‹ Histoire de ToulouseChapitre 120 sur 317 · Il opérait dans un local loué au Salin · texte numérisé non relu

Il opérait dans un local loué au Salin

rasis, le banquier; Assézat est d'Espalion. Ainsi s'accumulent des fortunes considérables; plus que jamais, Toulouse est une « cité magnifique, brillante, populeuse et riche « (^). En 1551, Henri II ordonne que les tailles de la ville et gardiage s'imposeraient deux tiers sur les biens immeubles roturiers et ruraux, un tiers sur les habitants de la ville, (( eu égard à leur fort mobilier, marchandises, gains et profits ». Le 9 juillet 1548, les marchands de Toulouse adressent un placet au roi; ils réclament le même privilège que L^'on, Anvers, Londres et les villes italiennes, le droit d'établir une « Bourse commune des marchands » avec celui de nommer « ung de leur compagnye, muable chacun an », pour juger en première instance. Par lettres patentes (juillet 1549), Henri II établit la Bourse de Toulouse, association de marchands dirigée par un prieur et deux consuls avec juridiction, qui permet à ces marchands de s' imposer pour élever un immeuble. Le siège primitif fut à l'hôtel de ville; les capitouls, mis en demeure de fournir un terrain à bâtir, ne se pressèrent pas de répondre. Sans doute, craignaient-ils de voir un pouvoir rival s'élever en face du leur, puisqu'ils s'arrogèrent le droit, à leur sortie de charge, d'être nommés prieurs ou consuls. Ce n'est qu'en 1602 qu'ils se décidèrent à acheter, à l'angle des rues de la Bourse et Clémence-Isaure, la chapelle Ingolèse sur l'emplacement de laquelle s'élève le bâtiment actuel.

Les Bernuy. Les meilleurs exemples de ces magnats du commerce tou-

lousain sont les Bernu}^ et les Assézat. Jean de Bernuy était le fils de Don Juan de Bernuy, gouverneur de Burgos; il s'établit, déjà très riche, à Toulouse, avant 1499; naturalisé, bourgeois de Toulouse en 1505, il augmenta encore sa fortune par la culture et la vente du pastel, dont il avait des champs immenses dans le Lauraguais (Saint-Germier, Lux, Trébons et Auriac). Sa richesse était considérable; après Pavie, il se porta caution de la rançon de François I^'*. Il obtint les honneurs capitulaires en 1533, épousa Marguerite du Faur de Saint-Jory, puis Marguerite de Foix-Carmaing, fut seigneur de Villeneuve-le-Comtal, Paléficat et Lasbordes. Il eut la faveur de recevoir le roi François I®"" dans son hôtel récemment achevé (4 août 1533). Il mourut à soixante-quinze

I. Pierre de Mascles, cité par Roschach. Revue des Pyrénées, 1896, p. 214.

ans, à une date inconnue, postérieure à 1550, et dans des circonstances tragiques, tué par un taureau qui devait servir à un combat contre des dogues ; il fut inhumé dans la chapelle Saint- Jacques, au cloître des Jacobins. Ses fils et filles furent alliés aux plus illustres maisons toulousaines, aux Foix-Carmaing, aux Castelnau-de-Clermont-Lodève, aux Duranti.

Pierre Assézat était le cadet de trois frères, associés pour les affaires, qui se fixèrent à Toulouse de 1525 à 1530. Ils venaient du Rouergue, d'Espalion, et s'enrichirent dans le commerce du pastel (^). Les deux aînés, Bernard et Noël, qui avaient épousé les filles du marchand Delpech, leur compatriote, moururent vers le milieu du xvi® siècle. Pierre eut en mariage la fille de Jean Cheverr\^ riche marchand et capitoul (1535-1536). Sa situation, très florissante, le désigna pour les fonctions de receveur général de la reine douairière, Eléonore d'Autriche (1548). Capitoul à deux reprises (1551-1552, 1561-1562), député de Toulouse à l'assemblée des notables de 1557, seigneur de Ducède (2), il se trouvait à l'apogée lorsque, ayant adhéré à la Réforme, il fut compromis dans la prise d'armes protestante de mai 1562. Pendant dix ans (1562-1572), il subit des poursuites, saisies et confiscations, traqué par la municipalité, protégé par le roi. Il finit par abjurer le protestantisme après la Saint-Barthélémy et mourut en son hôtel en 1581. Sa fille Jeanne épousa le conseiller Jean de La Mamye, son fils Pierre siégea au Parlement (1592) , comme ses deux neveux Pierre et Bernard, fils de Noël (1578 et 1567). C'est ainsi que les affaires menaient aux fonctions publiques, plus que jamais dans la première moitié du xvi^ siècle. L'ascension de la bourgeoisie vers la noblesse, par le capitoulat ou les offices royaux, s'achève au moment de la Renaissance.

L'aristocratie nouvelle a son oligarchie, quelques familles qui tendent à monopoliser l'argent et les honneurs et qui s'unissent étroitement entre elles par des mariages : les plus marquantes sont les du Faur, les Nolet, les Lancefoc, les Cheverry, les Delpech, les Barrassi, les Bernuy, les Assézat,

Les Assézat,

L'aristocratie nouvelle.

1. Du 22 avril au 12 mai 1556, Pierre en débarque 2.748 balles à Bordeaux; ses entrepôts, à Toulouse, se trouvaient rue des Blanchers, n°' 44-46, angle de la place des Pêcheurs ou I,asplacettas.

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