‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 73 sur 275 · GUSTAVE WASA. — DÉLIVRANCE · texte numérisé non relu

GUSTAVE WASA. — DÉLIVRANCE

Gustave Ériksson (nom qu'il portait et signait avant d'être roi; descendait d'une ancienne famiUe suédoise qui depuis deux siècles avait donné des membres au sénat du royaume'. Le

* Stjemhôk {DêjureSuionum vetui(o) dit que celte cérémonie n'avait lieu que lorsque les fils des nobles étalent jugés dignes déporter les armes. Olaus Magnus rapporte (I. XIV, c. 9) que les jeunes gens recevaient ce soufflet in sacramento confirmationis ; ainsi il leur était donné au retour de celte cérémonie religieuse si le récit est eiact.

* Il en était encore ainsi à la On du quinzième siè-» de, suivant Olaus Magnus, dans certains endroits du Vermland.

> Le premier de la famille qui soit connu est le chevalier Kettil Carlsson, membre du sénat, 1322-1330. (Voyez Peringskold. Monumenta Upîandica, p. 70.)

nom de Wasa, que qaelque»-un8 font dériyer da hameau de Wasa en Upland, et d^aulres, avec plus de probabilité , de son ëcusson ', n'a été porté ni par lui ni par ses ancêtres, car les surnoms n'étaient pas en usage parmi les nobles suédois de cette époque. Cette famille devint puissante sous le riks drots * Christer Nilsson, qui exerçait la régence en Suède et qui eut un gendre, un neveu et deux petits-iils investis de cette dignité ou sur le point de Tèlre >. Un des fils decet homme considéré, Jean €tiristersson, s'allia à la maison du régent Sten Sture Taîné, en épousant Brite, sœur de ce dernier. Il réconcilia le parti patriote avec une famille qui avait jusque-lé défendu avec chaleur les intérêts de TUnion. Les sentimens haineux contre les patriotes que nourrissaient les Wasa semblaient suspendus ainsi que leur influence turbulente. Qn ne voit figurer dans aucune affaire importante le grand-père de Gustave , ce Jean Christersson , ni son père , le sénateur et chevalier Erik Johansson. Le dernier avait épousé M*"' Cécile d'Éka*, d'une famille dont plusieurs membres avaient sacrifié leur vie pour établir la domination danoise. Erik Johansson est appelé un seigneur jovial et chatouilleux ; cependant il était d'un caractère bouillant dans sa jeunesse. En 1490, il fut obhgé de faire amende honorable à la bourgeoisie de Stockholm , dans l'hôtel de ville , pour plusieurs actes de violence, et de promettre de ne plus faire charger de fers les individus ni de les frapper comme des bêtes , mais de laisser juger légalement les pauvres bourgeois qui couperaient du bois dans ses forêts ou pécheraient dans ses eaux.

Gustave, fils aîné d'Erik Johansson', naquit

* WaM9 (gerbe) signifie dans les armes de Gustave, «rai«, fascine dont on comble;les fossés pour monter k Tassant ; c'est pourquoi l*on nomme sa famille Siorm wase (fascine d'assaut). Originairement, la fascine était Doire dans les armes. Gustave la fit Jaune ; c'est depnis ce temps qu'on Ta considérée comme une gerbe.

* Le plus haut fonctionnaire de Justice dont le nom a disparu après la révolution de 1809.

> Son gendre était Bengt JOnsson {Oxeiu^ema), régent en 1448; son neveu p l'archevêque Jôns Bengtsson, régent de 14&7 A 1465 ; ses peUts-Gls, Keltil Karlsson» évéque de Linkdping. et son frère Erik Carisson, qui promit à sa femme dans une lettre de lui offrir la couronne de Snède.

^ FUie de M&ns Carisson, seigneur d'Éka.

' Il avait un frère, Magnus, seigneur de Rydboholm, mort en 1529 et qui n'a laissé aucun souvenir.

au château de Lindholmen (qui appartenait alors à sa grand'mére Sigrid Baner) , dans le Roslagen, en 1490, s'il en faut croire l'opinion unanime des auteurs modernes, qui veulent être mieux instruils que les anciens ; car ceux-ci , même les plus rapprochés du temps de Gustave, ne connaissaient pas l'époque précise de sa naissance. Charles IX, qui corrigea lui-même l'histoire d'Erik Johansson TégeP, lequel admet la même date , donne, dans sa Chronique rimée , deux ans de plus à son père. Peder Brahe*, neveu de Gustave, croit qu'il naquit en 149Ô. Nous avons comparé plusieurs des anciennes chroniques manuscrites sur l'histoire de Gustave, que Tégel a suivies dans la sienne: elles différent peu entre elles ^ maison y trouve, outre les dates que nous avons mentionnées, celles de 1497 et 1496 ^ la dernière est celle qui nous semhle la plus exacte ou du moins la plus probable , car on connaît mieux le jour que l'année de la naissance de Gustave : c'était le 12 mai, et ce jour était celui de l'Ascension *; mais de toutes les années citées, il n'y en a qu'une , 1496, où celte fête se trouve le 12 mai. Cette circonstance, jointe à. d'autres, milite donc puissamment en faveur de notre opinion.

Gustave n'avait encore que quelques années lorsque le roi Hans (Jean), dans sa tournée en Suéde, le vit jouer avec des enfans de son âge *. Le roi le flatta de la main en lui disant : « Si lu vis , tu seras un jour un homme remarquable. » On dit même qu'il voulut l'emmener en Danemark. Le vieux Sten Sture, craignant que le roi ne voulût plutôt s'assurer un otage que se choisir un flls adoptif, détourna pour quelque temps le danger qui fondit plus tard sur le jeune homme. Gustave fut envoyé à son père, qui était alors gouverneur de l'tle d'Àland : « A cette époque, disent les chroniques, les Danois appelaient les enfans des nobles des louveteaux. )i

Tous les récits s'accordent à dire que le jeune Gustave commença ses études à Upsala, en 1Ô09. Cette seule circonstance prouve l'erreur

* Tégel, dans la dédicace de son Histoire de Gus^ tave l*\k Gustave-Adolphe, dit qu'on pourrait la regarder comme l'ouvrage de Charles I\.

* Dans sa chronique manuscrite de Gustave I«'. Ce n'est qu'une copie de celle de Rasmus Ludwiksson, avec des observations et des supplémens.

"Tégel, d'après les chroniques.

«En 1499 on 1501.

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