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ConsUtuant le tribunal dit du point d'honneur

le receveur municipal, ce qui constitue pour le roi une économie et une commodité, établies suivant un forfait ou abonnement, avantage plus apparent que réel, car l'économie qui en résulte n'allège guère les petites gens. La capitation est répartie par les capitouls et les dizeniers (arrêt du 4 mars 1742) et produit, en 1788, 99. 684 livres. Le vingtième, établi en 1749, en remplacement du dixième, impôt sur le revenu déclaré, frappait presque exclusivement l'industrie; les corporations payaient en bloc et répartissaient entre leurs membres. Il montait à 28.050 livres et 2 sols (1788). La taille, réelle pour les deux tiers, personnelle pour le surplus (^), était perçue sur un cadastre révisé de 1679 à 1697, que l'on refait à dater de 1783 ; en 1788, elle se montait à 262.385 livres 13 sous 3 deniers; elle accuse une diminution constante (^). En cet impôt se résumaient toutes les inégalités, tous les privilèges de l'ancien régime. Outre les biens nobles ou les personnes réputées nobles, les établissements religieux, les collèges de l'Université, les moulins du Château et du Bazacle en étaient exempts.

Comme toutes les autres villes françaises du xviii^ siècle, Totdouse est victime de la centralisation et du despotisme administratif, à peine atténués par quelques survivances — toutes formelles — des libertés passées. Sans doute, le décor, les titres restent les mêmes ; mais, derrière leurs somptuosités un peu défraîchies, il n'y a rien. En 1788, les manteaux capitulaires étaient si usés qu'ils ne pouvaient plus servir; à quelques mois de la prise de la Bastille, ce petit fait prend la valeur d'un symbole.

Toulouse, simple

municipalité

de

province.

L'Eglise continue à tenir dans la cité une place considérable (^). A la veille de la Révolution, on comptait, à Tou-

L'Eglise, sa richesse.

1. Rappelons que la taille réelle frappait les biens-fonds roturiers et que la taille personnelle frappait la totalité de la fortune des personnes non nobles.

2. lyes EgNT) tiens imposaient à chaque particulier l'obligation de rendre compte de sa fortune et de ses ressources (Hérodote, liv. II, c. 177; Diodore de Sicile, 1. I, p. 170; Voyage d'Anacharsis en Grèce).

3. Indépendamment d'un siège épiscopal, Toulouse possédait une jiu-idiction ecclésiastique, une chambre souveraine du clergé, un bureau diocésain qui connaissait en première instance des affaires traitées à la chambre souveraine et une

louse, deux chapitres, une abbaye, vingt-trois monastères d'hommes, vingt-deux de femmes, un grand prieuré de Malte, douze églises paroissiales, six chapelles, six consorces (ou sociétés de prêtres se partageant les revenus d'une chapelle), neuf grandes confréries, cinq séminaires. A cela il fallait ajouter les huit églises du gardiage ou banlieue. La valeur des seuls biens des ordres religieux, y compris ceux de Malte, s'évaluait, en 1790, à 8.205.000 livres environ. Dans ce total, les propriétés du chapitre Saint-Etienne figurent pour 815.921 livres, celles des Chartreux pour 561.000 livres, celles des Grands- Augustins pour 337.000 livres, celles des Carmes pour 361.740 livres, ceHes des Dominicains pour Zll-llZ livres, celles des Bénédictins de la Daurade pour 278.830 livres, celles du chapitre Saint-Sernin pour 263.917 livres. Si l'on tient compte, en les capitalisant, des obits ou fondations diverses et des droits décimaux ou revenus de tout ordre, la fortune de l'Eglise, à Toulouse et gardiage, pouvait atteindre, à la fin de l'ancien régime, un capital d'environ 12 millions de livres, qui représenteraient une valeur actuelle de 40 millions de francs-or (^).

Déclin Cette richesse, l'étendue même des établissements reli-

de son influence, gieux, qui apparentent Toulouse à une ville espagnole, semblent une survivance du passé et ne représentent plus, au xviii® siècle, l'influence réelle du clergé sur les âmes et les corps, influence si considérable au siècle précédent.

