CARTES-LETTRES. TIMBRES-POSTE COLONIAUX
Chiffres-taxes.
Les chiffres-taxes ont une signification absolument opposée à celle des timbres-poste : les timbres-poste représentent le port acquitté par l'envoyeur; les chiff"res-taxes indiquent le port à réclamer au destinataire.
1858-1859. — Aux term.es d'une décision du ministre des Finances, en date du 14 octobre 1858, exécutoire à partir du i*''" janvier 1859, les taxes à recouvrer pour les lettres locales, jusque-là figurées, comme pour les lettres de bureau à bureau, par des chifi"res tracés à la main ou apposés à
l'aide d'un timbre humide, seront représentées à l'avenir par des timbres gommés, dénommés chifFres-taxes, appliqués en nombre suffisant sur les lettres, soit par les préposés des bureaux, soit (en ce qui concerne les correspondances recueillies et distribuables au cours d'une même tournée) par les facteurs.
Il est créé une catégorie unique de chiffrestaxes : à 10 centimes.
i""' type du chiffre-taxe*
Vignette carrée, de 2 centimètres de côté. Du cadre noir se détachent en blanc : des lignes, prolongées, dans les angles, en dessin d'ornement; en haut, le mot « chiffre », au bas le mot « taxe », et, des deux côtés verticaux, le mot « postes ». A l'intérieur du cadre, imprimé en noir sur le fond blanc « 10 centimes à percevoir » en quatre lignes, le dernier mot formant la dernière ligne, disposé en courbe légère. Non pointillé. Ce type sera appliqué par la suite aux figurines
Fig. 10.
de diverses valeurs qui seront successivement créées jusqu'au mois d'août 1880.
1862. — La loi de finances du 2 juillet 1862, établissant le budget de 1863, élève à 15 centimes, au cas de non-affranchissement, à partir du i*''' janvier de cette dernière année, la taxe des lettres locales; elle entraîne, par voie de substitution, la création des chiffres-taxes à i 5 centimes et la suppression de la figurine primordiale à 10 centimes.
1871. — La loi du 24 août 1871, exécutoire à partir du i*''" septembre suivant, dont l'économie a été indiquée au chapitre précédent, a fixé la taxe des lettres locales non affranchies à 25 centimes jusqu'à 10 grammes; 40 centimes, de 10 à 20 grammes; 60 centimes, de 20 à 50 grammes; I franc, de 50 à 100 grammes; puis, au delà, à 40 centimes en plus par 50 grammes ou fraction de 50 grammes excédant. Pour représenter les taxes simple, double et triple, il est créé des chiffres-taxes : à 25 centimes, noir; à 40 centimes, bleu pâle; et à 60 centimes, orange.
1875. — La taxe des lettres locales non affranchies est modifiée de la façon suivante par une loi du 3 août 1875 • ^5 centimes jusqu'à 15 gram-
mes; 50 centimes, de 15 à 30 grammes; 75 cen-' times, de 30 à 50 grammes; au delà, augmemation de 40 centimes par 50 grammes ou fraction de 50 grammes excédant. Les chiffres-taxes à 60 centimes, n'étant plus susceptibles d'entrer dans la composition d'une taxe locale, l'Administration les retire du service le i" février 1876.
1878. — La loi du 3 avril 1878, qui a fait l'unification des taxes en supprimant les distinctions précédemment existantes entre la taxe des lettres locales et celle des lettres circulant d'un bureau à un autre, fixe à 30 centimes, par 15 grammes ou fraction de 15 grammes excédant, la taxe des lettres non affranchies; cette disposition, exécutoire à partir du i*""" mai suivant, a pour conséquence le retrait des chiffres-taxes à 25 et à 40 centimes, et l'émission de figurines à 30 centimes (noir) et à 60 centimes (bleu pâle), représentant les deux premiers degrés de la taxe.
1880. — Une décision du 6 août 1880 modifie le modèle du chiffre-taxe à 30 centimes. Le nouveau type adopté à cette occasion et émis au commencement de 1881, a été généralisé depuis; il est encore en usage.
