‹ Histoire de ToulouseChapitre 13 sur 317 · I. me REQVIESCIT WILLELMVS COMES COGNOMINE TALIAFER · texte numérisé non relu

I. me REQVIESCIT WILLELMVS COMES COGNOMINE TALIAFER

ATQVE RAIMVNDVS BERTRAISTDI

Beaucoup de grands personnages ont été ensevelis dans des sarcophages antiques, tel Charlemagne, à Aix-la-Chapelle.

de l'Albigeois, du Querci et du Toulousain »; ce sont là, en effet, les domaines comtaux dans le premier siècle de la dynastie. Le Rouergue, que les premiers comtes avaient possédé, fut séparé dès 864, après la mort de Raimon I^^, et ne revint aux Raimon que plus tard. La Provence, que Taillefer avait eue en héritage, fut donnée, en partie, à son second fils, Bertrand, tandis que l'aîné, Pons (103 7- 1060), garda, outre les anciens domaines, le comté de Saint-Gilles. Il semble y avoir joint le Velay (1053) et, suivant les traditions paternelles, disposa à prix d'argent de l'évêclié du Puy. Au sud, le comté de Toulouse s'étend jusqu'aux Pyrénées et au comté de Cerdagne, englobant dans sa mouvance le comté de Foix. Mais, à la mort de Pons, ses domaines furent partagés, suivant un usage général au moyen âge, usage contraire aux intérêts des grandes dynasties et qui a retardé l'unification de la France. L'aîné des fils, Guillaume IV, eut le Toulousain, le Quercy, l'Albigeois, le Lodévois, le Périgord, l'Agenais, le Carcasses et l'Astarac. Le cadet, Raimon, eut le comté de Saint-Gilles et la Provence, avec le Rouergue, dont il hérita en 1066, le Gévaudan et le Bas-Languedoc (Nîmes, Béziers, Agde, Narbonne). Par un heureux hasard, l'unité put être rétablie à la mort de Guillaume (1093). N'ayant eu de ses deux mariages que des filles — dont l'une épousa le duc d'Aquitaine, comte de Poitiers, Guillaume IX — il institua pour son héritier universel son frère Raimon de Saint-Gilles, qui régna après lui sous le nom de Raimon IV.

Guillaume IV. Le règne de Guillaume IV (1060-1093), prince d'humeur pacifique, est pourtant marqué par une guerre contre le comte de Poitiers, duc d'Aquitaine, Gui Geoffroi. Ce conflit, qui aurait amené la prise de Toulouse en 1079, n'est qu'un épisode dans les longues querelles qui divisèrent, depuis le x^ siècle, les deux grandes seigneuries voisines, les deux plus importantes du Midi , avec le duché de Gascogne et le comté de Barcelone. Le titre ducal d'Aquitaine, porté jadis par un de nos comtes, était un des enjeux de ces disputes; il est vrai qu'ils l'abandonnèrent pour s'intituler, dans les actes, marquis de Gothie, ducs de Narbonne ou même comtes palatins. Sans doute, Guillaume IV caressa-t-il l'espoir de mettre fin à cette rivalité en donnant sa fille Philippa au fils de Gui

Geoffroi. Il n'avait fait que préparer par ce mariage de nouvelles revendications.