[.es archevêques. lyCS archevêques, de 1710 à 1791, se recrutent dans la haute noblesse; la plupart ne font que passer sur le siège de Toulouse, quoique celui-ci vaille au titulaire l'appréciable revenu de 182.000 livres environ et la jouissance d'un magnifique palais épiscopal; ils vont ensuite, en général, occuper

officialité métropolitaine et ordinaire. Cette chambre souveraine avait autorité sur les diocèses de Toulouse, de Pamiers, de Mirepoix, de Saint-Papoul, de Lavaur, de Rieux, de Montauban, de Narbonue, d'Alès, de Béziers, d'Agde, de Carccssonne, de Nîmes, de Montpellier, de Lombez, d'Auch, de Couserans, de Tarbes, de Lectoure, de Comminges, de Castres, de Cahors, de I^odève, d'Uzès, de Saint- Pons, d'Alet, d'Albi (Chanoine Contrasty, Toulouse à la veille de la Révolution, [Revue historique de Toulouse, 1934, p. 66]).

I. Henri Martin {Ventes de biens nationaux dans la Haute- Garonne) nous fournit lui-même ces données. Dans ses articles sur le papier-monnaie sous la Révolution française {Bull, de l'Ac. de Législation, 1919-1920), il fixe, pour la rétiion toulousaine, la vakur de ces biens à 16 millions et leur étendue à cent trentetrois domaines, avec 8.000 hectares de terres.

le siège primatial de Narbonne. Le seul qui soit mort à Toulouse est Henri de Nesmond (1719-1727), prélat fort éloquent, membre de l'Académie française et mainteneur des Jeux Floraux, qui légua tous ses biens aux hôpitaux, et dont le cœur fut déposé dans la vieille chapelle de Saint- Joseph de la Grave. Aucun n'est Toulousain. Seul, François de Crussol d'Uzès d'Amboise (1753-1758) étudia au Collège de l'Esquile. Les plus connus sont l'un d'origine irlandaise, Arthur Dillon (1758-1762), l'autre un Parisien, Etienne- Charles Loménie de Brienne (1762-1788) (^). La plupart ne résident guère; ils ambitionnent la réputation d'administrateur ou de mécène plus que la gloire ingrate de pasteur des âmes. René-François de Beauvau (1713-1719) protégea les bénédictins Devicet Vaissette, auteurs de l'admirable Histoire de Languedoc. Arthur Dillon n'est guère connu à Toulouse que par la promenade qu'il fit construire et qui porte son nom. Loménie de Brienne n'a laissé un souvenir durable que grâce aux importants travaux dont il fut l'initiateur et l'animateur : les quais, le canal. Ces prélats aristocrates se laissent gagner par l'esprit du siècle, la mondanité et le scepticisme. Dillon fut un grand chasseur devant l'Eternel. Brienne, si l'on en juge par un mot de Louis XVI, « ne croyait guère en Dieu ». Ces archevêques de grande allure n'ont pas fait grand'chose pour la religion, si même ils ne l'ont pas desservie. Nous sommes loin des vertus d'un Monchal, de la haute valeur d'un Marca. Les synodes diocésains, qui se réunissaient périodiquement deux fois l'an au xvii^ siècle, ne s'assemblent, au xviii®, qu'avec la plus grande irrégularité.

Il est juste, pourtant, de reconnaître l'effort fait, en ce siècle de lumières, pour l'instruction du clergé. En 1707, Les séminaires l'archevêque Colbert de Villacerf fondait le séminaire de Saint-Lazare P) ; en 1738, l'abbé Calvet, le séminaire de Saint-Charles (^), qui contenait cent soixante élèves et sept

1. IvOinéiiie de Brienne, né à Paris en 1727, mort à Sens en 1794, fut cardinal et ministre sous I^ouis XVI. Ce roi, qui estimait peu son caractère et blâmait sa conduite privée, le nomma pourtant ministre, chef du conseil des finances, après la chute du ministre de Calonne, en 1787. I,a politique financière de ce fastueux prélat ne réussit pas mieux que celle de ses prédéctsseurs; il dut se retirer après avoir annoncé la convocation des Etats Généraux pour le i^'' mai 1789.

2. Hors la porte Matabiau, en 1756, au noviciat des Jésuites (crscnic de la Mission).

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