‹ Histoire de timbre-poste françaisChapitre 8 sur 15 · PRÉPOSÉS A LA VENTE. REMISES AUX INTER- MEDIAIRES · texte numérisé non relu

PRÉPOSÉS A LA VENTE. REMISES AUX INTER- MEDIAIRES

Aux termes d'une circulaire du 20 décembre 1848, la vente des timbres-poste est d'abord interdite à toute personne étrangère à l'Administration; nous trouvons dans cette mesure une nouvelle manifestation des craintes exagérées de contrefaçon qui dominaient au début de l'institution. Les facteurs eux-mêmes, seuls préposés à la vente avec les titulaires des bureaux de poste, ne pouvaient, qu'au cours de leurs tournées, en approvisionner le public; il leur était interdit d'en vendre à leur domicile.

Certains facteurs se montrent récalcitrants à faire l'avance de la valeur des timbres-poste

qu'ils sont chargés de vendre. Pour vaincre cette résistance, l'Administration est obligée d'avertir son personnel qu'elle considérera tout fait de ce genre comme un refus de service entraînant la peine de la suspension de fonctions.

La circulaire n° 12, du 22 juin 1849, porte que plusieurs directeurs ont demandé que les débitants de tabac, boîtiers et entreposeurs fussent autorisés à vendre des timbres-poste ; mais l'Administration estime qu'il n'y a pas lieu, « pour le moment du moins », d'adopter cette disposition. Quelques mois plus tard (arrêté du 21 janvier 1850) le Ministre des Finances autorise l'Administration à faire vendre des timbres-poste, au prix nominal des taxes que représentent ces figurines, par les entreposeurs de dépêches, les boîtiers et les débitants de tabac : véritable charge d'emploi, comportant un danger de pertes, sans compensation. Il n y avait pas grand empressement à attendre des préposés, dans de telles conditions. Aussi, pour stimuler leur zèle, a-t-on vite jugé indispensable de les intéresser pécuniairement et, le 31 août 1853, une remise de 2 0/0, à prélever par voie de défalcation du prix d'achat,

est accordée aux boîtiers de Paris, comme essai. En présence des bons résultats obtenus, la mesure est étendue (décision du Ministre des Finances, du 3 juin 1854, appuyée sur un décret de la même date) d'abord à tous les agents, sousagents et personnes étrangères à l'Administration chargées de la vente des timbres-poste , puis (décision du 21 décembre 1854) aux vaguemestres des armées de terre et de mer.

Une circulaire du 16 juin 1854 prescrit aux directeurs des bureaux d'approvisionner, à partir du i" juillet suivant, les préposés à la vente, dans les proportions ci-après, au minimum : facteurs, boîtiers comamissionnés et préposés des gares, 5 francs; distributeurs, 10 francs; débitants de tabac, des villes, 10 francs, et des communes rurales, 5 francs. Dans le but de prévenir le mauvais effet de cette obligation, un appendice à cette instruction fait remarquer que la remise de 2 0/0 compense et au delà la perte d'intérêt du capital représentant l'approvisionnement.

La remise allouée aux personnes obligées ou simplement autorisées à vendre des timbresposte, est ramenée de 2 0/0 à i 0/0 à partir du

HISTOIRE DU TIMBRE-POSTE FRANÇAIS lOQ

i^"" janvier 1862, aux termes d'une décision ministérielle du 16 décembre i86r.

A dater du i" juillet 1878 (décision du 20 mars 1878), cette remise qui, jusque-là, profitait exclusivement aux titulaires des bureaux pour les figurines vendues directement par eux au public, est attribuée, dans les bureaux composés, pour moitié au titulaire, et pour moitié, par parts égales, aux commis principaux^ commis et surnuméraires.

La vente des timbres-poste a été étendue aux guichets des bureaux télégraphiques par une décision du mois d'avril i88r, et aux bibliothécaires des gares où il n'existe ni débit, ni sous-débit de tabac, par une décision du 7 juillet 1888.

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