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2^ type du chiffre-taxe.
Mêmes dimensions que le timbre-poste , et pointillé comme lui. Ce chiffre-taxe est composé d'un dessin d'ornement entouré d'un cadre fond noir duquel se détachent en blanc les mots suivants : en haut « chiffre », au bas « taxe » ; sur les deux côtés verticaux « postes » ; aux angles gauche supérieur et droit inférieur les lettres « R. F. » Sur le dessin d'ornement se déroule en travers une banderole coupant le cadre des deux côtés et portant en gros caractères, imprimée, noire sur le fond blanc, l'inscription « trente centimes à percevoir ».
1882. — Jusqu'ici l'emploi du chiffre-taxe était limité aux lettres locales. A partir du i" octobre 1882 , il est étendu aux correspondances de bureau à bureau, sur lesquelles il sera apposé par le bureau destinataire. Cette mesure simplifie considérablement la comptabilité de la taxe des lettres et fait supprimer plusieurs formules de relevés, notamment cet imprimé haut et fort étroit que
nos prédécesseurs avaient facétieusement dénommés les « bretelles » et encore les « états longs ». Le 2"^ type (1880) du chiffre-taxe à 30 centimes est généralisé, et pour faire face aux besoins créés par le nouveau régime, il en est créé à I, 2, 3, 4, 5, 10, 15, 20, 40, 60 centimes; I, 2 et 5 francs, tous imprimés en noir sur fond blanc.
1881. — La communauté de modèle et de couleur rend facile la confusion entre les chiffrestaxes à 1,2, 5 centimes d'une part; i, 2, 5 francs, d'autre part. Pour remédier à cet inconvénient, les chiffres-taxes à i, 2 et 5 francs seront imprimés en brun Van Dyck; on épuisera, toutefois, les réserves en magasin.
1887- 1888. — Les chiffres-taxes sont bien nombreux; l'expérience a démontré que la consommation est très peu importante sur plusieurs catégories; aussi supprime-t-on successivement, en principe :
Le chiffre-taxe de 20 centimes au mois d'avril 1887, le chiffre-taxe de 40 centimes au mois de juin suivant, et celui de 2 francs au mois de juin
Les bureaux ne seront pas réapprovisionnés des figurines, après épuisement des réserves en caisse.
Cartes postales.
La première idée de la carte postale a été émise dans la conférence internationale de Carlsruhe, en 1865, sans succès immédiat. Ce mode de cor-
Fig. 12, 13. — Filets de cartes postales.
respondance fut inauguré en Autriche, au tarif de 2 kreutzers (5 centimes) en 1869. Les dimensions de cette première carte postale sont celles d'une feuille in-8 pliée en quatre. Il en fut vendu 400000 le premier mois; c'était le prélude du succès général réservé à la carte postale dont la consommation annuelle en Europe dépasse actuellement un milliard.
Au cours de la discussion du budget de 1871,
M. Wolowski, député, demanda radoption, dans notre pays, de la carte postale, déjà usitée alors dans toute l'Europe, moins la France et la Turquie. Hâtons-nous d'ajouter que deux années avaient suffi pour la propager et que l'ajournement de son institution chez nous n'a été motivé que par la crainte de voir la carte postale se substituer à la lettre dans une très grande proportion, à un moment où le Gouvernement devait recourir à la surélévation des impôts pour subvenir aux charges énormes léguées par la guerre. M. Wolowski proposait les taxes de lo centimes pour les cartes postales circulant dans le ressort d'un bureau de poste, et de 15 centimes pour celles qui seraient acheminées d'un bureau sur un autre. Un certain nombre de députés, tout en s'associant au principe de la création, proposèrent de restreindre l'usage de la carte postale à la correspondance échangée entre les soldats et leurs familles; ces vœux, présentés sous forme d'amendement, furent écartés.