Ce qui caractérise surtout le règne de Guillaume IV, ce sont ses rapports avec l'Eglise. Ce prince pieux prêta son aide à la réforme du clergé entreprise sous les pontificats de Nicolas II, de Grégoire VII et d'Urbain II. Evêchés et abbayes enrichis depuis les Carolingiens par les dons des fidèles de toute classe, pourvus de revenus considérables, étaient un objet de trafic pour les détenteurs ou les seigneurs, qui prétendaient avoir le droit d'en nommer les titulaires. La plupart des féodaux et beaucoup de clercs pratiquaient la simonie ou commerce des choses saintes. D'autre part, nombre de prélats se considéraient comme des seigneurs et menaient une vie toute laïque ; Pierre Rogier, évêque de Toulouse, conduit en personne une expédition contre les Sarrasins, en Espagne, vers 1018. A l'égard de Rome, ils affectaient des allures d'indépendance. Excommunié par Grégoire VII, en 1080, l'archevêque de Narbonne n'en conser\'e pas moins son siège. En outre, le nicolaïsme ou mariage des prêtres menaçait de transformer en fiefs héréditaires les dignités ecclésiastiques. Le concubinat n'était pas un moindre scandale. En 1066, un concile se réunit, à Toulouse, sous l' évêque Arnaud, qui condamna la simonie, le mariage des clercs et l'usurpation des biens de l'Eglise par les laïques. La réforme fut propagée par les moines de Cluny, qui s'en servirent pour rattacher à leur ordre une foule de monastères jusque-là indépendants, épurer leurs mœurs et faire de l'armée monastique une force disciplinée au service de l'autorité pontificale. Ils eurent à Toulouse un auxiliaire dévoué en la personne d'Izarn, de noble origine, abbé de Saint-Victor, de Marseille, puis prévôt de Saint-Sernin et évêque de Toulouse, en 1071, après la mort de Durand Henri de Bredon, évêque et abbé de Moissac.

Docile aux instructions du pape, le comte Guillaume I\' renonça au droit de nommer l'évêque, droit toujours revendiqué et anciennement exercé par les comtes ses prédécesseurs. Ce droit appartint désormais exclusivement au Chapitre cathédral de Saint-Etienne. Il aida Izarn à réformer le monastère de la Daurade. La discipline s'y était relâchée et les reli-

Etat de l'Eglise.

Sa réforme

clunisienne

et pontificale.

Izarn.

Réforme de la Daurade.

Echec de la réforme

de l'abbaye de Saint-Sernin.

gieux primitifs y avaient été remplacés par des chanoines conventuels. En 1077, Izarn donna le monastère à Hugues, abbé de Clun^', qui en fit une dépendance de l'abbaye de Moissac. L'évêque prétendit introduire la même réforme dans l'abbaye de Saint-Sernin. Celle-ci avait été d'abord occupée par des moines vivant selon la règle de Saint-Benoît, comme tous les couvents primitifs; puis, au début du xi^ siècle, des clercs séculiers l'habitèrent et adoptèrent, en 1076, la règle des chanoines de Saint-Augustin(^). L'abbaye était très riche, d'autant qu'elle avait toujours été l'objet de la munificence des rois francs, des empereurs carolingiens, des seigneurs et des évêques. Hugues, évêque de Toulouse en 960, Raimon, marquis de Gothie, en 961, lui avaient légué par testament des biens considérables; Robert le Pieux, en 1023, à son passage à Toulouse, lui laissa des aumônes et des dons; elle possédait de nombreuses églises dont le Chapitre nommait les curés et touchait une part des fruits; elle exerçait la juridiction sur le bourg qui s'était créé autour d'elle. Sa renommée comme lieu de pèlerinage et le nombre de ses reliques lui assuraient une puissance morale exceptionnelle. Aussi échappait-elle à l'autorité de l'évêque et excitait-elle la jalousie du Chapitre cathédral. En 1076, un conflit éclata entre elle et Izarn, sur les détails duquel nous sommes mal informés; Izarn prétendait avoir des droits utiles sur l'Eglise et assujettir les chanoines à sa juridiction. Mais ceux-ci, placés sous la protection pontificale, lui durent de rester indépendants. C'est alors qu'en 1082, appuyé par le comte Guillaume, Izarn tenta de substituer aux chanoines les moines noirs et de céder l'abbaye à Moissac, comme la Daurade. Il échoua. Réprimandé par le pape, Guillaume lY dut réintégrer les chanoines et révoquer les accords passés avec l'abbé de Moissac,

Izarn. En même temps que se réformait le clergé, l'élan religieux

La cathédrale paraît Toulouse, comme tant d'autres villes, du « blanc manteau d'églises » dont parle Raoul Glaber, Un style original naquit, dégagé des traditions b^'zantines, né de l'emploi judicieux de la voûte en plein cintre substituée à la couverture à double pente, s' efforçant vers des formules nouvelles pour

(i) Izarn rétablit la vie commune parmi ses chanoines qui l'avaient abandonnée et leur imposa la règle de Saint- Augustin.

