‹ Histoire de ToulouseChapitre 145 sur 317 · Prés Lavaur · texte numérisé non relu

Prés Lavaur

des trois Henri

Toulouse abandonnée

se défend elle-même.

La journée

des Barricades,

les Etats de Blois

(i2 mai-

septembre-

décenibre 1588).

celles de Jo^^etise, encerclaient Toulouse avec les protestants du Béarnais. Notre ville, rempart de la Ivigue, se défendait péniblement contre les batteurs d'estrade protestants qui, de CintegabeUe, Mas-Saintes-PueUes, Besplas, en I^auraguais, l'entouraient et l'affamaient. Au début de 1586, pour se donner de l'air, Joyeuse, le sénéchal François de la Valette- Cornusson et l'archevêque d'Albi reprirent aux réformés les châteaux de l'Albigeois et quelques places du pays de Foix, mais ils échouèrent devant Mas-Saintes-Puelles (28 juillet).

En fait, une fois de plus, Toulouse était abandoimée à elle-même. Henri III, à l'automne, rappelle Joyeuse pour lui donner le commandement d'une belle armée. Nos capitouls s'adressent alors au duc de Mayenne, qui guerroyait enQuercy contre Henri de Navarre; ils le supplient d'enlever le Mas de Verdun et Montauban, dont les garnisons désolaient la banlieue; ils lui offrent vivres, munitions, artillerie (neuf canons) et deux cents gens de pied. Ma^-enne ne répond pas à ce pressant appel. Cornusson venait de mourir des fatigues de la campagne. La peste sévissait cruellement. Comme au temps de la guerre de Cent ans, les viUes songent à se défendre elles-mêmes. Le 28 mai 1586, le Conseil général décide que les cités du Haut-Languedoc lèveront des fantassins et des cavaliers proportionnellement à leur population et qu'elles se porteront mutuellement secours, en cas de danger; on prévoit l'organisation d'un magasin commun d'approvisionnements. En conséquence, le 26 février 1587, les députés du diocèse se réunissent à Auterive, renouvellent le serment de la Ligue et ordonnent la levée de milices. Comme au moyen âge, les hostilités entre les deux partis sont fragmentées en continuelles incursions, en sièges et combats partiels incessants; de part et d'autre, on se met d'accord pour les interrompre au moment des semailles et du labourage, afin de prévenir ou de limiter les famines.

Joveuse ayant été vaincu et tué, à Coutras, par Henri de Navarre, son frère Antoine-Scipion, grand prieur de Malte à Toulouse, lui succéda dans son duché et dans son commandement. Il tint, en février, les Etats du Haut-Languedoc à Toulouse; il demeura d'abord fidèle au roi comme son frère. Lorsque Henri III (journée des Barricades, 12 mai) fut obligé

de s'enfuir de Paris révolté, le premier président Duranti et les capitonls lui écrivirent pour l'assurer de leur fidélité; le i®^ juin, le nouveau sénéchal, Jean de la Valette-Cornusson (^) envoyait un député à la cour pour lui porter le serment de ses sujets toulousains. Mais la députation envoyée par la ville et la sénéchaussée aux Etats généraux de Blois, nommée dans l'assemblée électorale de Saint-Sulpice (septembre), ne comptait guère que de fougueux ligueurs, fanatiques partisans d'Henri de Guise, le héros d'Auneau, de Vimory et des Barricades; c'étaient Urbain de Saint-Gelais, évêque de Comminges; Jean de Cornusson, et surtout Etienne Tournier, de famiUe parlementaire {^), capitoul en 1586, nommé juge-mage en 1589, à la demande des capitouls, et qui jouera un grand rôle dans les événements de 1589-1590. Les Etats de Blois obligèrent le roi à renouveler le serment de la Sainte- Union, lui imposèrent l'humiliation de pardonner la révolte de Paris, manifestèrent leur volonté de dépouiUer Henri de Navarre de ses droits d'héritier, et cependant refusèrent à Henri III aux abois tout secours d'argent pour continuer la guerre. Ils étaient tout à Guise. On sait que, pour se tirer d'une situation inextricable, le roi fit assassiner le Balafré ainsi que son frère le cardinal (23-24 décembre 1588).

La nouvelle de ce drame parvint à Toulouse le 3 jan- Efïet

vier 1589; elle y provoqua une douleur et une indignation , ^^ ^^^ profondes dans le camp des ligueurs. Cornusson revenait, le ^ Toulouse 7 janvier, porteur d'explications de la part du roi Henri III : on refusa de l'entendre. Les ligueurs s'assemblèrent et renouvelèrent leur serment; ils choisirent un comité de dix-huit conseillers, six membres du clergé, six parlementaires, six bourgeois (^), et mirent à sa tête Jean de Paulo, président du Parlement, assisté de Jean Daffis, prévôt de la cathédrale. L'arrivée de l'évêque de Comminges et de Tournier, échappés de Blois par crainte d'être arrêtés, donna au parti deux chefs énergiques et résolus. Les Parisiens ayant écrit aux Toulou-

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