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Ce qu'on appelait le marché des « proxénètes

Peu ou point de grand commerce. Les seuls qui eussent Le

quelque importance sont d'abord celui des grains et farines, gï'and commerce, dérivé de la richesse agricole de la région toulousaine et de l'existence des deux puissants moulins du Bazacle et du Château. Cependant, ce trafic semble, au xviii^ siècle, déchu de son ancienne splendeur. Le commerce des vins, qui eût dû progresser avec le développement de la viticulture, était gêné par les privilèges du port de Bordeaux, le seul par lequel ils pussent s'exporter, ainsi que par leur médiocre qualité, de même que le commerce des grains était entravé par les réglementations officielles. A la veille de la Révolution, les négociants en vins avaient fini par obtenir la suppression presque complète des privilèges bordelais (1775) et la permission d'expédier par Sète; les courtiers en grains bataillaient encore pour obtenir la liberté d'exportation (^).

Si le Toulousain préférait les fonctions publiques au négoce, La

il préférait, sans aucun doute, au tracas des affaires la ^^^ intellectuelle, culture et les jeux de l'esprit. Le goût de l'instruction était très répandu, au xviii^ siècle, dans la bourgeoisie moyenne, non seulement parce que les écoles menaient aux grades

I. Vins. — - Depuis une époque très reculée, tous les vignobles du bassin de la Garonne qui se trouvaient en dehors de la sénéchaussée de Bordeaux eurent à soutenir une longue lutte inégale contre les magistrats municipaux de Bordeaux, les jurais de cette ville. Ceux-ci, craignant la concurrence des beaux vins du Haut Pays, s'efforcèrent, par tous les moyens, d'assurer la vente de leur propre récolte; ils en arrivèrent à empêcher la libre navigation de la Garonne, même pour le simple transit vers la mer à travers la sénéchaussée bordelaise. Jaloux d'écarter de leur port tous les vins qui auraient pu concurrencer les leurs, les Bordelais ne souffraient pas que les marchands du Haut Pays se montrassent chez eux avant qu'ils eussent eux-mêmes vendu leur récolte. A l'appui de leurs prétentions, les jurats invoquaient des privilèges, sur lesquels s'explique l'édit de 1776 obtenu par Turgot du roi L,ouis XVI. «Ce n'est point, dit-il, dans des concessions officielles qu'il faut chercher l'origine des usages invoqués par les Bordelais. Ils ne sont nés et n'ont pu naître que dans des temps d'anarchie où les souverains, les vassaux des divers ordres et les peuples ne tenaient Us uns aux autres que par les liens de la féodalité. Ni le monarque ni même les grands vassaux n'avaient assez de pouvoir pour établir et maintenir un système de police qui embrassât toutes les parties de l'IStat et exprimât les usurpations de la force. Chacun se faisait alors ses droits à lui-même.» — Cette lutte économique, empreinte de violences et dans laquelle les Bordelais mirent un semblant de légalité au service de leurs appétits, mérite d'être signalée dans ses principales manifestations, qui furent : la création de droits protecteurs des vins du Bordelais; la défense aux bourgeois bord< lais d'aller acheter des vins du Haut Pays, sous ptine de déchéance de la bourgeoisie; souvent

universitaires et, par là, aux professions libérales et aux fonctions publiques, mais aussi parce que, dans ce «siècle des lumières » les curiosités intellectuelles remplacent pour beaucoup la discipline de la foi. Les artisans eux-mêmes savaient souvent lire et écrire (i). Les petites écoles de paroisse {^) ou écoles de charité donnaient l'instruction primaire gratuite, dispensée par des régents que les capitouls payaient 200 livres par an, puis, à partir de 1785, par les Frères ignorantins qu'établit l'archevêque de Brienne. Mais on trouvait aussi des maîtres de pension et des « maîtres à écrire «. Pour les études secondaires, il y avait toujours l'Esquile, dirigé par les Doctrinaires (douze professeurs), et le collège des Jésuites (1762), devenu le Collège royal. Celui-ci contenait quinze cents élèves sous Louis XVI et avait à sa tête un bureau d'administration composé de l'archevêque, du premier président et des principaux de la cité. La réorganisation qui suivit l'expulsion des Jésuites y fit pénétrer l'élément laïque (cinq professeurs sur douze) et l'étude des sciences, de l'histoire et de la littérature, jusque-là négligées. Mais déjà, à cette époque, les familles riches aimaient à envoyer leurs enfants à Paris, afin de respirer le bel air dans les collèges de la capitale. Cependant, dans le courant de l'année 1789, un certain Bézian-Saffrané fonde une école gratuite de génie, marine, artillerie et langues étrangères, dont les professeurs (Pin, directeur du canal du Languedoc; Olléac, Bénazet, Cammas, Malliot, O'Moran, Haller) faisaient leurs cours bénévolement au logis de l'Ecu (^). L'éducation des filles

la prohibition complète de descente de ces vins vers Bordeaux et à la mtr, surtout pendant la période de l'année la plus favorable au commerce et à la réglementation des coupages de vins dans le port de Bordeaux. Ces restrictions avaient les plus dures conséquences, et, pour les faire aboutir, les tracasseries et les empiétements des jurats de Bordeaux ne se démentirent jamais. Cependant, l'édit précité de Turgot, sur la liberté du commerce et de la navigation, suspendit pour un temps les entraves économiques qui profitaient seulement à quelques individualités, au préjudice de toute une partie de la France. Mais, à peu de temps de cet édit, les possesseurs des grands crus et le Parlement, dont les membres étaient presque tous grands propriétaires de vignobles, réagirent et obtinrent le rétablissement partiel de la vieille réglementation, dont ils avaient tous les avantages. En fait, les persécutions des Bordelais ne prirent fin qu'avec la Révolution frsnçeise, qui supprima ces abus avec bon nombre d'autres de l'ancien régime. V. Office départemental agricole.

1. Signalons cependant qu'il y avait, en 1780, quinze écrivains publics, ce qui suppose beaucoup d'illettrés.

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