‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 97 sur 275 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

rassemblée de Yadstena en 1524, il avait été déjà résolu que le roi aurait le droit d'eoregistrer les rentes et les revenus de la couronne et de tenir un relevé des paysans contribuables et des francs tenanciers dans chaque province, afin que sa majesté pût juger d'un coup d'œil de rétat financier du pays. Lorsque les biens du clergé furent séquestrés, le roi fit chercher dans les églises et dans les couvens les registres de leurs revenus , qui servirent probablement de modèles pour ceux de la couronne. Le premier relevé des revenus du trésor date de 1544 et fut fait par le roi lui-même. La répartition des impôts eut lieu dans toutes ou presque foutes les provinces du royaume; elle ne portait pas sur les tètes (matUal) : c'était un impôt foncier. Celui qui possédait plus payait plus, tandis que d'après les anciennes coutumes, chaque paysan {fulUusen bonde) qui possédait la quantité de terre déterminée par la loi payait toujours une égale portion de Tirnpôt. On ne peut nier que la culture ne se soit beaucoup améliorée pendant le régne de Gustave l". Quant à la circonstance de Tcxportation des céréales, elle ne fut qu'accidentelle ; il serait même difficile de prouver que la Suède produiaait assez pour faire face à ses propres besoins. Le roi dit qu'il se rappelait qu'en lôôO, une exportation de ce genre fut suivie de la disette. 11 permit au trésor d'acquitter, si elle était légitime, la créance d'un Hollandais 'qui avait fourni du blé *, il ordonna dans la même année à la bourgeoisie de Stockholm d'acheter des grains à Dantzig pour alimenter le pays. L'année suivante il en fit distribuer de ses propres magasins aux pauvres*. Aucun roi de Suède n'a plus encouragé la culture : il se plaisait a à comparer ces conquêtes pacifiques à celles de l'armée des Goths que la faim chassa de la Suède et qui allèrent chercher un autre sol jusque dans les vallées de la Suisse, qu'habitent encore leurs descendans. La Suède, par l'établissement des colonies dans les forêts incultes et les déserts du Norriand, avait acquis de vastes contrées, telles que la Helsingie,le Medelpad, l'Angermanie, la Norbothnie. De tels exemples portèrent à l'imitation ; car la Suède avec la Finlande est, grftce à Dieu, si étendue qu'on ne doit pas se plaindre de manquer de champs, de prairies et d'autres terres

* Voyez les ordres expédiés aux intendans et aux prêtres de la Sudermanie (0 Juillet I5âl) d'aider les paysans avec le blé des magasins du roi.

utiles. » C'est pourquoi le rd combat l'habitude des paysans de s'établir dans les anciens ha* meaux et boui^ades et de s'embarrasser déplus de terres qu'ils n'en peuvent cultiver.

' Le règne de Gustave fait aussi époque pour l'exploitation des mines : celles d'argent , à Sala, que le roi dessécha, rapportèrent, d'après les comptes de 1539, 47,994 livres. En 1553 il était peu satisfait des travaux de Stora Kopparberget, dont le produit ne couvrait pas les frais*. Il parait cependant que cet état de choses s'améliora dans les dernières années, car le roi Jean III atteste que l'exploitation de la mine eut lieu de nouveau, même du vivant de son père, aux frais de la couronne. Elle était cependant encore inondée en 1563 -, mais l'extraction du cuivre était très-considérable en d'autres endroits, comme à Garpenberg, où elle fut , dit-on , conduite avec succès*. Les meilleures mines du royaume, celles de Dannemora , avaient été concédées en 1532 à un bourgeois de Stralsund , Joachim Piper et à une compagnie. Gorius Holsl , mal famé depuis les troubles de Stockholm, pour lesquels il avait été gracié, y avait aussi son intérêt. Le roi était mécontent de cette compagnie. Elle transportait d'abord le minerai à Stralsund et à Vismar, ce qui lui avait été permis pour faire des essais sur sa richesse'; puis elle exporta le fer en barres, et le roi lui en fit la défense en 1545, par la raison que les privilèges ne le permettaient pas : a Ils ont été accordés, dit-il, afin que la compagnie employât les plus habiles mineurs à l'eiïet de nous indiquer les meilleurs procédés pour la fabrication du fer*. )) Le roi invita des ouvriers consommés à s'établir dans le royaume. En 1535 il avait déjà donné l'ordre à son agent en Allemagne >* de recruter quelques mineurs bons et expérimentés : cet ordre fut renouvelé en 1537.

* Le duc Erik, que le roi y envoya en 1554, écrivit aux paysans de la Dalécarlie orientale de prêter leur assistance pour épuiser Teau qui s'opposait à Texploitation de la mine.

* Lettre du roi au prince ÉrilL en date du 2& octobre lÔM. La mine de cuivre d'Atwidaberg fut aussi exploitée par le roi.

> Lettre du roi à son agent à Stralsund : c'était Olof Larsson , à ce qu'il paraît. {Archives du royaume de 1533.)

* A Staffiin Sasse. (u4rchive$ du royaume de 1545.)

^ Olof Larsson étudia la métallurgie aux frais du roi.

