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Condé, Conti et L,ongueviIle

(6 février 1651). Le 20 février, le 18 avril, il rendit des arrêts contre « le Mazarin », lui ordonnant de « vuider le royaume » dans les quinze jours, avec ses parents et ses domestiques; mais le ministre était déjà en Allemagne, où il préparait sa rentrée. Entre temps (octobre 1650), Toulouse avait prêté ses canons pour réduire Bordeaux, soulevé par la princesse de Condé. Quand le prince quitta la cour pour commencer la guerre civile et se rendit en Guyenne, la situation devint plus délicate. Gaston d'Orléans avait décidé d'appuyer Condé; les deux rebelles comptaient sur l'aide des Espagnols; 4.000 soldats vinrent, en effet, par Saint-Béat, rejoindre en Guyenne le vainqueur de Rocroi. Les émissaires des deux chefs de la Fronde tentèrent de soulever la province; celle-ci protesta d'abord de sa fidélité au roi. Le Parlement, heureux de se faire valoir, réunit à Toulouse le Conseil de bourgeoisie, piit les mesures d'usage ; recherche des armes, mobilisation de la garde bourgeoise, fermeture des portes, patrouilles. Il mit à prix la tête de Mazarin (12 janvier 1652), pour obéir à Gaston d'Orléans, supplia le roi de surseoir à l'exécution de sa déclaration contre le prince de Condé (27 février); mais, la cour ayant défendu de reconnaître à Monsieur le titre de lieutenant général du royaume, il s'incline et pubhe la défense (9 août 1652); il venait de procéder, avec une extrême rigueur, contre un certain nombre de rebelles. De toute évidence, Toulouse et son Parlement n'entendaient pas se compromettre.

Fin de la Fronde. Au reste, l'été de 1652 amena la fin de la guerre civile. Ses Condé passa aux Pays-Bas, poursuivi par une sentence de

* mise hors la loi et de confiscation de ses titres et biens. En octobre. Monsieur fit sa soumission à son neveu et se retira à Blois, conservant le gouvernement du Languedoc. Mais la Fronde, si elle avait été un simple jeu pour les grands, s'était accompagnée du cortège accoutumé des misères de la guerre. En 1651-1652, la peste dévasta Toulouse et la région; elle fit, en quinze mois, vingt-cinq mille victimes. Les « infects » étaient parqués dans des habitations, tinels ou huttes, aux Sept-Deniers, dans l'enclos de Lancefoc ou à Saint- C3^prien, gardés par le capitaine de la santé et ses acolytes. Presque tous les officiers et les principaux bourgeois avaient fui. Le bandi-

tisme survécut aux troubles; les soldats licenciés, les seigneurs de village, en certaines régions (^), terrorisaient la contrée; en 1653, ^^ rompit vifs trente-sept de ces brigands, place du Salin ; un baron de Léran, de grande et vieille famille, eut la tête tranchée pour avoir assassiné son oncle. I^es ravages des maladies et des hommes dépeuplent le Midi. En 1654, l^s maisons des faubourgs de Toulouse sont à peu près abandonnées; dans l'intérieur de la ville, il y avait beaucoup d'espaces inhabités; le peuple, misérable, gémissait sous les taxes que les hautes classes rejetaient sur les artisans et les petits bourgeois.

La royauté, victorieuse, est plus puissante que jamais. Si vaines et si vagues qu'eussent été les manifestations du Parlement, Louis XIV entendait bien ne plus tolérer ses velléités d'indépendance. A la mort de Bertier de Montrabe (28 avril 1653), il dédaigna les candidats que lui présentait la compagnie, parmi lesquels était Philippe Gaubert de Caminade, le « grand Caminade », pour nommer un homme à lui, le procureur général Gaspard de Fieubet, recommandé par la reine mère. En 1654, 1^ révocation des intendants était annulée; déjà était arrivé en Languedoc le premier des grands intendants, Claude Bazin de Besons, successeur de Breteuil, qui organisa l'intendance et la dirigea plus de vingt ans. Avec lui disparaîtra ce qui demeure encore des traditionnelles libertés ou privilèges de la province, de ses grands corps ou de ses assemblées municipales. L'autorité royale n'aura pas un moins bon serviteur dans la personne de Pierre de Marca, archevêque intérimaire de Toulouse en 1652, illustre historien, qui présida les Etats pendant la vieillesse de l'archevêque de Narbonne (^) et travailla avec bonheur à diminuer leur pouvoir et à briser leur opposition aux impôts exigés par le roi. Tout prépare l'avènement du maître en qui s'incarna la monarchie absolue.

Les Toulousains purent le contempler à leur aise au cours du voyage qu'il fit en France pour aller à Bayonne épouser l'infante Marie-Thérèse. Louis XIV, qui était à Bordeaux le 6 octobre, remonta la Garonne jusqu'à Cadillac, dans ime

Conséquences politiques.

Louis XIV à Toulouse.

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