CHAPITRE VIL
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tant défense, en vertu de Tautoritè de FËgUse , aux habitans de cette tle d'entretenir aucune relation commerciale avec les Russes, ennemis de la chrétienté; mais d'autres témoignages attestent que ce commerce remonte à une époque très -éloignée et que les marchands allemands se sont établis de bonheur dans FUe de Gottland. Les Gottlandals leur avaient probablement indiqué la route qu'ils devaient suivre pour le commerce avec la Russie. Dès le treizième siècle, le grand entrepôt du commerce de Gottland était Nowogorod, dont le plus ancien règlement de métiers ( shrà) porte encore des traces de nominations dues à Finfluence suédoise *. En 1229, la même année où le pape fit interdire par Févèque de LinkOping le commerce avec la Russie , les marchands de Wisby et de Riga firent dans Fîle de Gottland , avec le grand duc de Smolensk, un traité relatif au commerce de la Dwina , d'où les marchandises étaient transportées par terre jusqu'au Dnieper. On voit par ce traité que les Russes commerçaient avec les Lubeckois par l'intermédiaire de Gottland. Les marchands allemands devinrent si puissans dans cette tle que, suivant des recherches récentes, la ligue connue sous le nom de Hanse fut préparée par Funion conclue à Wisby entre les négocians de dilTérentes villes. Cette dernière éveilla même à cette époque la jalousie de Lubeck. Après l'invasion de Waldemar, roi de Danemark, en 1361, la puissance de Wisby tomba pour ne se relever jamais. Bientôt Fîle fut complètement soustraite à la souveraineté de la Suède, et Gottland, dont le droit maritime avait si longtemps fait loi dans l'Europe septentrionale, devint un repaire de pirates.
Tout commerce intérieur et extérieur en Suède se faisait par les Allemands. Les premiers privilèges dont les Lubeckois jouirent en Suède leur furent accordés par Birger-Jarl vers 1250, quoique Lubeck les fasse remonter à la fin du siècle précédent, au temps du roi Canut. Les mêmes libertés s'étendaient aux villes de Hambourg, de Riga , de Rostock, de Wismar, de Slralsund et à toutes les villes anséatiques. Leurs voyageurs de commerce* eurent la faculté de s'établir en Suéde, d'y vivre
A. Voyez Sartorius, l. 2, p. 16.
' Dans les privilégesde Birger-Jarl, Ils sont nommés sueni (commis}.~(Sarlorius, t. 2, p. 52.)
sous la protection de la loi, d'y introduire leurs marchandises sans payer de droits d'entrée, de les faire transporter par terre, s'ils le trouvaient bon, de la Baltique à la mer du Nord , de vendre du sel dans l'intérieur et d'offrir leurs marchandises. Les effets de cette puissance commerciale se firent sentir par Finfluence que les Allemands acquirent dans les villes de Suède et la tyrannie qu'ils exercèrent à Stock* holm pendant le règne du roi Albrekt. Sous celui de Christian I*% on se plaignait que toutes les places dans la capitale étaient occupées par les Allemands , au point qu'il ne restait aux Suédois qu'à se faire bourreaux ou fossoyeurs*. Les Suédois n'ont jamais joui des droits réciproques que leur assuraient les traités avec les villes anséatiques. On fit bien quelques tentatives pour mettre des bornes aux privilèges des Allemands^ mais elles échouèrent faute de persévérance. Quand on réclama de Charles Knutsson le renouvellement de ces privilèges, on assure qu'il répondit que si les marchands des villes anséatiques ne voulaient pas venir en Suède, ils pouvaient rester chez eux. Cependant l'ordonnance du sénat i Telge, en 1491, fait voir qu'on était loin du but qu'on s'était proposé. Il y est dit qu'après avoir parcouru les registres du royaume , on a reconnu les avantages que la Suède tirait de ce que les Allemands faisaient le commerce des villes et y achetaient les productions du pays, de sorte que les Suédois n'avaient pas besoin de les transporter au delà des frontières, ce qui occasionnait dès différends et portait la richesse dans les villes danoises. Ce fut dans l'intérêt de ce commerce qu'on établit des foires libres de tout droit et qui duraient six semaines à Kalmar , à Sôderkôping , à NylôdOse , qui , avec Stockholm et Âbo, étaient les principales villes où les Suédois et les étrangers pouvaient trafiquer comme ils Fentendaient. On attachait à cela d'autant plus d'importance que la douane était un des moyens les plus efficaces pour soutenir le (aux de la monnaie.
