‹ Histoire de ToulouseChapitre 102 sur 317 · Fabricants de dés à jouer · texte numérisé non relu

Fabricants de dés à jouer

règlements en 1478. Ils avaient cessé d'être nomades comme aux siècles précédents, mais ce sont, pour la plupart, des gens du Nord; ils habitaient presque tous près de la Maison commune, rue des Imaginaires (de la Pomme), et leur confrérie, dédiée à saint Jean l'Evangéliste, se réunissait au Taur. Calligraphes et peintres, ils ont vu leur monopole rudement atteint par l'imprimerie, introduite à Toulouse à l'époque même de leurs statuts. En mars 1478, cinq enlumineurs se plaignent aux capitouls que le libraire Guyot Brisson fait peindre par ses apprentis les livres qu'il vend. En fait, vers la moitié du xv^ siècle, les enlumineurs sont devenus de vrais peintres, sous l'influence de l'Italie toute proche, ainsi qu'en témoignent les miniatures des Annales, à dater de 1430. Quelques-uns de ces artistes sont étrangers à Toulouse, comme Contarini, qui a peint l'entrée du dauphin en 1488 {^), et Laurent Rob^m ou Robini. Aux enlumineurs ou peintres il faut ajouter les peintres-verriers, très nombreux au xv^ siècle, dont les statuts, renouvelés d'anciens règlements perdus, datent de 1506. Nous connaissons le nom de deux d'entre eux : Antoine de Louly, qui, en 1459, orna de verrières les fenêtres du Petit-Consistoire, et Guillem Viguier, dit Papillon, qui monopolisa les commandes dans toute la province et exerça sur la corporation une sorte de domination. La demeure de ce Guillem Viguier se trouvait rue de la Porterie (place du Capitole). De ces vitraux anciens, il nous reste malheureusement peu de chose (^).

Le nombre des corporations, l'effort de reconstitution et Le commerce, de réglementation des métiers, l'ascension de la bourgeoisie, tout cela révèle une remarquable « reprise » économique après l'arrêt et le recul marqués par la guerre de Cent ans. Toulouse reprend son rôle de centre de transactions et d'affaires, celui que lui vaut sa position géographique. Dès la fin du xv^ siècle, le commerce avec l'Espagne est actif; c'est ce trafic qui a commencé la fortune des Bernuy, dont le plus ancien représentant vit à la fin du xv^ siècle dans notre région. La propagation de l'imprimerie montre aussi l'activité des relations

1. Il a peint également, sur les murs du Consistoire, l'entrée de IVIarie d'Anjou, peinture disparue.

2. Quatre vitraux du xv« siècle dans une chapelle de l'église Saint-Etienne.

avec le dehors; Toulouse est la quatrième ville de France à avoir sa presse, après Paris, Strasbourg et Lyon. Surtout, Toulouse est un centre régional, une capitale économique pour une zone qui s'étend jusqu'à Agen, jusqu'à l'Adour, jusqu'aux Pj^rénées, aux Corbières et aux Cévennes. C'est pour la région non moins que pour la ville que travaillent les ouvriers du textile, du fer, du cuir, de l'argent ou de l'or.

Les hôtelleries. I^e nombre des hôtelleries prouve la fréquence des déplacements; elles attendent le voyageur le long ou à proximité des deux routes croisées déjà signalées; nous en connaissons, par les cadastres, les pittoresques enseignes : celles du Lion d'Or et du Serpent, rue de l'Inquisition (^) ; l'auberge du Sauvage, tenue par Peyronet Delfau, rue de l'Homme-Armé {^); l'hôtellerie de Saint-Christophe, rue des Tholosains ou de la Fonderie; celle du Cerf -Volant, même rue; celle de la Couronne, rue de la Dalbade; l'auberge du Chapon-Noir, place des Carmes; le Logis de la Véronique, dans la ruelle mettant en communication la rue des Tourneurs et l'impasse Saint- Géraud(^); l'auberge de la Colombe, sur le sol de l'ancien archevêché; l'auberge de la Clef, place Esquirol; celle du Cheval-Blanc, rue Malaret; l'hôtellerie des Balances, détruite par la construction des Arcades, à l'entrée de la rue Gambetta, dont nous connaissons le propriétaire à la fin du XV® siècle,- Nicoulou Aboirdi; l'Hosteleria del Cap del More, rue d' Astorg (*) ; de l' Ave-Maria, n^ i6, rue des Arts, et, dans la même rue, celle du Capel- Rouge (^), brûlée en 1460; et aussi l'Hostellerie du Grand-Soleil, au n^ 12 de cette rue des Arts (^) ; le Logis des Trois-Rois et l'hôtellerie du Château de Milan, rue Peyras; les Trois-Rois encore, rue Sainte-Ursule, et l'auberge de la Vache, rue Jean-Suau. Arrêtons cette

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