1872. — M. Wolovv^ski reprit l'année suivante son projet qui prévalut, cette fois, sur l'opposition du ministre des Finances, et la carte postale fut
créée par la loi du 20 décembre 1872, dans les conditions de taxe primitivement proposées : 10 centimes et 15 centimes, selon que la circulation était, ou non, limitée à l'arrondissement postal du bureau de dépôt.
1873. — Au mois de janvier, l'Administration
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met en vente les premières cartes postales, établies sur carton léger, de deux modèles. Tune pour le service local, l'autre pour la correspondance de bureau à bureau; elles ne portent pas de signe d'affranchissement, et doivent recevoir, par le soin des agents, avant d'être livrées au public et à l'endroit indiqué par un tracé rectangulaire à l'angle droit supérieur, le timbre-poste représentatif du port. Le recto, préparé pour la suscription, ne doit porter aucune autre indication, le verso étant exclusivement réservé à la correspondance.
6o HISTOIRE DU TIMBRE-POSTE FRANÇAIS
Divers modèles, une douzaine, variant pour le texte imprimé et l'encadrement, furent successivement pratiqués.
1875. — Au mois d'octobre, l'industrie privée est autorisée à fabriquer des cartes postales et à les vendre directement, à la condition qu'elles aient exactement les dimensions des cartes de fabrication officielle : 12 centimètres de large sur 8 de haut; que le poids soit de 2 grammes au moins, de 5 grammes au plus, et que le recto reproduise absolument et sans additions les indications des cartes vendues par l'État; toutefois, la vignette d'encadrement n'est pas imposée.
1876. — En vertu du décret rendu pour l'exécution du traité de FUnion générale des Postes, la carte postale, restreinte jusque-là aux relations intérieures, est introduite, à partir du i^' janvier, aux rapports avec les pays de l'Union; taxe : 20 centimes pour les contrées les plus éloignées d'outremer; 15 centimes pour les autres pays.
A partir du mois de juillet, les cartes postales peuvent recevoir sur la suscription , comme les autres objets de correspondance, une griffe, une étiquette ou une mention manuscrite indiquant le
HISTOIRE DU TIMBRE-POSTE FRANÇAIS Ôl
nom, l'adresse et la profession de l'envoyeur.
1878. — L'article 2 de la loi du 6 avril 1878 établit l'unité de taxe (10 centimes) pour les cartes postales circulant en France et en Algérie, à partir du i"^ mai suivant.
A dater du mois d'août, les cartes postales portant imprimée la figurine d'affranchissement, à
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10 centimes et à 15 centimes, sont substituées aux cartes primitives sur lesquelles on devait coller le timbre-poste. De simple imprimé, la carte postale est ainsi transformée en valeur fiduciaire; ses dimensions sont portées de 12 à 14 centimètres pour la largeur et de 8 à 9 pour la hauteur.
1879. — Les décrets des 4 février et 27 mars réduisent la taxe des cartes postales, de 15 à 10 centimes pour la i'"" zone de l'Union postale, et de 20 à 15 centimes, pour la 2*" zone.
Un arrêté du 21 juin établit l'a carte postale
avec réponse payée : à 20 centimes, pour la France, l'Algérie et la 1'^ zone de l'Union postale; à 30 centimes pour la 2"" zone de l'Union. Ces dispositions, exécutoires à partir du i'' juillet suivant, sont également applicables aux cartes fabriquées par l'industrie privée.
1881. — Un décret du 7 septembre ayant supprimé, à partir du i'^'" octobre, les surtaxes maritimes établies pour certains pays lointains d'outremer formant jusque-là la 2^ zone de l'Union postale, 2*" zone qui se confond, à dater de ce moment, avec la i''^ les cartes postales, simple à 15 centimes et double (réponse payée) à 30 centimes, restent sans emploi et sont retirées du service.
1882. — Aux termes d'instructions du mois de décembre, confirmées par l'article 15 de l'arrêté ministériel du 24 novembre 1883, les timbres-poste découpés des cartes postales ne peuvent être utilisés pour Taffranchissement d'autres objets; mais les cartes détériorées ou hors d'usage peuvent être échangées dans les bureaux de poste, contre des timbres-poste, à valeur égale.
