‹ Histoire de ToulouseChapitre 164 sur 317 · I. Déclarations d'orthodoxie, ordonnance royale de · texte numérisé non relu

I. Déclarations d'orthodoxie, ordonnance royale de

Ruine

de

la congrégation.

Rieux, Bertier, lui assura sa protection. I^' archevêque Pierre de Bonzi, la reine Marie-Thérèse, l'intendant d'Aguesseau et le président de Fieubet lui furent favorables; la sœur de d'Aguesseau s'y fit admettre; les filles de l'intendant et du président y furent élevées.

Mais la malice des Jésuites ne désarmait pas. Déjà, en 1666, sous l'épiscopat de Bouilemont, on avait pu arracher à quelques-unes des Filles de l'Enfance des déclarations d'apparence janséniste; l'archevêque, armé d'un arrêt du Conseil, avait fait fermer leurs classes. Cependant, il fallut attendre vingt ans encore pour leur porter le coup décisif. Après la mort du prince de Conti (20 février 1666), perte irréparable pour le Jansénisme, ce fut celle de Marie-Thérèse (1683) ; puis survint le départ de d'Aguesseau et l'arrivée dans le lyanguedoc de Bâville. L,e roi lyouis XIV, mal disposé pour le Jansénisme, gardait rancune aux évêques de Pamiers et d'Alet de leur attitude dans son conflit avec le pape au sujet du droit de régale (^). Les Jésuites profitèrent donc des circonstances; ils étaient sûrs, du reste, de l'archevêque de Montpezat. ly' occasion fut le départ de Guillaumette de Prohenques, qui abandonna la congrégation sous prétexte qu'elle avait eu à souffrir quelques violences; on accusa les Filles de l'Enfance d'avoir une imprimerie clandestine de livres jansénistes. La calomnie submergea les malheureuses, desservies à la Cour par des ennemis puissants; on leur défendit (1685) de former des novices et de recevoir des pensionnaires. M™^ de Mondonville se rendit à Paris afin de se justifier (1686); une lettre de cachet l'exila à Coutances. Le 12 mai de cette même année, on dispersa les congréganistes ; on mit les scellés partout; on démolit ensuite leur chapelle et on liquida leurs biens. Quelques récalcitrantes, appartenant aux premières familles de la ville, Mlle (Je Fieubet, les deux sœurs de Cathelan entre autres, refusèrent de renoncer à leurs vœux : le subdélégué Mariette les fit enlever (12 septembre 1686) ; le lendemain, il se rendit à la maison déjà à moitié détruite, accompagné de soldats; une vingtaine de filles en prières s'y trouvaient encore; on les expulsa avec brutalité; quelques-unes s'éva-

2. Impôt que le roi avait étendu à tous les évêchés du royaume.

nouirent dans la rue et furent portées dans les églises voisines. Il ne restait plus qu'un groupe de vingt-sept personnes de qualité, qui vécurent chez l'une d'entre elles avec 20 livres par semaine, cuisant elles-mêmes leurs aliments. lyC 20 octobre, une lettre de cachet leur ordonnait de se disperser; comme M^^^ de Gautier protestait, on les jeta à la rue; trois malades furent évacuées en chaise, par une pluie diluvienne, devant une foule compatissante; elles se réfugièrent dans une autre maison, vivant d'aumônes. Les capitords les en tirèrent; le plupart regagnèrent leurs familles. M^^^^ de Gautier et de Chaunes furent reléguées à Mende et à Viviers, dans un couvent. M™^ de Mondon\'ille mourut en exil, en 1700. Ainsi, Totdouse eut sa destruction de Port-Royal. Mais le Jansénisme continua à vivre dans la société parlementaire, à l'esprit de laquelle ses tendances rigoristes s'adaptaient si bien.

lycs Protestants furent encore plus maltraités que les Révocation

Jansénistes; ils formaient à Toulouse, autant qu'on puisse ^^

, . , ^ r •■, 1 • •.' • . . / l'Edit de Nantes,

le savoir, une très faible minorité, qm s accrut par la suppression de la Chambre de l'édit de Castres (juillet 1679). IvCS magistrats de la religion réformée vinrent se fixer à Toulouse et obtinrent licence de pratiquer leur culte à Portet et Villemur, Caraman et Iv'Isle- Jourdain se trouvant trop éloignés. Mais, par l'édit du 15 septembre 1585, tous les Réformés qui habitaient la ville durent la quitter dans les huit jours, sous peine d'une amende de 3.000 livres. Déjà, le 15 juillet, le Parlement avait procédé à la démolition du temple de Portet devant six mille religionnaires. lycs capitouls firent le recensement des Réformés de la ville (^), qui eurent à choisir entre l'expulsion et l'abjuration. Le seul incident qui marqua l'application de cette triste mesure fut l'arrestation du sieur Doux, seigneur d'Ondes, après une poursuite mouvementée sur le toit d'un hôtel, place des Pénitents-Blancs. Tous les nouveaux convertis, catholiques fort suspects, gardèrent leur attachement à la religion que la force les avait contraints de renier; ils finirent par pratiquer leur culte dans leurs maisons, et Louis XIV s'y résignera, reconnaissant ainsi, implicitement, la faillite de sa

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