Saint -J acques.

aboutir à un chef-d'œuvre. C'est Izarn qui, avec l'aide du comte Guillaume, entreprit de doter sa ville d'une église cathédrale digne d'elle pour remplacer le sanctuaire couvert de charpente, vieux de sept siècles, qui tombait en ruines. Les travaux commencèrent, en 1078, par l'édification d'un chevet et d'une nef dont les bas-côtés furent seuls voûtés. L'église d'Izarn a été remplacée par l'édifice actuel, construit à diverses époques et fort composite, mais il en subsiste la partie basse du mur de la façade nord sous le clocher, trois arcades romanes sur sept au revers du mur de façade, avec leurs colonnes de marbre à chapiteaux corinthiens et quelques chapiteaux de même ordre remployés plus tard pour appuyer les arcs-doubleaux de la nef actuelle. A côté de l'église s'élevait le cloître, démoli malheureusement en 1812, et qui égalait en beauté le cloître de Moissac; le musée des Augustins en conserve d'admirables vestiges, chapiteaux, statues d'apôtres du portail de la salle capitulaire, si débordants de vie et de mouvement en dépit des maladresses techniques. De l'autre côté du cloître, la vieille église Saint-Jacques fut reconstruite, perdant, au reste, dès cette époque, son rang de cathédrale partagé jusque-là avec Saint-Etienne.

De la même époque, ou de quelques décades postérieures, date le cloître de la Daurade, disparu également, dont les chapiteaux forment au Musée une collection unique de la sculpture romane et surprennent par la richesse d'imagination qu'ils révèlent, avec leur décor si varié, entrelacs géométriques ou végétaux, architectures, animaux fantastiques, masques ou groupes humains, scènes des livres saints, merv^eilleuses histoires que déroulait, dans la paix et la solitude, la procession des sveltes colonnes.

Mais l'œuvre la plus belle de cette époque demeure. C'est la basilique Saint-Sernin, honneur de Toulouse, merveille de l'art roman, troisième sanctuaire de ce nom. De l'église primitive, celle de saint Sylve et de saint Exupère, détruite peut-être par les Sarrasins au viii^ siècle, il ne reste rien sauf des sarcophages, des inscriptions de l'époque romano-wisigothique et des sculptures, dont quelques-unes se trouvent derrière le maître-autel : le Christ assis avec les symboles des quatre évangélistes, un chérubin, un séraphin, deux anges, et

Cloître de la Daurade.

Construction de Saint-Sernin.

Raimon Gairard

ou

Saint Raimon

fonde l'hôpital-

collège Saint-Raimon.

deux personnages en costume romain tenant l'un un livre ouvert, l'autre un livre fermé. I^a seconde basilique fut élevée sous Charlemagne ou sous lyouis d'Aquitaine; elle n'était pas encore voûtée; il en subsiste aujourd'hui quelques colonnettes utilisées à la galerie supérieure du clocher et deux ou trois colonnes de marbre ou de pierre visibles dans le triforium. Les cryptes, plus étendues que l'église actuelle, datent aussi de la basilique carolingienne, si même elles ne sont pas l'agrandissement de cryptes plus anciennes; c'est là qu'on enferma les reliques dont la plupart, selon la tradition, furent données par Charlemagne, et qui attiraient un grand nombre de pèlerins. La seconde église Saint-Sernin paraît avoir été ruinée vers le milieu du xi^ siècle, à la suite d'une insurrection des habitants contre les religieux. Elle fut démolie et, pour la réédifier, on provoqua les offrandes des fidèles. L'évêque de Toulouse, Pierre Rogier (1056), décida le versement des oblations à la caisse épiscopale en vue de la construction du nouvel édifice; les chanoines protestèrent et obtinrent le payement d'un quart seulement. Il est probable que les travaux ne s'exécutèrent qu'après le conflit qui s'éleva entre l'abbaye et l'évêque Izarn, en 1085. On commença par l'abside jusqu'au transept; c'est cette partie de la basilique que vint consacrer, à son passage à Toulouse (juillet 1096), le pape Urbain II {^), assisté du comte Guillaume et de dix-sept évêques ou archevêques. Il déposa sous l'autel principal un fragment de la tête du premier évêque de Toulouse.

