I. Impôt sur les denrées et les marchandises
La guerre
avec l'Espagne.
Fiscalité.
Au reste, la guerre avec l'Espagne, officiellement déclarée le 19 mai 1635, mais qui se préparait depuis longtemps, vint encore aggraver les charges; il fallut payer 100.000 livres pour mettre Narbonne en défense, accepter l'établissement d'offices de courtiers, commissaires et greffiers héréditaires aux assiettes (^), le cardinal faisant argent de tout. En vain, le Parlement s'opposa-t-il aux impôts et à la création d'offices; ses arrêts, ses remontrances sont cassés par le Conseil (1635). Toulouse s'agite et, sans l'habile diplomatie d'Halwin, se fût révoltée comme la Guyenne. Nouvelles exigences en 1636 à Nîmes, en 1639 ^ Toulouse, où les Etats s'assemblèrent au réfectoire du chapitre Saint-Etienne (25 novembre-17 décembre) ; ils s'excusent de ne pouvoir fournir qu'une partie des subsides demandés et protestent avec obstination contre les créations d'offices. En 1638, Richelieu s'avisa de créer un Parlement à Nîmes; vive émotion à Toulouse et interv^entions à Paris; tout s'arrangea jjar l'édit de Saint-Germain (1639), 1^ suppression du nouveau Parlement, mais aussi la création de deux conseillers honoraires de sénéchal et présidial, en tout huit, d'un office dans chacun des autres sièges du ressort, et de quantités d'autres moindres fonctions. I^a fiscalité de Richelieu a abouti, on le sait, à augmenter sans mesure le nombre des fonctionnaires.
Cependant, le canon tonnait aux limites de la province. En août 1637, c^^t dragons levés à Toulouse et commandés par Catel et Calvet, des gens de pied de la commune, des volontaires menés par Paulo-Granval, Nolet, Balard, gouverneur de Penne, et d'autres notables toulousains firent partie de l'armée levée en Languedoc par le duc d'Halwin; le 28 septembre, sous les murs de I,eucate assiégé par les Espagnols, cette armée remportait une victoire complète (près de 2.500 ennemis tués ou noj^és), qui délivrait la ville et valait au duc d'Halwin le bâton de maréchal, avec le nom de son père, Schomberg. I^e prince de Condé lui succéda sans le faire oublier. Après la prise de Canet et d'Elne (1640), Louis XIII en personne s'empara de Perpignan (9 septembre 1642). Peu après mouraient Richelieu (4 décembre) et le roi lui-même (14 mai 1643). La pompe funèbre du souve-
I. Rappelons que l'assiette est le bureau financier du diocèse.
rain eut lieu à Saint-Etienne, le 15 juin, avec magnificence, mais non sans querelles de préséance, ainsi que de coutume (^), entre les corps de la ville.
Dès la mort de Louis XIII, le Conseil de ville avait député pour saluer le nouveau roi et surtout obtenir confirmation des privilèges de la ville ; démarche habituelle à chaque changement de règne, plus nécessaire après un ministère si autoritaire. La disparition du terrible cardinal fut saluée par une réaction contre son despotisme administratif et fiscal. Le parlement de Toulouse, par un arrêt du 8 juin 1643, interdit toute commission extraordinaire; c'était supprimer les intendants dont les inspections, régularisées par Richelieu, rendaient partout présente l'action du gouvernement central. Le même arrêt suspendit l'exécution de tout édit non vérifié et défendit la levée des impôts extraordinaires. L'arrêt fut voté et publié, malgré l'opposition du premier président BertierdeMontrabe. Aussitôt, le peuple, qui ployait sous le faix des impôts, se crut autorisé à ne pas payer. Un collecteur fut égorgé à Toulouse, un autre à Lavaur. A Paris, on crut à une révolte. Le Conseil d'Etat cassa l'arrêt; le Parlement répliqua par des remontrances. En décembre, il s'opposa avec la même vigueur à l'établissement du droit de confirmation (^) et de joyeux avènement (24 décembre 1643), cita l'adjudicataire, batailla avec le Conseil d'Etat, qui transporta au Parlement de Bordeaux la connaissance de toutes affaires relatives à ces impôts.
Nos parlementaires avaient beau jeu en s'opposant aux nouvelles taxes. La misère — envers du décor de nos victoires sur les Habsbourg — désolait les provinces; l'annaliste toulousain Jean de Galien nous en a laissé un navrant tableau. Le paysan cessait de cultiver pour échapper au fisc; les ouvriers sans travail quittaient Toulouse pour Paris. Les opérations de Catalogne, qui durèrent jusqu'en 1659, ame-
^linoiité
de Louis XIV.
Réaction.
Msère et exactions.