Couvent fondé, en 1616, par M™'' de Chantai
les missions régulières de ses intendants. Tous les châteaux des seigneurs rebelles furent démantelés; une centaine perdirent ainsi tous leurs mo3"ens de défense, tours abattues, fossés comblés, pont-levis et herses démolis. Le cardinal détruisit impitoyablement tout ce qui restait du moyen âge et des guerres religieuses. Du pardon général accordé en 1633, il excepta l'évêque d'Albi, ceux d'Uzès, de Lodève et de Léon, qui durent abandonner leurs sièges. Quant à la province, elle fut frappée durement par l'édit de Béziers que promulgua Louis XIII à son passage dans cette dernière ville, où il présida la séance d'ouverture des Etats (11 octobre 1632). Le roi imposa des conditions ruineuses, contre lesquelles le Languedoc devait protester pendant vingt ans : Etats annuels siégeant quinze jours en octobre; dépenses de l'assemblée fixées à 61.100 livres; création de trois trésoriers appointés à 2.000 livres par les Etats; rachat par la province des vingtdeux bureaux d'élection créés en 1629 ^t dont l'établissement avait provoqué mécontentement et agitation; plus de 4 millions de livres payables en quatre ans; impôts de la province fixés à une somme triple des impôts précédents, avec la faible compensation de la restitution de l'équivalent (^) saisi par le roi peu auparavant et autorisation de l'augmenter et de l'étendre. Ainsi, le Languedoc, Toulouse en tête, allait avoir à payer plus de 1.200.000 livres annuelles, sans compter le remboursement des charges d'élus. L'édit de Saint-Germain (février 1633) rendit aux Etats les « privilèges, libertés et usages )) en vigueur jusqu'en 1629; pure comédie, car les intendants y furent désormais les maîtres. Cet édit stipulait que les Etats pourraient emprmiter pour le rachat des charges définitivement supprimées. En l'enregistrant, le Parlement de Toulouse se bornait à demander humblement huit ans de délai, avec intérêts au denier 16 (6 p. 100), « en considération de l'extrême nécessité et pauvreté où (la province) se trouve actuellement, à cause de la foule des armées, pertes, inondations et grêles dont elle a été assiégée les années dernières ». Comme l'orgueil des nobles, la superbe des magistrats et l'esprit d'indépendance de nos contrées avaient reçu un coup de temps dont ils ne se relevèrent pas.