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OBLITÉRATION DES TIMBRES-POSTE

Aux termes d'une circulaire du 20 décembre 1848, rannulation, ou oblitération des timbresposte s'effectue d'abord « au moyen du timbre à date, fortement imprégné d'encre ». Mais, à peine la figurine a-t-elle paru qu'une instruction du 3 janvier 1849, constatant que le timbre à date marque insuffisamment ou que l'empreinte s'efface aisément, annonce l'envoi prochain d'un timbre oblitérant et d'une encre spéciale. En attendant, les agents doivent continuer à faire usage du timbre à date, mais en employant l'encre d'imprimerie; au cas d'impossibilité de se procurer de cette encre, les timbres-poste devront être annulés au moyen « d'une large croix faite à l'encre, à la

main, au travers du blanc de la petite figure de la République », les barres se prolongeant sur la lettre même. En présence des nombreuses omissions d'annulation signalées, il est, en même temps, décidé que chaque constatation de l'espèce entraînera une retenue de traitement de 5 francs, à peine d'amende plus forte en cas de récidive, ou contre les agents qui ne signaleraient pas les manquements imputables à leurs correspondants.

Le timbre oblitérant annoncé est envoyé au cours du même mois; il représente un « losange grillé ». Les agents ne devront pas employer d'autre encre que celle qui leur est fournie par l'Administration, et ils éviteront de la modifier par addition d'huile, la composition chimique de cette encre étant la même que celle de l'encre servant à l'impression des figurines, de telle sorte que les tentatives de lavage attaquent la vignette, en même temps que la marque oblitérante.

Une circulaire du 22 juin 1849 insiste en vue de parer aux omissions d'annulation; étant donné que l'amende fixe appliquée jusque-là frappe d'une manière inégale les agents selon que leurs appoin-

tements sont plus ou moins élevés, les bases d'application sont modifiées : dorénavant, et à partir du i^'' juillet suivant, les amendes seront graduées de I franc à 5 francs selon l'importance du traitement de l'agent fautif : i franc et i fr. 50 cent, pour les bureaux simples et de 2 à 5 francs pour les bureaux composés, suivant la classe. Il est aussi recommandé de ne frapper qu'une fois les timbresposte de l'empreinte oblitérante, certains agents, par un excès de zèle nuisible au contrôle, apposant plusieurs empreintes les unes sur les autres. Le timbre oblitérant est officiellement dénommé « timbre à losanges ».

Aux termes d'un arrêté du Ministre des Finances, en date du 6 décembre 1850, la peine applicable aux omissions d'annulation est réduite à une amende, égale à la valeur du timbre dont l'oblitération aura été négligée, et double de cette valeur, en cas de récidive. Cette pénalité devait elle-même disparaître, ainsi, d'ailleurs, que toutes les punitions pécuniaires, abolies par une décision ministérielle (M. Cochery), du 15 janvier 1878.

Circulaire du i'^'' janvier 1852 : substitution, au timbre à losanges^ d'un timbre oblitérant d'un

nouveau modèle « dont la surface, armée de pointes coniques », puisse pénétrer le papier et y laisser des traces qui empêchent « le lavage et le double emploi de la figurine ». Ce timbre porte au centre un numéro conventionnel, correspondant au rang du classement alphabétique du bureau, de manière à permettre, au besoin, de reconnaître, à ce timbre, Torigine de la lettre; pour Paris et les bureaux ambulants, les chiffres sont remplacés par des initiales; celui du « Départ » de Paris est étoile et ne comporte ni lettres ni chiffres; la section de . « l'Etranger » du même service emploie aussi des timbres-roulettes à pointes coniques, pour oblitérer plus promptement les timbres-poste apposés parfois en grand nombre sur des correspondances comportant un port élevé. Quelques années plus tard, et au fur et à mesure des remplacements, les dimensions du numéro d'ordre central du timbre oblitérant des bureaux sédentaires sont portées au double.

A la suite de la décision du 17 novembre 1859, qui a créé les timbres-poste à i, 2 et 4 centimes, le Directeur général de l'Administration décide, le 5 octobre 1860, en annonçant la mise en circula-

tien, le i^'' novembre suivant, du premier de ces timbres, que roblitération des figurines apposées sur les imprimés aura lieu au moyen de l'application du timbre à date du bureau expéditeur.

Les timbres des cartes postales doivent d'abord être annulés au moyen du timbre oblitérant (loi du 20 décembre 1872).

Enfin, au mois de mars 1876, l'unification s'opère dans le procédé d'oblitération et, depuis cette époque, les timbres-poste sont, sans distinction de nature de correspondances, annulés au moyen du timbre à date, dont la machine à timbrer Daguin facilite aujourd'hui l'application correcte, en frappant d'un seul coup les lettres d'une double empreinte portant, l'une sur le timbreposte, et l'autre sur la suscription.

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