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Emplacement de l'arsenal et de l'Ecole d'artillerie

3. A cette époque, les Pénitents blancs se réunissaient dans la chapelle des Tierçaires de Saint-François, rue Pargaminières, en face des Jacobins.

4. Rue Saint- Jérôme ; la chapelle a été reconstruite (i 650-1 660); la porte subsiste avec un cartouche, une croix en T et ime inscription : nigra svm sed for-

MOSA - DVRA SED FVLGIDA.

cédée par les religieux de Saint- Antoine du Viennois (^). Ces associations comptaient les plus notables habitants de Toulouse; elles se distinguaient par la couleur de la cagoule jetée sur les vêtements; c'était une sorte de sac, sans manches,

Portail Je [' Egl'iM Salnl-Nlcolas (XVe siècle)

Photo Labouche

percé de trous à l'endroit des 3^eux, dont l'aspect sinistre effrayait les enfants. Leurs cortèges se développaient par la

I. Eglise Saint- Jérôme actuelle (bâtie au xvn® siècle). Cf. chapitre suivant.

De toutes ces confréries de Pénitents, celle des Pénitents bleus fut assurément la plus importante. Son autorité, son influence étaient telles que plusieurs rois, de nombreux cardinaux, archevêques et évêques, plusieurs ministres, s'inscrivirent

Carence

de l'autorité

épiscopale.

Assassinat de Henri III

(ler août 1589).

ville, les membres défilant deux à deux, pieds nus, portant un cierge, chantant des litanies. Certains marchaient en se flagellant av^ec un fouet. D'autres confréries groupaient, sous des vocables divers, les fidèles unis pour la bienfaisance ou pour l'exaltation de la foi; telle la confrérie du Saint-Sacrement, qui comptait dans son sein les principaux des ligueurs.

La carence de l'autorité épiscopale donnait toute liberté aux plus extravagantes passions religieuses. Le cardinal Georges d'Armagnac s'était démis de ses fonctions d'archevêque en faveur de son parent Paul de Foix (^), esprit distingué, humaniste délicat, juriste et parlementaire devenu prélat, étranger à tout fanatisme et même, un moment, suspect d'hérésie, qui, investi du siège de Toulouse en 1582, ne l'occupa jamais et mourut à Rome, en 1584, après avoir servi le roi dans les ambassades, à Venise, auprès du pape et en Allemagne. François de Joyeuse, fils du maréchal, qui lui succéda (1583), ne prit possession de ses fonctions qu'en janvier 1590. Pendant la Ligue, Toulouse manqua d'un guide autorisé qui lui eût enseigné à distinguer ce qu'on doit à son prince et ce qu'on doit à Dieu.

L'assassinat du roi par frère Clément porta à son comble les passions des ligueurs. L'assassin, qu'on avait tué sur place après son crime, passa pour un martyr. Un service solennel fut célébré pour lui aux Jacobins et frère Richard, provincial des Minimes, prononça son oraison funèbre. Son portrait devint un objet de vénération et l'on inséra son nom dans les litanies des Saints. Naturellement, Toulouse ne reconnut pas Henri IV; le 22 août, le Parlement refusa d'enregistrer son message d'avènement et le nouveau roi le transféra à Carcassonne, ville qui avait abandonné la Ligue quelques mois auparavant. Les parlementaires toulousains qui obéirent

sur ses registres. « Sana me. Domine », telle était la devise de cette confrérie, qui portait en ses annes, reproduites dans le sceau paroissial de l'église Saint- Jérôme : « Sur champ d'azur, un lion léchant son pied blessé d'une épine »; ce lion sj'mbolisait la Franee blessée. La renommée, qui enchérit souvent sur la vérité, répandait à juste titre l'éloge sur les Pénitents bleus. L,eur « Livre des Rois », gardé avec soin à l'Institut catholique de Toulouse, porte les signatures de rois et de princes du sang, avec divers personnages en costumes de pénitents. (V. chapitre suivant.) I. Né en 1528; fils de Jean de Foix-Carmaing, descendant, par les femmes, de la branche cadette de Foix et, par 1 s hommes, de la famille d'Euze, par le frère du pape Jean XXII.

à l'ordre royal y tinrent leurs premières assises le 13 novembre. Les autres — la majorité — avec de Paxilo, premier président, demeurèrent à Toulouse. Parlement rebelle, mais déjà divisé et incertain. Quant au maréchal de Jo3'euse, dès l'assassinat d'Henri III, il avait conclu une trêve avec Montmorency toujours maître, au nom du roi, du Bas-Languedoc et du Carcasses; il ne partageait pas les idées violentes des ligueurs toulousains et paraissait vouloir se réserver et attendre un éclaircissement de la situation politique.

Les ligueurs ne l'entendaient pas ainsi ; contre les auteurs de Révolte

la trêve, traîtres et parjures, à leurs 3"eux, s'élevaient les voix du ^^^ ligueurs frère Richard et du provincial des Jésuites, Odart Mole. Le contre Toveuse 30 septembre, au Parlement, le conseiller Caumels, l'évêque de (octobie-novtmbre Comminges, Urbain de St-Gelais de Lansac, et le premier prési- 1589)-

dent de Paulo tentèrent d'obtenir la suppression de la confrérie du vSaint-Sacrement que Joyeuse soutenait. Le maréchal songea à se saisir de la ville. Il avait contre lui les extrémistes, décidés à ne jamais reconnaître Henri IV et à recourir à l'Espagne, qui faisaient peser sur Toulouse une sorte de terreur; leurs chefs étaient de Paulo et l'évêque, « desquels les gens de bien estoient en continuelle peur » (^). L'évêque touchait i.ooo livres de gages par mois comme commandant de la milice des ligueurs. A la confrérie modérée du Saint-Sacrement il opposait la confrérie du Corpus Domini et « pratiquait avec l'Espaignol, ce qui se trouvait fort odieux en général, mesme de la Ligue ». Le Conseil ayant supprimé ses gages par économie et le Parlement ayant investi Joyeuse du gouvernement de la ville avec pleins pouvoirs, l'évêque se retira dans risle de Tounis «avec un frère moyne rocquet (^) » et plusieurs factieux de la rue des Couteliers, « et manda ses lieutenants avec leurs hommes ». Le lendemain, i^^" octobre, Saint-Gelais s'arme, fait prêcher à la Dalbade le moine rocquet et « produit d'une main ung crusefix et de l'aultre une espée, induisant le peuple à s'armer pour Jesu Crist ». Le tocsin sonne; l'évêque parcourt les rues, suivi de quatre prêcheurs et de cinquante coquins, criant que Joyeuse veut livrer la ville

1. Discours de la révolte (B. N. mss. fonds Dupuy, dans les Preuves de l'/iutoire de Languedoc).

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