N° 14, disparu dans le percement de la rue de Metz
6. C'était une des seize auberges à enseigne privilégiée et où descendit l'empereur d'Autriche Joseph II, en 1777. Non loin de VAve-Maria, dont il vient d'être parlé, étaient installées, en 1628, les Dames d'Aiidouin, que Dumége a confondues avec les Dames noires, logées nii d'Astorg. Ce numéro 16 de VAve-Maria est devenu l'hôtel Ramel, légué aux hospices de Toulouse; c'est là qu'était l'ancienne poste aux chevaux, transférée, en 1865, au boulevard de Strasbourg, n" 10.
énumération. On imagine volontiers le remue-ménage que produisait dans ces logis, souvent peu spacieux, l'arrivée des voyageurs avec leurs chevaux et voitures, leurs mulets, leurs ânes avec le bât traditionnel, armé de chaque côté de deux crochets servant à supporter des colis, des ballots; en général, on garait ces modestes baudets dans certaines rues; de là, le nom de rue des Azes, qui est longtemps resté (^).
Il faut se représenter, au moyen âge, une population four- I.a vie urbaine. miUante, avec une foule d'artisans, d'ouvriers, de pa3^sans, venant aux marchés quotidiens, où flottait l'âme éparse de la Gascogne, à la Pierre, à la Daurade, au Salin; population entassée dans des logis austères, aux rares ouvertures, dans des rues sinueuses et étroites ; population bruyante, parlant fort l'idiome savoureux et chantant qui était alors le langage de tous, des capitouls au dernier apprenti. Elle vit beaucoup au dehors, comme partout dans notre Midi, dont le ciel et le soleil sont doux à l'homme; insouciante, résignée aux fléaux périodiques : guerres, pestes, famines, incendies, subissant par eux des coupes sombres, multipliant après les désastres et offrant, à la veille du xv® siècle, les signes d'une incontestable vitalité et d'une prospérité réelle. ly' existence quotidienne ne lui ménage pas les occasions de satisfaire sa curiosité et de provoquer des commentaires; ce que nous avons raconté montre à quel point cette existence était pittoresque et variée. Visites royales, entrées de grands personnages, élections capitulaires, fêtes religieuses si nombreuses avec leurs pompes se déroulant à travers la ville, défilés des confréries de métiers, incidents de tous genres, ou comiques, ou tragiques, séditions, spectacles militaires, exécutions au Salin ou place Saint-Georges, exposition au pilori, devant la Maison commune, tout cela s'ajoutait aux marchés et aux foires pour créer, à Toulouse, une animation qu'elle n'a plus connue dans les temps modernes. Que de vieux usages, créateurs de mouvement et d'allégresse,