‹ Histoire de ToulouseChapitre 110 sur 317 · N» 7, rue Perchepinte; n° 5, rue du May, etc · texte numérisé non relu

N» 7, rue Perchepinte; n° 5, rue du May, etc

Les statues

de la

hapelledeRieux.

I/a Vierge de Bruguières,

au XIII® siècle où il donnait dans le Nord des fruits admirables. Tel est pourtant, dans notre Midi, le résultat de la croisade albigeoise; elle fut suivie de l'étouffement, par l'Inquisition, des consciences et des libres activités. Mais, brusquement, la tradition des tailleurs de pierre méridionaux, de ceux qui sculptèrent V Ascension de Saint-Sernin et les chapiteaux des cloîtres de Saint-Etienne ou de la Daurade, se renoue, en plein xiv® siècle; voici qu'apparaît une école toulousaine, avec ses procédés à elle et son caractère original, qu'on s'efforce d'expliquer, faute de mieux, par l'influence du dehors, particulièrement de la Bourgogne (^). Ce qui la marque d'un sceau particulier, c'est, avec la vigueur de l'exécution, une technique déjà preste et sûre, un souci de réalisme parfois brutal, une observation précise de la vie, du détail pittoresque, et un sens dramatique d'une rare intensité.

Le musée des Augustins garde une série de statues devant lesquelles on pourrait prononcer le mot de chef-d'œuvre si l'on y découvrait la recherche et la réalisation d'une beauté plastique. Ce sont, d'abord, les dix-sept statues qui proviennent de la chapelle de Rieux. Le franciscain Jean de la Tissenderie, mort évêque de Rieux (1324-1328), fit construire cette chapelle au sud-est de l'église des Cordeliers pour abriter sa tombe, et il l'entoura de vingt images de Dieu, delà Vierge, des douze apôtres et des saints de son ordre (2). Dans ce magnifique ensemble, le moyen âge vit encore tout entier par le sentiment et la foi qui pénètrent les attitudes, les gestes et les phj^sionomies ; mais la richesse des détails et l'élégance de l'exécution révèlent un artiste amoureux de son art et qui sait regarder la nature. Beaucoup plus loin dans l'observation du réel est allé l'anonyme qui sculpta, pour l'oratoire dominicain de Notre-Dame de Grâce, à Bruguières (Haute- Garonne), la charmante Vierge à l'enfant du musée, trouvant l'attitude si vraie de la jeune mère qui retient le bambino prêt à s'élancer bras tendus et qui se retourne d'un mouve-

I. C'est la théorie de IVI. de I^aliondès. Nous avouons ne pas comprendre en quoi les statues de Rieux (xw» s.) ont pu procéder de l'influence des maîtres bourguignons du xv« siècle. On peut songer aux maîtres tailleurs de pierre de nos cathédrales françaises du xm^ siècle ou à une infiltration de l'influence italienne des maîtres de Pise.

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