I. Septembre-octobre
des favoris (d'Epernon et Joyeuse), la convocation régulière des Etats généraux, surtout l'exclusion du Béarnais; les Guise, dissimulant leur ambition précise, mettaient en avant, pour succéder à Henri III, la candidature du vieux cardinal Hector de Bourbon {^). Aussitôt groupés, les ligueurs prennent les armes; la guerre civile recommence. En cet extrême péril, la reine mère s'interpose entre Guise et le roi, fait la part du feu, reconnaît, par le traité de Nemours (7 juillet 1585), la nouvelle organisation et lui livre des places et des forteresses. lyC 13 juillet, un édit ro3'al révoque toutes les pacifications antérieures, proscrit la religion réformée et déclare le roi de Navarre déchu de tous ses droits. L'édit fut publié le 30 juillet à Toulouse. Une réunion considérable eut lieu à l'Hôtel de ville, où le peuple jura d'observer la Sainte-Union; on se rendit ensuite en cortège à Saint-Etienne, où le premier président Duranti avait ordonné de chanter un Te Deum. Ea Chambre mi-partie fut dissoute; les magistrats catholiques se retirèrent à Toulouse, les protestants à Castres. Les dés sont de nouveau jetés; c'est la dernière — la plus terrible — phase des guerres de religion.
Ee Languedoc se scinda en deux parties. Le Bas-Pays La gueire continua à obéir à Montmorency^; Damville restait plus que jamais inexpugnable dans sa vice-ro5-auté du Midi. Toulouse et le Haut-Pays obéissent à Jo3^euse, élevé en 1582 au rang de duc et de pair, nommé maréchal en 1583, à la mort de Cossé, puis amiral. Les deux hommes étaient séparés par une vieille haine personnelle, qu'ils assouvissaient, dès 1583, par une vraie guerre privée. Henri III les avait réconciliés, non sans peine, en 1584 (^). La Ligue les dressa à nouveau l'un contre l'autre. Damville fit alliance avec Henri de Navarre (entrevue de Castres, 1585) et signa le manifeste de Saint- Paul-Cap-de-Joux (10 août) (^), réponse à celui de Péronne, de concert avec Henri de Navarre et Condé. Le roi lui enleva son gouvernement, décision enregistrée avec joie par le Parlement de Toulouse (23 et 27 septembre), mais en elle-même parfaitement vaine. Les forces de Damville, supérieures à