bougie aux églises et surtout du miel pour l'hydromel , boisson des anciens Scandinaves : « Pour régaler l'évêque pendant ses voyages , dit la 1,0* de restrogothie , il faut

< OlauBMagnus, lib. XIII, cap. 8 : « Semina inprincipio maji projecta , circà médium augusti mutud ope ruriûularum coUiguntur. » Dans le 8* chap. du même U?re, on dit que le seigle d*hiver était semé {ad occasum eaniculœ) à la fln de la caDieule, c'est-àdire à la fin du mois d'août. Le seigle du printemps ainsi que le froment, le blé et l'avoine se semaient (m fini tauri) vers le 11 mai (vieux style de Suède) et étaient recueillis (m carde leonU) vers le 6 août (vieux style de Suède). Il y a trois cenU ans, les semailles se faisaient donc plus tard qu'aujourd'hui dans la moyenne Suède. Olaus Magnus dit (L XXII, c. 9) que les arbres prennent leurs feuilles à la fin du mois de mai.

■ Myrica Gale.

lui offrir de l'hydromel, ainsi qu'à tous ses clercs. )) Au reste les bougies et les chandelle» étaient un objet de luxe assez rare ; on n'était éclairé que par la flamme du foyer ou par celle du flambeau que le batteur en grange emportait du grand matin, alors comme aujourd'hui, en allant à son travail. Dans les anciens temps, le blé était broyé dans des moulins à bras; le soin en était exclusivement confié aux femmes esclaves*. La Lo% d'Upland fait mention de moulins à eau et à vent. Le pain se faisait, comme de nos jours, en galettes minces et dures qui pouvaient se conserver pendant plusieurs années. Le pain de Noël était plus épais, meilleur et tendre. Le sel était une denrée de première nécessité : on allait le chercher sur les côtes lointaines ; c'est pour cela que Christian-le-Tyran tâcha de gagner la confiance des paysans en leur en faisant distribuer.

On ne peut pas dire que la Suède eût un commerce, quoique depuis longtemps il s'en fît un très-étendu à Gottland. Cette tie fertile avait été de temps immémorial habitée par des Suédois; Texubérance de la population détermina bientôt des émigrations. D'après le supplément de la Loi de Gottland ^ une partie de ces émigrés s'établit à Dagô, sur les côtes de l'Estonie ; les autres suivirent les rives de la Dwiiia et gagnèrent l'intérieur de la Russie , où l'empereur grec , dit-on, leur donna des terres. Les Gottlandais, qui avaient reconnu la suzeraineté du roi d'Upsala, embrassèrent le christianisme après la visite de saint Olof et reconnurent l'autorité de l'évêque de LinkOping dans les affaires spirituelles. Ils s'engagèrent à suivre le roi de Suède dans ses expéditions guerrières et à lui fournir sept vaisseaux ou à lui en donner la valeur en ar-* gent. Le même supplément ajoute que dès le temps du paganisme, ils faisaient un grand commerce, et il est à croire que depuis la domination des Yaraigues en Russie , les Gottlandais se servirent des relations de ces derniers avec leur ancienne patrie Scandinave pour établir le commerce avec la Russie \ mais nous n'en possédons pas de preuve authentique antérieure à la lettre de Grégoire IX à l'évêque de Linkôping et à l'abbé des chartreux , dans, nie de Gottland, sous la date de 1229 et por-

' Voyez la Loi de f^estrogoUde et le Chant du moulin [Grotta savngur) dans VEdda,

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