1887. — Un arrêté du 12 mai permet, sur auto*risation spéciale du ministre, la mise en vente, à
prix réduit, voire la livraison gratuite au public, des cartes postales achetées à l'Administration, et revêtues ensuite d'annonces imprimées. Toutefois, les receveurs des Postes ne peuvent participer à ces opérations.
iggg, — L'arrêté du 5 octobre admet à circuler comme carte postale toute carte portant au
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recto le timbre d'affranchissement, l'adresse du destinataire et même les nom et adresse de l'expéditeur; au verso, de la correspondance, des mentions soit manuscrites, soit imprimées de quelque nature qu'elles soient. Les dimensions peuvent varier de 9 à 14 centimètres pour la largeur et de 6 à 9 pour la hauteur; le poids, de i gr. 1/2 à 5 grammes. Ces dispositions s'appUquent aussi aux cartes avec réponse payée, de fabrication non officielle.
1889. — Un arrêté ministériel du 30 avril autorise l'inscription, au recto des cartes de fabrication officielle ou privée, de mentions ou indications (annonces, réclames) concernant l'expéditeur, à l'exclusion de toute correspondance ayant un caractère personnel.
1890. — Un arrêté ministériel du 8 décembre 1890 rapporte toutes les dispositions autorisant l'échange, contre des timbres-poste, des enveloppes timbrées, des cartes postales, des cartes -lettres, des cartes-télégrammes et des bandes timbrées.
Enveloppes et bandes timbrées.
Dès 1823, un Suédois, le lieutenant d'artillerie Treffenberg, avait proposé à la Diète, l'émission d'un papier timbré destiné à servir d'enveloppes aux lettres, qui se trouvaient ainsi affranchies : c'était exactement l'idée de l'enveloppe timbrée.
Nous avons parlé, au début de cet ouvrage, de l'enveloppe Mulready, adoptée en Angleterre en
Presque tous les pays instituèrent successivement ce système, que les Chinois pratiquèrent
longtemps avant nous. Les Fils du Ciel avaient trois sortes différentes d'enveloppes portant, dans le style imagé des peuples orientaux, l'indication de leur affectation respective :
i" Enveloppe officielle servant à la correspondance des ministres avec les gouverneurs de province ; rose, avec l'inscription suivante en caractères rouge vif : « Q.ue le ciel accorde noblesse et bénédiction à toutes les générations. »
2" Enveloppe pour la correspondance limitée à l'intérieur du pays; blanche, portant en caractères roses : « Moyennant 3 sapèques, cette lettre ira par delà toutes les provinces de la Chine et s'arrêtera au bord de la mer. »
3'' Enveloppe pour l'étranger; verte, en caractères rouges : « Moyennant 10 sapèques cette lettre ira par delà toutes les mers et toutes les grandes montagnes. »
1882. — Par une loi du 20 avril, le gouvernement français a été autorisé :
1° A mettre en vente des enveloppes et des bandes timbrées, revêtues du signe d'affranchissement ;
2° A faire imprimer le timbre d'affranchisse-
ment sur les enveloppes et bandes présentées à cet effet par le public.
Un décret rendu le lo août suivant, pour l'exécution de cette loi, détermine le prix des enveloppes et des bandes timbrées : i centime par enveloppe et i centime par trois bandes, en dehors de la valeur représentée par l'affranchissement.
Le public sera admis à présenter des enveloppes et des bandes au timbrage, moyennant la valeur représentative de l'affranchissement, majorée de 2 francs par mille d'enveloppes, et de i franc 20 centimes par mille de bandes.
Aux termes d'un arrêté du 8 septembre, exécutoire à partir du i*''" octobre, il est mis en vente des enveloppes de trois formats différents, uniformément timbrées 15 centimes, et deux catégories de bandes d'un même format, à i et à 2 centimes.
