‹ Histoire de ToulouseChapitre 11 sur 317 · Chapelle Sain te- Aime · texte numérisé non relu

Chapelle Sain te- Aime

2. Saint-Pierre-Saint-Géraud, place Esquerot, n° lo (disparue)

Maria Fabricata), fut élevée au v® siècle sur l'emplacement peut-être d'un édifice romain, peut-être d'un temple gaulois. Elle avait la forme d'un dodécagone recouvert d'une coupole ouverte en son centre. A l'intérieur, les douze pans portaient trois rangées de niches superposées, qu'encadraient des colonnes de marbre et des arcatures; du côté de l'autel, ces colonnes (^) se surmontaient de perroquets en mosaïque; l'entre-colonnement offrait des paons autour de vases. La voûte et les murs de cet édifice étaient ornés de mosaïques coloriées sur un fond d'or, représentant des anges, des prophètes, des saints. Le fond des niches était tapissé de petites pièces de marqueterie (( induictes et crous- ,5^^^^^^^ tées d'or, de la grosseur et forme d'un dez, transparentes comme crystal et peintes de diverses couleurs ».

C'est de cette décoration que proviennent l'épithète latine ajoutée au vocable de cette église et la dénomination romane de daoïi-

rado (dorée) , qui subsiste encore : A vSainte Marie de la Daurade (vSanctse Marise Deauratse). Nous savons qu'elles représentaient, en personnages grandeur nature, des scènes de la Nativité, la Vierge, les patriarches, prophètes et apôtres, costumés à la romaine, en une ordonnance qui ne manquait pas d'harmonie. Toulouse pouvait s'enorgueillir d'une œuvre d'art peut-être comparable aux ensembles de Saint-Vital ou de Saint-Apollinaire de Ravenne i^).

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ChiiMe de J^léléagre ( Tcni/oiute)

1. Il en reste 4 au musée, 4 rue Joutx- Aiguës, au n° 4 ; 24, offertes, au xviii'' siècle, par les Bénédictins, à M. de Montégut, se trouvaient alors dans son château, près Muret, et fuients transportées dans la suite à I,uchon.

2. Les poètes du xvi'' siècle ont souvent parlé de la voûte d'or de Sainte-Marie. Jean de Grazide, dans un chant royal de 1533, parle ainsi de cette église : « Sur cette voulte d'or s'eslève une autre voulte. » Pierre Tressabot, maître es jeux, s'adressant à la fameuse image de la Vierge conservée autrefois dans l'église de Sainte-Marie de la Daurade, s'écrie : « Dessoubs ta voulte d'or, Vierge, à toi je me clame. »

Toulouse à la période wisigothique.

De la ville même, à cette période, nous ignorons tout. lycs Wisigoths n'y ont pas laissé de traces, tandis que Carcassonne garde encore leur empreinte. Toujours ceinturée de ses murs du iii^ siècle, elle avait ses quartiers, qui seront les partidas du moyen âge, divisés, comme à Rome, en insulœ ou îlots de maisons (melos ou moulons). Le faubourg Saint-Cyprien n'était pas clos de murs, puisque, au moment de la Croisade, Montfort l'a occupé sans difficulté. Les dizeniers, magistrats de quartier, remontent peut-être aux Wisigoths. L'organisation municipale romaine subsiste, les vainqueurs n'ayant rien changé aux institutions des vaincus; mais, comme les rois installaient un comte dans les villes, il est probable que l'autonomie dont Toulouse jouissait aux temps romains a été réduite. Elle a conservé son activité économique. Ses corporations d'ouvriers et de marchands, qui datent de l'antiquité, ont traversé l'obscure période barbare pour reparaître et s'épanouir au moyen âge.

Epoque franque.

Révolte

de Gondovald.

Les trésors

de Rigonthe.

L'époque franque n'est pas moins incertaine que l'époque wisigothique. En 508, Toulouse appartient au royaume de Clovis; son évêché relève de la métropole de Bourges. Jusqu'en 533, on ignore de quel Etat elle fait partie. En 555, elle est mentionnée comme possession de Childebert, roi de Paris et de Neustrie. Après la mort de celui-ci, elle adhéra peut-être, avec une partie de l'Aquitaine, à la révolte de Chramne contre son père Clotaire I^r. On voit déjà apparaître l'opposition entre le Nord et le Midi. En 584, le duc Gondovald, bâtard de Clotaire I^'', chef des leudes soulevés contre Clotaire II et Contran, roi de Bourgogne, s'empare de la ville, aidé par le duc Didier qui y commandait. Celui-ci, ayant appris la mort de Chilpéric et l'arrivée de Rigonthe, sa fille, que son père envoyait en Espagne, avec cinquante chariots chargés d'objets d'or, d'argent et d'effets précieux, pour épouser Reccared, fils du roi wisigoth Leovigild, avait volé les trésors de la princesse et l'avait contrainte à se réfugier, dénuée de tout, dans le sanctuaire de la Daurade, « où se trouvaient les proscrits du roi son père » (^).

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