Le directeur des travaux, pendant un grand nombre d'années — une vingtaine sans doute — fut Raimon Gairard, qui éleva la nef jusqu'à la hauteur des fenêtres. Raimon, d'origine modeste, était chantre à Saint-Sernin; demeuré veuf, il se voua à la chasteté et au service des pauvres, leur distribuant le revenu de ses terres, les vêtissant et les nour-

I. Cet épisode de notre histoire locale a été peûit par Benjamin Constant. Cette œuvre maîtresse est à la salle des Illustres du Capitole de Toulouse. Escorté d'évêques et de diacres aux vêtements de pourpre et d'or, qu'encadrent des hommes d'armes, précédé de la châsse de saint Saturnin, le pape passe sous une des portes de la ville, monté sur un beau cheval, tenu en bride par le comte de Toulouse. Il est drapé dans un ample manteau blanc et or; il bénit la foule prosternée le long des murailles tendues jusqu'à mi-hauteur de tapisseries. 1,'immense procession, dont on ne voit que la tête, soiolève ime buée de poussière dorée par le soleil. C'est M. Chauchard, fondateur des magasiiis du lyOuvre, qui a posé pour la figure. {Le Capitole et le Parlement de Toulouse, Henri Ramet.)

rissant l'hiver. En 1080, il fonda pour eux un hôpital dans un immeuble donné par Pierre Benoît, établissement doté de rentes par Izarn et le comte Guillaume. L'hôpital, plus tard converti en collège, le collège Saint-Raimon, enrichi par de nombreuses donations, se développa; une chapelle (Saint-Jean) lui fut annexée; son premier aumônier, en 1120, était Arnaud Bernard; en 1246, on y comptait cinquante-six lits. Gairard affecta aussi sa fortune à la construction de ponts sur l'Hers et aux travaux de la basilique. Il finit sa vie (11 18) comme chanoine, d'abord capiscol (ou maître d'école), puis prévôt de l'abbaye. Iv' Eglise a canonisé ce saint homme, au tombeau duquel ne cessèrent de se produire des miracles. Les archéologues et les historiens doivent le révérer comme l'un des auteurs d'une magnifique œuvre d'art.

^UiiItlpUcalion dei pains (Sainl-Serntti)

Au milieu même des travaux de construction, l'église fut envahie et faillit être détruite au cours d'une insurrection. En 1098, le comte de Poitiers, duc d'Aquitaine, Guillaume IX, maître temporaire de Toulouse, punit d'une amende les « hommes méchants », les « abominables persécuteurs », et en dédommagea les chanoines. Il confirma toutes leurs possessions et y joignit la « villa » de Saint-Pierre de Blagnac avec toutes ses appartenances. Cette donation fut confirmée, en iioo

Prospérité

de Saint-Sernin

au xiie siècle.