L'estampille Groupe allégorique est imprimée en bleu sur papier bleuté pour les enveloppes des trois formats; en noir à i centime, et en brun à 2 centimes pour les bandes, lesquelles sont de papier chamois bulle.
Les enveloppes présentées au timbrage par le
HISTOIRE DU TIMBRE-POSTE FRANÇAIS Çi'J
public devront avoir au minimum 7 centimètres sur 10; au maximum, 24 sur 35.
Les bandes devront être présentées en feuilles de 10 au moins; leurs dimensions seront, au minimum, de 35 millimètres de hauteur sur 15 centimètres de longueur, et, au maximum, de 6 centimètres sur 40; le timbrage ne pourra être requis pour moins de mille.
Les timbres-poste découpés des enveloppes et des bandes ne peuvent être employés pour affranchir d'autres objets; mais on peut échanger, à valeur égale, pour des timbres-poste, dans tous les bureaux, les enveloppes et les bandes mises hors d'usage pour une cause quelconque.
En vertu d''un décret du 7 novembre 1882 et d'un arrêté ministériel de la même date, sont émises, le i 5 novembre, des enveloppes de petit format, estampille verte sur papier vert, affranchies à 5 centimes et pour lesquelles la valeur matérielle de l'enveloppe est fixée à un demi-centime.
1883. — Mise en vente, à partir du 19 mars, de bandes tim.brées à 3 centimes. Mêmes conditions et même papier que pour les bandes à i et à 2 centimes ; estampille rouge (arrêté du 8 mars 1883).
1887. — Émission, en juin, d'enveloppes blanches à 5 centimes au même prix que les enveloppes vertes d'égale valeur; estampille verte.
Aux termes d'un arrêté du 12 mai, les enveloppes timbrées achetées dans le service, puis revêtues d'annonces, peuvent, de même que les cartes postales-annonces, être livrées au public à prix réduit, gratuitement même.
1889. — Un arrêté ministériel du 12 janvier autorise la mise en vente d'enveloppes grand format affranchies à 5 centimes, destinées surtout aux papiers d'affaires. Ces enveloppes, de couleur jaunâtre pâle, sont mises en vente à partir du mois d'août suivant.
Cartes-lettres.
1884. — En exécution de la loi du 20 avril 1882, autorisant le gouvernement à faire imprimer le timbre d'affranchissement sur les enveloppes et bandes présentées à cet effet, un décret du I" mars 1884 admet le pubHc à présenter au timbrage à 15 centimes des cartes-lettres non pliées, au prix de 4 francs le mille en sus de la valeur de l'affranchissement. Un arrêté ministériel a été rendu
le 7 du même mois, pour l'exécution de ce décret : le papier doit être de couleur claire et de qualité suffisante pour recevoir une bonne empreinte; le format de la carte-lettre ouverte ne doit pas dépasser 30 centimètres sur 40.
1886. — A partir du 15 juin, mise en vente, au prix de 15 centimes pour le service intérieur, et de 25 centimes pour les relations internationales, de cartes-lettres fabriquées par l'État, et portant l'empreinte « groupe allégorique » du timbreposte représentatif de leur valeur. La carte portant l'estampille bleue de 1 5 centimes est d'abord chamois; elle est grise à partir du mois de novembre i88é; la carte pour l'étranger est rose avec estampille noire.
Comme pour les cartes postales ainsi que les enveloppes et bandes timbrées, les timbres-poste découpés des cartes-lettres ne peuvent affranchir d'autres objets de correspondance.
A partir du mois de septembre, des cartes-lettres non gommées sont mises en vente dans les bureaux importants, afin que les envoyeurs puissent les passer au registre des copies de lettres avant de les fermer.
1887. — Arrêté ministériel du 12 mai, autorisant, sur demande adressée à l'Administration, la mise en vente, à prix réduit, voire la livraison gratuite, en dehors du concours des agents, de carteslettres fabriquées par l'État et revêtues ensuite d'annonces imprimées.
1890. — Mise en vente au mois de juillet d'une nouvelle carte postale d'une teinte chamois clair uniforme des deux côtés. Le timbre est imprimé en couleur brun pâle.
