Ordonnance royale de février
3. Voir description de la « Poussessiou généralo de Toulouse » (Recueil de Pièces historiques relatives aux guerres de religion à Toulouse, Paris 1862, loc. cit.).
enleva au parti protestant son ressort et sa force. Elle contribua à conserver à la ville, quoique tout entourée de centres réformés, son caractère de citadelle du catholicisme dans le Midi.
lycs nouveaux capitouls, ardents catholiques, écrivirent à Intervention la reine mère pour lui décrire les événements (^) ; ils deman- ^^ ^^ ^'^^^^ mère, daient l'expulsion des religionnaires et la confiscation des biens des coupables et se plaignaient de la présence d'un trop grand nombre de protestants au Parlement, réclamant l'épuration de la magistrature, l'envoi d'un gouverneur, la réductions des deux puissantes cités protestantes de Castres et de Montauban. De leur côté, les protestants portèrent leurs plaintes à la cour. Catherine, qui travaillait, au milieu des passions déchaînées, à maintenir le respect des lois et l'équilibre des partis, renvoya les capitouls à l'édit de janvier; puis, le 22 octobre, par des lettres d'abolition, elle rétablit tous les officiers destitués. I^a chambre des vacations ayant différé l'enregistrement et fait décapiter deux avocats, la reine ôta au Parlement le jugement des causes des religionnaires et le transféra au sénéchal (24 décembre 1562). Il est vrai que, peu après, elle autorisa la confiscation de tous les biens des coupables. Sa politique ondoyante suit le cours des événements, qui n'étaient pas, dans nos régions, favorables aux catholiques. Montluc n'avait pu s'emparer de Montauban, malgré l'aide prêtée par les Toulousains et leur artillerie (^). En dépit de la prise de lyavaur, de I^imoux et de Gaillac, où les réformés furent horriblement massacrés, les catholiques se maintenaient péniblement dans le Languedoc et leur chef, le vicomte de Joyeuse, était battu à Saint-Gilles (septembre) par Jacques de Crussol, sieur de Beaudiné, chef des forces réformées; partout, les protestants pillaient les églises, levaient des taxes, agissaient en maîtres, tenant les principales villes. Toulouse même demeurait profondément troublée par les rancunes et les suspicions. Le Parlement ayant voulu s'entourer d'une enceinte (1563), le peuple s'ameute et la
1. Nous les connaissons aussi par les chroniques de Georges Bosquet, en latin traduit par Colomiez, 1595. Bosquet demeurait rue des Moulins, n° 7, à l'angle de la ruelle de l'Homme-Armé ; de la maison, il r^ste lUie porte avec un linteau gothique du xvi«' siècle.