L'usage de la monnaie fut introduit bien tard en Suède. Quand il n'y avait .pas balance dans la valeur des marchandises échangées, la différence en plus était payée en morceaux d^or ou d'argent découpés en forme d'anneaux plus
* Voyei les plaintes des Dalécarliens contre Christian I". {Skand, UandLy t. 6.)
ou moins grands , tels qu'on en trouve encore d'enfouis dans la Suède. Le commerce et la piralerie firent circuler les métaux précieux et les monnaies étrangères dans le pays. Les petites pièces d'argent que nos anciens antiquaires attribuaient aux rois païens appartiennent toutes à une époque plus récente *. Dans les trésors que les fouilles ont fait découvrir, il s'est trouvé, parmi de nombreuses monnaies étrangères, quelques pièces que plusieurs antiquaires modernes ont cru venir des premiers rois chrétiens de Suède, Olof Skôtkonung et Anund Jacques , quoiqu'elles paraissent frappées par les Anglais. Il est certain qu'il y avait des monnaies suédoises en usage dans le royaume depuis les Folkunga. La Lai d'Upland parle ù'(hrtugi* frappés , car les divisions monétaires étaient le marc , Vôre (il en fallait huit pour un marc) , V(hrhig (le tiers de Vôre) , et de la menue monnaie (permingar), il en fallait seize en Gothie et huit dans la Suède proprement dite pour un ôrtug, de sorte qu'une pièce de Suéde équivalait à deux de Gothie. Sur la fin du catholicisme, on ne frappait que des ùrtugs et des demi-ùrtugs. Primitivement un marc monnayé valait un marc d'argent. Cette égalité dura peu, et vers le milieu du quinzième siècle, un marc d'argent valait huit marcs et demi de pièces monnayées. Pour rétablir réquilibre, Magnus Ériksson décréta que tous les marchands qui feraient entrer dans le pays des épiceries pour une valeur de quarante marcs seraient tenus d'en déposer un en argent à la monnaie , où il leur en serait rendu quatre et demi monnayés. On peut voir par le Livre des pmsées de la ville de Kalmar, de 1384, que toutes les marchandises d'une valeur de plus de dix marcs, à l'exception du blé et des comestibles', étaient soumises à un pareil droit d'entrée. En 1476, il fallut abolir l'usage où étaient les préposés des douanes de recevoir de la bière double au lieu d'argent *. Les paysans échangeaient leurs marchandises. Depuis longtemps les habitans du Norrland et de l'Ostrobothnie (Finnois) transportaient les produits de leurs troupeaux et de
« Voyez WMtt., HUt. och AnU , Handlingar, I. 13.
^ ôrtug, nom d'une ancienne monnaie suédoise.
' On en a conservé le mannscrlt à la bibliothèque d'Upsala.
* Hadorph, Supplément aux Ckronique$ rimées, t. 2, p. 290.
leur pèche à Stockholm et accq[>taient en échange d'autres denrées de première nécessité ; de même les mineurs vendaient mi-partie de leur fer et de leur cuivre pour du blé. II y avait longtemps aussi que les Helsingiens jouissaient du droit de colporter leurs produits de ville en ville par tout le royaume. Alors comme aujourd'hui ils fréquentaient surtout la foire d'Upsala*. Le trafic de porte-balles (gàrdfarihandel) que faisaient les paysans des districts de Kind et de Mark (Yestrogothie) avec des futailles, des coupes, etc., existait dès le moyen ftge ^ L'abus que firent quelques paysans de la permission de colporter les produits de leur sol et de leur industrie en vendant aussi des marchandises (k&pmanswaror) donna lieu à la défense réservée dans le recess de Kalmar, en 1474. Olaus Magnus dit que de son temps on exportait tous les ans des chevaux suédois pour l'Allemagne : ils étaient de petite taille, mais vigoureux ; on les élevait en plein air , même pendant Thiver , jusqu'à ce qu'ils eussent trois ans : « Les chevaux de Yestrogothie, ajoute-l-il, étaient de meilleure race, propres surtout à la guerre ; aussi étaitil défendu d'en exporter. » L'Ôland se distinguailpar ses chevaux ordinairement très-petits ^ Goltland est renommé par ses moutons. Dans certains districts on employait les bœufs k l'agriculture et aux transports pendant l'hiver; mais il paraît qu'on s'en servait peu , puisque Gustave I" recommande de les appliquer à celte espèce de travaux. Plusieurs provinces, telles que le Smâland, une partie de la Yestrogothie, le Dalsland, le Yermland , la Dalécarlie et tout le Norrland tiraient de leurs troupeaux les principaux moyens d'existence. La chasse offrait une grande ressource par les peaux et les fourrures qu'elle produisait et dont une grande partie passait à l'étranger ; les peaux d'élan y étaient vendues par milliers, ainsi que le petitgris, l'hermine et la martre.
La pèche , surtout celle du saumon et du stromling, était considérable dans le golfe de Bothnie. Des pécheurs et des acheteurs venus de différens points se réunissaient à l'embouchure des grands fleuves du Norrland. Les habitations des pécheurs ont été le noyau des villes ', elles étaient fréquentées annuellement
• Distings tn^rknad (foîrc de disling}.
* Olaus Magnus, K XUI, c. 38.