Timbres-poste coloniaux.
Ce chapitre serait incomplet si nous ne disions un mot des valeurs fiduciaires postales de nos Colonies.
De 1860 à 1872, le timbre-poste colonial est carré, représentant un aigle, les ailes ouvertes; il en existe à i centime vert olive; 5 centimes vert clair; 10 centimes jaune bistre; 20 centimes bleu; 40 centimes orange et 80 centimes rose. Petit format; non pointillé.
En 1872, on écoule par les colonies un stock à l'effigie de Napoléon III, laurée, comprenant des
timbres non pointillés à i centime olive; à 5 centimes vert; à 30 centimes (deux nuances : brun et brun clair) et à 80 centimes rose.
Suivent, les uns en 1872, les autres en 1873, les timbres Tête de la Liberté à l'exception de la figurine à 5 francs; à partir de 1877, le groupe allé-
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gorique la Paix et Mercure employé depuis Tannée précédente dans la métropole avec les couleurs primitives et ensuite^, de 1878 à 1880^ avec les couleurs substituées à celles-ci pour les timbres à I, 2, 4, 10, 15, 20, 25 (successivement bleu, noir sur rouge, et jaune) et 35 centimes. Aucun timbre des colonies n'est pointillé jusque-là.
Enfin, au mois de juin 1881, un nouveau type spécial est adopté : Femme assise s'appuyant de la main gauche sur une ancre et tenant un fi'agment de sceptre dans la main droite ; à droite, en haut u Colonies, Postes », dans le bas « Repu-
blique française ». Le chiffre indiquant la valeur est tracé dans un parallélogramme. La couleur de chaque timbre est la même que celle du timbreposte correspondant du service métropolitain; il en existe à i, 2^, 4, 5, 10, 15, 20, 25 (deux couleurs successives : jaune sur jonquille et noir sur rose), 30, 35, 40, 75 centimes, et à i franc. Ces timbres sont pointillés.
Les chiffres-taxes sont du type actuel de la métropole, mais ne sont pas pointillés \ on en emploie dans le service colonial, à partir de 1884, à 5, 10, 15, 20, 30, 40, 60 centimes noir; i, 2 et 5 francs brun Van Dyck.
Les colonies ont aussi, avec le même type imprimé, des cartes postales : simples, 10 centimes, estampille noire sur carte violette doublée blanc, et avec réponse payée, 20 centimes, estampille noire sur papier bleu clair; des cartes-lettres à 15 centimes pour Tintérieur de la colonie, estampille bleue sur papier carte gris, et à 25 centimes pour l'extérieur, estampille noire sur papier carte rose; et des bandes timbrées estampillées : noir, sur papier bulle chamois, à i centime; brun, même papier, à 2 centimes; rouge, même papier, à
3 centimes; brun, sur papier bleuté, à 4 centimes; vert sur papier bulle chamois, à 5 centimes.
Nous parlerons plus loin, dans un chapitre concernant particuUèrement les collectionneurs, des surcharges officielles au moyen desquelles, au cas d'épuisement de certaines catégories, il y est pourvu, plus particulièrement dans les Colonies, au moyen d'une modification temporaire d'autres figurines.
Chacune de nos principales colonies aura prochainement un timbre-poste distinct.
Timbres spéciaux aux bureaux français à l'étranger.
Les timbres en usage dans les bureaux de poste français à l'étranger sont les mêmes que ceux de la métropole, mais ils portent une surcharge en encre noire ou rouge, indiquant leur valeur :
En monnaie turque (25 cent. = i piastre; 50 cent. = 2 piastres; 75 cent. =•- 3 piastres; I fianc =4 piastres; 5 fi^ancs = 20 piastres) pour les bureaux du Levant;
Et en monnaie espagnole (centimos et peseta) pour celui de Tanger. La peseta vaut un franc.
Ces surcharges existent depuis le i6 août 1885 pour les bureaux du Levant et depuis le i"' janvier 1891 pour Tanger.