C'était le droit de subvention
2. I^ouis XIII et Anne d'Autriche avaient demandé au ciel un enfant, qui mit longtemps à venir. I,ouis XIV, à sa naissance, fut appelé Dieudonné. L,e roi fit vœu, le 21 octobre 1632, dans la chapelle des Pénitents-Bleus, de vouer le royaume à la Vierge s'il avait un héritier.
en avril 1660, allant à Bayonne et Saint-Jean-de-IyUz. Les capitouls le reçurent à la porte du Château-Narbonnais. Ils obtinrent, cette fois, le rétablissement de l'abonnement aux tailles, mais il fallut donner au roi, pour ce bienfait, 200.000 livres, qu'on réduisit par transaction à 140.000. On put ainsi célébrer d'un cœur plus sincère les fêtes du mariage royal. Un grand théâtre, sur la place Saint-Etienne, dressa un Louis XIV géant, armé, foulant des trophées d'armes, une reine tenant une branche d'olivier et une poignée d'épis. Henri IV, l'Espagne, l'Hjmien et la Paix entouraient le jeune couple. Des devises latines illustraient ce symbolisme transparent. Un feu d'artifice, où l'on vit l'Hérésie réduite en cendres, clôtura les réjouissances. — Horoscope du règne qui allait s'ouvrir !
Vide de lliistoire A. dater de la mort de Mazarin et du règne personnel de
de Toulouse Louis XIV, l'histoire de Toulouse, déjà fort pauvre en événe-
sous Louis XlV.^g^^g g^^g -|^^^^.g ^jjj devient tout à fait vide. Les entrées
de souverains n'y viennent plus rompre la monotonie de la vie provinciale. Le grand roi ne daigna plus honorer de sa présence ses domaines du Midi, non plus que son arrièrepetit-fils. Parmi les gouverneurs, le prince de Conti, qui succéda à Gaston d'Orléans, mort le 2 février 1660, n'aimait guère les fastes officiels; c'était le (( petit bossu » des mémoires de Retz, au reste esprit sérieux et janséniste notoire, appliqué à ses devoirs ; on ne le vit guère à Toulouse où il fut quelque temps prieur des Pénitents-Bleus. Son successeur, Henri de Bourbon, duc de Verneuil, bâtard d'Henri IV, goutteux et médiocre, fit son entrée, le 17 mars 1667, avec tout l'appareil d'usage; il mourut, en 1682, parfaitement inconnu des Toulousains. Le gouvernement du Languedoc passa au duc du Maine, alors âgé de douze ans; ce fils de Louis XIV et de la Montespan ne vint jamais à Toulouse. Les gouverneurs ne sont plus que des dignitaires honoraires. La centralisation monarchique a fait son œuvre. Les intendants qui en sont les instruments, Besons, d'Aguesseau (1673-1685), Lamoignon de Bâville, le plus remarquable de tous, cumulent les deux intendances de Montpellier et de Toulouse, ne résident
pas à Toulouse, où ils ne paraissent que pour de courts séjours; ils s'y font, il est vrai, représenter par un subdélégué (^) qui les renseigne et rend leur action toujours présente. ly'intérêt de l'histoire de Toulouse est désormais dans la vie intérieure de la cité, avec son quadruple aspect, municipal, religieux, économique, intellectuel, et aussi avec ses transformations matérielles.
La ville jouit toujours de « privilèges » qu'elle a grand soin de faire confirmer par les rois à leur avènement Le premier est la propriété de son capitoulat, conférant la noblesse héréditaire et des avantages juridictionnels p), avec les droits de garde de la ville, de police, de justice civile et criminelle dans les limites du gardiage, et la faculté d'entretenir une petite force armée. Le second était le droit de percevoir certaines taxes, droits d'encan et de poids public, commutation ou octroi, quart du vin, marques des draps et subvention ou impôts levés avec autorisation du Parlement. Le troisième était l'exemption des leudes ou péages, de la taille et du taillon, moyennant un abonnement, du service de ban et d'arrière -ban, les charges militaires se bornant à la garde de la ville. Mais ces privilèges ne sont que de vaines apparences auxquelles leur ancienneté et l'orgueil de la bourgeoise confèrent, seuls, quelque signification. Ils se discréditent par le mauvais usage qu'on en fait et sont tous les jours diminués par la volonté royale, si bien que la plupart sont réduits à rien. Tels qu'ils sont cependant, ils excitent la jalousie des autres villes de la province.
Les anciens usages électoraux, souvent violés au xvi^ siècle par l'intervention du Parlement, sont rétablis sous Henri IV. L'élection du 25 novembre se fait selon la tradition et dans des formes pompeuses. Le sénéchal, le viguier et les électeurs (^) continuaient à extraire huit noms de la liste des vingt-quatre arrêtée par les capitouls et seize anciens capitouls appelés pères, liste elle-même réduite de moitié sur une première série de quarante-huit noms fournis par les