et iioi, par Bertrand, fils de Raimon de Saint-Gilles, qui prit l'abbaye sous sa protection. C'est alors que commence pour elle une période nouvelle de richesse et de puissance. L'évêque Amélius Raimon du Puy (1108-1118) lui fait don de l'archidiaconé de Villelongue. I,e comte Alfonse- Jourdain lui restitua les legs de Raimon IV que son frère Bertrand avait détournés. Ses propriétés s'accroissent jusqu'à compter, en 1246, soixante églises ou chapelles; ses revenus sont tels que le pape Alexandre III, en lutte contre l'antipape Victor II, sollicite de l'abbé Hugues (1140-1175) une aide pécuniaire, qui lui fut probablement accordée (1161). Les souverains pontifes ne cessèrent, pendant plus de cent ans (^), par des bulles successives, d'accorder de nouveaux privilèges ou de confirmer les anciens, notamment la protection apostolique qui assurait la liberté de l'élection abbatiale, soustrairait l'abbaye à la juridiction épiscopale et la protégeait efficacement contre les empiétements des laïques. Au xii^ siècle et au début du xiii^ siècle, l'abbé de Saint-Sernin est, avec l'évêque de Toulouse, le principal dignitaire ecclésiastique de la ville et une puissance politique et sociale avec laquelle on ne peut se dispenser de compter. C'est pendant cette période de prospérité que la basilique s'achève. La nef est couverte; la chapelle des comtes s'élève; au xii® siècle, audessus de la coupole du transept, se dressera le clocher octogonal. En même temps s'aménageait le couvent (fin xi^ siècle, débiit xii^ siècle), avec le logement de l'abbé à gauche de l'entrée de l'église et le cloître derrière, tandis qu'autour de l'abside et du côté de la rue du Taur se situaient le cimetière . des comtes et celui des pèlerins. L'enclos de l'abbaye, avec toutes ses dépendances extérieures à Toulouse, couvrait de 22

à 29 hectares.

Raimon IV : A la mort de Guillaume IV (1093), son frère, Raimon de

la croisade; Saint-Gilles, lui succéda (Raimon IV) et rassembla tous les

de Toulouse domaines de sa Maison, du Rouergue à la Provence. Mais il

par Guillaume IX se croisa au concile de Clermont (1096) et fit vœu de ne jamais

d Aquitaine. revenir en ses Etats. Il commanda un des quatre corps de

I. Urbain II, Pascal II, Gélase II, Innocent II, Alexandre III.

seigneurs et partit pour Constantinople par la lyombardie et la Dalmatie. Ce prince, « brillant parmi les Latins comme le soleil parmi les étoiles )> (^), ambitieux et orgueilleux, causa de perpétuelles dissensions entre les chefs de la croisade, fraya le chemin de l'Orient à ses successeurs en s' attribuant en Terre sainte le comté de Tripoli. Ses deux fils et son petit- fils cédèrent à l'attrait de ces séduisantes contrées : funestes illusions qui les empêchèrent de songer à l'unification et à l'organisation de leur Etat languedocien. Pendant l'absence de Raimon IV, Guillaume IX, duc d'Aquitaine, revendiquant les droits de sa femme Philippa, fille du comte Guillaume IV, s'empara de Toulouse (1097) et y demeura trois ans. Bertrand, fils aîné de Raimon, l'en chassa en iioo, aidé de son cousin Guillaume-Jourdain, comte de Cerdagne. Mais, ayant partagé ses domaines avec son frère Alfonse-Jourdain, il partit en Terre sainte, où son fils Pons vécut toute sa vie, jusqu'à 1137.

Le comté de Toulouse échut alors à Alfonse-Jour- Alfonse-Jourdain. dain (1113-1148), né en Syrie, ramené en France en 1137, qui fut un de nos plus remarquables souverains. Fort jeune encore, il eut de la peine, aidé par Bertrand Aton, vicomte de Béziers, à reprendre Toulouse, où le duc d'Aquitaine était rentré en 11 19 et qu'il conserva six ans. Un peu plus tard (1141), toujours appuyé par le vicomte de Béziers et de Carcassonne, Raimon Trencavel, il sut préserver la ville des tentatives du roi de France, Louis VII, époux d'Aliénor d'Aquitaine, petite-fille et héritière unique des prétentions de Philippa et de Guillaume IX. Si ce prince intelligent et délié fut obligé de partager la Provence avec le comte de Barcelone, néanmoins il travailla parfois avec succès à l'accroissement de ses domaines, luttant contre ses vassaux, soutenant les villes contre leurs seigneurs, très ami des bourgeois, fondateur de la bastide de Montauban et promoteur des premières libertés de Toulouse. La douceur de son gouvernement lui a fait dans notre ville une durable popularité. En 1147, il partit pour la croisade avec Louis VII, participa aux infortunes de cette malheureuse expédition et mourut en débarquant à Saint-Jean-d'Acre (1148).

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