Il eut pour effet d'attirer des fondeurs et des , forgerons allemands : le roi les chargea de construire des forges et des fourneaux dans plusieurs parties du royauîuc*, et do ces forges, qui appartenaient à Gustavt) lui-ntôine, la fabrication du fer n^arlelé , qui fut l'objet de l'attention particulière du roi, se répandit dans tout le royaume*. Mais pendant les troubles qui suivirent , beaucoup de ces usines furent détruites, et Vancien fer d'Osmond^ reprit son crédit et le conserva jusqu'en 1604, époque où l'on suivit l'impulsion donnée par Gustave et où Ton adopta les améliorations qu'il avait introduites. Les scieries hydrauliques étaient inconnues en Suède-, il fut le premier qui en amena l'usage. Le môme Marcus Hammarsmed qui avait construit tant de forges pour le roi bâtit pour son compte plusieurs de ces scieries*. Un architecte suédois, qui avait appris son art en Bohême , l'appliqua en Norvège en 1531 •. Le commerce prit un nouvel essor. Après la guerre de Lubeck, en 1536, il fut libre avec les villes allemandes moyennant un droit de douanes de cinq pour cent sur le prix de toutes les marchandises importées^. Les droits sur le sel et le houblon étaient moins élevés. L'exportation des comestibles était prohibée '. Cette défense se renouvelait sr)uvcnt ; quelquefois elle était levée, comme il arriva pour Kalmar en 1546 -, la disette alors se faisait sentir. En 1545 le roi excita les marchands à fréter des bâlimens pour l'Atlantique : il en donna lui-même l'exemple eu expédiant deux navires pour la Hollande et Lisbonne*. Trois ans plus tard, il défendit le

* On élablit des forges el des toarneaux è V&nga , en Oslrogothie, è Molala, è iVora,à Fellingsbro, prés de Gefle, à Stockholm et dans les montagnes du Vermland.

' Il écrivit aux forgerons de Vester&s en 15&0 de mieui soigner leur ouvrage, car ce qu'il avait vu à Stockholm était de mauvaise qualité et mal travaillé.

» Le fer (TOsmotid est fait d'après le mode le plus ancien et le plus simple. l\ était coupé en petits morceaux , mais adhérent par les eitrémités, et exporté dans des tonneaux,

* l\ parait lu'il avait Tinspeclion des mines du roi. (Voyez Archives du royaume, 1648, 1554.)

» Hvitfeld, Histoire le Frédéric /''.

° Le droit d*exportation fut fixé â 3 pour cent en 15G0.

' Stjcrnman, Cbm. och econ. fdrordningar, 1. 1 , p. 70.

* Voyez la lettre à Botvid Larsson, en date du 14 mars, dans les Archives du royaume de 1546.

commerce avec Lubeck et provoqua en 1550 entre les bourgeois des villes une convention par ]a(]uelle ils pn^meltaient de s'abstenir de ce eCommerce ^ cependant le roi ne s'opposait pas à ce que les vaisseaux des villes anséa tiques continuassen( c^ visiter les ports de la Suède : (c Ai)rè8 cet engagement , dit Tégel, les bi>urgeois et les marchands commencèrent à diriger leurs vaisseaux vers la France, l'Espagne, PAnplelerrc et la Nioderlande^ ils fréquentèrent moins la Baltique qu'ils n'avaient coutume do le faire. Ils avaient bien plus d'avantage à cchetcr les marchandises étrangères dans les villes situées sur la mer du Nord que de les recevoir de troisième ou quatrième main à Lubeck ou dans d'autres ports de la Baltique. » En 1642 Gustave avait contracté avec François P' une alliance défensive cl commerciale qui reçut plus de développement et dont les conditions furent mieux déterminées par le traité de 1559. Le sel qu'on importait de France fut exempté de tout droit. Le traité de commerce de 1526 avec les Pays-Bas fut renouvelé en 1551 ^ la même année, il en fut signé un semblable avec l'Angleterre. La paix avec la Russie, confirmée en 1526 et en 1537, procura aux marchands suédois la liberté du commerce avec la Russie et la faculté d'y établir les comptoirs et les établissemens qu'ils avaient autrefois à Nowogorod. Tous les traités faits avec le Danemark contiennent des articles relatifs au commerce, quoique le roi le favorisât moins qu'il ne l'entravait. Il s'informa et fit connaître à ta Suède quelles productions avaient le plus d'écoulement en France pour les échanger contre du vin et du sel; en Angleterre contre du drap, du zinc et du plomb; dans les Pays-Bas contre des étoffes de soie, des toiles, des épiceries et du sucre ; en Danemark contre du salpêtre et du houblon ; en Allemagne contre des épées , des armures, des ustensiles de cuivre jaune et des merceries*.

En 1559 le commerce avec l'étranger employait 62 vaisseaux chargés à 3,150 lasts suédois. On exportait le fer d'Osmond, le fer en barres , des mâts , des planches , du bois , du beurre, du suif, de l'huile de poisson, de l'huile de chien marin, du saumon, des anguilles, des pelleteries, des chèvres et des chevaux". Le

* Stjernman, 1. c, 1. 1, p. 100.

' J. Bergius, Actes de V Académie des sciences ,

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