CHAPITRE Vltl
y ont été obligées à certaines époques du moyen ftge. Les femmes du district de Yârend dans le Smâland ont encore les mêmes droits que leurs frères dans Théritage paternel, et elles ont conservé longtemps à leurs noces des distinctions militaires, qui rappelaient la résistance qu'elles avaient opposée à une invasion étrangère en Tabsence de leurs maris*.
Parmi les usages anciens qui ne sont pas encore entièrement abolis, nous pouvons compter la course des chars, qui avait lieu à la sorlie de réglise le lendemain de Noël (le premier qui arrivait chez lui était aussi le premier qui devait engranger sa récolle'')*, les feux du soir de la Sainte-Yalbourg (!«' mai) dans plusieurs localités *, les grands mftts qu'on plantait en guise de mai et autour desquels on dansait le soir de la Saint- Jean; les jeux guerriers de la jeunesse sur les kÂmulus. Cette dernière coutume existait encore dans les provinces il y a cinquante ans. Le luxe des vètemens et Tabondance de la table distinguaient les grands, quoiqu'ils ne connussent pas une infinité de commodités qui rendent aujourd'hui la vie plus douce. Souvent les fenêtres , même dans les maisons des nobles, étaient pratiquées dans le toit % et les chftssis, au lieu de vitres , étaient garnis de toile goudronnée ou de parchemin. La rareté des vitres leur donnait une telle valeur que les Danois, du temps de Christian P% emportèrent celles du château de Stockholm. L'éducation était austère et guerrière. On rapporte que l'enfant devait gagner son déjeuner en plantant une flèche dans un but donné ^^ quand il était jugé digne de porter les armes {waraktig) , il recevait son dernier soufflet avec exhortation de ne plus souffrir cet ou-
* La tradition flie cet exploit aux temps du paganisme, quoiqu'il soit probablement postérieur.
' On faisait ce jour-là, avant la réforme, des prières pour les récoltes. Dans les temps antérieurs au christianisme , on faisait des sacrifices au milieu de l*hiver pour obtenir une bonne année; mais ces sacrifices avaient lieu au mois de février et correspondaient à la Chandeleur des chrétiens.
'En 1493, le chevalier Hans Akesson fut tué par une flèche tombée par la fenêtre de sa propre maison. ( Diar. Tf^adMU )
^ « Ut non panis pueris exhibeatur nisi sagilta prius teUgerint metam. Reperluntur itaque pueri vix XII annos cgressi tanta peritia sagillandi instructi , ut jussi telo trajiccre caput, pcclus, pedesquc minimarum avium, a longe positarum, Infailibilltcr tangant. • (Olaus Magnus, 1. XV, cl.)
trage * . Les habitans de la Gothie et de la Finlande étaient regardés comme les meilleurs archers. La hache de combat et le javelot étaient les principales armes des Suédois. Le paysan ne sortait jamais sans elles pour être en état de se défendre contre les animaux féroces, surtout contre les loups, que leur hardiesse, habitant des contrées isolées et sauvages, rendait plus redoutables -, il portait ses armes quand il se rendait à l'église , qu'il ne visitait que deux ou trois fois par an*,; ces armes étaient déposées dans le vestibule de l'église, qui porte encore le nom de wapenhufeê (la maison, la chambre des armes). Quelques superstitions, quelques fragmens de prières latines incohérentes marquent encore chez les paysans la trace du catholicisme. Ils ont hérité du paganisme la croyance aux êtres surnaturels, à moins qu'on admette que cette foule de sagas, qui la reproduit sans cesse, natt des entretiens avec une nature sauvage et imposante au milieu de la solitude des moniagnes. Nous n'oublierons pas de citer comme traits principaux de l'ancienne religion du Nord un attachement raisonnable à la vie et un ardent amour pour la liberté. Ce dernier sentiment est vivace chez les Suédois -, il a fait face à tous leurs malheurs, et même en présence de l'oppression étrangère, il les a soutenus par l'espérance d'un meilleur avenir.