‹ Histoire de ToulouseChapitre 158 sur 317 · Voir chap. ix · texte numérisé non relu

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Sujétion des capitouls.

Complication

de la machine

municipale.

son ordonnance qui mettait en tutelle la ville piodigue et lui donnait comme curateur financier et tuteur politique son subdélégué, l'écuyer et ex-capitoul Mariotte, En vain, les capitouls tentèrent de faire rapporter l'ordonnance. Il fallut se résigner à perdre le maniement des deniers communaux.

Pour tout dire, les capitouls demeurent étroitement enchaînés à la volonté royale, représentée par l'intendant. En 1667, ils avaient perdu le droit de faire fabriquer de la poudre. En 1686, le roi leur prend toute leur artillerie (70 canons), ne leur laissant que quelques petites pièces qui se trouvaient dans le cloître de Saint-Sernin, pour l'usage des fêtes publiques. L'année suivante, il s'aperçoit que les Toulousains ont encore quelques canons utilisables; il les leur réclame. En 1686, Bâville ordonne aux capitouls de surseoir à la désignation de leurs successeurs; ils délibèrent et décident de procéder, néanmoins, à l'élection : Bâville tranche net : « Je prendray comme une désobéissance formelle si vous passez outre. » Le roi casse la délibération. En 1688, il leur écrit, à propos de la réglementation des assemblées de bourgeoisie : « A^^ez à vous conformer entièrement à mon ordonnance, à laquelle il ne sera rien changé. » Et, un peu plus tard, joignant l'ironie à la hauteur : « Vous ne parlez que de vos portraits... Il vous serait plus utile de songer à exécuter les ordres du roi qu'à faire faire vos portraits. )) Lorsqu'en 1691 le duc de Broglie se plaint que la milice bourgeoise, organisée sur l'ordre de Louvois, ait été composée de « gueux et de misérables », pour éviter aux artisans et aux marchands le service militaire, il leur parle haut en leur faisant craindre « les chagrins que cela pourrait leur attirer ». Quelle distance entre les très redoutés seigneurs du moyen âge et ces magistrats vaniteux que les fonctionnaires royaux morigènent de la sorte !

Au reste, l'organisation municipale, à laquelle tenait tant l'oligarchie qui en profitait, demeure vétusté, compliquée et très dispendieuse. Le Conseil des Seize, le Conseil de bourgeoisie et le Conseil Général subsistent toujours; il est vrai que le premier et le dernier perdent de leur importance, les Seize parce que leur rôle de conseillers se restreignait aux finances, à l'établissement des rôles et aux levées d'impôts;

le second parce qu'il ne se réunissait qu'à de rares occasions, pour les redditions de comptes, la nomination de députés aux Etats et la nomination des Seize. Seul, le Conseil de bourgeoisie ou de ville, démembrement du dernier, constitue une vraie chambre de députés à côté de l'exécutif, avec lequel il collabore en tout, sauf en matière judiciaire; la permanence de ses membres lui conférait une autorité particulière. Mais ces différentes assemblées, auxquelles il faut joindre le Conseil de robe longue (6 conseillers judiciaires), comportaient le même personnel, très peu nombreux, parlementaires, gens du roi, officiers de justice, capitouls, excapitouls, notables capitoulables ; ils se recrutaient comme le Consistoire, par cooptation. Le Conseil de bourgeoisie subissait l'influence du Parlement, dont le premier le présidait. Rivalités de coteries, gabegies et malversations mijotaient ainsi en vase clos. Les précautions même, prises jadis pour les rendre malaisées, servaient à les couvrir et à les faciliter.

Le nombre des officiers municipaux n'avait fait que Nombre croissant croître, compte non tenu des assesseurs des capitouls (4, puis /^^

12 en 1692). Le premier était le syndic, logé à l'Hôtel de ville, habillé de velours noir, pa^'é 150 livres par an; c'était un vrai secrétaire de mairie, assisté de deux procureurs à la Cour et au sénéchal. Puis venaient le greffier de la \nlle, charge héréditaire, le secrétaire de la ville, le soUiciteur pour les affaires de la ville, les contrôleurs des finances, avec leurs substituts et employés, le trésorier de la ville et ses commis, le syndic du fait des visites, le greffier de la police, les huissiers du Consistoire, les verguiers ou bedeaux (^), les deux crieurs publics et les deux trompettes jurés, le maître canonnier de l'arsenal et deux canonniers, deux peseurs jurés, deux maîtres chirurgiens jurés « au faict de la contagion », le capitaine de la santé et ses quatre gardes, le peintre de l'Hôtel de ville, le maître de musique et les six hautbois de la ville, le greffier de la Gaie Science, le garde des archives, les huit commis-greffiers aux portes, neuf gardes de différents points de la ville (^), dix balayeurs municipaux ayant chacun

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